‹ Gallia typographicaChapitre 18 sur 143 · Vov. Documenta, n*3 292 et · texte numérisé non relu

Vov. Documenta, n*3 292 et

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deux auteurs doivent se tromper, attendu qu'à partir de 1742, on rencontre des documents portant son nom, suivi de cette qualification *. Je n'ai malheureusement trouvé nulle part ni les lettres patentes ni tout au moins le brevet qui durent lui être octroyés et je reste dans une très grande perplexité au sujet de la date à inscrire pour les débuts de cet imprimeur comme typographe royal : or celle de 1756 étant manifestement inexacte, je n'ai pas l'embarras du choix, aussi j'adopte celle de 1742, puisqu'elle repose sur un document irréfutable et qui d'ailleurs n'est pas unique 2.

Claude-Charles Thiboust fut élu, le 23 novembre 1746, adjoint au syndic de la Communauté 3 ; il sortit de cette charge le 22 octobre 1749 4 et il était en situation de devenir bientôt syndic lui-même, lorqu'il fut victime d'un malheureux accident, qui causa sa perte. Dans les premiers mois de l'année 1757, «il était chez un de ses amis5 dans une salle où l'on jouoit au billard. Il se leva un moment pour être témoin d'un coup difficile. Sa chaise fut dérangée par mégarde ; il revint pour s'asseoir et tomba. L'art n'a pu prévenir les suites de cette chute. Il est mort dans sa maison de campagne, au Petit-Bercy, le 29 mai de cette année et a été enterré le 3 1 dans le chœur de l'Église de Conflans 6 ». Le 17 avril i75<Set jours suivants, on procéda à la vente de la belle collection de livres qu'il avait formée 7.

Joignant à son titre d'imprimeur du roi, celui d'imprimeur de l'Université, qu'avaient aussi porté son père et plusieurs de ses aïeux, Claude-Charles est surtout connu par les livres classiques qu'il a édités, mais il ne faudrait pas croire que, même dans cette spécialité, il se soit jamais livré à une production intense ; tout d'abord sa situation de fortune était très honnête, et en second

(1) Déclaration du Roy, Qui continue au profit de l'Hôpital Général pendant six années, a commencer du premier janvier 1743, le Droit de deux sols six deniers par jour, sur chaque Carosse de Remise de la Ville & Fauxbourgs de Paris. Donnée à Versailles le 23 octobre 1742 [A la lin:] De l'Imprimerie de Thiboust, Imprimeur du Roy, Place de Cambray. 174^. (In-4. 4 p. ch. B.N. F. i3Ô25, pièce 46.) — (2) Voy par exemple : B.N., F. 23625, pièce 102. — (3) Lottin, t. I. p. 218. — (4) Ibid , p. 221. — (5) D'après Lottin, t. Il, p. 162: M. Chomd, médecin ordinaire du roi, rue Notre-Dame des Champs. — (6) Année littéraire, loc. cit. - (7) Catalogue des livres du cabinet de feu M *** [Thiboust, écrit à l'encre] Dont la Vente sera faite le 17 avril prochain & jours suivans de relevée, dans une des salles des Grands Augustins, au plus offrant & dernier enchérisseur,— A Paris, chez Prault, Fils aîné, Libraire, Quai de Conti. à la descente du Pont Neuf. MDCCLVIII, (In-12. 97 p. ch. et 1 non ch. pour l'Ordre de la vente. B N., A. 3752.)

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lieu, comme il était syndic honoraire des Tontines de Sa Majesté, il avait le monopole de l'impression des listes de la Loterie, ce qui lui rapportait bon an mal an douze mille livres sans le moindre souci et sans aucune avance de fonds. Je n'aurais donc à citer aucun ouvrage qui put intéresser les bibliophiles, si cet imprimeur n'avait été auteur lui-même ; il publia, en effet, en 1754, une version en langue vulgaire d'un poème composé en latin par son père sur l'excellence de l'imprimerie *, auquel il avait ajouté de nombreuses notes, et un peu plus tard, en 1755 et 1756, en témoignage de son sincère attachement à l'ordre dont il avait voulu autrefois embrasser la règle, il donna la traduction française d'une vie de saint Bruno, sur le texte original écrit en vers latins sur les murs du cloître de la Chartreuse de Paris, où l'on admirait également de belles fresques peintes par Le Sueur et représentant les principaux épisodes de l'existence du même saint2.

Thiboust laissa une veuve, Marie- Charlotte Le Pichard de Maisonrouge 3, qui continua son établissement jusqu'en 1787 : le 21 mai de cette année, elle démissionna en faveur d'Antoine Séguy de Sauvcterre, son gendre, et celui-ci fut habilité à la remplacer par un arrêt du Conseil privé du 18 juin suivant 4. Femme aimable et de beaucoup d'esprit, parait-il, la veuve Thiboust avait conservé le titre d'imprimeur de l'Université, qu'elle portait encore au moment de sa mort, survenue le 23 janvier 1789, à Pa^sy, ou elle fut enterrée le 29 du même mois 6.

Tory (Geohoy) [Torinus] Libraire, graveur, fondeur de caractères (1512) et imprimeur (1522-1533). Imprimeur du Roi

Sur Petit Pont, à l'enseigne du Pot cassé, joignant l'Hôtel-Dieu

(1) L'excellence de l'imprimerie. Poëme latin, dédié au roi par Claude-Louis Thiboust. Traduit par son Fils, Imprimeur du Roi, & de l'Université de Paris. Nouvelle édition, avec des Notes & le Portrait de l'Auteur. [Vignette] A Paris. M.DCCL1V. Avec permission. (In 8. 28 p. en.. 1 f. n. ch. Portr. de Claude- Louis Thiboust. gr. par J Daullé, et 2 pL hors texte B. N., Yc. 8696.) — {1) Claustrum Carthusiae Parisiorum aceleberrimo Le Sueurooloribus expressum. Carmen historicum, Gallicè redditum à Claudio-Carolo Thiboust, Régis Typographo. [Écu de France].— In platea Cameracensi, Apud Thiboust. Et in via Jicobea, Apud Franciscum Chereau, geminis Aureis Columnis. MDCCLV. Cum privilegio régis. (In f», 25 ff. n. ch B. N., Yc. 3oi.) - (3) Lottin,t. II, p. 25g — (4> A. N., Ve i i 3 3 (Voy. Documenta, t. IV de la présente série). — (5) Année Littéraire, loc. cit. — (6) Lottin, t. II, p. 259.

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(15 12-1525). — En la rue S. -Jacques, devant l'Écu de Bâle et devant l'église de la Madeleine, à l'enseigne du Pot cassé (15 25-15 32). — En la rue de la Juiverie, devant la Madeleine, à l'enseigne du Pot-Cassé (15 32-1 533).

Un remarquable monument a été élevé naguère à la gloire de Geotroy Tory par Auguste Bernard *. Non seulement cet auteur y a étudié d'une façon magistrale l'habile artiste que, suivant l'expression fort juste de M. Charles Beaulieux, on retrouve à la tête de tous les progrès du livre2, dans le second quart du xvie siècle, mais encore, il l'a successivement fait connaître aussi bien comme poète, traducteur, critique, et réformateur de l'orthographe, que comme libraire et imprimeur, je n'ai pas la prétention, on le comprend, de refaire un pareil livre, ni même de résumer en quelques pages tout ce qui pourrait être dit sur l'auteur du Champ fleury, je dois me borner à rappeler ici ce qu'il est indispensable de savoir au sujet de cet imprimeur du roi, uniquement envisagé comme typographe.

