‹ Gallia typographica (volume 2)Chapitre 28 sur 176 · CHAPITRE II · texte numérisé non relu

CHAPITRE II

NOTICES SUR LES IMPRIMEURS

Belamy (Les), imprimeurs à Coutances (1655-1719).

Deux imprimeurs de ce nom ont exercé leur art à Coutances dans la seconde moitié du xvne siècle et au commencement du xvme : ils sont l’un et l’autre inédits, car ils 11’ont jamais été cités par aucun bibliographe. En ce qui me concerne, je ne les connais que documentairement, n’ayant pas eu la chance de rencontrer d’impressions à leur nom, bien qu’ils aient été imprimeurs ordinaires du diocèse .

I. Jacques I (1655-1699). Je ne possède pas de renseignements directs sur ce premier Belamy et c’est par déduction seulement que je puis fixer les dates approximatives de son exercice. Son fils, qui suit, avait fait en effet chez lui, avant de s’établir en 1699 ou O00’ cinq ans d’apprentissage et quinze années de compagnonnage, ce qui permet d’affirmer que, en 1679 ou 1680, Jacques I Belamy travaillait déjà de sa profession. D’autre part, ce même fils étant né à Coutances vers 1656, alors que son père était évidemment établi, il n’est pas téméraire d’adopter la date de 1655, comme étant celle de ses débuts, et c’est ce que j’ai fait. Jacques I Belamy mourut vers 1699 et son fil s lui succéda incontinent.

II. Jacques II (1700-1719). Fils du précédent, il avait vu le jour à Coutances vers 1656 E Après avoir fait 5 ans d’apprentissage dans l’atelier de son père, il aida ce dernier pendant quinze autres années dans les travaux de son imprimerie, puis il devint titulaire de l’établissement lors du décès de l’auteur de ses jours 1 2. Imprimeur ordinaire du diocèse 3, possesseur de deux presses et d’un

(1) D’après la supputation de l’âge (45 ans) déclaré par lui à l’enquête de 1701

(B. N., Ms. fr. n. a. 3gg, f° 1 g5) . — (2) Enquête de 1701. — (3) A. N., V6 849,

Arrêt du Conseil privé du 10 juillet 1719, requête préliminaire.

MANCHE

assez important matériel l, Jacques II imprimait depuis vingt ans, lorsque l’âge et les infirmités le mirent hors d’état de continuer sa profession ; il démissionna alors, par acte passé devant notaires le 21 mai 1719, en faveur de Jean de La Roque, auquel il céda tout son matériel 2. Peut-être aussi avait-il pris cette détermination à la suite de l’arrêt du Conseil d'Etat du 4 septembre 1717? qui l’avait visé comme exerçant son état sans aucun titre légitime, et lui avait ordonné de représenter ses titres et capacités devant le lieutenant général de police de Coutances 3 * *.

Beraut (J.), imprimeur (?) à Coutances (1618).

Tout à l’inverse des précédents, J, Béraut ne serait connu que bibliographiquement, si l’on pouvait se fier à l’indication d’un ouvrage portant sa souscription (?), à la date de 1618, que Frère a insérée dans ses Notes 4 ; il est plus prudent de n’en tenir compte que pour mémoire, car il y a tout lieu de supposer qu’il ne s’agit ici que d’un libraire, sinon de l’auteur lui-même, Josias Bérault.

Bernard (Jean-Baptiste), imprimeur à Avranches (1733-1739).

Né à Coutances vers 1700 15 et fils de Jacques Bernard, bourgeois de cette ville 6, Jean -Baptiste, après avoir travaillé à l’imprimerie depuis l’âge de 19 ans 7, devint, en 1733, le successeur de la veuve Nicolas Motays, dont il avait acheté le privilège le 19 janvier de cette année 8. Cet imprimeur n’est guère connu des bibliographes, car les livres qu’il a imprimés sont peu nombreux 9, et sa carrière

(1) A. N., V* 849, Arrêt du Conseil privé du 10 juillet 1719, requête prélimi-

naire. — (2) Ibid. — (3) Cf. Documenta, n° 763. — (4) Liasse 101. — (5) D’après la supputation de son âge (69 ans) déclaré à l’enquête locale de

1768. (ADC., C. 2886.) — (6) Enquête locale de 1768. — (7) Ibid. — (8) Ibid. —

(9) Voy. entre autres : A./ Les Quatre fins de l’homme. Avec des Reflexions capables de toucher les Pécheurs les plus endurcis, & de les ramener dans la

voye du salut. Seconde Edition revûë & augmentée de plus d’un tiers... Par M. L. Roüault Curé de Saint Pair sur la Mer.// À Avranches, Chez Jean-Baptiste

Bernard, Imprimeur de la Ville & Libraire. M.DCC. XXXVII. Avec Approba-

tion & Privilège du Roy. (In 12. XVI et 33e p. et 2 fi', pour le Priv. B. N., D. 37Ô0B.) — B./ Du purgatoire, de la rigueur des tourmens que souffrent les âmes qui y sont détenuës, De la compassion que Les Vivans doivent leur porter, des obligations et des moyens qu’ils ont de les secourir, & de ce qu’il faut faire

pour ne pas tomber dans les mêmes supplices .. Par M. L. Roüault, Curé de Saint Pair sur la mer. Diocese de Coutances.// A Avranches, chez Jean-Baptiste

Bernard Imprimeur de la Ville & Libraire. M.DCC. XXXVII. Avec Approbation & Privilège du Roy. (In-12. XIV et 291 p. ch. slata. B. N., D. 12667.)

GALLIA T YPOGRAP HIC A

fut assez courte. En effet, l’arrêt du Conseil du 31 mars 1739 11’ayant plus toléré qu'une imprimerie à Avranches l *, et François Louis Lecourt s’étant fait habiliter à occuper cette place le lieutenant général de police de la localité ordonna, par sentence du 2qdécembre suivant 3, la fermeture de l’officine du malheureux Bernard, — il en fit même enlever les presses et les caractères, pour être vendus dans les six mois, — et lui intima l’ordre de se défaire dans le plus bref délai de son fonds de librairie. Ruiné du coup, Jean- Baptiste ne se laissa pas déposséder sans protestation ; il présenta requête au Conseil privé, en suppliant Sa Majesté de l’autoriser à continuer, sa vie durant, à exercer l’imprimerie et la librairie à Avranches, sinon d’être admis à aller s'établir à Coutances. La décision du Conseil fut négative sur toute la ligne en ce qui touchait l’imprimerie et le successeur des Motays obtint uniquement la permission, par arrêt du 20 juillet 1740 4, de conserver à Avranches une boutique de libraire, qu’il a sans doute occupée jusqu’à l’époque de son décès, arrivé, d’après Frère 5, vers 1760.

Bèssin (Pierre), imprimeur à Coutances (1616-1694).

S’il fallait en croire Édouard Frère 6, cet imprimeur fournirait l’exemple d’une longévité peu commune, car il aurait exercé son art de 1604 à 1694 et ainsi vécu plus de 110 ans ! Dans sa Bibliographie du département de la Manche , Pluquet a relevé un certain nombre de livres, portant la souscription de Pierre Bessin, dont les dates extrêmes sont 1616 7 et 1694 8 ; l’exercice de notre typographe serait encore, dans ces limites, de 78 ans, chose peu admissible. Il est donc probable qu’il y a eu deux Pierre Bessin, le père et le fils ; malheureusement je n’ai pas rencontré le moindre renseignement biographique à leur sujet et je n’ai pu compulser aucune de leurs impressions, la Bibliothèque nationale ne possédant pas, semble-t-il, d’échantillon de leur savoir-faire. Je me borne donc à ces quelques

(1) Cf. Documenta, n° 857. — (2) Voy. la notice de cet imprimeur. — (3) Voy.

