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texte des vers récités dans les carrousels et les ballets, enfin le dessin des bijoux que les chevaliers qui prirent part à ces réjouissances présentèrent à leurs dames. Ces bijoux se composaient de grands médaillons allégoriques suspendus à des chaînes d'or ; ils sont tous ici finement gravés au nombre de 18. — Les mascarades et cartels insérés dans la relation pourraient bien être de Ronsard, quoi qu'ils ne figurent pas dans le recueil de ses œuvres *».
Il n'y aurait rien à ajoutera cette note intéressante, si quelquesuns des médaillons allégoriques offerts par les chevaliers aux dames de la cour, ne présentaient cette particularité d'avoir été considérés par plusieurs auteurs comme des marques typographiques des trois Fédéric et de Claude Morel 2. On trouve en effet dans le recueil de Michel de Vascosan : i°,au feuillet 6i verso, le médaillon qui porte le mot EAEY0EPIQ2 (Loyalement), offert par « M. de Dampville à la Segnora Madalena Gyron » ; 2°, au feuillet 62, celui qui porte les mots OYAEN MIKPON (Un petit rien), offert par « le duc de Guise à la Segnora Arne » ; 30, au feuillet 63, celui qui figure la Vérité, AAHGEIA, offert par « le comte de Retz à Madame d'Annebault » ; 40, au feuillet 63 verso, celui dit de la Justice, AIKAIQ2 (Honnêtement), offert par a Monseigneur le Duc de Longueville à Mademoiselle Rouet » ; 50, au folio 70, celui portantles mots JEquus amor, offert par a Monseigneur le prince Dauphin à Madame. » Il est arrivé tout simplement que frappé de la beauté de ces médaillons, dont il avait trouvé le cliché dans les ateliers de son beau-père, Fédéric I Morel a été heureux de les utiliser pour l'ornementation de la page finale de beaucoup de ses impressions et que son exemple a été suivi par ses divers successeurs.
J'ai déjà noté antérieurement 3 les difficultés qu'éprouvèrent plusieurs typographes vis à vis de leurs compagnons, à la suite de l'édit de Gaillon sur la réformation de l'imprimerie, Michel de Vascosan que les prescriptions royales venaient déranger également, sollicita du Parlement l'autorisation d'achever, en suivant les anciens errements, les impressions commencées avant la publication de cet édit ''. Peu de temps après, il obtenait du roi, en même
(1) T. III, p. i3, n° 2i63. — (2) Voy. suprà, pp. 427, 433 et 439. — (3) Voy, supra, p. 355. — (4) Du 22 février 1572. « Ce jour, sur ce que ledict Procureur Général a remonstré à la Cour que Michel Vascosan, Jehan Vienne [Bienné], Jehan Sevestre et aultres imprimeurs de ceste ville, luy auroient faict plainte que le scindic des imprimeurs de ceste ville leuravoient [faict] deffences aux compaignons imprimeurs de besongner au parachèvement des livres par eulx
temps que son gendre, le renouvellement de ses privilèges pour l'impression des Vies de Plutarque, de Jacques Amyot, qu'un imprimeur d'Anvers avait contrefait et un autre privilège pour l'impression des Œuvres morales de Plutarque, de la même traduction. Les lettres royales du 26 août 1572 font trop d'honneur aux deux typographes pour que je ne les consigne pas ici comme un de leurs plus beaux titres de gloire '.
commencez qui estoient sur les caractaires, soubz prétexte de certain arrest de deffences et opposition appoincté au Conseil, cependant que si cella avoit lieu les imprimeurs auroient grand intérest, partant le suppliant la Court qu'il leur feust permis faire parachever les œuvres commancées seullement par les compaignons et les [un blanc] stipendier de gré à gré jusques à ce qu'il [s] ayent parachevé les œuvres commancez La matière mise en délibération./ La dicte Court en tant que besoing, veu l'arrest par elle donné le vingt neufiesme novembre ■dernier, [a] permis et permect ausdits imprimeurs faire parachever par les compaignons imprimeurs leurs œuvres commancez auparavant la publication de l'esdict selon les marchez et conventions faictes entre eulx et de gré à gré et sans fraulde. » (A. N., X1* 1634, f" 353.)
(1) « Charles par la grâce de Dieu Roy de France, à nos amez et féaulx •conseillers les gens tenants nos courts de Parlement à Paris, Thoulouze, Bourd^aux, Rouen, Dijon, Grenoble, Aix et Renés, Prévost de Paris, Seneschaux de Lyon, Thoulouze, Guyenne, Anjou, Baillifs de Rouen, Orléans, Touraine, et à tous nos autres Baillifs, Seneschaux, Prévostz, leurs lieutenans, et chascun d'eulx comme il appartiendra, salut et dilection. Nos chers et bien amez Michel de Vascosan et Fédéric Morel, son gendre, libraires Et imprimeurs en l'Université de Paris, nous ont fait dire et remonstrer que par nos lettres patentes du second jour de mars mil cinq cents soixante, et pour les causes y contenues, nous aurions fait élection de la personne dudit Vascosan et iceluy retenu pour nostre imprimeur, luy donnant privilège général, privativement à tous autres de imprimer tous et chacun livres grecs, latins ou françois et autrement; comme il est porté par nos dittes lettres : et depuis, sur ce qu'il nous auroit fait entendre que au préjudice d'icelles, un certain libraire estranger demourant à Anvers, se seroit ingéré d'imprimer le livre des Vies de Plutarque, après avoir esté traduit de grec en françois par nostre amé et féal Messire Jacques Amyot, grand aumosnier de France, et à présent conseiller en nostre Conseil privé, et évesque d'Auxerre, estant ledit livre jà imprimé par ledit Vascosan. Nous, par autres nos lettres patentes du XII novembre l'an mil cinq cens soixante trois, aurions ordonné défenses estre faittes, mesmes à son de trompe et cry public, à tous libraires, imprimeurs et autres, de vendre lesdicts livres de Plutarque ainsi traduicts par iceluy Amyot, s'ils ne sont imprimez par ledict Vascosan. Et le quatrième de mars i5yi, Nous aiant esgard aux grands et laborieux travaux que Fédéric Morel, gendre dudict Vascosan, a employé en l'impression de plusieurs beaux et recommandables livres grecs, latins, françois et autres, l'aurions retenu en Testât de nostre imprimeur ordinaire, tant en hébrieu, grec, françois, que autres langues, vacquant par le trespas de feu Robert Estienne. et sur ce iuy ottroye nos lettres patentes, lesquelles par nostre commandement auroient esté publiées en nos Cours de Parlement et des Aydes, Chambre des Comptes, et en l'auditoire de nostre Prévost de Paris. A présent, aiants iceulx de Vascosan et Morel son gendre receu la translation des Œuvres Morales et meslées dudict
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Bien que déjà il eut sans doute atteintunâge assez avancé, Vascosan continuait d'exercer son art avec autant d'activité que de soins assidus, lorsque vers le mois d'avril 1577, il rendit le dernier soupir au moment où il venait d'achever l'impression d'une œuvre de Paul Emile !, qu'il avait fait précéderM'une belle dédicace latine aux mânes de François Ier.