Geofroy Tory naquit à Bourges vers 1480 3, de Jean Thory, demeurant au faubourg de Saint-Privé, et de Philippe Thorye, sa femme 4 ; il était l'aîné de nombreux enfants et bien que ses parents fussent, semble-t-il,detrès modeste condition, il put acjuérir une solide instruction. Après avoir sans doute appris ses rudiments dans les écoles capitul lires de sa ville natale, il y acheva ses humanités et s'y perfectionna en suivant les cours de l'Université ; puis, comme tant d'autres étudiants à cette époque, il s'achemina vers l'Italie et y compléta son éducation littéraire. Vers 1505, Tory revint en France etse fixa à Paris, où il fut admis à régenter successivement dans divers collèges de l'Université, ceux du Plessis, de Coqueret, ce Bourgogne, par exemple, tout en employant ses loisirs à la publication d'un certain nombre d'ouvrages, qu'il enrichit de notes et de commentaires.

Les facultés intelligentes du jeune professeur prirent cependant

(1) Geofroy Tory, peintre et graveur, premier imprimeur royal, réformateur de l'orthographe et de la typographie sous François l" (Paris, r 865. In-8 B. N., Ln 27 ,9701 A.) — (2) Catalogue de la Réserve xvic siècle (i5oi-i540) de la Bibliothèque de l'Université de Paris. (Paris, 1910 In-8), p. 3. — (3) Aug. Bernard, op. cit., p 3. Cette date est supposée, mais elle peut être acceptée pour ce qu'elle vaut. — (4) D'après un acte notarié appartenant aux Archives dépirtementales du Cher et cité en appendice par A. Bernard, op. cit., p. 365-366.

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bientôt une orientation nouvelle ; le sens artistique s'était éveillé chez lui, en même temps que le goût des choses typographiques. Sans renoncer encore aux chaires qu'il occupait, non seulement Tory se mit à fréquenter assidûment les ateliers de Gilles de Gourmont et d'Henri Estienne, chez lesquels il semble qu'il ait exercé par surcroît les fonctions de correcteur, mais de plus il se livra dans ses moments perdus à l'étude du dessin, dont il s'était passionnément épris. En dépit de son zèle et de son application dans l'apprentissage de cet art, Tory n'obtint pourtant pas tous les résultats qu'il avait espéré, aussi, tournant de nouveau ses regards vers la métropole littéraire et artistique de la Renaissance, il se remit, vers 1 5 16, en route pour l'Italie. Deux ans plus tard, il était de retour à Paris,... et la France possédait désormais un génie créateur de plus.

En 15 18, Tory débuta comme libraire, graveur et enlumineur : il s'installa sur le Petit Pont, dans une boutique ou il pendit l'enseigne du Pot cassé, devenue si rapidement célèbre, grâce à la beauté des éditions qui s'y vendaient et à l'aimable accueil réservé aux acheteurs 4, que moins de quatre ans après, il ouvrait une succursale, rue Saint-Jacques, en une maison qu'il avait prise en location de la veuve Wolfgang Hopyl 2. Enhardi par le succès et tourmenté du désir de faire part au public de ses idées sur Y art et science de la deue et vraye proportion des lettres alliques ou antiques et sur certaines reformes orthogiaphiques qui lui tenaient au cœur, Geotioy Tory forma le projet de se faire lui même typographe et d'inaugurer ses presses par la publication du livre dont je viens de parler, auquel il travaillait depuis plusieurs années déjà : le 5 septembre 1526, il obtint a cet effet des lettres de privilège du roi François Ier3, puis il organisa son atelier de typographie et enfin, le 28 avril 1529, il achevait d'imprimer ce premier ouvrage, auquel il a ait imposé le titre poétique de Champ fleury ' ''. Le 8 février

(1) Cf. nota nment : P. Lacombe, Catalogue de livres d'Heures, nos 342- 343, etc. — (2) Voy. ibid.. Introduction, p. LXXXIII. — (3) Reproduites par A. Bernard, op. cit., p. 1 58, d'après le texte publié par G. Torv, dans le (Jiamp fleury. — (4) Champ / fleury x / Auquel est contenu Lart & science / de la deue & vrave Proportiô des Let/tres Attiques, quo dit autremët Let/tres Antiques, & vulgairement Let-/tres Romaines proportionnées selon / le Corps & Visage humain. || Ce Hure est Priuilegie pour Dix ans / Par Le Roy nostre Sire, & est a ven- / dre a Pans sus Petit Pont a Lenseigne / du Pot Casse par Maistre Geofroy / Tory de Bourges. Libraire, & Autheur du dict L.ure. Et par Gilles Gour-/mont aussi Libraire demourant en la / Rue sainct laques

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suivant (1530), il donnait une édition des Heures de la Vierge, en beaux caractères romains, otïrant à chaque page des encadrements et des arabesques de sa composition l ; le 13 avril de la même année, il terminait l'impression de l'une de ses oeuvres2 et, peu de temps après, probablement vers la fin de l'année 1530, il re cevait le titred'imprimeur du roi.

On lit, en erïet, dans Y Art de vérifier les dates 3, qu'à son retour de l'abbaye de Veries, où il avait épousé, le 4 juillet 1530, Charlotte, sœur de Charles-Quint, François Ier établit Y imprimerie royale à Paris : cela veut dire incontestablement qu'il créa un typographe royal, et celui-ci ne peut être que Geofroy Tory. Cependant, à quelque temps de là, le maître du Pot cassé imprimait diverses pièces relatives au mariage du roi, notamment une description du sacre et du couronnement de la reine '% et l'on remarque que ni

a Lenseigne des / Trois Coronnes. [Petite marq. du Pot cassé] Privilégie povr dix ans. || [A la fin : Feuillet LXXX,en dessous de la grande marq de Tory]: Cy finist ce présent Liure, auec [.addition de treze diuerses facôs de Lettres, / Et la manière de faire Chifres pour B igues dor, ou autrement. Qui fut acheue/ dimpnmer Le Mercredy XXViij. Iour du mois Dapuril. Lan Mil Cincq cens/ XXIX. Pour Maistre Geofrov Tory de Bourges, Autheur dudict Liure & / Libraire demorat a Paris, qui le vent sus Petit Pont a Lenseigne du Pot Cas/ se. Et pour Giles Gourmont aussi Libraire demorant audict Paris, qui le vent / pareillement en la Rue Saint laques a Lenseigne des Trois Coronnes. (In-8. 8 f . n. ch. et LXXX f. ch. Grav. et Alphabets. B.N., Inv. Rés. V. 5i5 )