Documenta, n° 867. — (4) Ibid. — (5) Notes , liasse 101. — (6) Notes, liasse io3.—

(7) Jean Hue, sieur de la Haye. Certaines résolutions sur quelques points de

controverses, contre ceux de la religion prétendue réformée./ A Coutances, chez

Pierre Bessin, 1616. (In 12, g 1 5 p. Pluquet, op. cit ., p. 366.) — (8) Statuts et

réglements faits par Léonor de Matignon, évêque de Coutances, au synode de

son diocèse, en i63 7./ Coutances, Pierre Bessin, 1694. (In 8, 147 p. Ibid., p. 438.)

réflexions, mais je souhaite qu'un érudit local apporte un jour plus de lumières sur l’existence de ces typographes coutançais.

Bouchard (Thomas), prototypographe de Saint-Lô (1564-1566).

Venu, croit-on l *, de Caen, — où cependant il n’a laissé nulle trace, — à la demande d’un pasteur de la nouvelle religion, Mathieu de La Faye, dit de La Vigne, exerçant son ministère à Saint-Lô, Thomas Bouchard s’installa dans cette ville en r 5 64 2 et y imprima quelques livres, dont il est inutile de reproduire ici la description qu’en ont donnée MM. Claudin et Travers. Seul d’abord, Thomas Bouchard eut pour associé, dès l’année suivante (1565), Jacques Le Bas, avec lequel il ne semble pas avoir travaillé au delà de l’année 1566, car il disparut alors sans qu’on sache ce qu’il est devenu. Tout en n’affirmant rien à cet égard, M. Travers s’est demandé3 s’il ne serait pas possible d’identifier l’imprimeur de Saint-Lô, avec un certain Thomas Bouchard de « Landelles en Normandie », reçu habitant de Genève, en septembre 1559, ou avec un Bouchard, dont le prénom est inconnu, qui, deux mois après la Saint-Barthélemy, figurait parmi les réfugiés normands arrivés à Londres. L’une et l’autre chose sont également plausibles, mais ce ne sont que des hypothèses.

Thomas Bouchard a fait usage d’une marque que j’ai déjà décrite4, dont les principales figures sont une vigne palissadée, une tour crénelée et un vigneron ; d’après Claudin, la tour crénelée serait une allusion à la forteresse de Saint-Lô; or il paraît que le chastel de cette ville n’a jamais eu de donjon proprement dit ; de son côté, M. Travers voit dans la vigne une allusion au nom, ou plutôt au surnom du pasteur qui avait appelé Bouchard auprès de lui, et qui, grâce à l’adjonction de la tour crénelée, serait présenté comme le rempart du calvinisme. L’allusion au surnom du ministre de Saint- Lô parait en effet évidente, mais il n’y a pas lieu de se mettre martel en tête pour rechercher la signification des autres particula-

(i) Cf. Claudin, Origines de l'imp. a S. Lô , et E. Travers, Les premiers impr.

de S. Lô. — (2) Traitté / de la peste, / avqvel est mon-/stré qu’elle est enuoyée de Dieu pour / punir les pechez des hommes, quel re-/mede il y faut cercher, quelle conso-/lation reste quand par icelle on seroit / retiré de ce monde. / Auec vne priere pour les malades. / Par M. De La Faye. / Plvs vn sermon de

saint Cyprien touchant la mortalité. [Marq. de la vigne ] A Saint Lo, / Par Thomas Bouchard. / M.D.LXIIII. (Pet. in 8. 120 p. ch.) — (3) Op. cii.: p. 44.

— (4) Voy. le Ier volume, pp. 467-468.

rites de cette marque, de façon à en faire des applications locales plus ou moins risquées, attendu que le dessinateur ou graveur s’est visiblement inspiré du texte d’Isaïe, dont la devise a été tirée et a cherché à le rendre aussi graphiquement complet que possible. Ce texte dit effectivement : « Vinea facta est dilecto meo in cornu filio olei. Et sepivit eam , et lapides elegit ex ilia, et plantavit eam electam, et ædificavit turrim in medio ejus ... », et l’on voit qu’aucun de ces détails n’a été négligé.

Clamorgan (Les), imprimeurs à Valognes (1705-1790) et à Cherbourg (1789-1796).

Les Clamorgan forment toute une dynastie d’imprimeurs, qui, sans avoir jamais possédé aucun titre officiel, et bien que toujours étroitement surveillés et traqués par la police, n’en ont pas moins exercé leur art pendant près d’un siècle dans la ville de Valognes. Embusqués dans la presqu’île du Cotentin, comme dans un fort inexpugnable, ils ont pu, grâce à des complaisances de l’administration locale, impunément narguer le pouvoir et les foudres du Conseil d’État constamment suspendues sur leur tête.

I. Joachim (1705-1710). On n’a jusqu’à présent d’autres renseignements sur cet imprimeur que les deux lignes suivantes de P. Blaizot: « Joachim Clamorgan semble avoir, d’après les documents de l’intendance de Caen, exercé l’imprimerie à Valognes1. » A quelle époque ? Cet écrivain n’en sait rien, mais si l’on ouvre le Manuel de bibliographie générale de M. Stein, à la partie intitulée Géographie bibliographique , on lit après le mot Valognes , que l’imprimerie aurait été introduite dans cette ville: « circà 1675 », avec renvoi à l’article sur une imprimerie clandestine à Valognes, publié par le même auteur dans le premier volume du Bibliographe moderne. Or, le savant archiviste n’a pas, dans cette notice, cherché à élucider la date initiale de l’exercice de l’imprimerie valognaise, et je suppose qu’il a voulu faire allusion au passage d’une supplique de Pierre Clamorgan, en date du 28 février 1780, dont il publie le texte-, et dans lequel ce dernier allègue qu’il tenait son imprimerie desespères, qui la possédaient depuis plus d' un siècle. En remontant d’un peu plus d’un siècle en arrière, on peut en effet arriver à cette date d’environ 1675 ; malheureusement elle n’est pas justifiée et il

(1) Op. cit p. 332. — (2) Bibliographe moderne, t. I, p. 1 5 1 .

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faut tenir compte du désir bien légitime qu’avait le signataire de la requête de rejeter dans un passé aussi lointain et aussi nuageux que possible l’origine de son établissement. La date de 1675, non plus que toute autre jusqu’à la fin du xvne siècle, ne saurait être admise, parce que, si Joachim Clamorgan avait ouvert son imprimerie avant 1700, on en trouverait mention dans l'enquête de 1701, qui a visé d’une manière si complète les établissements de ce genre, que je ne connais pas d’exemple d’une omission faite par elle. D’autre part, je crois pouvoir identifier de façon à peu près sûre le prototypographe de Valognes avec le Joachim Clamorgan, dont j’ai rapporté plus haut1 la célébration du mariage avec la fille de l’imprimeur de Caen, François Le Baron, en 1703. Joachim se mariait vraisemblablement pour la seconde fois, — car il était en même temps fils et père de deux Jacques Clamorgan, — et cette union l’aura incité à monter à Valognes un établissement d’imprimerie : sa femme aura hérité, vers 1705, d’une partie des casses de son père, et lui-même aura acheté, je ne sais où, quelque presse d’occasion. C’est donc à l’année 1705 seulement que l’on peut faire remonter le premier exercice de l’imprimerie à Valognes, bien qu’on n’en possède pas avant l’année 1735 le moindre témoignage bibliographique et que seul un hasard inespéré puisse nous mettre en présence de quelqu’un de ces actes de collège , de judicature et de commerce, premiers produits de la presse valognaise. Joachim Ciamorgan disparut sans doute de la scène de ce monde entre 1710 et 1717, et eut pour successeur un fils, nécessairement issu d’une première union, car l’aîné des enfants de son second mariage, à supposer qu’il en ait eu, ne pouvait avoir plus de 13 ans en 1717.

