‹ GalvanothérapieChapitre 40 sur 64 · V. — BFFBT8 ANTUIÉVEAL6IQUB · texte numérisé non relu

V. — BFFBT8 ANTUIÉVEAL6IQUB

Les névralgies diffèrent des affections douloureuses, en ce qu'elles se limitent à des voies nerveuses déterminées, mais elles se rapprochent des autres douleurs en ce que dans l'acception rigoureuse du mot, elles ne forment pas une classe de maladies indépendantes, mais qu'en général elles ne sont qu'une conséquence d*états morbides très-différents.

La sensation douloureuse est la réponse normale qu'une fibre nerveuse^ sensitive, saine, donne à toute irritation anormale qui agit sur un point quelconque de son parcours. II peut se faire, quoique cela ne soit pas encore bien prouvé, que l'état moléculaire d'une fibre sensitive s'écarte tellement de Pétat normal, que les irritations normales, par exemple celles qoe produit la circulation, en venant à la toucher d'une certaiife manière, troublent cette fibre nerveuse complètement. Il serait donc permis de dire que de semblables névralgies doivent leur origine à une hyperesthésie^ c'est-à-dire à une excitabilité de la fibre nerveuse augmentée d'une manière anormale. Mais cependant, il est à peine possible de prouver d'après l'opinion de Romberg, que toutes les névralgies soient des hyperesthésies . Comme en employant le courant électrique, on peut éloigner d'un nerf maintes irritations, comme aussi d'autre part le courant est en état de déprimer l'excitabilité de la fibre nerveuse, nous trouverons dans le but de son

^arei Dachenne, dans RrdinaDn*8 OertL Anu>. der Elektr. 2 te. Aufl. Leipzig, 1858, p. 262.) Mais il proleste formellemeDt contre cette supposition qu*il a eu affaire dans ce cas à une « arthrite chroniqtÂen; il Êbnclut qu'il n'a rien obtenu par l'emploi du courant induit qu'autant qu'il n'avait eu aff'ait^ qu'à une (xrthralgiê. Baterlaciier, au contraire, (Diê Induetion'S'EUktridtàt. Nûrnberg, 1857, p. 218), se fondant sur les observations de Froriep, parle de la faradisation comme d'un moyen r^oliiii/ii 11 cite Schnitsercomnie étant celui qui avant Cahen avait déjà appliqué l'électricité aa traitement des nodus goutteux.

DD GOirBAlIT COimART. 373

emploi thérapeutique une occasion suffisante pour soumettre à une discussion sérieuse et approfondie la doctrine des n^ yralgies. Je ne yeux cependant pas expliquer par des exemples les efiTets catalytiques du courant dans les différents états néyralgiques. En lieu conyenable^ je traiterai des névraigie$ excentriques, c^est-à-dire de ces néyralgiesqui ne forment que les symptômes des maladies des organes centraux.

l"" Les névralgies rhumaiismalesmoX certes des névralgies les plusfréquentes. EUesappartiennentà cettedasse d'affections rhumatismales qui^ de tout temps, ont été rangées parmi les maladies nenreuses. A la rigueur, comme je Tai déjà indiqué plus haut, on devrait faire entrer dans cette cat^orie beau- :M)up de rhumatismes musculaires, en ce que, comme semble le prouver l'expérience thérapeutique au moyen du courant constant, ces affections ne sont que des rhumatismes des nerfs cutanés. Même les troncs nerveux des extrémités supérieures lorsquMls se trouvent exposés à ua refroidissement, comme cela a lien si fréquemment chex.les femmes, sont très-souvent frappés de névralgies qui se transforment facilement en anesthésies et en parèses.

La sciatique rhumatismale est certes la névralgie la plus Ité-* quente. Cest à sa position anatomique que ce nerf doit ses fréquentes attaques, parce qu*en se déshabillant il est exposa à des refroidissements subits. Le diagnostic différentiel de la sciatique et d'autres douleurs excentriques provenantd'nne irw ritation si^eant dans le bassin ou dans la moelle sera facile à établir. Dans le tabès dorsalis les douleurs sdatiques qui accompagnent cette affection sont périodiques et revêtent le o^ ractère lancinant. Cependant, à son début, il peut se développer des phénomènes qui pourraient faire soupçonner une sciatique double. Dans ce cas on évitera toute erreur en observant la marche et l'oscillation que les .malades éprouvent lorsqu'ils sont debout et qu'ils ferment les yeux, Vétat de la vci^sie et '