(i)Cf. A.Bernard, op. ch., pp. 46 et i63-i65 ; P. Lacombe, Livres d'Heures n°3oi. — (2) Svmmaire / de chroni/qves, Contenans les Vies, gestes &/Cas Fortuitz, de tous les Empereurs Deu/rope, Depuis Iules César, Iusques a Maxi/milian dernier decede./ Auec maintes belles Histoires & Mensions/ de plusieurs Roys, Ducs. Contes, Princes, / Capitaines, & aultres, tant Chrestiens qi.e/ no, tàt de hault que de bas estât & codition./ F.iict Premièrement en Langue Latine par/ Vénérable & Discrète personne Iehan Ba-/ptiste Egnace, Venicien./ Et Translate de ladicte Langue Latine en/Langaige Francoys, par Maistre Geofroy Tory de Bourges./ On les vend a Paris, a Lenseigne du Pot Casse. Auec priuilege du Roy nostre Sire/ pour. X. ans. dn-8 16 f. prél., XCIX f. ch. et i3 f. de ta. et errata n. ch. Au dernier f., au dessous du Pot cassé : « Ce premier liure fut acheue d'impii ner a Paris, le XIII. iour Dapuril M. D. XXIX, pour Maistre Geofroy Tory de Bourges, qui le vend audict Paris, a l'enseigne du Pot casse. » (B.N., Inv.J. 16242.) —(3) T.I (Paris, 1783. In-f0;, p. 635.- (4) Le Sacre & Coro nement de la Royne, Imprime par le Com/mandemêt du Roy nostre Sire. [Marq. du Pot cassé] On le vend a Paris en la Rue Sainct Iacques/ deuant Lescu de Basle, & deuant Leglise de/ la Magdaleme, A Lenseigne du Pot Casse./ Auec Priuilege. 3. [A la fin] : Ce présent Liure fut acheue d'imprimer le/ XVI. iour de Mars, M.D.XXX. Et est a vê/dre a Paris par Maistre Geoffroy Tory/ de Bourges, en la Rue Sainct Iacques, deuant/ Lescu de Basle, Et deuant Leglise de la Ma-/gdeleine, A l'enseigne du Pot Casse. (Pet. in-4. 12 f. n. ch. y compris le titre. B. N., Lb30 58.)

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dans le privilège, ni dans la souscription du titre ou du colophon, il n'est fait mention de la nouvelle prérogative qui lui avait été octroyée. Ce n'est qu'au mois d'octobre 1531, sur un livret sorti de son ofricine, à l'occasion de la mort de Louise de Savoie, mère de François Ier, et contenant des épitaphes latines et françaises composées en l'honneur de la défunte 4, que Tory se qualifie pour la première fois d'imprimeur du roi. Etait-ce donc là un vain titre et une fonction purement honorifique ? Il est permis de penser que non, quand on voit ce typographe imprimer dès lors les ordonnances du souverain et y insérer l'autorisation de ce faire qu'il avait obtenue pnvativement à tous autres libraires et imprimeurs 2.

Dans les premiers jours de l'année 1533, une nouvelle distinction fut conférée à Geofroy Tory, celle de libraire juré, et comme les vingt-quatre titulaires de semblables charges étaient tous vivants et en exercice, un vingt-cinquième office, d'ailleurs tout à fait personnel, fut créé en sa faveur de parla volonté royale. On trouve l'attestation de ce fait dans un acte de la Faculté de médecine, du 18 février 1533, dont Auguste Bernard a publié la teneur3, et dans la souscription d'un opuscule imprimé, sans doute peu de temps après, par le maître du Pot cassé 4. Ce petit livre marque également une date dans l'histoire de la typographie, presque une révolution, si je puis m'exprimer ainsi, car son auteur y fit pour la première fois usage de l'accent aigu, de l'apostrophe et de la cédille, dont il

(i)In Lodoicœ Régis Matris mor-/tem, Epitaphia Latina & / Gallica. // Epitaphes a la louenge de ma / Dame Mère du Roy faietz par/ plusieurs recommendables / Autheurs. [Petite m. du Pot cassé.] On les vend a Paris deuant Les-/glisede la Magdeleine, A l'en-/sei;ne du Pot casse. / Auec Priuilège. [Ala fin] : Impr'mea Paris a l'enseigne / du Pot Casse, par Maistre / Gcofrov Tory de Bourges / Marchant, Libraire. & Im/primeur du Roy./ Le XVII. Iour Doctob./ M. D. XXXI. (Pet. in-4, 10 f. n. ch., sign. A.-B. par 3. B. N., Inv. Rés. mYc. 117). — (2) « Veu par les juges ordonnez par le Roy sur le faict des finances en la chambre de la Tour Carrée, la requeste présentée par Geofroy Tory, libraire et imprimeur du Roy, tendant afin d'avoir permission d'imprimer les ordonnances dernièrement faictes par le Roy touchant le faict de ses finances et des officiers en icelLs qui ont esté publiées en ladicte Chambre, et deffences estre faictes â tous autres libraires et imprimeurs de ne imprimer ne faire imprimer lesdictes ordonnances jusques à trois ans prochainement venans, sur peine d'amende arbitraire, Iesdictz juges ont permis et permettent audict Geoffroy Tory d'imprimer lesdictes ordonnances jusques à un^ an sur peine d'amende arbitraire. Faict à Paris, le dixhuytiesme jour de juillet l'an mil cinq cens trente deux. Ainsi signé : Bordel. » (Aug. Bernard, op. cit., p. 177.). — (3) Op. cit., p. 372. — (4) La mouche de Lucian... (Cf. A. Bernard, op. cit., p. 145.

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avoit préconisé l'adoption, quelques années auparavant, dans son Champfleury, sans oser encore les y employer, tant la routine est tenace à embourber le char du progrès.

Moins de six mois après cet événement, Geofroy Tory passait de vie à trépas, — le 7 juin 1533, il achevait d'imprimer sa quatrième édition de Y Adolescence Clémentine, de Marot le père * ; le 14 décembre 1533, sa veuve passait un bail pour la boutique de la Halle de Beauce 2 ; — il ne laissait qu'une veuve, Perrette Le Hullin, remariée bientôt avec Olivier Mallard 3, et, une fille prénommée aussi Perrette. Il ne faut pas confondre cet enfant, qui, en 1556, épousa à Bourges Pierre Mallys, maître paumier4, avec la première fille de Tory, Agnès, fauchée dans sa dixième année et dont la perte inspira à son père désolé de touchantes plaintes poétiques5. D'après M. H. Boyer G, Tory aurait laissé une autre fille encore : celle-ci aurait épousé un libraire de Bourges, Germain Lauverjat, dont serait issue une fille, devenue la femme d'Hilaire Toubeau, autre libraire de la même ville, et la mère des imprimeurs de ce nom. J'examinerai dans une autre partie de cet ouvrage 7 le bien fondé de cette allégation.