On sait que cet imprimeur avait épousé Catherine Badius, vers
Plutarque, faicte de son original grec en nostre langue françoise par iceluy mesmes Amyot, conseiller en nostre Conseil privé et évesque d'Auxerre, ils les auroient imprimez et en cela employé un soing exquis et une telle industrie, que mérite cest œuvre si recommandable, et d'une telle conséquence pour l'honneur de nostre France : mais ils doutent tomber de rechef au mesme ou pareil inconvénient, où ledit de Vascosan s'e^t trouvé après ladite impression par luy faitte desdites Vies de Plutarque, traduittes par ledit mesme autheur, et que lesautres imprimeurs, tant au dedans que dehors nostre Royaume, poursuyvants pour l'advenir leur ambition et avarice qui les a conduicts à imprimer lesdittes Vies, voulussent faire de mesmes pour le regard desdites Œuvres morales et meslées, et que l'impunité de leurs premières fautes leur donnast occasion de faire de mal en pis, au moyen de quoy un œuvre si beau et recommandable ne demeureroit en la perfection qu'il a mérité : pour à quoy obuier, ils nous ont faict supplier très humblement leur pourveoir. Nous, à ces causes, et que tant la personne d'iceluy Amyot, aucteur de laditte translation, est très recommandable de grandes et inestimables vertus, cogneues de nous pendant le long temps qu'il a esté nourry auprès de nostre personne en grands et importans affaires, que pareillement la grandeur et conséquence d'une translation si parfaitte et si accomplie, qu'il ne reste plus à y désirer autre chose qu'une impression qui suyve, au plus près qu'il sera possible, la dignité et mérite d'un tel livre, que nous désirons sortir en lumière sous ceste impression faitte par lesdicts de Vascosan et More!, lesquels nous avons prins et choisis pour estre nos imprimeurs. Et pour certaines autres considérations à ce nous mouvans, avons en continuant et réitérant lesdicts privilèges, facultez et tout le contenu en nosdittes lettres, ottroyées tant audit Vascosan que audit Alorel et chascun d'eulx, et de nouveau, en tant que besoing seroit, donné et donnons privilège, licence et permission audit de Vascosan et Morel et chacun d'eux, de imprimer ou par leurs gents faire imprimer, vendre et débiter tous et chacuns les livres d'icelle translation desdittes Vies, Œuvres morales et meslées de Plutarque, faitte de leur original grec en nostre langue françoise par iceluy Amyot,.. Donné à Paris le vingtsixième jour d'aoust, l'an de grâce mil cinq cents septante deux, et de nostre règne le douzième. Et au dessoubs est escrit, Par le Roy, maistre Gilles de Riant, maistre des requestes ordinaires de l'hostel, et seigneur de Villery, présent » (Imprimé à la fin de : Œuvres morales et meslées de Plutarque... A Paris, Par Michel de Vascosan, imprimeur du Roy. M.D.LXXV. In f°. B.N., J. 734.)
(1) Pavli / ^Emylii Veronensis, / Historici Clariss. / de rebvs gestis / Francorvm / Libri X. / Arnoldi Ferroni BvrdUalensis / Regii Consiliarij, De rébus item gestis Gallorum libri nouem. / Historia perducta a Pharamundo primo FYancorum / Rege, usque ad Henricum secundum / Galliarum Regem. // Lvtetiœ/ Parisiorvmex officina Vascosani./ M.D.LXXV1I./ Cvm privilegio régis. In-f°, 244 p. sll et l'index B.N., L33 32.)
G ALLIA TYPOGRAl'HICA 52.S
1530 et qu'il en avait eu plusieurs enfants, notamment une fille, prénommée Jeanne, que Fédéric I Morel prit pour femme dans le courant de Tannée 15501; Catherine Badius étant décédée vers 15 51, Vascosan s'était remarié, comme l'indique La Caille, avec Robine Coing, veuve d'un sieur Augustin Le Febvre ; elle ne semble pas lui avoir survécu, car aussitôt après la mort de son beau-père, Fédéric Morel s'installa dans l'officine de la Fontaine. Fidèle admirateur et continuateur de Vascosan, Morel le fit enterrer auprès de Badius et lui rendit le suprême hommage de suivre ses traditions dans la beauté sévère des livres qu'il imprima. Bandeaux et lettres ornées, tels furent à l'exception de filets rouges qui encadrent le texte de certains exemplaires de choix, les seuls luxes d'ornementation que se permit jamais Vascosan, — il n'eut même pas démarque typographique, — plus préoccupé d'assurer la parfaite correction de ses textes 2 que de leur donner une vaine élégance. Avec le recueil des fêtes de Bayonne, que j'ai signalé plus haut, on ne peut guère citer, comme livre illustré sorti de ses presses, que le Tombeau de Henri II3, en latin, français, espagnol et italien, dont quelques pages offrent de beaux encadrements typographiques et •qui contient une gravure, dans le style de Jean Cousin, représentant un monument funéraire en l'honneur du monarque auquel l'ouvrage est consacré.
Vitré (Antoine) Aliàs Vitray. Libraire (1609) et imprimeur (16 15- 1674). Imprimeur ordinaire du Roi pour les langues orientales (1630-1674).
Proche l'Horloge du Palais et au Collège Saint-Michel (161 5-
1628). Rue des Carmes, proche le Collège des Lombards (1629-
1640). Rue Saint-Jacques (1640-1674).
Antoine Vitré occupe avec Sébastien Cramoisy une place prépondérante parmi les imprimeurs du xvne siècle; on le considérait de son temps comme le plus habile typographe que la France ait eu et on le croyait même supérieur à Robert Estienne sauf, dit le Dictionnaire de Moréri, sous le rapport de l'érudition, « car à peine
(0 Voy, suprà, p. 422. — (2) Suivant A. Firmin-Didot (Essai sur la typographie, p. 756), le volume Budœus, de Asse et ejws partibus (1542) ne contiendrait que trois fautes d'impression. — (3) Henrici II. / Galliarvm Régis / Elogivm, cvm eivs / verissime expressa / effigie, / Petro Paschalio Avtore. / Eivsdem / Henrici Tvmvlvs / avtore eodem. // Lvtetiae / Parisiorum, apud Michaëlem Vascosanum. /M.DLX. / Ex privilegio régis. (In f° B.N., LB:li io3.)
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savoit-il traduire le latin en françois ». Né à Paris dans les dernières années du xvie siècle, il était fils de Pierre Vitré, libraire et de Roberte Du Pont1 et dut être reçu à la maîtrise en 1609, puisqu'il figure pour la première fois en 16 10, parmi les cotisants de la Confrérie de Saint-Jean l'Evangéliste 2. Pendant quelques années sans doute, il aida sa mère restée veuve en 1609, à diriger son établissement et en 16 15 seulement, il commença à exercer pour son compte personnel, proche l'Horloge du Palais et au Collège Saint- Michel. Il débuta par des nouvelles à la main 3 et après avoir acquis l'imprimerie de la veuve de Jacques du Clou4, il en produisit, pendant Tannée 1621, une grande quantité5. En 1622, dit Ernest R^nan, dans son article de la Biographie Michaud, il publia le Dictionariutn latino-arabicum de Jean-Baptiste Du Val 6, mais cette indication, que réédita plus tard Auguste Bernard7, en ajoutant que Vitré y prit le titre de Linguarum Orientalium îypographus regius, est erronée, ce dictionnaire n'ayant paru que dix ans plus tard et son imprimeur, au surplus, n'étant devenu typographe royal qu'en 1630, ainsi qu'on le verra bientôt.
Par son intelligence, son habileté et l'aptitude qu'il ne tarda pas à montrer pour l'impression des langues orientales, spécialité dans laquelle il s'était révélé, en 1625, par un bel ouvrage syriaque et latin de Gabriel Sionita 8, Vitré augmenta rapidement l'impor-
(1) La Caille Hist. de l'impr. (Ex. annoté, 13. N., Ms. fr. 22104, f» 66.) — (2) B.N., Ms. fr. 21872, fo 29 V0. — (3) Entier discovrs des choses qui se sont passées en la réception de la Royne, & mariage du Roy. [Ecus de France et de Navarre]. A Paris, chez Antoine Vitray, deuant l'Orloge du Palais. Auec permission. (In-8, 22 p. ch., B N., Lb332S6 E). A la fin, privilège daté de Paris le 21 octobre i6i5 et donné à Antoine Vitré, « marchand libraire et imprimeur.»