IL Jacques (1710-1738). Fils du précédent2, il lui avait, je crois, ainsi que je l’ai dit, succédé vers 1710 : le 4 septembre 1717, l’arrêt du Conseil d’État réglementant l’exercice de l’imprimerie en Normandie, lui défendit de continuer à tenir imprimerie et lui enjoignit d’avoir à fermer sa boutique dans les 24 heures de la signification de cet arrêt3. Loin d’obéir à ces prescriptions, dont l’exécution forcée ne semble pas d’ailleurs avoir été poursuivie contre lui, Jacques s’efforça de les éluder et il paraît même qu’il fut autorisé à conserver son imprimerie par un arrêt de 1719. A vrai dire, je n’ai pas rencontré cet arrêt dans les archives du Conseil

(1) Voy. Ier vol., p. 465. — (2) Attestation du vicaire général de l’évêque de

Coutances. Voy. infrà, p. 1 3 , note 1. — (3) Cf. Documenta, n° 763.

GAI, LIA TYPOGRAPHICA

privé et il y a lieu de penser qu’il n’a jamais existé que dans l’imagination de l’imprimeur de Valognes, car, lorsque, en 1737, l’intendant de la Généralité de Caen insista auprès de lui pour en voir la copie, Clamorgan fut dans l’impossibilité de la représenter et prétendit que ses moyens ne lui avaient pas permis d’en lever une expédition1 *. Quoi qu’il en soit, il n’est pas moins certain qu’il continua d’exercer son état, avec une presse et cinq casses de caractères^’, qu’il imprimait les « thèses du Collège et les Usages de la Ville3», et même d'autres choses encore 4. Décédé vers 1738, Jacques Clamorgan fut aussitôt remplacé par sa veuve, Louise Le Breton, qui céda bientôtle matériel de l’imprimerie a son fils Louis, et ne conserva pour elle, à ce qu’il semble, qu’une boutique de librairie.

III. Louis (1739- 1743). Fils et successeur de Jacques, il était à peine en fonctions, que l’arrêt du Conseil du 31 mars 1739 renouvelait les défenses faites en 1717, de tenir imprimerie à Valognes5. Le 21 juillet suivant, Clamorgan, dont l’atelier était alors situé dans la rue de la Trinité, recevait la visite d’Antoine Bihel, huissier à Valognes, qui lui faisait sommation d’avoir à cesser ses fonctions d’imprimeur6. Une démarche aussi insolente n’était pas de nature à intimider beaucoup le typographe valognais ; il y répondit peu de jours après, par une distribution inusitée de billets d’enterrement qu’il venait d’imprimer. Suffoqué, le subdélégué de Valognes faillit alors le condamner à une amende de dix sols ! mais, toute réflexion faite, ce magistrat préféra en référer à l’intendant, dont il connaissait la tendresse pour les Clamorgan ou tout au moins pour leur industrie C Tout le monde d’ailleurs à Valognes les voulait

(1) Enquête locale de 1737, A.D.C., C. 2886. — (2) Ibid. — (3) Ibid. — (4) Par exemple : A./ Venerabilem admodum senem Joannem Launæum Val-

lonæi sacerdotem féliciter vita functum die decembris anno Domini, 1735, laudat vales elogia./ Vallonii, in typ. Clamorgan. (In 4. 5 p. Pluquet, Bibliographie, p. 406. — B. / La Mort de César. Tragédie Aura pour intermede Le

bonheur de la France sous le régné de Louis quinze Ballet et sera représenté a Valognes Le lundy treize Aoust, iy36, à onze heures précisés, si le temps le

permet. On donnera pour petites pièces : Les Fourberies de Scapin et Le Mariage forcé. / A Valognes, chez Jacques Clamorgan, imprimeur et libraire.

(Pet. in 4. 4 ff. B. N., Rés. Yf. 2745.) — (5) Cf. Documenta, n° 857. —

(6) A.D.C., C. 288g. — (7) Ibid., 9 août 1739, lettre du subdélégué de Valognes à l’Intendant pour lui apprendre que « ces jours derniers, Clamorgan s’est donné la liberté d’imprimer des billets d’enterrement, qui ont esté distribuez dans la ville. » La chose n’est pas grave en elle-même, ajoute-t-il, mais le public pourrait s’imaginer que l’imprimeur est de nouveau autorisé et pourrait lui donner du

MANCHE

conserver, aussi, lorsque Louis Clamorgan décida d’organiser la résistance aux ordres du Conseil, put-il réunir, au mois de novembre 1739, les suffrages de la plus grande partie de ses concitoyens l. Il envoya ces pièces à la Chancellerie, ou plutôt les ht envoyer par l’intendant, qui y joignit une lettre personnelle de recommandation 2, et, cette même année 1740, d’après une information que j’emprunte

travail. J’avais l’intention de condamner Clamorgan en 10 sols d’amende, mais à la réflexion, je préfère vous en référer.

(1) On trouve dans la liasse des A.D.C., C. 288g, trois attestations ou pétitions émanant : i° de Louis-François de Bernier, vicaire général de l’évêque de Coutances ; 20 du gouverneur de la ville, des gentilshommes et officiers privilégiés ; 3° des maire, échevins, ecclésiastiques, nobles, bourgeois et habitants de la ville, toutes revêtues de nombreuses signatures. Voici la teneur de la première, les autres étant conçues à peu près dans les mêmes termes : « Atteste que M6 Joachim Clamorgan, bourgeois de cette ville, pendant qu’il a vécu, a été imprimeur de la Ville et du Collège, autorisé du Seigneur Evêque; qu’après son décès, par succession, Jacques Clamorgan, son fils, ayant fait profession de belles lettres, a continué sous la même autorité cette profession, à cette différence que son imprimerie ne peut s’extendre pour aucunes impressions de livres, mais seullement en état de satisfaire aux publications nécessaires pour le Roy et recouvrement de ses deniers en ses diférentes recettes, bultins pour les logemens degens de guerre, thèses et programmes pour le collège du Seigneur Evêque et de la Ville, et afiches publiques d’autant plus necessaires que sans ce moyen la ville pourroit paroître plus morosive à l’exécution des ordres de Sa Majesté et avertissemens imprévus, dont l’accélération est d’autant plus nécessaire; que d’un autre côté, c’est un des principaux avantages que ladite ville puisse avoir dans ses premiers accroissemens, dont le défaut pourroit causer de grands accidens ; ledit Clamorgan étant unique et seul capable en cette ville d’en faire l’exercice. . Pourquoy M. le Chancelier est humblement supplié... » — (2) A.D.C., C. 2889: « Février 1740. Monseigneur, Suivant les ordres contenus en la lettre dont vous m’avez honoré le 3i du mois dernier, les nommés Herman à Saint-Lo et la veuve Clamorgan à Valognes n’ont que trois mois pour se défaire de leurs presses, caractères et autres ustencilles de leurs imprimeries, mais permettez-inoy, Monseigneur, de vous représenter que, quoique ces imprimeries soient dans le cas de la suppression ordonnée par l’arrêt du Conseil du 3i mars 1739, il est des circonstances où le bien du service du Roy doit faire une exception. Je regarde en effet comme impossible, dans le cas où il sera formé des camps dans mon département et même tant qu’il y aura des troupes, de donner dans les paroisses les ordres relatifs aux opérations militaires dans le nombre et avec la célérité nécessaires sans le secours de l’impression. J’ay éprouvé pendant la campagne dernière combien m’ont été utiles celles dont il s’agit dans deux chefs-lieu et mes subdélégués l’éprouvent journellement. Je vous supplie donc, Monseigneur, de suspendre l’exécution de vos ordres, au moins jusqu’à ce que les circonstances soient devenues moins pressantes. Je dois même vous observer que les deux imprimeurs dont il s’agit n’ont pas de caractères suffisants pour une brochure de 7 à 8 pages et que leur principale occupation est d’imprimer des affiches, billets d’enterrements et autres choses semblables, ce qui est fort utile au public et peu opposé à l'esprit des règlements de la librairie, eu égard aux sujets dont ia probité est reconnue. Je suis avec un profond respect... »