On sait que Tory a gravé un grand nombre de marques pour ses confrères, tant imprimeurs que libraires ; elles sont en général plus reconnaissables peut-être à leur facture, toute empreinte de la grâce et de la délicatesse de l'art italien, qu'à la signature de la croix de

(1) Ladolescence / Clémentine. / Autrement, Les Œuvres de Clément Marot. / de Cahors en Quercy, Valet de Chambre du / Roy, composées, en laage de son Adolescëce. / Auec la Complanicte (sic) sur le trespas de Feu / Messire Florimond Robertet. Et plusieurs au-/tres Œuvres faictes par ledict Marot depuis / laage de sa dicte Adolescence. Le tout Reueu, / corrige, & mis en bon ordre. //,&// Auec certains Accens notez, Cest assauoir sur le é Masculin différent du Féminin, Sur les / dictions loinctes ensemble par sinalephes / Et soubz le. ç quand il tient la pronociation/ dele. s. Ce qui par cy deuât par faulte daduis / n'a este faict au lagaige francoys, côbien q'uil (sic) y fust & soyt tresnecessaire. / On les vent à Paris deuant Leglise Saincte / Geneuiefvue des Ardens, Rue Neufue / Nostre Dame, A Lenseigne du / Faulcheur. / Auec Priuilege pour Trois Ans. [A la fin]: Ce presêt Liure fut acheué D'imprimer le Sa-/medy. vij. Iour de Iuin L'an M.D.XXXII1./ Pour Pierre Roffet, dict le Faulcheur./ ParMaistre Geofroy Tory, de Bourges. Im-/primeur du Roy. Et Libraire Iuré en Luniuer/sité de Paris. (Pet. in-8. CXVII f. ch. et un n. ch. B.N., Inv. Rés. Ye i53j.) — (2) Voy. Documenta, n° 4. — (3) Voy. suprà la notice de cet imprimeur, p. 378. — (4) Arch. Départ, du Cher, E. 2407, f 86. (Inv. anal., t. IV, Arch. civ. E., p. 235.) — (5) Cf. Bernard, op. cit., p. 1 1 2 et suiv. — (6) Histoire des imprimeurs et libraires de Bourges. (Bourges, 1854. In 8>) p. 5o. — (7) Voy. Gallia Typographica, t. VIII.

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Lorraine qu'il a ajoutée à plusieurs d'entre elles. Un essai de catalogue en a été tenté par Auguste Bernard l et, en dépit de quelques lacunes inévitables, les amateurs de marques peuvent lire avec profit et intérêt le chapitre qui leur est consacré dans l'excellente monographie édifiée par cet auteur au maître du Pot cassé. Je puis donc garder le silence sur cet objet et il n'y a d'ailleurs pas à le regretter, puisque, au fur et à mesure qu'elles se présentent, je décris les marques de nos imprimeurs, ce qui me procurera fréquemment l'heureuse occasion d'évoquer le souvenir de l'habile artiste qui m'occupe en ce moment, mais je n'ai pas le droit de m'abstenir en ce qui touche ses marques personnelles et je vais les rappeler sommairement.

Je n'étonnerai aucun de ceux qui connaissent Geofroy Tory, en avançant ici qu'il était un maître consommé dans l'art des rébus et des devises: dès 15 12, à la fin d'un ouvrage qu'il avait fait imprimer par Henri Estienne 2, et dont fièrement il avait signé du mot Civis les pièces liminaires, il faisait figurer ce même mot en une sorte de monogramme, qui permettait de le lire en entier dans tous les sens. Tout au long de son Champ fleury, il déployait une ingéniosité tout à fait remarquable à expliquer avec une apparence de raison les choses les plus embrouillées, à commencer par l'origine de nos lettres, qu'il faisait dériver toutes du nom de la déesse Io ; il se montra toutefois moins habile dans l'explication de sa propre devise, puisque Auguste Bernard déclare n'y avoir rien compris. Cette marque se présente sous dix aspects un peu différents, mais le sujet principal en est toujours un vase, sorte d'amphore montrant un trou béant, traversé par un toret et posé sur un livre ; bientôt s'y ajoutèrent des chaînes etdes cadenas, puis un encadrement et la devise : Non plus, à diverses places, puis un soleil et, à la suite de la mort de bà fille Agnès, un petit ange s'envolant au ciel ; plus tard, le cadre s'agrandit encore et permit d'y incorporer de nouvelles devises : sic ut veî ut, aux quatre coins ; Menti bonx Dcus occurrit, en haut; Omnis tandem marcescit flos, en bas. De tout cela, on a donné des explications plus ou moins plausibles ; je préfère, je l'avoue, celle de Tory lui-même et sans y rien changer que les

(1) Geol'roy Tory, Troisième partie, Iconographie, ^ 3, Marques de libraires et imprimeurs signées de la croix de Lorraine (pp. 338-362). — (2) L'Itinéraire d'Antonin.

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lettres aujourd'hui inusitées, pour ne pas la profaner, je termine cette notice en la reproduisant.

« Puisque je suis descendu, dit-il, en propos de devises, resbuz et escriptures hiéroglyphiques, je veulx icy déclarer ma devise et marque, pour ce que je y voy maintz personnages estre désirans de l'entendre. Premièrement en icelle y a ung vase antique qui est cassé, par lequel passe ung toret, Cedict vase et pot cassé signifie ncstre corps, qui est ung pot de terre. Le toret signifie Fatum qui perce et passe faible et fort. Soubz icelluy pot cassé y a ung livre clos à trois chaînes etcathenats, qui signifie que après que nostre corps est cassé par mort, sa vie esc close de trois déesses fatales. Cestuy livre est si bien clos, qu'il n.'y a celluy qui y sceust rien veoir, s il ne sçaict les secrets des cathenats, et principalement du cathenat rond, qui est clos et signé à lettres. Aussi après que le livre de nostre vie est clos, il n'y a plus homme qui y puisse rien ouvrir, sinon celluy qui sçaict les segrets. Et celluy est Dieu, qui seul sçaict et cognoist avant et après nostre mort, qu'il a esté, qu'il est, et qu'il sera de nous. Le feuillage et les fleurs qui sont audict pot, signifient les vertus que nostre corps pouvoit avoir en soy durant sa vie. Les rayons de soleil qui sont au dessus et auprès du toret et du pot, signifient l'inspiration que Dieu nous donne en nous exerceant à vertus et à bonnes opérations. Auprès dudict pot cassé, y a en escript Non plus, qui sont deux dictions monosyllabes tant en françois qu'en latin, qui signifient ce que Pittacus disoit jadis en son grec, Miôev ayav, nihil nimis, ne disons, ne faisons aucune chose sans mesure ne sans raison, sinon en extrême nécessité. Adversus quam nec Dii quidem pugnant. Mais disons et faisons sic ut vel ut, c'est à dire, ainsi comme nous debvons, ou au moings mal que nous pouvons si nous voulons bien faire, Dieu nous aidera, et pour ce ay-je escript au dessus : Menti borne Deus occurrit. C'est à dire Dieu vient au devant de la bonne volunté, et luyaide l ».

Turnebe (Adrien) [Turnebus] Imprimeur du roi en lettres grecques

Sans adresse .

L'amour du grec valait bien un baiser pour la Philaminte des Femmes savantes, Adrien Turnèbe l'estima beaucoup plus, lorsque,

(1) Le Champ fleury, f° XLIII.

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sans hésiter, de professeur il se fit typographe, pour répondre à Tappel de son souverain. Quel que soit pourtant son mérite en cette dernière qualité, il ne fut pas un professionnel dans la véritable acception du mot, et je me bornerai par conséquent à rappeler ici les grandes lignes de sa carrière.

Né vers 15 12 * aux Andelys, dans l'actuel département de l'Eure, Turnèbe vint à Paris, dit-on, dès l'âge de onze ans, pour y parfaire ses études. Après de nombreux succès, il fut reçu maître es arts en 1532, et l'année suivante, Odet de Châtillon, son protecteur, ayant été nommé archevêque de Toulouse, lui fit obtenir une chaire à l'Université de cette ville. En 1547, la chaire de littérature grecque et latine du Collège royal à Paris, s'étant trouvée vacante par le décès du célèbre Toussain (Tusanus), Adrien Turnèbe fut appelé à la remplir et donna dès lors h son enseignement un lustre que chantèrent avec lyrisme tous ceux qui à l'époque se piquaient de savoir et de poésie. Montaigne dit même « qu'il étoit le plussçavant et le plus grand homme qui fut il y a mille ans ».