— (4) Voy. la notice de cet imprimeur dans le t. // de la présente série. — (5) Voy. notamment : A. /La response de Monsieur le Duc Desdiguieres, aux plaintes à luy enuoyées par ceux de l'Assemblée de la Rochelle. [Fleuron]" A Paris, Chez Antoine Vitray, proche l'Horloge du Palais, & au Collège S. Michel. M.DC.XXI. (Pet. in-8. i3. p. ch. B.N., Lb36 1564), — B./Le Bannissement des Prestres de l'Oratoire, hors de la Rochelle, avec la Harangue que leur fit le Maire auparauant que de les en chasser, & généralement tout ce qui s'est passé en ceste action... [Fleuron] A Paris, Chez Antoine Vitré. M.DC.XXI. Auec permission. (Pet. in-8. 16 p. ch. B.N., Lb*6 1644).
— (6) T. XLVI, Col. 3 1 1 . — (7) Antoine Vitré et les caractères orientaux..., p. 7. — (8) Liber Psalmorvm Davidis Régis et Prophetae. Ex idiomate syro in latinvm translatvs. A Gabriele Sionita Doct. Theologo, & literarum Syriacarum atque Arabicarum in Acad. Parisiensi Professore & Interprète Regio. / Parisiis. M.DC.XXV. (In-4. 3 1 5 p. ch. SU. B.N., Inv. A. 25i3.)
GALLIA TYPOGRAPHICA Si;
tance de sa maison et s'imposa en quelque sorte à l'attention de ses confrères, qui, dès le 30 juin 1627, lui confièrent les fonctions d'adjoint au syndic de leur Communauté 4. En 1628, il publia un nouvel ouvrage de Sionita, intitulé : Veleris philosophi Syri de sapientia divina, poema œnigmatum, avec le texte syriaque traduit en latin, dédié au garde des sceaux de Marillac, et en 1630, la grammaire turque de Du Royer, ancien vice-consul de France en Egypte. A la suite de cette publication, le roi, par des lettres patentes du ié avril 2, lui octroyait la charge de son imprimeur « pour les langues orientales, hébraïques, caldaïques, turquesques, persiennes et caractères arméniens, samaritains et autres ».
Il est indispensable, pour l'intelligence de ce qui va suivre, de rappeler que l'un de nos ambassadeurs à Constantinople sous Henri III et Henri IV, François Savary de Brèves, épris de l'étude des langues orientales, avait fait graver dans cette ville, d'après les plus beaux manuscrits qu'il avait pu rencontrer, des caractères arabes, persans, syriaques et turcs, dont il fit ensuite perfectionner les poinçons en France par le graveur Guillaume II Le Bé. Envoyé à Rome en 1613, Savary de Brèves y fit imprimer, avec les caractères dont il vient d'être parlé, plusieurs ouvrages qui portent la souscription : Romae ex typographia Savariana, cxcudebat Stephanus Paulimts ; dans les derniers mois de 1614, il était de retour à Paris, où il avait amené son imprimeur, Etienne Paulin et deux maronites, Gabriel Sionita et Jean Hesronita, qu'il appointait en qualité de correcteurs et traducteurs. A titre d'encouragement et de récompense, le roi accorda à ces deux derniers, peu de temps après leur arrivée à Paris, une pension de six cents livres et un logement dans le collège des Lombards, rue des Carmes :j, où s'installa également Etienne Paulin, qui, après l'impression d'un seul ouvrage 4, s'en retourna à Rome. Pendant les cinq années suivantes les impressions savariennes (typographia Savariana) furent exécutées par Jérôme Blageart, imprimeur parisien et, à partir de 1621, Antoine Vitré devint l'homme de confiance de Savary de Brèves.
Les choses en étaient là, lorsque la mort de l'ancien ambassadeur à Constantinople, survenue en 1627, puis celle de sa femme, fail-
(i)Cf. Lottin, I, p. 84. —(2) Voy. Documenta, n" io5. — (3) Voy. le brevet du 24 juin 161 5, reproduit par A. Bernard, op. cit., p. 5. — (4) Articles du traicté faict en l'année 1604, entre Henry le Grand... et sultan Amat... (En arabe et en français). Voy. la notice d'Etienne Paulin, dans le t. III delà présente série..
D2Ô GEOKGES LEPREUX
lirent entraîner pour la France la perte de la typographie orientale qu'il avait créée. Les héritiers de Brèves mirent en effet les caractères en vente, en 1632, avec le surplus de la succession, et les Anglais et les Hollandais, qui avaient pu en apprécier la beauté par les éditions de Rome et de Paris, les marchandaient déjà et étaient sur le point de les obtenir, quand lecardinal de Richelieu donna à Antoine Vitré l'ordre secret de les acquérir pour le roi, à quelque prix que ce fût. Heureuse opération pour la France, funeste commission pour Vitré, car s'il eut la bonne fortune de se rendre adjudicataire des poinçons et d'un grand nombre de manuscrits orientaux, pour la somme très modique et fort au-dessous de leur valeur réelle de 4.300 livres Si il ne parvint jamais, malgré les ordres de Louis XIII 2, à obtenir de Messieurs des finances, la somme de 6.000 livres mandatée en son nom pour en faire le paiement et, pendant vingt ans, il eut à supporter toutes sortes de vexations et de procès tant au Conseil privé qu'au Parlement. Je me garde bien d'entrer dans l'examen de ces inextricables procédures, mais aux lecteurs que cela pourrait intéresser, je rappelle que le récit circonstancié en est donné dans des mémoires rédigés par Vitré lui-même 3 et qu'il a été réédité,, avec quelques documents à l'r.ppui '', par Auguste Bernard 5.
Vitré n'eut-il été abandonné qu'aux réclamations des héritiers de Brèves, la chose serait déjà étrange, mais, circonstance incompréhensible, on le laissa par surcroit à découvert vis à vis de
(1) Sublet de Noyers, d'après le troisième mémoire d'Antoine Vitré, agissant comme surintendant de la maison du roi, en avait offert précédemment 27.003 livres sans pouvoir les obtenir. — (2' Voy. Documenta, n° 106. — (3) A./ Mémoire que Antoine Vitré a donné à Messeigneurs les Commissaires nommez par l'Assemblée générale pourauoir soin des Impressions des PP. Grecs, qui doivent estre imprimez par l'ordre du Clergé. (S. 1. n. t. n. d. In-4. 7 p. B.N., Ms. fr. 22071, p. 82). —B. /(Mémoire sans titre. In-4, I2 P- Mentionné par Chevillier, Origine de l'imprimerie de Paris, p. 299). — C./ Histoire du procez qu'on renouvelle de temps en temps à Antoine Vitré, à cause de l'achapt que le Roy l'a obligé de faire des Poinçons, des Matrices, et des Manuscripts Turcs, Arabes et Persans, que feu Monsieur de Brèves auoit apportez du Leuant pendant son Ambassade à Constantinople. Avec les pièces Justificatives de Testât où il est encore à présent. (S. 1. n. t. n. d. In-4, l f-n- cn- 2& f- ch. 3 à 28. B. N., Ms fr. 18600, f° 712 et suiv). — (4) Voy. Documenta, N03 107, 110,134.145 154, 160 et 170. — (5) Antoine Vitré et les caractères orientaux de la Bible Polyglotte de Paris. Origine et vicissitudes des premiers caractères orientaux introduits en France, avec un spécimen de ces caractères, par Aug. Bernard. — Paris, Dumoulin, librAire (s/c),quai des Augustins, i3. 1857 [Typ. Charles de Mourgues rue J.-J. -Rousseau, 8.] (In-8. 54 p.) Cette brochure a été reproduite presque mot pour mot dans V Histoire de V Imprimerie royale du Louvre, du même auteur, pp. 40-64.
