‹ Gallieni parleChapitre 30 sur 52 · ESSENTIELLES DU VRAI CHEF MIUTAIRE · texte numérisé non relu

ESSENTIELLES DU VRAI CHEF MIUTAIRE

A la première séance de la Chambre à laquelle j'ai eu l'honneur d'assister, j'ai écouté très attentivement tous les discours qui ont été prononcés à cette tribune et il m'a semblé que nous étions tous d'accord sur un point : faire concourir toutes les forces vives du pays à la Défense Nationale, simplifier, supprimer les papiers inutiles.

Je ne veux pas ici faire de statistique, mais j'ai pu constater qu'il y avait, au seul Ministère de la Guerre, une cinquantaine d'employés occupés presque exclusivement à recevoir toutes les lettres de recommandation. Il m'a semblé que ces employés pouvaient être mieux utilisés.

Mais si je suis fermement opposé aux recommandations, je dois dire que les lettres adressées au Ministre et contenant des observations sur les lacunes du service, sur les irrégularités et même sur les abus de pouvoir sont au contraire des plus

utiles; il y a là un moyen précieux d'investigations et de recherches que rien ne saurait remplacer.

En résumé, Messieurs, plus de recommandations pour l'avancement, les décorations, les mutations ou les affectations; droit pour tout militaire à la réclamation, avec l'assurance que ces réclamations parviendront jusqu'à l'autorité la plus élevée.

D'autre part, utilité, nécessité même du contrôle PARLEMENTAIRE. De plus, j'accucillerai volontiers les indications ou les suggestions, émanant même de simples particuliers, si elles présentent un intérêt pour la Défense Nationale.

Toutes ces paroles portent, et portent sur tous les bancs.

D'abord par l'autorité simple de sa personne! Dans l'assemblée, à la tribune, plus encore qu'à son bureau, il apparaît, avec netteté, le Travail- LEUR; rhomme d'étude qui porte en lui et partout avec lui le calme ascendant du savant. Le front grand, haut, nu, toujours blanc de lumière; sous les sourcils froncés et, derrière le lorgnon, ce regard scrupuleux et pénétrant qui a l'étincellement sévère de la conscience : ceux qui le voient pour la première fois subissent l'empire d'une intelligence grave que le labeur ne cesse d'aiguiser. La recherche, V audace du mieux, voilà l'austère passion de cet homme sobre de mots comme de gestes, strict comme un logicien, et que seule raidit la fierté de ceux qui se commandent à eux-mêmes. Son autorité n'est pas faite seulement de ce que l'on n'a pas Thabitude d'entendre et d'observer en cette Chambre : la netteté, la çrânerie militaires,

mais de raccent de la responsabilité qu'il se connaît, assume et proclame !

Puis par la volonté de simplification dans cA qu'il a décidé! Son discours signifie : « Je n'ai pas même songé au parlementarisme, » UHiimanité imprimera même demain en manchette : « Le général Gallieni réclame le contrôle parlementaire. » Ce qu'il a désiré, c'est, en prenant le

pouvoir, SAISIR DIRECTEMENT LE PUBLIC ! Il a VOUlU,

entre la Nation et lui, supprimer les intermédiaires. Bref, qu'a-t-il voulu?

Réforme politique? Non.

Réforme nationale? Oui!

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