à M. Blaizot1 *, on l’autorisait à imprimer un mémoire de D'Hozier. Cette permission particulière n’était que l’une de ces inconséquences si fréquentes du pouvoir central à cette époque, Clamorgan s’en autorisa pour se remettre à imprimer de plus belle. En 1743, nouveau revirement ; sur ordre du Chancelier, on saisissait, au mois de mars, toutes « les feuilles imprimées et autres ouvrages trouvés chez ledit Clamorgan », et, le 11 avril suivant, un arrêt du Conseil lui faisait itérativement défense de tenir imprimerie à Valognes ni ailleurs-. Etait-ce bien fini cette fois de l’imprimerie valognaise? Pas encore, les Clamorgan avaient tout simplement pris de nouvelles dispositions pour échapper aux poursuites, et si Louis semblait avoir cessé d’être typographe, on voit, par une enquête locale de 1758 3, que sa mère ne se tenait pas sur la même réserve; elle ne possédait plus, dit ce document, « que 2 casses de caractères gros et petits » et continuait à imprimer « des billets mortuaires et autres avertissements ». C’était évidemment Louis, qui travaillait pour le compte de sa mère, mais il décéda, à ce qu’il paraît, vers 1770 et fut remplacé par le suivant.

Pierre (1772-1790). Frère du précédent, il fut son successeur de fait, sinon de droit. Un procès-verbal de visite faite par le subdélégué de l’intendant, le 20 novembre 1772 4 nous apprend que, d’une part, la veuve de Jacques Clamorgan tenait une boutique de librairie, en compagnie de son fils Pierre et de la femme de celui-ci; que, d’autre part, un Charles Clamorgan, fils aîné, tenait à quelques pas plus loin une autre boutique du même genre; et qu’enfin, une fille de la veuve Jacques Clamorgan, veuve elle-même en premières noces de Jean-Michel-Etienne Mariage, et remariée à un sieur Charles Coquière, peintre de profession, tenait, elle aussi, un commerce de livres. C’est chez ces derniers, dans une chambre au premier étage, qu’on avait remisé le matériel de l’imprimerie ; c’est là qu’on continuait d’imprimer, dit le subdélégué, <( quelques ordonnances de police, annonces funéraires, affiches et quelques ordres circulaires de nous (subdélégué) ou du receveur des Tailles, qu’il faut faire passer dans les paroisses ». Deux ans après ces constatations, une lettre du Chancelier, du 14 novembre 17743, venait tout à coup sonner le tocsin aux oreilles de

(1) Op. cit. p. 336. — (2) Voy. Documenta, n° 871 bis, aux Additions.—

(3) A.D.C., G. 2886. — (4) A.D.C., C. 2889. — (5) Cf. Stein, Une impr. clandestine

à Valognes .

MANCHE

l’intendant; cette lettre était ainsi conçue : « M,, On prétend qu’il y a à Valognes une imprimerie clandestine que l’on pourra découvrir en prenant les mesures nécessaires. Je ne crois pas pouvoir mieux faire que de m’adresser à vous pour cette découverte qui peut être très importante et qui exige des personnes sûres et prudentes... (Signé :) de Miromesnil. » La prétendue imprimerie clandestine n’était autre que celle de Pierre Clamorgan : les hostilités étaient rouvertes. Après un échange d’explications, d’ordres et de contrordres fort plaisants, dont M. Stein a publié le texte1, ce qui me dispense d'entrer dans de plus amples détails, chacun coucha sur ses positions, et, le 3 juillet 1780 2 *, la Chancellerie décidait que l’établissement de Valognes continuerait d’être considéré comme supprimé, mais que l’on surseoirait à la vente du matériel et qu’il était permis à Pierre Clamorgan d’exercer son art jusqu’à nouvel ordre ! Cela dura jusqu’à la fin de l’ancien régime. Clamorgan, de son côté, ne se fit pas faute d’user de la tolérance qu’on lui accordait ; il ouvrit même, en 1789 A un nouvel atelier à Cherbourg, sans abandonner celui de Valognes, où le nouvel ordre des choses le trouva prêt à redoubler d'activité.

Coquerel (Les de), imprimeurs à Coutances (1648-1682).

I. Robert (1648-1674). Sans doute fils de Louis de Coquerel, qu’on rencontre libraire à Coutances, dès les premières années du xvne siècle, Robert joignit au commerce des livres l’exercice de l’imprimerie, dans un établissement placé sous l’enseigne de la Pyramide. Ses productions ne sont pas datées, mais les permissions et approbations qui figurent dans l’une d’elles 4, parmi les pièces liminaires, permettent d’affirmer qu’il était établi depuis 1650 au moins. Je crois même qu'on peut reporter ses débuts à deux ans

(1) Stein, loc. cit. — (2) B. N., Ms. fr. 21870, fû 10. — (3) Mémoire relatif à la vérification des sondes de la rade de Cherbourg. / Cherbourg, Clamorgan, 1790. (I11-4. 36 p. Pluquet, op. cit., p. 232.) — (4) La Trompette de l’vnion. / Ornne Regnum in se diuisum desolabitur. Luc. IL / Gens absque consilio est, et sine prudentia. Vtinam sapèrent, & intelligerent, ac nouissima prouvèrent. Deut. 12. [Vign. contenant le monogr. IHS, entouré de la devise: Laudabile nomen Domini.] Par F. Gilles de Sainct loseph, Solitaire en l’Hermitage de Sainct Gerbold, au Diocese de Constances, en la Parroisse de Grastot. // A Constances, Chez Robert de Coqverel, Imprimeur & Libraire, à

la Pyramide. Auec Approbation (Pet. in-4. 21 fF. n. ch., sign. A-E par 2.

Au 4e f°} approb. de Bazire, doct. en Sorbonne et vicaire gén., donnée à Cou-

tances le 27 août 1 65 1 . B. A., Belles-Lettres 11737.)

plus tôt, en se basant sur la naissance de son fils Louis, car, suivant un usage à peu près constant, il se sera installé à l’époque de son mariage. La fin de sa carrière est plus difficile à déterminer: le seul élément de conviction qu’on puisse invoquer est la date de la première impression de son fils (1675), qui a dû lui succéder peu de temps auparavant, c’est-à-dire vers 1674.

IL Louis (1674-1682), deuxième du nom, fils du précédent, naquit à Coutances vers 1 649 1 ; il fit six ans d'apprentissage dans l’atelier paternel, puis il alla servir à Paris, en qualité de compagnon, chez le libraire Thomas Guillain, où il ne resta que l’espace de trois mois 2. Ce court séjour dans la capitale est dû sans doute à ce que Louis fut brusquement rappelé dans sa ville natale par le décès de son père, qu’il remplaça vers 1674. É n’est connu comme imprimeur à Coutances que par une production datée de 1675 3; il résida pourtant dans cette ville jusque vers 1682, époque où il s’en alla fonder à La Rochelle un établissement devenu rapidement prospère L

Coquière (Charles), prétendu imprimeur de Valognes (1787).