Jacques II de Sanlecque, avec lequel, conformément aux instructions du roi, il avait souscrit un marché pour l'établissement de poinçons arméniens et éthiopiens destinés à compléter la typographie orientale. Le malheureux imprimeur du roi eut fini sans doute par trouver la ruine au bout de tous ces procès, si, en fin de compte, l'Assemblée du Clergé de France n'était venue à son secours et ne lui eut alloué une somme de 6.000 livres à titre de remboursement et dédommagement, « attendu qu'il a remis lesdits poinçons et matrices des caractères des langues orientales dans les archives du clergé, qui y demeureront jusqu'à ce qu'il ait avisé du lieu où ils pourroient être mis, pour être conservés avec plus grande sûreté, comme les poinçons des caractères grecs qui ont été déposés en la Chambre des Comptes, dès le temps du roi François Ier, pourvu cependant que MM. les agents pussent prêter lesdites matrices, sous bons récépissés, aux imprimeurs et autres qui feront travailler à quelques ouvrages en ces langues, pour s'en servir, à condition de mettre au frontispice des livres qui en seront imprimés ces mots : Tyfris cleri gallicani !». Ceci se passait en 1656 ; les caractères orientaux, ainsi que leurs poinçons et leurs matrices restèrent entre les mains de Vitré jusqu'au moment de son décès, en 1674 9 ^s ^rent transportés alors à la Bibliothèque du roi où ils restèrent ignorés jusqu'en 1691, époque à laquelle, dit F. -A. Duprat 2, ils en furent retirés et déposés à l'Imprimerie, alors royale, aujourd'hui nationale, où ils se trouvent encore. Ainsi tombe l'accusation calomnieuse d'avoir détruit et fondu les caractères orientaux qu'avaient porté contre Vitré, La Caille et Chevillier, et après eux beaucoup d'autres écrivains 3.
Les relations de Vitré avec le clergé de France remontaient à une époque déjà lointaine, car c'est le 5 juin 1635 9ue cette assemblée l'avait nommé son imprimeur, en remplacement d'Antoine Estienne 4. Au mois de septembre de la même année, sachant que
(1) Cette délibération de l'Assemblée du Clergé est reproduite in extenso par Aug. Bernard, op. cit., p. 26 et suiv. — (2) Histoire de Vlmprimerie impériale, de France, p. 47. — (3) Dans ses Mélanges d'histoire et de littérature (Paris, 1725, in-8. — T. II, p. 71), Vigneul-Marville surenchérit encore sur La Caille et Chevillier, en disant: «Tout le monde sait que Vitré, libraire fameux, avoit jeté au feu tous les caractères de ce bel ouvrage (la Bible polyglotte), afin que le rendant plus rare et ne pouvant plus être r'im primé, il se débitât mieux, mais cette mauvaise ruse n'a pu réussir et le public rebuté n'a pu s'attendrir. » — (4)« Le sieurabbé de Paimpont a remontré qu'il estoit nécessaire de pourvoir d'un imprim eur, et d'un huissier, qui prist aussi le soin de la dépense de la beuvette, et que G. Lépreux. Gallia Typographica. P. I. 34
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le clergé ne voyait pas de très bon œil le privilège accordé par le roi au cardinal de Richelieu pour l'impression des livres d'église, parce que ce privilège rétrocédé par le cardinal à une société de libraires, avait eu pour conséquence de surélever le prix de ces livres, Vitré, qui taisait partie de cette société, avait offert, tant en son nom qu'en celui de ses collègues, « de se départir de l'effet dudit privilège * ». L'offre de l'imprimeur avait été acceptée avec reconnaissance et, le 10 novembre suivaiit, il s'était galamment exécuté -. Pour l'en récompenser, le Clergé l'avait
diverses personnes s'offroient, et entre autres Antoine Vitré, qui avoit déjà servy le Clergé, les sieurs agents l'ayant employé [en l'absentce dudit Estienne, qui avait esté cy-devant ) à l'impression des ch >ses qui s'estoient présentées : sur quoy délibération prise par provinces, il a esté ordonné que ledit Vitré seroit employé, tant en l'impression de tout ce qui regarde les affaires du Clergé qu'à la porte et beuvette, et ledit Estienne maintenu et conservé en sa pension. » (Procès-verbal de l'assemblée de i635, d'après La Caille.)
(i) Du 24 septembre i6>b. « Le sieur de Beauregard a rapporté le contenu aux brevets du Roy du huictiesme (sic, au lieu de septiesme) octobre i63i, portant pouvoir à Monseigneur le Cardinal Duc.de faire choix de tels libraires et imprimeurs qu'il jugera capables de l'impression des bréviaires réforme? par nostre Sainct Père : de celuy de mondit seigneur le Cardinal du vingt-sixiesme de novembre suivant, par lequel il nomme à Sa Majesté les libraires et imprimeurs formans une société pour imprimer, privativement à tous autres, tous bréviaires, missels, diurnaux et généralement tous Usages servans pour le Service Divin, réformez et corrigez de nouveau : des lettres patentes de Sa Majesté du neuviesme décembre audit an, par lesquelles le Roy accorde à ladite Société et nommez en icelle, le privilège d'imprimer ou faire imprimer durant trente anslesdits bréviaires, missels et tous autres u>ages réformez: avec défenses à tous autres libraires et imprimeurs d'en imprimer ou faire imprimer dans le Royaume, ny d'en faire venir des pais estrangers d'autres impressions, à peine de confiscation d'iceux et de six mil livres d'amende à la charge de faire imprimer des Nouveaux Testaments, Catéchismes et Grammaires en langues orientales et d'en donner le nombre d'exemplaires qui seroit déterminé par mondit seigneur le Cardinal, et envoyé par son ordre aux missionnaires du Levant, pour s'en servir à l'instruction des peupJesen la religion. Sur quoy il a esté remarqué que ce privilège rendoit tous lesdits bréviaires et autres livres d'église plus chers et estoit cause qu'ils estoient plus mal imprimez qu'ils ne seroient, si la liberté de les imprimer estoit laissée à chacun : et qu'en effect il y avoit plusieurs imprimeurs et libraires qui offroient d'en imprimer de plus beaux et à meilleur marche si ce privilège estoit révoqué. La Compagnie aouy sur ces offres et inconvénients alléguez le sieur Vitray, l'un des nommez audit privilège et huissier de l'Assemblée, lequel a déclaré pour ses associez qu'ils estoient prestz de se départir de l'effet dudit privilège, moyennant le rembourcement des frais par eux faicts pour l'exécution des promesses par eux faictes et conditions apposées en iceluy. Il a esté ordonné que ledit Vitray rapporterait ses offres par escrit, signées par luy et ses associez, pour après estre délibéré sur icelles. » (Ibid., p. 309.) — (21 A./ Du 10 novembre i635. « Les promoteurs ont remonstré que i'Assem-
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associé, en 1636, à Cramoisy, pour l'impression des Pères grecs1, mais dix ans plus tard, on constatait que ce dernier n'avait même pas commencé son travail, bien qu'il eut été nanti à cet effet d'une somme de quatre mille livres, aussi fut-il décidé que Vitré en serait seul chargé désormais et que Sébastien Cramoisy aurait à lui remettre les 4.000 livres qu'il détenait encore 2.
