‹ Gallia typographica (volume 2)Chapitre 30 sur 176 · DÉPARTEMENT DE L’ORNE · texte numérisé non relu

DÉPARTEMENT DE L’ORNE

AVANT-PROPOS

Parmi les cinq départements de la Normandie, celui de l’Orne est le seul dont les imprimeurs aient fait l’objet d’une étude suivie et complète. Mme Gérasime Despierres en avait écrit en quelque sorte la préface, dans la communication qu’elle fit, en 1893, au Congrès des Sociétés savantes, des notes et documents recueillis par elie sur les premiers imprimeurs d’Alençon L Ce travail constituaitune contribution précieuse à l’histoire générale des origines de l’imprimerie dans nos villes de France, mais il appelait un complément et celui-ci n’a pas tardé à voir le jour. En effet, M. Louis Duval, alors archiviste du département, publiait, en 1900, une très brillante notice, historique et bibliographique, sur l’imprimerie et la librairie à Alençon et dans le diocèse de Sées 1 2 ; non seulement il y coordonnait et résumait les premiers renseignements fournis par Mme Despierres, mais il y ajoutait le résultat de ses propres recherches, — nombreuses et bien conduites, — qu’il avait pous-

(1) L’Imprimerie à Alençon de 1529 à 1575. Communication de Mm‘ Gérasime Despierres. Dans : Bulletin historique et philologique du Comité des travaux historiques et scientifiques . (Paris, Leroux, 1893. In 8) a. 1893, n° 2, pp. 244-265. —

(2) Louis Duval. L’Imprimerie et la Librairie à Alençon et dans le diocèse de Sées. — Alençon Typographie & Lithographie A. Herpin 9, rue du cygne, 9. 1900. (In 4. 100 p. ch. 1 pl. et un portr. [d’Auguste Poulet-Malassis]. Lxtr. de la Revue Normande et Percheronne.)

(J. Lepreux. Gallia Typographica. D. III. y

sées jusqu’à la fin du xixe siècle. Je n’aurais donc à présenter aux lecteurs de la Gallia Typographica- , qu’une sorte de réédition de l’ouvrage de M. Duval, si ce savant auteur avait utilisé les richesses documentaires des Archives et de la Bibliothèque nationales ; cependant, comme il s’est contenté d’interroger les ressources locales, bien des détails et des renseignements inédits lui ont échappé. Mon travail a profité de ces lacunes et je suis en état d’offrir ainsi non pas la copie d’un ouvrage antérieur, mais une étude presque toute basée sur des documents nouveaux et inexplorés.

On sait positivement aujourd’hui, par les travaux dont je viens de parler, que l’imprimerie fut apportée à Alençon en 1529, par un typographe parisien, du nom de Simon Dubois, lequel disparut en 1534; qu’elle y ressuscita momentanément en 1563, et ne s’y fixa à demeure que vers 1624, peu d’années après la fondation dans cette ville du célèbre collège de la Compagnie de Jésus. Dans le dernier tiers du xvne siècle, un nouvel imprimeur vint ouvrir une seconde officine à Alençon, et les divers arrêts du Conseil d’État maintinrent toujours les deux établissements, en dépit des brouilles continuelles de leurs titulaires, associés malgré eux, et de leurs procès sans cesse renaissants pendant plus d’un demi-siècle.

D’après Deschamps1, qui s’appuie sur une indication donnée par le Père Lelong, Sées aurait possédé un imprimeur en 1701, mais ce renseignement est erroné et en réalité le premier livre imprimé dans cette ville ne date que de 1708. La typographie n’y fut d’ailleurs exercée que pendant un temps assez court, car l’arrêt du Conseil du 31 mars 1739 en ordonna la suppression, sans qu'aucune voix se soit fait entendre pour essayer de l’y maintenir.

Enfin deux autres localités du département, Montsor et La Ferté Macé, figurent également sur des productions de l’imprimerie, antérieures à la Révolution, toutefois je 11e crois pas devoir m’y arrêter ici et je prie simplement le lecteur de se reporter aux notices concernant leurs imprimeurs, l’un réel et l’autre supposé.

(1 ) Dictionn. de géographie, V° Sagium.

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