Tel est celui auquel, après le départ de Robert I Estienne, le roi Henri II confia la direction de la typographie grecque, au mois deseptembre 155 1 ; les lettres qui le nommaient à cet emploi ne nous sont point parvenues, mais on sait, par les diverses procédures qu'il eut à suivre contre Charles Estienne, au commencement de l'année suivante 2, que Turnèbe héritait non seulement des privilèges et sans doute des appointements accordés à ses prédécesseurs, mais encore du droit de garde et d'usage des types royaux. Dès son entrée en fonctions, le nouvel imprimeur royal s'employa à justifier le choix du souverain par la publication de quelques ouvrages grecs encore inédits et dont l'exécution est remarquable à tous les points de vue. Quatre ans ne s'étaient pas écoulés depuis qu'il avait été préposé à cette charge, que déjà excédé peut-être du surcroît de travail que lui occasionnaient ses fonctions, — car il avait conservé sa chaire au Collège de France, — Turnè*be s'en déchargeait sur Guillaume Morel, son aide et son disciple, auquel il remit tout le matériel dans le courant du mois de juillet 1555 3.

Je n'entre dans aucun détail sur les impressions auxquelles ce typographe du roi a attaché son nom, le catalogue en ayant été

(1) D'après la supputation de son â^e (53 ans) au moment de son décès en .\i565. — (2) Voy. Documenta, n" 19 et 20. — (3) Voy. Documenta, n° 26. G. Lépreux:. Gallia Typographica. P. I. 33

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dressé par Maittaire l ; je me contente de rappeler qu'il en a généralement orné le titre de la marque au Basilic dont j'ai déjà parlé, accompagnée de la devise : Bacritat x'dvaOœ xpatEoco t'cuxu^-ct) .

Désormais adonné tout entier à l'enseignement de la philosophie grecque, Turnèbe usa rapidement le reste de ses forces à un travail intellectuel acharné; il venait d'atteindre sa cinquante-troisième année seulement, lorsqu'une maladie de consomption l'enleva le 12 juin 1565, à sept heures du matin. En conformité de ses recommandations testamentaires, l'illustre savant fut inhumé sans apparat dans le cimetière des pauvres écoliers du collège de Montaigu, mais ses amis et ses admirateurs, jaloux de célébrer sa mémoire, lui ont élevé des monuments beaucoup plus durables que la pierre fragile d'une nécropole 2.

Vascosan (Michel) ou de Vascosan. [Vascosanus.] Imprimeur et libraire (15 3 2-1 576). Imprimeur ordinaire du Roi (1561- 1576).

Rue Saint-Jacques, à l'enseigne de la Fontaine ; — via ad divum

Jacobum, sub signo Fontis.

S'il n'est pas l'égal des Estienne par le savoir, Michel de Vascosan peut du moins rivaliser avec eux par la perfection à laquelle il sut atteindre dans l'exercice de son art. Personne dans tous les cas ne lui est supérieur à ce point de vue et telles de ses impressions sont de véritables chefs-d'œuvre.

D'après La Caille, que tous les auteurs ont ensuite copié, Vascosan aurait vu le jour à Amiens et il serait le fils d'un fourbisseur de cette ville. Je ne sais pas à quelle source le premier historien de l'imprimerie de Paris a puisé ces renseignements, mais ils me paraissent peu vraisemblables3. Tout d'abord la consonnance

(1) Historia typographorum aïiquot..., t. II, p. 53 : Catalogus Librorum. qui ex AdrianiTurnebiOfficinâ prodierunt. (i552-i555, 34 ouvrages cités). — (2) Voy. notamment : A. / Epistola qvae vere exponit obitvm Adriani Tvrnebi Regij professoris. Adiecta svnt nonnvlla epitaphia, in memoriam tanti viri ab amicis piis, iisdemq. doctissimis conscripta. — Parisiis, M.D.LXV. (In-4. 18 f. n. ch. B.N., Ln27 19907). — B./ Oratio fvnebris de vita et interitv Adriani Tvrnebi, Habita Lutetiae In Regio auditorio annoDomini 1 565, mense Decembri. Eiusdem de eodem Epicedion & prosopœia (sic) Per Leodegarium à Quercu. [Marq. de T.Richard] Parisiis. Ex Typographia Thomas Richardi, sub Bibliis aureis, è regione collegij Rhemensis. 1 566. (ln-4. iof. n. ch. B.N., Ln27 19908). Voy. aussi: J.Dumoulin, Vie et Œuvres de Federic Morel, les numéros io3, 112 et n5 de la bibliographie. — (3) Voy. pourtant la note infrà, p. 540.

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du nom de Vascosan est tout au moins singulière pour un Picard ; en second lieu, dès sa plus tendre enfance, il se trouve à Paris dans un milieu qui pourrait bien être le sien : il est dans une famille d'origine milanaise, les Varade l, où il est élevé comme un véritable parent, ainsi qu'il nous l'apprend lui-même dans une épure placée en tête de sa belle édition de Tite-Live, de 1552 2, dédiée par lui, en témoignage de reconnaissance, à l'un des fils de son protecteur, Jacques de Varade, alors conseiller au Parlement de Paris 3. On voit de plus qu'il y invoque et l'affection fraternelle qui les unit et l'utilité publique, pour attirer à ses presses des commentaires sur l'Histoire naturelle de Pline qu'un certain Cyprien Relia avait légués à Jérôme de Varade, frère de Jacques et médecin du roi '*. Dans ce milieu si favorable aux études, Michel reçut une forte instruction et devint très bon latiniste, à en juger non seulement par les épîtres dédicatoires qu'il rédigea en assez grande quantité, mais encore par la parfaite correction, due à son travail personnel, de la plupart des livres écrits dans la langue de Cicéron qu'il a imprimés.