blée avoit résolu de mettre quelque ordre à l'impression des bréviaires et autres livres d'église ; Monseigneur le Cardinal ayant approuvé ce dessein et remis à la compagnie le soin que le Roy luy en avoit donné ; qu'elle avoit aussi auparavant ouy les imprimeurs à qui le privilège avoit esté accordé, pour lesquels le sieur Vitray avoit déclaré qu'ils se lépartiroient, et olfert d'en rapporter leur déclaration. Ledit Vitray mandé a dit qu'il avoit la déclaration par luy promise, signée de ses associez, et de luy: laquelle il a offert de remettre, comme il a faict, avant la levée de la compagnie et la lecture et délibération ont esté renvoyez au premier jour. » (Ibid. , p. 409). B. / Du 12 novembre 1 635. « La déclaration des libraires de la Société pour l'impression des bréviaires, remise par Vitray, a esté leue : et ledict Vitray -ouy, auquel a esté ordonné de bailler Testât des advances et frais prétendus faicts en l'impression des catéchismes, dictionnaires en diverses langues et autres livres pour envoyer aux missionnaires du Levant. Le sieur de Sainct- Sivié a esté ouy sur le contract faict par luy et le deftunct sieur de Breteville avec Cramoisy et Estienne ; et ensuitte il a esté ordonné aux agents de faire contraindre ledit Cramoisy au payement des huict mil livres, en vertu de l'obligation qu'il en a passée solidairement avec Estienne en l'an 1620 et enjoinct ausdits de certifier l'Assemblée de leurs diligences. »(Ibib., p 409.)
(1) Du 2 1 janvier iô36. « Monseigneur TArchevesque de Tholoze a rapporté que luy et Monseigneur de Séez avoient, selon l'intention de l'Assemblée, conféré ensemble et pris aussi l'advis de quelques docteurs, du choix des livres des Pères Grecs qu'il seroit plus à propos de faire imprimer: qu'ils avoient jugé que les œuvres de Sainct Jean Damascène, d'Origène, de Maximus etd'Ephrem Syrus estoient les plus nécessaires entre celles de tous les anciens, pour servir à la décision des controverses de la religion, lesquelles néantmoins n'avoient pas esté imprimées jusques ioy en leur langue originelle ; voire que la pluspart de leurs ouvrages n'ont point esté imprimez pour tout, lesquels se peuvent trouver en diverses bibliothèques et que pour cela il faudroit choisir quelque personne bien entendue en la langue grecque qui pristcesoin : à quoy Monseigneur de Séez a adjousté que l'on pouvoit prier Monseigneur de Tholoze de prendre le sieur Aubert, docteur de Sorbonne pour un des deux que la compagnie l'a cy-devant prié de choisir pour travailler sur le droict canon et sur l'histoire ecclésiastique, et luy donner le soin de ceste impression, pour ne charger pas Testât de plus grande despence. Ledict rapport concerté et agité, mesdits Seigneurs de Tholoze et de Séez ont esté priez de traicteravec quelques imprimeurs qui feront la condition plus advantageuse et en leur prestant la somme de huict mil livres qui est entre les mains de Cramoisy, les obliger à l'impression desdits autheurs, et aux autres choses qu'ils jugeront nécessaires ; auquel traicté ils feront entrer de préférence le sieur Vitray, imprimeur du Clergé ; et en outre la compagnie a désiré que ledit sieur Aubert fust employé au soin de ladite impression ; et pour ce ordonné qu'il sera couché sur Testât des gratifications avec l'autre que Monseigneur de Tholoze nommera pour le droict canon. » (Ibid., p. 5i3.) — (2) Du 17 juillet 1645. a Monseigneur
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Entre temps, victime de son zèle pour les intérêts du Clergéy Vitré avait été l'objet d'une saisie et d'un emprisonnement, pour avoir imprimé aux frais de ce corps de l'Etat les œuvres de Jean Duvergier de Hauranne, abbé de Saint-Cyran, sous le pseudonyme de Petrus Aurelius, dans lequel le lieutenant criminel du Châtelet, d'après des ordres supérieurs, avait feint de ne voir qu'un auteur déguisé, faiseur de libelles diffamatoires. Le Clergé protesta hautement l contre les injures faites à l'auteur et au typographe : j'ai pensé que cette page était digne de la reproduction.
de Toulouse a fait entendre à la Compagnie que suivant la délibération du 10 (sic, au lieu de u) juin, il avoit mandé Cramoisy, libraire, qui s'estoit chargé avec Vitré de travailler à l'impression de quelques Pères Grecs, qui n'avoient point encore esté imprimez, et avoit sceu de luy qu'il n'y avoit peu et ne pouvoit encore y vacquer, et que s'il plaisoit au Clergé de le descharger du contract qu'il avoit p.<ssé avec luy il estoit prest de rendre les quatre mil livres qu'il avoit receuës ; et qu'ainsi c'est à l'Assemblée de choisir un libraire en la place dudit Cramoisy, ou bien de bailler encore audit Vitré lesdites quatre mil livres, n'y en ayant pas à son advis de plus capable, ny qui s'acquitte plus fidèlement de cet ouvrage que ledit Vitré, qui a desjà travaillé et fait fondre des charactères exprès pour cela. L'Assemblée estimant l'avancement de ladite impression très utile à l'Église, et ayant sceu que par les soins de mondit Seigneur de Toulouse, les œuvres de cinq desdits anciens Pères avoient esté recouvrez et estoient prestz à estre mis sous la presse, sçavoir: Origène, Sainct Jean Damascene, S. Maxime, S. Ephrem Syrus, et Petrus Laodicenus, a aggréé la proposition, et d'une commune voix arresté que ledit Cramoisy rendra lesdites quatre mille livres, et qu'elles seront baillées audit Vitré qui travaillera ausdits ouvrages, mais .parce que ceux à qui cy-devant ledit argent avoit esté baillé n'ont rien fait de ce qui avoit esté par eux traicté avec ledit Clergé, la Compagnie a aussi arresté qu'au cas que ledit Vitré n'ait pas travaillé dans le temps de la prochaine assemblée et qu'on luy ait baillé des exemplaires, il sera contrainct de rendre les huict mil livres avec les interests ; et pour passer contract avec ledit Vitré ont esté nommez Messeigneurs l'Archevesque de Toulouse et Evesque de Sais, et les sieurs r Haut-Doyen de Rouen et Prévost de Toulon. » (Procès-verbal de l'Assemblée de ! 1645, Paris 164'J, in f°, p. 128.)