Frère enregistre dans ses notes3: « Charles Coquierre (sic), imprimeur à Valognes, 1787. » Cette indication n’est pas exacte. La vérité est que l’une des filles de Jacques Clamorgan et de Louise Le Breton avait épousé Jean-Michel-Étienne Mariage, libraire à Valognes, et, qu’étant devenue veuve, elle avait convolé, ainsi qu’on l’a vu plus haut 6, avec Charles Coquière. Celui-ci, tout en étant peintre de sa profession, avait continué avec son épouse le commerce de la librairie; toutefois il n'a jamais exercé l’état d’imprimeur qu’il ne connaissait pas. Il est vrai que c’est lui qui recélait dans une chambre, située au premier étage de sa maison, les caractères et autres ustensiles d’imprimerie des Clamorgan, mais ce n’est pas lui qui les utilisait.

Cossin (Guillaume), imprimeur à Cherbourg (1631-1685).

Prototypographe de Cherbourg, Guillaume Cossin n’est connu

(1) D’après la supputation de l’àge (52 ans), déclaré par lui à l’enquête de 1701 (B. N., Ms. fr. n. a. 400, f° 322.) — (2) Enquête de 1701. — (3) Ad illustr. virum D. Huetium epigramma Georgi Du Four, eloq. professoris in lyceo Constant. / Ex typogr. Ludovici de Coquerel, 1675. (In-q. Pluquet, op. cit., p. 370.) — (4) Voy. Gallia Typographica , sér. départ., t. VII. — (5) Liasse 108. — (6) Voy. suprà, p. 14.

MANCHE

que par les livres qu’il a imprimés; parmi ceux-ci figure un Processionnal 4, qui fait le plus grand honneur à son habileté professionnelle. Le privilège étant du mois d’avril 1683, il est probable que l’impression de ce livre liturgique commença peu de temps après cette date. Qui était Guillaume Cossin et d’où venait-il ? Il m’a été impossible jusqu’à présent de trouver réponse à ces deux questions, de même qu’après le départ de Cherbourg, en 1685 ou 1686, de ce remarquable typographe, j’ai complètement perdu sa piste.

D’après M. l’abbé Pigeon, en son étude sur les livres liturgiques du diocèse, les Archives capitulaires de Coutances posséderaient un Rituel , in-4, imprimé par Guillaume Cossin, à Cherbourg, en 1631 ; cet imprimeur aurait donc débuté dans cette ville beaucoup plus tôt qu’on ne le suppose ; malheureusement il m’a été impossible de vérifier le bien-fondé de cette allégation et je n’inscris ici la date de 1631, qu’en redoutant qu’elle soit inexacte.

Fauvel (Julien), imprimeur à Coutances (1729-1762).

Successeur de Jean de La Roque, il s’établit à Coutances vers 1729 â, avec le titre d’imprimeur de l’Evêque, et futremplacé lui-même, en 1762, par Jacques Le Roy. Durant cet intervalle de temps, Julien Fauvel a imprimé un certain nombre de livres 1 * 3,

(1) Processionale emendatum, et auctum, juxta ritum insignis ecclesiæ, et Diœcesis Constantiensis. In quo continentur responsoria, Antiphonæ, Versus, Versiculi, atque Orationes Dominicarum, Festorumque Mobilium, ac de Sa net is; sive Propriæ, sive Communes, & omnia quæ in Processionibus, pertotius anni circulum, ac pro quâcunque necessitate sunt cantanda. Auctoritate Jllustrissimi ac Reverendissimi D. Domini Caroli Francisci de Lomenie de Brienne, Constantiensis Episcopi, & VenerabilisCapituli consensu editum. [Arm. de l’évêque.] Cæsaristurgi, Ex Typis Guillelmi Cossin. M.DC.LXXX1V. Cum privilegio Regis. (In-4. 296 p. ch. sll . , lxxvi p. ch. pour le Comm. des SS. et ) f. n. ch.

pour l’indexet Fextr. de priv. Frontisp. gr. représ, la cathédrale de Coutances. Plain-chant noté. B. N., B. 1792.)— (2) Missale Constantiense, ad formam sacrosancti Concilii Tridentini recognitum et emendatum, lllustrissimi et Reverendissim i in Christo Patris Domini Domini Leonorii Gouyon de Matignon, Episcopi Constantiensis Jussu, Ac venerabilis ejusdem Ecclesiæ Capituli consensu editum. [Grav. représ. l’Assomption de la S. Vierge.] Constantiis, Apud Julianum Fauvel, Epicopatûs Typographum. M.D.C.C.XXIX. Cum Licentia Superiorum, & Privilegio Regis. (In-f°, 5i2-cxxxv et xxxvi p. ch. Sll. Imp. r. et n. Plain-chant noté. Gravs. hors t. B. N., B. 235.) — (3) Voy. notamment: A. / Abrégé de la vie des Evesques de Coutances, Depuis Saint Ereptiole premier

Apôtre du Cotentin, jusqu’à Monseigneur Leonor Gouyon de Matignon qui gouverne aujourdhui ce diocèse. Avec un Catalogue des Archevêques de Roüen, & de tous les Evêques de Normandie, & les années de leur promotion & de leur G. Lepreux. — Gallia Typographica. D. III. 2*

GAI. LIA TYPOGRAPHICA

dont l’exécution typographique ne laisse rien à désirer. Quant à sa personnalité, comme je n’ai pas rencontré l’arrêt du Conseil d’Etat, en vertu duquel il fut autorisé à s’établir imprimeur, je manque de renseignements sur ses origines. Je sais seulement par les enquêtes locales de 1737 et de 1758 4, qu’il possédait deux enfants, dont l'aîné avait déjà atteint l’âge de 13 ans, au moment de la première enquête; la seconde se termine par une note élogieuse que je reproduis : « Cet imprimeur, dit-elle, a la confiance et l’estime du public. »

Fèvre (Jean de), imprimeur à Pontorson (1 600-1 601).

Cet imprimeur, que nous avons déjà rencontré plusieurs fois et en dernier lieu à Caen 2, vint s’établir à Pontorson vers l’an 1600, probablement à la demande des ministres du culte réformé de cette petite ville, et il y fit fonctionner sa presse pendant au moins une année. On a de lui, sous la date de 1601, un ouvrage de polémique, dont voici la description :

— Advertissement très- vti lie, du grand profit qui reuiendroit à la Chrestienté, s’il se faisoit inuentaire de tous les corps Saincts & Reliques, qui sont tant en Italie qu’en France, Allemagne, Espaigne, & autres Royaumes & Pays. Par I. C. [Marque représentant un arbre dont le tronc est fendu et la tête prête à tomber; une hache est à côté; on lit cette devise : (à gauche) Tout arbre qui ne porte pas bon fruit (à dr.) est couppé & ietté au feu. Math. 7.] A Pontorson. De l'Imprimerie de Iean de Fevre. 1601. (fa 16, 88 p. ch. B. N., D“2 4242.)

Florent a Fable, imprimeur supposé à Pirou (1700).

Il n’y a pas de doute possible sur l’inexistence de ce prétendu

Mort. Il A Coutances, chez J. Fauvel, Imprimeur. M.DCC.XXXXII. Avec privilège du Roy. (In-12. 3 98 p. ch. sans la pref. et lata. B. N., Lk3200.) — B./ La vie et les vertus de messire Antoine Pâté Prestre Bachelier en Théologie, Curé de Cherbourg, & Doyen de la Hague, décédé en odeur de sainteté. Où se trouve recüeillie l’Histoire abrégée de plusieurs autres Personnages recommandables en piété, tant avant lui que de son tems. [Vase de fleurs et de fruits.] A Coutances, Chez J. Fauvel, Imprimeur de Monseigneur l’Evêque. M.DCC.XLVII. Avec Approbation & Privilège du Roy. (In-12. 626 p. ch. SU. et 2 ff. d’errata. B. N., Ln27i587o.)

(1) A. D. C., C. 2886. — (2) Voy. Premier volume, p. q5 3.