(1) « Jean-Pierre de Varade, fils d'Ambroise de Varade, gentilhomme milanois, ayant suivi la fortune des" François sous Louis XII, fut contraint de se retirer à Paris, où il se maria avec Eloy (alias Heloy) Denise, fille de Michel Denise et d'Agnès Girard. Il eut trois enfants : Jacques de Varade, qui devint conseiller au Parlement, Hiérome de Varade, médecin du Roy, et Anne de Varade, femme de Guillaume Baudichon. » (B. N., Dossiers bleus, 657, Varade.) — (2) T. Livii Patavini / historiae Romanse principis Deçà- / des très cvm dimidia, sev libri/ XXXV,exXIIII Decadibus relicti, longe quàm hactenus / ex collatione meliorum codicum, & doctiss. homi-/ num iudicio correctiores, & emendationes. / .../ Lvtetiae/ Parisiorvm, ex officina Michaelis Vascosani, uia quae est hinc ad Diuum Iacobum, sub Fontis insigni./ M.D.LII./ Cum priuilegio Senatus. (In P. 2 parties, 388 et 1 14 f. ch. sll. — Arsenal, H. 2242 bis.) — (3) « Jacques de Varade, reçu conseiller au Parlement de Paris le 23 aoust 1541 r mort le 10 novembre 1 57 1 , inhumé au cimetière des Saints Innocens. Il se disoit issu de la famille des Varade de la ville de Milan. » (B. N., Ms. fr. 7555 bis7 f* 667.) - (4) Au 2e f. : «Clarissimo viro Iacobo Varadeo, in supremo Parisiensi Senatu Regio Consiliario, Michael Vascosanus. S. P. D. — ... Ad quos studium non mediocriter tu quidem excitatus es atque inflammatus à Paulo Aemylio Veronensi et Cypriano Relia, duobus praestantissimi ingenii viris, quibus tanquam preceptoribus diu multùmque usus es. Fuit enim uterque patri tuo viro clarissimo atque optimo plurimis multisque officiis, usu, consuetudine, atque amicitia conjunctissimus. Horum alter Francorum res gestas tanta gravitate et orationis majestate tractavit, ut omnium consensu proximum Livio locum occuparit. Alter vero doctissimos commentarios in C. Plinii naturalis historiae libros conscripsit, quos Hieronymo Varadeo fratri tuo viro praeclarater ditione atque doctrina praedicto, et majestatis regiae medico excellenti, testamento reliquit : qui utinamillis extremam manum addidisset, sperarem non defuturam vestram erga me perspectissimam benevolentiam, et fraternum quendam amorem, ut in communem omnium utilitatem per me typis excusi ea trade-

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Bien que d'après là majorité des auteurs, Michel de Vascosan ait commencé à exercer en 1530 et que même, suivant Ambroise Firmin-Didot *, il ait été libraire juré dès 1521, ce qui d'ailleurs est inadmissible, on ne rencontre aucune impression de ce typographe antérieure à Tannée 1532: c'est pourquoi je fixe ses débuts à cette dernière date. Il avait adopté tout d'abord, à s'y méprendre, la manière de Josse Badius et je ne serais pas surpris qu'il eut appris son art dans les ateliers de ce maître, dont il épousa l'une des filles probablement à cette époque.

La première question qui se pose est de savoir où Vascosan s'était installé. P. Renouard, si compétent en ce qui touche les imprimeurs du seizième siècle, n'ose pas se prononcer sur ce point, déclarant au surplus - qu'il n'a pas pu vérifier si, avant 1545, Vascosan donnait son adresse rue Saint-Jacques, dans la maison du Regnard-qui -ferre, où Badius exerçait depuis 1527. Aucun doute ne peut exister à cet égard : c'est bien dans la maison de son beaupère, qu'il s'est établi, ainsi que le justifient nombre de ses impressions portant la date de 1533 seulement3, les impressions de 1532 n'ayant pas d'adresse. Au mois de novembre de cette dernière année, il avait inauguré ses presses par un ouvrage entièrement grec'1, exécuté avec des types de même origine que ceux de

rentur. Possum longe majora de vestra in me liberalitate constantia et fide polliceri : qui à pueritia singulari vestrum omnium voluntate tanquam à parentibus ita sum in familiam vestram susceptus, atque ita liberaliter educatus, ut non solum ingratus, sed merito etiam impius viderer, nisi, quando referenda non queo, at certe habenda, predicandaque gratia, paria vobiscum facere utcunque conarer. Itaque, clarissime Varadee, quum te etiam adolescens herum et praeceptorem habuerim,non alienum ab officio meo, nec a dignitate tua me facturum putavi, si meam incredibilemerga te observantiam, et propensam animi mei voluntatem publicis monumentis testarer. ,. ».

(1) Essai sur la typographie, col. 754. — (2) Josse Badius Ascensius, I, p. 34. — (3) Voy. notamment : A./ Ivlii cae-/ saris scaligeri/ novorum epi-/ grammatum, f liber unicvs./ Eivsdem hymni/ duo, Ioanni Baptistae clamanti in/ deserto, Rocho & Sebastiano,/ Eiusdem Diua Ludouica Sabaudia. = Parisiis/ Apud Michaelem Vascosanû, uia/ ad diuum Iacobu, sub signo Fontis./ M. D. XXXIII. (Pet. in 8. 32 f. ch. B. N., Yc. 7 8 5 1 . ) — B./ Nicolai/ Borbonii Vandoperani/ nugae. [Portr. de l'auteur ?] Mantua Virgilijs tumeat, Verona Catullis,/ Gaudet Borbonio Lingonis ora suo. |j Parisiis/ Apud Michaelem Vascosanum, uia ad diuum/ 'acobum. sub fontis signo./ M. D. XXXIII. (Pet. in 8. 123 f. n. ch. slt., sign. a-qpar 4. B. N., Yc. 1 3 2 2 i .) — (4) ©wpà tou payi;T£/&u ovcfjtâtwv ar-ixwv ÈxXoyat/.../ Thomae Magistri dictionum Atticarum collectio./ Phrynichi Atticorû uerborû & nominu collectio./ Manuelis Moscopuli uocum Atticarum collectio. èj libro de arte imaginum Philostrati & scriptis/ poetarum. /Omnia ex alphabeti ordine electa./ Ex scriptis Aeliani libellus de antiqua ratione in-/ struendarum acierum

GALLIA TYPOGRAPHICA 5 I /

Badius et comme eux provenant sans doute d'Allemagne '. Dans un avis aux hommes d'étude, placé en tête de ce livre, Yascosan réclame l'indulgence en invoquant les difficultés de sa tâche, quand il s'agit d'impression grecque, ce qu'il fait la première fois : « Si mihi nu [n] quam dubium fuit, mi doctis. Nicolae Strabone], magnam et duram esse provinciam latinos libros imprimere, durissimam graecos praesertim emendate. »

Quelque intérêt que puisse présenter une pareille étude, je n'ai pas l'intention de suivre pas à pas Michel de Vascosan durant le cours de sa longue et remarquable carrière et je prie le lecteur de se reporter pour cela au chapitre que Maittaire lui a consacré 2 ; il y trouvera aussi une biblographie assez satisfaisante des ouvrages exécutés par ce typographe :î. Quant à moi, réduit a faire un choix parmi les événements les plus saillants de son existence, je vais me contenter de mettre en œuvre et de reproduire les quelques documents originaux qui me sont tombés entre les mains. Voici d'abord deux arrêts du Parlement qui accordent des privilèges à Vascosan : le premier du 22 février 1539 '', est relatif à l'ouvrage historique de Paul Emile, dont notre imprimeur fusait tout à l'heure

& ductorum militariu ap-/ pellationibus./ Orbicius de ordinibus exercitus. || Lutetiaeapud Michaelem Yascosanum Mense Novembri M. 1). XXXII. (Pet. in 8. 276 f. n. ch., sign, a-- par 4, A-S par 4. T I, II, III. B.N.,Inr. X. 6648.)