(1) Du 4 août 1645. « Le sieur abbé de la Feuillade, promoteur, a dit que le rapport qui a esté fait à la Compagnie en sa dernière séance, des frais communs de l'Assemblée de Mante, luy donnoit un juste sujet de remonstrer qu'encore qu'il y ait un article employé dans lesdits frais communs assez considérable, pour l'impression des œuvres de Petrus Aurelius et qu'elle ait esté effectuée, tant s'en falloit que le Clergé eust jouy de l'effect de cette despence ; que par un événement tout contraire elle avoit servy d'occasion à jetter une tache sur le nom d'un autheur dont la mémoire devoit estre en perpétuelle vénération à l'ordre ecclésiastique et que ce tesmoignage d'honneur avoit donné lieu à une injure sensible qui rejaillissoit sur le Clergé de France, lequel avoit si hautement loué et approuvé ses escrits ; car ayant esté ordonné par ladite Assemblée le 27 avril 1641, lorsqu'elle estoit encore entière et complette, que les œuvres de cet autheur seroient imprimées aux
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Élu syndic de sa Communauté en 1639 \ nommé imprimeur privilégié de la Chambre de justice créée en 1661 2, Consul en 1664, éditeur d'une infinie quantité d'ouvrages de toute nature, aussi remarquables par la beauté de leur impression que par le choix du papier sur lequel ils sont exécutés, presque toute la notoriété
despens du Clcrgj. que deux exemplaires en seroient envoyez en chaque diocèse, qu'un exemplaire en seroit distribué à chacun des députez tant du premier que du second ordre de ladite assemblée, et qu'il en seroit remis cinquante exemplaires entre les mains de Messeigneurs l'Archevesque de Toulouse, Evesques de Chartres et de Bazas, pour en faire la distribution à leur choix, a pareil nombre de gens de lettres, néantmoins incontinent après la séparation de l'Assemblée, le sieur Vitré, imprimeur du Clergé, pour avoir exécuté ses ordres en cette impression, fut arresté chez luv par le Lieutenant criminel, les exemplaires qui estoient en son logis, saisis par authoritédu Roy et transportez avec luv chez Monsieur le Chancelier. En quoy il a dit qu'il se rencontroit deux griefs très considérables, que le Clergé souffroit en cette occasion : le premier, qu'un autheur qui avoit sacrifié ses interests, abandonné sa fortune et obscurcy sa gloire pour servir plus avantageusement le Clergé et se rendre invisible aux prises de ses ennemis, bien loin, selon la pensée de l'Assemblée, d'en avoir receu des marques d'honneur, estoit traité par ce moyen d'autheur desg.iisé, d'escrivain injurieux et de faiseur de libelles diffamatoires. Le second, qui estoit encore plus préjudiciable à l'Eglise et plus digne de la considération de cette Assemblée estoit qu'au fait de la doctrine, de la nourriture spirituelle des âmes et de leur conduite au Ciel, il s'eslevoit un tribunal au-dessus de celuy des Evesques, qui est étably de l'ordre de Dieu, et fondé sur l'authorité de Jésus-'lhrist. Sur quoy ledit sieur promoteur s'estant longuement estendu par un docte et éloquent discours, tant pour les preuves de ces deux considérations que pour leurs suites et conséquences, il a requis qu'il pleust à l'Assemblée députer au plus tost vers Monsieur le Chancelier, à l'effect que les exemplaires saisis du livre dudit Petrus AureliiK fussent remis es mains dudit Vitré, qu'il luy fust permis de les débiter publiquement comme les autres livres approuvez, et qu'un exemplaire fust distribué à chacun de Messeigneurs les Députez du premier et du second ordre qui composent cette Assemblée. Sur quoy la Compagnie ayant considéré qu'il ne se pouvoit présenter une occasion où l'honneur, fe pouvoir et la dignité du Cierge fussent plus avant intéressez, que les livres escrits pour le soustien de ses droits sont estouffez et traittez injuneusement, pendant que ceux qui sont publiez pour les destruire, courent partout avec impunité. Qu'en ces rencontres les Evesques sont réduits à devenir parties, eux qui devroient estre les Juges, et fait là dessus toutes les remarques que son zèle et sa prudence luy ont suggérées. » (Proc.-verb. de l'Assemblée de 1645, pp. i83-i86j. L'Assemblée délibéra d'envoyer des députés vers le chancelier et l'on apprit de la sorte (Ibid., p. 556) que le livre avait été saisi « par ordre du feu Roy peut-estre à cause que son confesseur estoit repris dans ce livre ». Bref le chancelier ordonna la restitution des exemplaires saisis, décision de pure forme, attendu que, transportés en son logis et mis en son grenier^ ils avoient esté mouillés et s'estoient pourris ». Toutefois, assurée que désormais la vente de l'ouvrage de Petrus Aurelius pourrait se faire librement, 1 Assemblée en commanda une nouvelle édition à Vitré. (0 Lottin, II, p. 172. — (2) Voy. Documenta, n° 181.
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de Vitré ne lui vient cependant que d'avoir attaché son nom à. l'admirable Bible polyglotte de Le Jay, dont je transcris ici le titre intégral.
4« BlBLIA. I. HEBRA1CA. 2 SAMARITANA. 3. CHALDAICA. 4. GR.ECA. 5. SYRIACA. 6. LATINA. 7. ARABICA. QvibvS textVS
originales totivs scriptvrae sacrae, qvorvm pars in editione complvtensi, deinde in Antverpiensi regiis sumptibus extat, nunc integri, ex manuscriptis toto ferè orbe quaesitis exemplaribus, exhibentur.
TAYTA nONEI, TAYT' EKMELETA, TOYÏQN XPH EIIAN 2E. TAYTA 2E TH2 0EIH2 20$IH2 EI2 IXNIA GH2EI [Marque n° 2] Lvtetias Parisiorvm. Excudebat Antonivs Vitré, Régis, Régine Regentis, & Cleri Gallicani Typographus. M DC.XLV.
Commencée en 1628, bien que ses dix volumes, in folio atlantique, portent la date de 1645, cette bible est inférieure à la Polyglotte d'Anvers sous le rapport de la correction des textes, mais elle lui est supérieure en ce qu'elle contient de plus les versions samaritaine et syriaque, cette dernière ne se trouvant dans la Bible de Plantin que pour le Nouveau Testament. Elle avait eu le don d'intéresser très vivement l'Assemblée du Clergé qui, dès 1635, témoignait de son désir d'y donner son approbation, mais Vitré vint calmer son impatience !, sachant mieux que personne qu'il lui
(1) Du 10 novembre i635 : « Le sieur de la Mesohinière a remonstré que le sieur Le Jay a entrepris à ses propres frais l'impression de la grande Bible en plusieurs langues: que comme c'est un ouvrage de très grande importance et très avantageux à l'Eglise, il supplioit la Compagnie de luy donner son approbation. Le sieur Vitray, imprimeur du Clergé et huissier de l'Assemblée, qui fait cestè impression, a demandé d'estre ouy et a dit, qu'il se sentoit véritablement obligé de remercier le sieur de la Meschinière du soin qu'il avoit voulu prendre de faire ceste proposition, mais qu'il n'avoit pas creu qu'il la deust faire à présent. Qu'il estoit vray que le sieur Le Jay avoit dessein, voyant le Clergé de France, assemblé au temps que l'impression de ceste Bible finissoit, de demander à l'Assemblée qu'il luy pleust y donner son approbation et rendre quelque tesmoignage d'honneur et d'agréement à ce grand ouvrage qu'il avoit entrepris pour l'honneur de l'Eglise de France, mais qu'il sçavoit. outre la civilité, qu'il estoit de son devoir auparavant de voir Messeigneurs les Présidens chez eux, pour les supplier de l'avoir agréable. Que si tost qu'il seroit de retour à Paris, luy Vitray l'advertiroit de ce qui s'estoit passé, et qu'il s'asseurait qu'il ne manqueroit pas incontinent après de leur aller faire ses excuses. Messeigneurs de Tholoze, de Sainct Flour et de Séez ont esté priés de voir ladite Bible, pour après leur rapport estre délibéré ce qu'il appartiendra »~ (Procès-verbal de i635 déjà cité, p. 407).
fallait plusieurs années encore avant d'avoir achevé son œuvre.
Il y a dans l'exercice de ce typographe une circonstance assez mystérieuse et demeurée pour moi inexplicable : c'est qu'en 1649, suivant acte passé le 7 juin devant les notaires QuarréetGuillard, il avait démissionné de sa charge d'imprimeur du roi au profit de Jacques I Langlois, et bien que ce dernier en ait été effectivement pourvu le 21 du même mois et que le Parlement l'eut envoyé en possession de son office *, Vitré n'en continua pas moins non seulement de se parerdu titre qu'il avait abandonné, maisencore de remplir les fonctions de la charge jusqu'au moment de son décès, ainsi qu'en témoignent de nombreuses impressions d'actes royaux et d'arrêts. Je laisse à de plus habiles le soin de concilier ces faits contradictoires, car il me reste encore, avant d'en avoir terminé avec cet imprimeur, un certain nombre de faits à élucider au sujet de son décès, qui survint le 10 juillet 1674 2? dans la rue Saint-Jacques, sur la paroisse Saint- Séverin, où il fut inhumé.