MANCHE

imprimeur et je me borne à transcrire ici le titre du volume qui porte sa souscription :

Le Festin nuptial dressé dans l'Arabie heureuse, au mariage d’Esope, de Phedre et de Pilpai, avec trois fées, divisé en 3 tables, par M. Palaidor. //A Pirou, en Basse Normandie, Chez Florent à Fable, à l’enseigne de la Vérité dévoilée. 1700. (In 12. 384 p. — Pluquet, op. cit ., p. 464. — Cf. aussi, G. Brunet, Imprimeurs imaginaires, p. 51.)

Hermant (julien), imprimeur à Saint-Lô (1740-1759).

Garçon infirme, imprimant sans aucun titre, ayant une presse et pas d’enfant, tels sont les seuls renseignements que j’ai pu réunir sur cet imprimeur de Saint-Lô ; ils sont tirés des constatations de l’enquête locale de 1 7 5 8 1 . Quant à la question desavoir à quelle époque il avait ouvert son modeste établissement, il 111’a été impossible de la résoudre en toute sûreté; je n’ai rencontré aucune production de cet atelier, dont l’origine, dans tous les cas, n’est pas antérieure à 1740, attendu qu’il n’en est nullement question dans les enquêtes locales faites avant cette date. Je suppose que Julien Hermant avait travaillé dans l’imprimerie de Jacques Le Baron et qu’il succéda à ce maître. L’arrêt du 31 mars 1739 2 supprima, 011 le sait, l’imprimerie à Saint-Lô, mais Hermant n’y continua pas moins l’exercice de sa profession jusqu’en 1759, époque où un nouvel arrêt du Conseil, le visant nominativement, lui fit défense d’y imprimer encore, sous peine de confiscation et de 500 livres d’amende 3.

Joubert (Gilles), imprimeur à Coutances (1774- 1791).

Né et baptisé à Anneville, paroisse du diocèse de Coutances, le 2 septembre 1739 4, Joubert était allé faire son apprentissage à Rouen et s’y était installé libraire en 1 767 5, tout en surveillant les places d’imprimeur qui pourraient devenir vacantes dans la région. Il apprit bientôtla démission de Jacques Le Roy, imprimeur à Coutances, s’empressa de faire les démarches utiles pour se faire habi —

(1) A.D.G., G. 2886. — (2) Cf. Documenta, n° 857. — (3) Voy. Documenta,

n° 908. — (4) Voy. Documenta, n° 931. — (5) A. N., V6 1059, arrêt du Conseil

du ii avril 1774, requête prélim.

îiter à le remplacer et, le n avril 1774, un arrêt du Conseil privé venait combler tous ses vœux1, « Sa Majesté l’ayant dispensé, par grâce et sans tirer à conséquence, de justifier de son apprentissage et de son compagnonnage et des autres formalités prescrites par les règlements. » On trouve les raisons de cette réserve dans une lettre de l’Intendant de Caen, en réponse à une demande de renseignements que lui avait adressée le Chancelier de Maupéou 2. Joubert a fait rouler ses presses à Coutances jusqu’à la fin de l’ancien régime et même au delà et il a publié un certain nombre d’ouvrages, qui ne présentent rien de particulièrement intéressant3; il n’y a donc paslieu que je m’en occupe davantage.

Lallemant (Julien), imprimeur à Avranches (1612-1650).

Ce typographe est indiqué dans les Noies , de Frère 4, comme ayant imprimé l’ouvrage suivant :

La vie de Monsieur Sainct Guillaume, patron de Mortairu escrite premièrement en latin par le R. Pere Dieu Estienne... avec notes servant à l’intelligence de l'histoire, par le président de La Barre. '/Avranches, Julien Lallemant (1612). In 8.

(1) Voy. Documenta, n° g3 1 . — (2) Du i5 février 1774 : « En conséquence de la lettre dont vous m’avés honoré le 29 décembre dernier, au sujet de la place d’imprimeur à Coutances, à laquelle le Sr Joubert, libraire à Rouen, demande à être admis, comme vacante par la démission du Sr Jacques Le Roy, j’ai donné ordre de votre part au Lieutenant général de police de Coutances, de se faire représenter par le Sr Joubert et ses concurrents, s’il en avoit, leurs titres de capacité, de leur faire même subir un examen,

de leur faire faire des épreuves sur l’imprimerie et de dresser du tout

un procès-verbal dans lequel il feroit mention du titre en -vertu duquel

le Sr Le Roy exerçoit cette place. J’ai l'honneur, Monseigneur, de vous

adresser ce procès-verbal avec les titres de capacité représentés par le Sr Joubert au Lieutenant général de police. Le Sr Joubert, comme vous le verrez, Monseigneur, n’a point de concurrents, mais le Lieutenant général de police, dans son procès-verbal, dit que les titres représentés par le Sr Joubert lui paraissent insuffisants, attendu qu’il n’a pas rempli ce qui est prescrit par les règlements de 172a. On peut douter en effet que le Sr Joubert sache lire le grec, et ce qui est peut-être plus important, on ne voit pas qu’il ait fait l’apprentissage prescrit; mais c’est un très honnête homme, q ui est depuis pl us de six ans libraire à Rouen, ce qui doit faire supposer qu’il savoit lire le grec lorsqu’il a été reçu, puisque le règlement exige aussi cette condition des simples libraires, et quant à l’apprentissage, c’est peut être le cas de le supposer encore rempli, dès que le Sr Joubert est maître libraire. » (A.D.C., C. 2888.) — (3) Voy. cependant Pluquet, Bibliographie , pp. 193, 329 et 432. — (4) Liasse 120.

MANCHE

La note bibliographique que je viens de transcrire, est tirée du catalogue de la vente Auguste Veinant 1 et je Y ai reproduite telle quelle, parce que c’est la seule production de cet imprimeur d’Avranches dont j’ai trouvé mention. Sa carrière se prolongea jusqu’en 1650 au moins, puisque, vers cette époque, il avait pour apprenti Jean de Çesne1 2.

La Roque (Jean de), imprimeur à Coutances (1719- 1728).

Né en la paroisse de Monthuchon (Manche, arrond. de Coutances), vers 1647 3, il était établi libraire à Coutances depuis plus de 45 ans déjà4 * lorsqu’un arrêt du Conseil d’État, du 4 septembre 1717, tentant de réprimer les abus qui se commettaient dans l’imprimerie en Normandie, ordonna que Jacques II Belamy aurait à justifier de ses titres, s’il voulait continuer à exercer sa profession à Coutances3. Il semble que Belamy soit resté dans l’inaction, et, qu’au bout de quelque temps, Jean de La Roque, en dépit de ses 70 ans bien sonnés, ait essayé de profiter de la circonstance pour se substituer à lui ; dans tous les cas, il se pourvut, le 14 avril 1719, d’une autorisation de l’évêque de Coutances, en vue de devenir l’imprimeur du diocèse6; puis Belamy s’étant trouvé tout à fait impotent et hors d’état de continuer sa profession, il lui acheta son matériel et obtint de lui un acte de démission en sa faveur, le 21 mai suivant7. Jean de La Roque présenta alors requête au Conseil d’État, qui, par arrêt du 10 juillet 1719, le renvoya pour examen devant le lieutenant général de police de sa localité, et enfin, par autre arrêt du 14 août suivant, ordonna sa réception8. Cet imprimeur n’a laissé bibliographiquement aucune trace de son passage, à ma connaissance du moins, et même, par suite d’une fâcheuse lacune dans la collection des arrêts du Conseil d’État, je n’ai pas retrouvé la date exacte à laquelle il cessa d’imprimer. Étant donné son âge déjà avancé au moment de sa réception, il ne dut pas exercer bien longtemps ; dans tous les cas, Julien Fauvel, son successeur, ayant imprimé dès 1729 au moins, il est certain que l’exercice de Jean de La Roque s’est arrêté avant cette année-là.