(1) Cf. P. Renouard, Josse Badius, I, pp. 68-69. — (2) Historia typographovum aliquot parisiensium..., pp. 17-32: Vita Michaelis Vascosani. — (3) lbid., t. II, pp. 22-41. Catalogus Librorum. qui ex Michaelis Vascosani Officinâ prodierunt. (298 ouvr. de [532 à 137*")). — (4) Du 22 février [538 (a. s.i — « Sur la requeste présentée à la Cour par .M" .Michel de Yascosan, libraire juré de l'Université de Paris, par laquelle il requéroit luy estre permis expozer en vente Y Histoire de Paul Emilie des faits et gestes des Roys de France jusqu'au règne du Roy Charles Huicliesme, le Chronicon des Roys de France y adjoustc, et ordonner inhibitions et defîences estre fdictes par ladicte Cour à tous imprimeurs, libraires et autres quelconques qu'il n'ayent à imprimer ou faire imprimer ne vendre lesdictes Histoire et Chronicon selon la coppie dudict Vascozan jusquesà six anstiprès ensuivans, sur peine de confiscation des livres qu'ils auroient imprimez et venduz et d'amende arbitraire, à ce qu'il peust se rembourser des frais, mues et impenses qu'il luy a convenu faire pour l'impression de ladicte Histoire. Veu par la Cour ladicte requeste et tout considéré. Ladicte Cour a permis et permet audict Yascosan expozer en vente ladicte Histoire de Paul Emile et Chronicon adjousté, et faict inhibitions et deffences à tous imprimeurs, libraires et autres quelconques qu'ils n'ayent à imprimer ne faire imprimer ne vendre lesdicts Histoire et Chronicon selon la copie dudict Vascosan jusques à deux ans prochainement venans sur peine de confiscation des livres qu'ils auront imprimez et venduz et d'amende arbitraire à la discrétion d'icelle Cour. » (A.N., X" \?\>, f 2[g \ .. — B.N., Ms. fr. n. a. 8045, P 84 vo )

5 I 8 GEORGES LEPREUX

tant de cas, dans sa dédicace à Jacques de Varade ; le second, du 3 juin 1545 *, se rapporte à une traduction des Azolanes de Bembo, que l'auteur, dans son avant propos, déclare avoir faite sur une édition aldine de 15 15 2.

En 1 5 6 1 , Michel de Vascosan prit place parmi les imprimeurs du roi : en considération des belles éditions qu'il avait publiées depuis vingt-cinq ans, avec un soin et une diligence profitables <( à toute la chrestientè », Charles IX lui octroyait cette charge par des lettres patentes du 2 mars 3 et lui conférait le pouvoir d'imprimer et de vendre « les ordonnances et affaires d'estat ». Ces lettres détruisent donc d'une part une foule d'erreurs qui s'étaient accréditées sur la date exacte de cette nomination; elles démontrent d'autre part à l'évidence que le nouvel imprimeur de sa Majesté possédait tout autre chose qu'un titre purement honorifique. Je parlerai d'ailleurs plus loin de sa production en cette qualité. On peut voir aussi par la lecture de ces lettres que le roi accordait à son typographe un privilège de trois ans pour les impressions concernant les affaires de l'Etat, de dix ans pour les livres qu'il imprimerait pour la première fois, de vingt ans pour son Thésaurus linguae lalinae et de cinq ans pour les autres livres qu'il ferait corriger, mais quand Vascosan fît enregistrer ses lettres parle Parlement '', il vit réduire à deux, six, douze et trois ans la durée

(1) Du 3 juin 1545. « La Cour, après avoir veu la requeste à elle présentée par Michel de Vascosan et Gilles Corrozet, libraires deceste ville de Paris, pour les causes contenues en icelle, a permis et permet à iceulx supplyans pouvoir imprimer et vendre certain livre ou traicté intitulé Les A^olains de Monseigneur Bembo, traduictz d'italien en françoys par Jehan Martin, secrétaire du Cardinal de Lenoncourt ; défendant à tous imprimeurs, libraires et autres de ce ressort d'icelluy livre imprimer et exposer en vente sans l'adveu et consentement d'iceulx supplyans dedans le temps de troys ans prochains, à peine de confiscation des livres qui autrement seroyent imprimez, et d'amande arbitraire. » (A.N., XIA. 1 555, fo 178 v°. — B.N. Ms. fr. n a, 8047, f° 180 v°). — (2)Voy. : Les Azolains de monsei-/gneur Bembo, De la nature d'Amour. / Traduictz d'Italien en Fràcoys par Iehan Mar-/tn, secrétaire de monseigneur Reuerendissime / Cardinal de Lenoncourt, par le commandement / de Monseignevr, Monsei-/gnevr le Dvc d'Orléans. // M.D.XLV, / Imprimé à Paris par Michel de Vascosan, pour/ luy, & Gilles Corrozet libraires. / Auec privilège. (Pet. in-8. Impr en italiq i55 f. ch. B N.. Inv Rés. Z. 2461.) — (3; Voy. Documenta, n» 33. — (4) Du 10 mai i56i. « Veus par la Cour les lettres patentes du Roy données à Fontainebleau le deuxiesme jour de mars dernier, signées par le Roy en son Conseil, Delaubespine, par lesquelles et pour les causes y contenues, ledict seigneur a retenu, et retient pour son imprimeur en toutes langues, Michel Vascosan, imprimeur, demourant à Paris, pour par luy imprimer toutes lettres, édits, ordonnances, remonstrances des E stats

G ALLIA TYPOGRAPHICA 5 19

Je ces divers privilèges. Démonstration de l'omnipotence de cette haute assemblée politico-iudiciaire, avant que les Richelieu et les Mazarin n'eussent travaillé et réussi à établir l'autocratie du roi.

Veut-on un second exemple de la puissance de ce Parlement, à l'époque qui nous occupe, je le trouve dans un arrêt des plus curieux et des plus intéressants, du 13 juillet 1562. Michel de Vascosan avait reçu quelques jours auparavant des lettres closes de la reine, lui ordonnant d'imprimer « ung discours des voyaiges i ar elle faictz... au camp du Roy pour composer et pacifier les troubles » ; il s'empressa de déférer à l'injonction de sa souveraine, mais avant de rendre publique son impression, il est pris d'un scrupule et va soumettre le ca?>au premier Président. L'après-midi de ce même jour, la Cour fait défense à l'imprimeur de continuer jusqu'à avis contraire l'impression commencée et elle délègue deux conseillers pour aller

résolutions données sur i celles propositions, apologies et autres choses qui toucheront les affaires du Royaume que ledict Seigneur voudra estre imprimées et publiées, et semblaMement tous livres hébreux, grecs, latins et françois qu'il lui fera bailler de sa librairie et autres qui n'ont esté jusques icy imprimez, et oultre ce, parce que ledit de Vascozan auroit commencé avec grands frais à faire imprimer un Thésaurus linguœ latinœ et partie des Histoires du monde, tirées partie de Zonareet Niceras et de plusieurs autres bons anciens ei modernes autheurs par M9 Jean de Maumont, avec plusieurs autres livres qu'il faict et fera corriger, ledict seigneur donne congé d'imprimeries choses susdictes, à sçavoir quant à celles qui concernent les ordonnances et affaires d'Estat jusques à trois ans après la première impression et quant aux livres qui n'auront encore esté imprimez dix ans et pour ledit .livre intitulé TJiesaurus linguœ latinœ, attendu qu'il est de grand labeur et frais, vingt ans, et pour les autres livres qu'il faict corriger, cinq ns, avec défenses à tous imprimeurs de n'imprimer et exposer en vente lesdits livres dedans ledict temps sans le consentement dudict Vascosan sur peine de confiscation et amende arbitraire, pourveu toutefois que ledict Vascosan n'imprime aucuns livres prohibez et défendus. Veue la requeste par ledict Vascosan présentée, tendante afin de luy entériner lesdites lettres, les conclusions du Procureur général du Boy, auquel le tout, de l'ordonnance de ladicte Cour, -a esté communiqué et tout considéré. /Ladicte Cour, ayant aucunement esgard ausdictes lettres, a permis audict Vascosan impétrant jouir de l'effect et contenu en icelles à la charge portée par icelles lettres, à sçavoir qu'il ne fera imprimer aucuns livres prohibez et défendus ny autres livres nouveaux, dont il n'ayt spéciale permission de ladicte Cour ou du Roy,etaussy à la charge que le tempsde son privilège est modéré et le modère icelle Cour à sçavoir quant aux choses qui concerneront les ordonnances et affaires d'Estat à deux ans, quant aux livres encore non imprimez à six ans et quant audict Thésaurus linguœ latinœ à douze ans, et quant auxautres livres qu'il fera corriger à trois ans seulement. » A.N., XIA, f - B.N., Ms. fr. n. a. 8060, f 3 18).