Je suis à dessein resté muet au commencement de cette notice surla date, même approximative, de la naissance de cet imprimeur, mais elle remonterait, suivant une indication dont je vais parler, à Tannée 1573, dételle sorte qu'à prendre cette date pour exacte, Antoine Vitré serait mort à l'âge de 101 ans ! Homme universel et de bon conseil sur toutes choses, il avait été nommé par un arrêt du Parlement, auquel le rédacteur de l'Inventaire de la collection Anisson donne la date du 30 août 1654, « membre d'une commission chargée d'établir si les boulangers de Paris peuvent être autorisés à se servir de levure de bière 3 ».Or, dans l'avis qu'il donne à ce sujet, Vitré se déclare « imprimeur ordinaire du Roi et du Clergé de France, ancien Consul, âgé de 81 ans. » On trouve dans ces inondations même la preuve que l'arrêt en question n'est pas de 1654 et 9ue Par conséquent on ne peut pas tabler sur cette date pour fixer exactement son â^e. En effet, Vitré n'ayant été nommé Consul qu'en 1664, il ne pouvait pas se dire ancien consul dix ans auparavant et comme la durée de cette fonction était, je crois, de deux années, il faut reculer au moins jusqu'à l'année 1666 l'époque à laquelle il était devenu octogénaire.
Les principaux ouvrages d'Antoine Vitré sont ornés de la marque de l'Hercule, qu'il avait acquise en même temps que l'imprimerie de Jacques Du Clou ; elle s'y présente sous deux aspects différents.
(1) Voy. supra, p. 289. — (2) Lottin, t. II, p. 172. —(3) Tome I, p. 186 n° 33.
536 GEORGES LEPREUX
Sur la première, Hercule est debout au repos, appuyé sur sa massue : il vient d'exterminer le brigand Cacus, dont le cadavre git à ses pieds; on le voit de plus, au second plan, à droite, en pleine lutte avec l'hydre de Lerne, à gauche en train de dompter le taureau de l'île de Crête ; ces scènes sont surmontées d'une banderole sur laquelle on lit cette légende : Virtus non territa monstris. La seconde marque, moins fréquemment employée par l'imprimeur, représente Hercule sur le bord de la mer, portant sa massue sur l'épaule et voyant surgir divers monstres autour de lui ; une banderole portant la même devise que dessus encadre le tout *.
Je quitte enfin le célèbre imprimeur delà Polyglotte, en invitant le lecteur à faire sa connaissance, puisque le département des estampes de la Bibliothèque nationale possède trois portraits de lui, savoir: i°, In-f°, de face avec cette inscription au bas: « Antonius Vitré Régis & Cleri Gallicani typographus. P. Charnpaigne pin. Morin seul. » — 2°, Tn f% de face dans un bel encadrement au bas duquel on lit, Antonius Vitré Régis & Cleri Gallicani «Typographus celdberrimus. Natus a [un blanc] Excollectione Frederici Roth-Scholtzii. / Den / Norimberg. / Feb. Gabr. Boch se. » — 3°, In 8°, de face. Aubas, cette inscription : « Antonius Vitre Régis & Cleri Gallicani Typographus. Moncornet excudit. »
Vitré (Marin). Imprimeur-libraire (1662-1670). Imprimeur du roi pour les langues orientales (1667-1670).
Adresse inconnue.
Neveu du précédent, étant fils de Barthélémy Vitré, frère d'Antoine et imprimeur, et de Marie Cahagne, Marin naquit à Pans le 4 janvier 1637 et mt reÇu libraire et imprimeur dans la Communauté le 17 mai 1662 2. Tous les renseignements sur ce typographe se borneiaient à ces modestes indications, si les monuments typographiques ne nous apprenaient qu'il fut imprimeur du
(1) On peut voir cette marque sur l'ouvrage suivant, qui compte parmi les plus belles impressions hébraïques de Vitré :*7*7yD H2 ♦♦♦n'O^D!"!»»» Dictionarium absolvtissimvm complectens alphabetico ordine, etfacili methodo omnes voces Hebrœas, Chaldaeas, Talmudico-Rabinicas, quae in reliquis, qu« vspiam sunt, Dictionarijs extant .. Authore Philippo Aqvinate, linguae sanctae Professore. [Marque décrite]. Lvtetige Parisiorvm, Ex Typographia Antonii Vitray, in Collegio Longobardorum. M.DC.XXIX, (In. f° 464 p. ch. en hébreu. Impr. complètement en hébreu. B. N., Inv. X. 3q). — (2) La Caille. Hist. de Vimp., p. 242.
roi pour les langues orientales *. Malheureusement je nai rencontré ni ses lettres de provision ni l'arrêt de sa réception au Parlement, de telle sorte que je ne suis pas fixé sur la date à laquelle il fut mis en possession de cette charge ; de plus, comme il travailla la plupart du temps d'une façon anonyme pour son oncle et pour d'autres libraires, il est fort difficile de retrouver les ouvrages qu'il a imprimés et qui seuls auraient pu nous renseigner. Les quelques notes que je fournis à son sujet ne sauraient donc être considérées que comme des matériaux d'attente.
Dans tous les cas, l'exercice de cet imprimeur fut de courte durée, car, avant le 20 septembre 1670, il était décédé, ainsi que cela résulte d'un extrait du procès-verbal de l'assemblée du Clergé de France, tenue la même année, dont j'ai déjà donné copie2. Je reproduis ici deux autres extraits 3, dans lesquels on voit Antoine Vitré
(1) Voy. notamment : JEgldi'i Menagii poëmata. Qvinta editio, prioribus longé emendatior [Marque 2 de Mabre-Cramoisy] Parisiis. Apud Sebastianvm Mabre-Cramoisy, Régis Typographum, via Iacobaeâ, sub Ciconiis. M.DC.LXVllI. Cvm privilegio régis. [A la fin :] Excudebat Marinus Vitré, Linguarum Orientalium Régis Typographus. 1667. (Pet. in-8. 282 p. sll. et la ta. B N., Yc. 8364.). — (2) Voy. suprà, p. 3og, note 2. — (3) A. / Du 3o mai 1661. « Monseigneur l'Evesque de Chartres a dit que les Assemblées précédentes pour témoigner la satisfaction qu'elles avoient des longs services que le sieur Vitré a rendus au Clergé depuis trente ans avec beaucoup d'affection et de fidélité, luy avoient donné diverses asseurances de faire succéder après luy aux emplois qu'il exerce, quelqu'un de sa famille. Qu'en 1646, sur l'advis que l'on eut de l'extrémité de sa maladie, il fut arresté qu'en cas qu'il décédast son frère luy succéderoit. Qu'en i65i, la mesme chose luy fut accordée ; ce qui fut encore confirmé en la dernière assemblée, qui ordonna que son dit frère seroit conservé dans l'exercice et fonction de ses charges, conformément aux délibérations des assemblées précédentes et qu'il jouiroit de la mesme pension dont jouit ledit sieur Vitré. Maintenant il présente à l'Assemblée Marin Vitré, son neveu, pour lequel il demande la mesme grâce, qui est de le nommer au lieu de son frère pour luy succéder après sa mort aux mesmes charges, emplois et pensions dont il jouit présentement. Ledit Seigneur de Chartres a adjousté qu'il estimoit que la Compagnie s'y porteroit d'autant plus volontiers, qu'il a toutes les qualitez nécessaires pour bien servir le Clergé, et que son père consentoit que la grâce qu'on luy avoit faite fust changée en faveur dudit Marin Vitré, son fils. La Compagnie, délibération prise par provinces, et du commun consentement d'icelle, a résolu qu'après le déceds dudit sieur Vitré, Marin Vitré son neveu sera conservé dans l'exercice et fonction de ses charges et emplois, aux mesmes pensions dont jouit à présent son oncle.» (Procès-verbal de l'Assemblée du Clergé de France... en 1660-1661, — Paris, 1661, in-f°. — p. 784.) — B. /Du8juin 1661. « Le sieur Vitré ayant témoigné qu'il ne pouvoit assez dignement remercier l'Assemblée de la grâce qu elle luy avoit faite recevant après sa mort Marin Vitré, son neveu, pour servir le Clergé en sa place comme il paroist par sa délibération du3o. jour de may, sur la proposition que Monseigneur l'Evesque de Chartres a bien daigné en faire. Il a ensuite supplié la compagnie
3 38 GEORGES LEPREUX
présenter son neveu au Clergé et le faire agréer pour son survivancier par la Compagnie.