(1) 2* Partie (Paris, i863. In 8), n° 836. — (2) Voy. supra, P* vol p. 443.

— (3) D’après la supputation de son âge (5q ans) déclaré à l’enquête de 1701

(B. N., Ms. fr. n. a. 399, f° 196.) — (4) Enquête de 1701 : « Tient boutique depuis

28 ans qu’il a épousé la veuve d’un libraire ». — (5) Voy. Documenta, n° 763.

— (6) A. N., V6 849, Arrêt du Conseil du 10 juillet 1719, requête prélim. —

(7) Ibid. — (8) Voy. Documenta, n« 777.

Le Baron (Jacques), imprimeur à Saint-Lô (1702-1739).

Fils de l’imprimeur François Le Baron, de Caen, Jacques avait vu le jour dans cette ville et y avait été baptisé le 28 octobre 1 676 1 ; il apprit évidemment son art dans l’atelier paternel, puis se rendit,, semble-t-il, à Saint-Lô, où, après avoir dirigé pendant quelques années l’imprimerie de la veuve de Jean Pien, il la lui acheta vers 1702 et en devint propriétaire. Je n’ai pas rencontré le moindre opuscule imprimé par Jacques Le Baron, mais je sais, par les enquêtes locales de 1730 et de 1737 °2, qu’il ne possédait qu’une presse et l’occupait à des impressions pour le Collège et pour la Ville. Le successeur de Jean Pien a dû mourir peu de temps après l’enquête de 1737, car l’arrêt du 31 mars 1739 supprimant l’imprimerie à Saint-Lô, le trouva remplacé par Julien Hermant.

Le Bas (Jacques), imprimeur à Saint-Lô (1565-1569).

La plus grande partie de la carrière de ce typographe s’est écoulée à Caen, ce qui m’a procuré l’occasion d’en parler déjà3 ; je n’ai donc plus à indiquer ici que, de 1565 à 1566, il fut l’associé de Thomas Bouchard, le prototypographe de Saint-Lô, et que, de 1567 à 1569, époque où il semble être retourné à Caen, Jacques Le Bas a imprimé seul quelques volumes, dont les descriptions figurent dans les notices écrites par MM. Claudin et Travers sur les deux premiers imprimeurs de Saint-Lô. Je ne crois pas devoir m’y arrêter davantage, et, comme j’ai précédemment parlé des marques dont il a fait usage dans l’une et l’autre ville, et que je ne trouve rien à ajouter à sa biographie, je me borne à ces quelques lignes.

Le Buffe (Louis), imprimeur à Avranches (1696-1717).

Encore un imprimeur qui n’a pas laissé d’autres traces connues de son passage, qu’un opuscule bien modeste, mentionné dans une intéressante notice de M. Eugène de Robillard de Beaurepaire 4 et dont je reproduis la description :

(i) Arch. Comm. de Caen, Paroisse Notre Dame, reg. 7 : « Le 28° octobre

1676 a esté baptizé un fils issu du mariage de François Le Baron et d’Anne du Pré, né du samedy précédent, environ sur les 6 heures du matin, lequel a esté nommé Jacques par Jacques Artré, sieur du Noier, accompagné de Laurance Le Baron, tous deux de cette paroisse. » — (2) A.D.C., C. 2886. —

(3) Voy. ier volume, p. 465. — (4) Le Théâtre du Collège d’Avranches dans le

courant des xvne et xviiFs. (Avranches. S. d. In 8), p. 3.

MANCHE

Apollon françois, piece dramatique qui sera représentée par les Rhétoriciens sur le théâtre du College d’Avranches le...iour d’Aoust 1696. // Avranches, chez Louis Le Buffe, imprimeur et libraire. (In 12. 42 p.)

Lo uis Le Buffe a cependant exercé son art à Avranches pendant plus de 20 ans, car il est nommé dans l’arrêt du 4 septembre 1717 S qui lui ordonne de cesser sa profession et de fermer sa boutique dans les 24 heures de la signification de cet arrêt. Ce typographe avranchin ne semble pas s’être pourvu en grâce contre sa condamnation et il est probable qu’il aura obtempéré aux défenses du Conseil en abandonnant son imprimerie.

Le Cartel (Jean), imprimeur à Avranches (1588-1596) et àCou-

tances (1597-1618).

Voici le plus célèbre typographe du département de la Manche sous l’ancien régime et cependant je n’ai rencontré aucun document qui me permette de le faire connaître plus amplement qu’il ne l’est par les nombreuses productions sorties de ses presses. Son nom semble révéler qu’il était originaire du pays même et c’est là tout ce qu’on en peut dire. De 1588 à 1596, on le trouve à Avranches imprimant pour le compte de l’évêque, qui l’avait fait venir sans aucun doute de Caen ou de Rouen ; il y exécuta, entre autres travaux, le Bréviaire (1592), et le Missel (1596) du diocèse1 2, et obtint, en 1592, du Parlement de Rouen, la permission de donner une édition des Coutumes de Normandie3. Quand Le Cartel eut achevé ces impressions, l’évêque de Coutances l’invita à transporter ses presses dans sa ville épiscopale et notre typographe ne semble pas avoir éprouvé la moindre difficulté à effectuer ce changement de résidence. Il arriva à Coutances vers 1597, s’y fixa définitivement

(1) Voy. Documenta, n" 763. — (2) Cf. E. A. Pigeon, op. cit., passim. — (3) « Du 18e jour de décembre 1592. Sur la requeste présentée par Jehan le Cartel, imprimeur demeurant à Avranches. tendant à ce qu’il plaise à la Cour

luy permettre imprimer le livre intitulé : / es Coustunies du pays de Normandie, antiens ressort y et enclaves d’icelle , en petit volume et selon les caracthères et forme attachés à ladite requeste et icelles exposer en vente pour le

bien et utilité du public. / La Cour, veu lad. requeste et ayant esgard à icelle, a permis et permet audict le Cartel imprimer lesd Coustumesde Normandie en petit volume et selon les caractheres et forme dont mention est faicte en lad. requeste et icelles exposer en vente pour le bien et utilité du public. » (N. F,, liasse 122. Communication de M. Gosselin.)

et y décéda vraisemblablement en 1618. Outre le Bréviaire de ce diocèse, dont il a donné deux éditions (1601 et 1609), Le Cartel en a imprimé le Missel (1604) et le Rituel (Manuale, 1 6 1 6) ; mais il ne s’est pas entièrement confiné dans les impressions liturgiques et l’on peut citer en assez grande quantité des livres de tous genres qui portent sa souscription b Comme il faut savoir se borner, je n’en décrirai ici que deux, les plus intéressants peut-être de ceux sortis de ses presses A

Jean Le Cartel paraît avoir été graveur en même temps qu’imprimeur et il mériterait, je crois, d’être étudié pius particulière ment à ce point de vue.

Le Cesne (Guillaume), imprimeur (?), à Coutances (1664).

Cet imprimeur est cité dans les Notes de Frère 3, avec l’indication d’un ouvrage qui porterait sa souscription et la date de 1664. Je 11’ai trouvé aucune confirmation de cela et je me contente de faire remarquer qu’un Guillaume de Cesne a été libraire à Vire au xvnf siècle et qu’il descendait de plusieurs autres De Cesne, ayant exercé l’imprimerie dans la même ville4. Malgré la présence de l’article au lieu de la préposition, il y a identité de nom ; y at-il également identité de personnes? Je n’en sais rien et je crois prudent de m’abstenir de tout autre commentaire.

Le Court (Les), imprimeurs à Avranches (1699-1818).