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présenter des remontrances au roi *. Ii est probable que l'impression des « cayers » de la reine fut définitivement arrêtée, car je n'en ai jamais rencontré le moindre exemplaire.

Ainsi placé entre l'enclume et le marteau, l'imprimeur du roi, dans ces moments troublés, voyait surgir à chaque instant de nouvelles difficultés dans l'accomplissement des devoirs de sa charge. C'est pourquoi Vascosan s'abstinf le plus possible de faire acte d'imprimeur officiel et ceci explique la rareté de ses impressions en ce genre; il se confina de préférence, grâces lui en soient rendues, dans les travaux d'ailleurs multiples que lui offraient la littérature ancienne et les auteurs modernes: Cicéron, dans la première catégorie occupa le plus fréquemment ses presses ; parmi les autres, on n'a que l'embarras du choix entre les Amyot, les Scaliger, les Strébée, les Ronsard et les Oronce Fine, pour m'en tenir à ces quelques

(i) Du i3 juillet i5Ô2. « Sur ce que Monsieur le Premier Président a cejourdhuy dict à la Court que le jour d'hier, luy estant à la messe en l'église des Mathurins, Michel Vascosan, marchant imprimeur etlibraire en l'Université., de Paris, accompagné de M* De Mouchy, Docteur en Théologie, Inquisiteur de la foy, disant avoir receu lettres closes de la Royrie pour imprimer ung discours des voyaiges par elle faictz ces jours passez au camp du Roy pour composer et pacifier les troubles, ce que toutefoys il n'avoit voulu faire sans plus ample permission et previllège et que l'ayant demandé à ladicte dame, elle luy avoit dict qu'il n'en auroit aultre previllège et qu'il suffisoit mectre en l'impression suivant les lettres de la Royne signées Catherine et contresignées De Latibespine. Ausquelz ledict sieur Premier Président iit responce qu'il n'y pouvoit pour l'heure adviser parce que l'on vouloit commancer la grande messe, mais que venant à la messe il avoit trouvé Monsieur le Président de Sainct-André qui en sortoit et qu'il estoit bon qu'ilz luy en allassent parler et s'il en estoit besoing àl'yssue de la messe ilz en parleroient ensemble si la chose estoit si pressée. Le mesme jour de relevée, ledict Vascosan le vint veoir en son logis et luy apporta demye douzaine de petits cayers dudict discours, le priant luy dire qu'il avoit affaire sur ce, auquel il ne dict autre chose sinon qu'il en parleroit cejourdhuy à la compagnie et que ledit Vascosan eust y venir cejourdhuy matin. Sur ce, ledict Vascosan mandé et venu, après avoir entendu ce que a dict présentement Monsieur le Premier Président, a dict que la vérité est telle et a exhibé lesdictes lettres de la Royne par elle signées et par De Laubespine, aussi autres lettres dudict de Laubespine pour l'expédition dudict cayer et que suivant lesdictes lettres il en avoit envoyé cinquante tous imprimez audict de Laubespine. Et lesdictes lettres missives leues et la matière mise en délibération./ La Court ordonne qu'il envoyra cejourdhuy deux ou troys des anciens conseillers dicelle devers le Roy et la Royne poulies advertir de ce que dessus et en faire remonstrance très humble à Leurs Majestez. Cependant a faict défence audict Vascosan présent de communiquer et imprimer ne exposer en vente ledit cayer jusques à ce que par le Roy et la Royne, par ladicte Court autrement en soit ordonné, et pour aller remonstrer ce que dessus, ont esté commis Maistres Eustace Chambon et Barthélémy Faye conseillers en icelle. » (A.N., Xiai6o3, f°84vu).

GALI.IA TYPOGRAPHICA b 2 J

noms. Pourtant, s'il laissa aux autres imprimeurs de Sa Majesté la plus grande part du travail afférent à la publication des affaires de l'État, Vascosanne négligea jamais les occasions qui se présentaient à lui, de tirer profit des événements de la vie publique de la nation par des impressions semi-officielles et à ce point de vue, il serait facile de citer un assez grand nombre de pièces plus ou moins intéressantes : oraisons funèbres, éloges, fêtes et discours. Je laisse de côté toutes ces productions que je n'ai pas le loisir d'examiner ici comme il conviendrait et je m'en tiens à l'une d'entre elles, plus particulièrement intéressante, ainsi qu'on va le voir, pour l'histoire typographique. Elle est intitulée :

Recveil des/choses notables, qui /ont esté faites à Bayonne, à/ l'entreueue du Roy Tres-/chestien Charles Neul-/ieme de ce nom, & la / Roine sa très honorée/ mère, avec la Roine/ Catholique sa /sœur. || A Paris, /Par Vascozan Imprimeur du Roy./ M.D.LXVI. (Pet. in 8. 87 f. n. ch. Sign. A-Lpar 4.)

La Bibliothèque Nationale * et la Bibliothèque de la Ville de Paris en possèdent chacune un exemplaire ; il y en a également un dans la Bibliothèque du Baron James de Rothschild et l'éminent bibliographe qui en a rédigé le remarquable catalogue, s'exprime ainsi au sujet de ce recueil : « L'édit de pacification permit à Charles IX d'entreprendre une grande*toumée en France. Au mois de janvier 1564, il se mit en route pour ce voyage dont Abel Jouan nous a laissé une relation détaillée (Voy. notre tome II, n° 2095, art. 3). Après avoir séjourné à Fontainebleau, parcouru la Champagne, la Bourgogne, le Lyonnais, la Provence et le Languedoc, il arriva à Bayonne, le 30 mai 1565. Catherine de Médicis y avait ménagé une entrevue avec sa fille, Elisabeth de Valois, reine d'Espagne. Le roi alla au devant de sa sœur jusqu'à Irun, et la ramena à Bayonne, où eurent lieu des fêtes somptueuses. Comme le rapporte Brantôme (Ed. Lalanne, VII, 370), la reine-mère voulait prouver aux étrangers que le trésor royal n'était pas aussi épuisé qu'on le disait. — On trouve dans notre relation la description détaillée de tous les costumes portés par le roi et les grands personnages de la cour, le récit de toutes les fêtes offertes à la reine d'Espagne, le

(1) Lb33i77. — (2) Recueil Valençay, t. XII, pièce 5.

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