Je n'ai pas fait figurer Marin Vitré dans la liste chronologique des imprimeurs du roi, parce que s'il porta ce titre, il n'était sans doute que survivancier de son oncle et qu'étant décédé avant lui, je pense qu'il n'en exerça jamais effectivement les fonctions.
qu'elle eust agréable que ledit Marin Vitré servist avec luy pendant le reste du temps de la tenue de l'Assemblée, afin qu'il luy peust apprendre ce qu'il auroit à faire à l'advenir, au cas qu'il vinst à mourir avant la prochaine assemblée ; ce qui luy a esté accordé tout d'une voix. Et au mesme temps ledit Marin Vitré est entré, qui a aussi remercié la Compagnie avec beaucoup de respect et de soumission et l'a asseurée qu'il tascheroit par l'assiduité de ses très-humbles services et par sa fidélité envers le Clergé, de mériter l'honneur qu'il recevoit du premier Corps du royaume. » (Ibid., p. 807.}
ADDENDA ET ERRATA
Page 3i, ligne 20. Au lieu de documents typographiques,//.^: monuments typographiques.
— 39, note 2. Au lieu de Voy. Documenta, n°»o,3 et $4, lise?: Voy, Documenta,
— 40, dernière ligne. Au lieu de cours xviii» , lise? : cours du xvnr*.
— 93, ligne 14. Après et de Mme Boivin, sa fille, ajoute? : On peut s'étonner
qu'il ne soit fait aucune mention dans ce billet, de la veuve que délaissait pourtant J -B.-C. Ballard : elle se nommait Catherine Cottin et elle hérita de la place d'imprimeur du défunt, mais, par acte du 14 août 1750, elle s'en démit en faveur de Joseph-Gérard Barbou. (Arrêt du Conseil du 7 septembre 1750, A. N., V6 966).
— ni, ligne 14. Au lieu de Jacques II Langlois, lise? : Jacques III Langlois.
— 119, note 1. Au lieu de G. Renouard, lise? : Cf. P. Renouard.
— 121, ligne 2. Après en 1627, ajoute?: Dans son exemplaire annoté (B.N.,
Ms. fr. 22104, n° 7*«)i La Caille dit que Sébastien Chappelet mourut sur la paroisse Saint-Eustache et que son corps apporté en l'église Saint-Benoît, y fut inhumé le 5 octobre 1647.
— 186, ligne i5. Au lieu de gendre de Jean Dallier, lise? : gendre de cette
seconde femme de Jean Dallier.
— 190, ligne 1. Après octroyée à Jean II Boudot, ajoute? : La preuve résulte
en outre abondamment de sa réception par le Parlement de Paris, le 21 janvier 1715. (Voy. Documenta, n° 275 bis.)
— 195, ligne 27. Après fils du précédent, ajoute? : et de Geneviève Mariette,
fille elle-même de Pierre, et de Marie Piget (fille de Siméon, et de Marie Malbesse, sa seconde femme.)
— 207, ligne 10. Après naquit à Paris vers 1680, ajoute? : La Caillle (ex.
annoté, B.N., Ms.fr. 22io3, f°57) dit qu'il fut baptisé à Saint-Benoît le 14 avril 1680.
— 222, ligne 21. Au lieu de\es théologiens qui firent, lise? : les théologiens
lui tirent.
— 237, ligne 8. En parlant du recueil des ordonnances de Charles IX, je n'ai
visé bien entendu qu'un recueil général, car Robert II Estienne a fait paraître des recueils partiels d'ordonnances de ce souverain.
— 255, ligne 5. Au lieu de Henri, dit Henri V, lise? : Henri, dit Henri III.
— 267, ligne 11. Ajoute? : D'après un arrêt du Parlement du 3 mars 1704,
qui sera reproduit ultérieurement (T. IV de la présente série), Antoine Fournot décéda le 9 février 1702.
— 3o3, ligne 1. Au lieu <^<? téméraire ut proscrite, lise? : téméraire fut proscrite.
— 32i, ligne 7. Au lieu de comme snn père, lise? : comme son père.
— 392, note 3. Au lieu de je ne sais d'après quelles sources, lise? : d'après
l'exemplaire annoté de La Caille.
540 ADDENDA. ET ERRATA
Page 392, avant dernière ligne. Au lieu de Saint-Hil re à la Court d'Albert lise? : Saint-Hilaire à la Cour d'Albret.
— 394, lignes 3 et 4. Au lieu de (1647-165Ô) lisaç : {1647-1668).
— 422, ligne 26. J'appelle Fédéric I Morel écolier champenois et ceci demande
une explication. Mes efforts ont constamment tendu dans le cours de ce travail à ne présenter aucune allégation qui ne soit au moins étayée d'un commencement de preuve authentique, mais j'ai pu parfois, comme dans le cas présent, me servir de qualificatifs qui vont au delà de ma pensée. Je déclare donc ici qu'ils sont purement de style et en particulier pour Fédéric Morel, je me fais un devoir d'indiquer que personnellement je ne crois pas du tout à son origine champenoise, étant au contraire persuadé qu'il est italien de naissance. Mon humble opinion pouvait être considérée comme une impertinence au cours de mon ouvrage, aussi ne l'ai-je pas exprimée. A cette place, je me crois sur un terrain neutre et je n'hésite pas à dire qu'à mon avis le mot Càmpanus, qui figure à côté du nom de Morel sur divers documents ne veut pas dire Champenois, (Campanensis), mais de la Camyanie et ainsi s'explique d'une façon lumineuse la forme du prénom de cet imprimeur, Fédéric, a laquelle il tenait beaucoup et qui n'est autre que le nom italien, Federigo.
— 483, ligne 2 Au lieu de Imprimeur ordinaire du Roi (17 14-1780), lise^
Imprimeur ordinaire du Roi (1774-1780).
— 488, notes, ligne 5. Au lieu de F. 49972, lise% : F. 46972.
— 5 14. Au sujet du lieu d'origine de Michel de Vascosan, M. Dorez, bibliothé-
caire au département des manuscrits de la Bibliothèque nationale, a eu 1 extrê.ne amabilité, après que ma notice sur cet imprimeur était terminée, d'attirer mon attention sur une mention du ms. f. latin 9932, dans lequel se trouve nota nment la liste des maîtres es arts admis à pi èter le serment, le i5 décembre 1529, devant le recteur de l'Université de Paris, Pierre Avril. On y lit, au f 78 r°, r° col., 4e ligne: « DM Karolus de Vacôsanus [sic) Ambian. diœc. » Voici donc un Charles de Vaconsan, originaire du diocèse d'Amiens, mais cela ne dissipe pas mes doutes, en ce qui concerne la nationalité de la famille de l'imprimeur du roi.
Pages
Avertissement i
Bibliographie de l'histoire de l'imprimerie parisienne 5
| i. Pièces originales : Réglementation. Administration .... 5
§2. Recueils et inventaires de documents originaux 12
| 3. Dissertations et ouvrages de fonds 14
§4. Listes d'imprimeurs. Spécialités 23
Avant-Propos 29