I. Gabriel (1699-1729), le premier du nom, ouvritun établissement d’imprimeur-libraire à Avranches, en vertu d’une permission que lui accordèrent les maire et échevins de cette ville, par deli -

(1) Voy. notamment Pluquet, Bibliographie , pp. 219, 295, 306, 412, 416. —

(2) A. / Histoire delà fondation de l’église & Abb.iie du Mont S. Michel, près celai de Tombe : & des miracles, reliques, & indulgences donnez en icelle.

Tout recueilli des Archives dudit lieu. Par F. François Fev Ardent, docteur en S. Théologie, & Religieus aux Cordeliers lez Bayeus. [Vignette] A Constances Par Iean le Cartel, Imprimeur et Libraire. 1604. Auec priuilege du Roy. (ln-12. 55 p. ch. et 1 n. ch. pour l’extr. de priv. B N., LkT 5 184.) — B. / Les Antiqvitez,

fondations et singvlaritez des plvs célébrés Villes, Chasteaux & places remarquables du Royaume de France auec les choses plus mémorables aduenuës en iceluv. Reueuës, corrigéez & augmentées de nouueau. Seconde Edition. [Fleuron ] A Constances, Par Iean le Cartel, Imprimeur & Libraire du Roy au Bailliage de Costentin. 1608. Auec Priuilege de Sa Majesté (ln-12. 5 5 9 p. ch. sll. etla ta. Front, gr. par L. Gaultier. B. N., L 1 2° 5). — (3) Liasse 1 23. — (4) Voy. jcr vol., pp. 442 et suiv.

MANCHE

bération du 9 mars 1699 1 et ^ y exerça jusqu’au moment de son décès, survenu vers 1729, car l’enquête locale de 1730 ne vise que sa veuve 1 2. On ne connaît guère de livres portant la souscription de cet imprimeur ; il est probable qu’il s’adonna surtout aux travaux ■de ville et aux impressions administratives.

II. François-Louis (1733*1766). Né et baptisé à Avranches le 14 octobre 1705 4 5, il était fils du précédent et fut autorisé à le remplacer, le 1 1 février 1733, par ordonnance du lieutenant général de police d’Avranches 3. Depuis longtemps déjà les permissions de ce genre étaient sans aucune valeur aux yeux de la Chancellerie, aussi, lorsque l’arrêt du 31 mars 1739 eut décidé qu’il ne devait y avoir qu’une seule place d’imprimeur à Avranches 6, F. L. Le Court s’empressa-t-il de solliciter du Conseil l’honneur de l’occuper 7 ; il eutlachance d’être préféré à son collègue J. -B. Bernard et fut définitivement habilité à exercer par arrêt du 29 octobre 1739 8 *. Le rapport fait à M. deSartine nous apprendqu’en 1764, F. L. Le Court possédait deux presses, occupait 3 compagnons et jouissait d’une fortune honnête - ; cette dernière considération incita sans doute l’imprimeur d’Avranches à se retirer des affaires deux ans plus tard et à céder son établissement à son fils, qui suit. La production connue de F. L. Lecourt est peu importante 10 ; il aura surtout travaillé à des besognes de ville et à des impressions administratives.

III. François (1766-1818). Fils du précédent, il avait vu le jour à Avranches et y avait été baptisé (Notre-Dame des Champs) le 18 mars 1736 11 . Après avoir terminé ses études, il fit son apprentissage dans l’atelier paternel, puis il alla se perfectionner dans son

(1) Cf. Documenta, no 862, pièces produites, lettre A. — (2) A. D. C., C.2886. — (3) Voy. pourtant: Histoire abrégée du Mont S. Michel en Normandie. Avec

les motifs pour utilement & saintement faire le Pèlerinage du Glorieux Archange saint Michel, & de tous les saints Anges. Par un Religieux Béné-

dictin de la Congrégation de Saint-Maur. Revûë, corrigée & augmentée. // A Avranches, Chez Gabriel LeCourt, Imprimeur & Libraire. (In-i 2. 84 p. ch.

B. N., Lk7 5 1 9 1 a.) — (4) Voy. Documenta, n° 862, pièces produites, lettre B. —

(5) Voy. Documenta, n° 862, pièces produites, lettre C. — (6) Voy. Docu-

menta, n° 857. — (7) Cf. Documenta, n° 85g. — (8) Voy. Documenta, n° 862. —

(9) B. N., Ms. fr. 22184, f° 36. — (10) Voy. Pluquet, op. cit., pp. 335 et 371 ; E. de

Beaurepaire, Théâtre an collège d.' Avranches, p. 16. Voy. aussi ce petit ouvrage

antidaté: — La vie de Saint Guillaume Firmat, Evesque et Confesseur, Patron

de l’église Collegiale de Mortain en Basse-Normandie. Nouvelle Edition. //

A Avranches, Chez François LeCourt, Imprimeur de l’évêché. M.D.CC. XXXII. <ln-i2. 75 p. ch. sans la prêt. B. N., Ln27 7587.) — (11) Voy. Documenta, n° 922.

art, à Caen, chez Pierre Chalopin, à Rouen, chez Richard-Gontran Lallemant, et à Paris, dans les imprimeries de Nicolas-François Moreau et de l’un des LamesleL De retour au pays natal, il aida son père pendant quelque temps dans la direction de son établissement et enfin, ce dernier ayant pris le parti de se reposer, François sollicita du Conseil l’autorisation de le remplacer. Un premier arrêt du 28 juillet 17 66 le renvoya, suivant l’usage, devant le lieutenant général de police d’Avranches 1 2, et le 15 septembre delà même année, un nouvel arrêt du Conseil ordonna sa réception 3. Je n’ai pas à entrer dans de longs détails sur les travaux de François Le Court, ce sont ceux d’un modeste imprimeur de petite ville : quelques livres sans grand intérêt et des impressions administratives.

Il était encore en fonctions au moment de la Révolution et demeurait alors dans la rue de la Geôle ; il se faisait aider d’un neveu, Gabriel Lecourt, habitant avec lui et d’un vieil ouvrier pressier. Le 7 nivôse an IV, à ce que nous apprend M, F. Jourdan 4, l’Administration municipale donna sur eux les renseignements suivants aux membres composant le Directoire exécutif : « Gabriel Lecourt, faisant partie de la première réquisition, travaille depuis 30 mois à l’imprimerie de son oncle. Celui-ci âgé de 60 ans et excellent imprimeur, bon républicain, ne continue son travail que pour l’instruction de son neveu, auquel ildoitremettre son fonds. Il a, depuis 20 ans, un ouvrier pour la partie de la presse, et est en ce moment, le seul imprimeur de tout l’ancien district. »

Lelong (Nicolas), imprimeur à Coutances (1664-1699).

J’ai peu de renseignements sur ce typographe, bien qu’il ait exercé pendant plus de 30 ans ; je pourrais m’en consoler en considérant que les bibliographes ne citent rien à son nom, mais ce serait s’avouer vaincu sans avoir engagé de combat, tactique que je réprouve. En fait, Nicolas Lelong était installé à Coutances depuis 1664 au moins5, lorsqu’il mourut à la fin du xvne siècle, et c’est

(1) A. N., Vfi 1022, arrêt du Conseil du 28 juillet 1766, requête prélim. —

(2) Cf. Documenta, n* 922. — (3) Voy. Documenta, n" 923. — (4) Avranches, ses

rues et places... pendant la Révolution (Avranches, 1909. In-8), pp. 67-68. —

(.8) J'ai vu un livre portant sa souscription et cette date, malheureusement la note que j’en avais prise s’est égarée et je n’ai jamais pu la rétablir. Les Notes 1 de Frère, à Rouen (liasse 124) signalent aussi un ouvrage souscrit et daté de

même.

MANCHE

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