314 EFFETS CATALTTrQUES

du Feetum, la contraction du ventre et de la poitrine, l'inégalité de la dilatation des deux pupilles. Une certaine difficulté se rencontre quelqudois pour la sclatique liémoirrhoîdale : dans ce cas, te diagn^tie par voie d'eiètûsion et lè résultat nég|Atifd^une< expérience thérapeutique, dirijgée sur le nerf sciatiquev démontrent que, selon loute' apparence; il existe une dilatation veineuse' dans te creux^u bassin, exerçant une certaine pression sur tesnerUssacrés^ei produisant ainsi les sym^tôlnes de laselhtique(l); Ijesigne le plus important et le pluspomUf de te sciatique rhumatismale, est sans contredit la déuleur qu'^développe par te pn^ion sur te trâjet du nerf à su sortie du bèBsin ;< quelqùefois^âl existe un point douloureux périostique sm* le grand trochaéler, qui augmente encore la sârelé du diagQOBticw II faudra aussi^ porter son attention si la maladie n'a pad débdté stibitement, si la périphérie du corps n'a pab^ été fraj^pée par te froi^'êlc. Sur ^ trente caiide sciatiquev, je n^ai renoeoti^é que cinq «as qui provenaient d'ori- ^nefif«ypfailitiquesy goutteuses^ iiémerrhoïdales ou centrales. On Bf'otMeirvepas loujour»dan» la sciatjque rhumatismale des phénomènes excentriques partent du bout supérieur du nerf. On ne trouve qu'une extension de te douleur suivant le trajet du nerf sciatique,'du nerf péronter, et jusque dans les expansions nerveuses du mdlet et du pied. On peut par le courant délivrer de te douleur lé bout supérieur du nerf, mais il faudra toujours eombattre par un traitement local les douleurs qui continuent à exister* dans l'expansion périphérique. Toutes ces propositions peuvent être démontrées avec une telle précision et une telle clarté par la voie expérimentale

(1) le ne connais^i^plas encore à' célté époque la névrite du pkams sacrée sur laquelle ['ai idemièrement appelé raUention des médecins. Cpmparèz surtout l'extrait de mon discours prononcé sur la pftraplégie urogénîtale déas le cercle des médecins cle Berlin, réunion du 22 février 1860/ et publié dans la Gaàette méd. centrale ((860;^*" 21).

DU COURANT CONSTÀRT. 375

que l*eSet thérapeutique uni à quelques faits histologiques que je désignerai tout à rheure, nousdwnent sur le Tirant une image des altérations anatomîqnes, qui probablement forment la base .^e la maladie, et dont les données fournies par les autopsies nous sont presque complètement inconnues. Les troncs nerveux sont composés de faisceaux primiliiis//^ meuli priuijitM^ leaquds^ comme Fontana Ta décou'vert, ont one position/Termiforrae^etiSoni reliés les ansiaui^ «titres par une tràs-fine membrane, de manfèva à ce /que le f^iseeau le fibres nerveuses peut se i dépecer' légèrement, dans les mouTementSv. passifs, dans Pintérieur du tuyau formé par le névnlemme et une couche épithéliale, sani toutefois ]ue les fibres isolées se déplaçassent les unes à l'égard des lutres. Plus t un nerf-setrouTe être exposé à des changements de position, plue le tuyau oérrilmmiatique estiorl^ et moins aussi le lUquidëiqui doit serw à le: lubrifier 'fisra défaut. .! \^ . ! » '

11 y a dix ans environ, en faisant, sur des mammifères et sur des hommes, des recherches sur les nerfs qui, du plexus brachial se. rendent aux muscles et à la peau, j^ai rencontré de temps à autre! % la face interné du tuyau néyrilemniatique de minces coucl^es de tissu conjonctif gélatineux embryonnaire, qui peut être Cacilement. déplacé, et qui est évidemment de^ tiné à servir de ceossinet protecteur aux fibres nerveuses: Le tuyau névrileihmatique lui-même est fourni de semblables appareils pour protéger les fibres nerveuses. Il y a déjà longtemps (1), j'ai observé sur les faisceaux des racines des nerft spinaux, aux points où ils traversentia dure-mère, de petits tubercules formés de tissu conjonctif embryonnaire qui prêtant les fibres nerveuses (2). On trouve également dans les

(l)MûUer's Arthiv f&r AntAomie, 1S41. S. 516. (S^ Us forment le point dé départ des nëvromes qu^cn a récemment observés dans ce point

376 BFFBTS CATALTTIQDBS

trajets des troncs nerveux des gonflements du néyrilemme^ qui semblent a^oir une signification identique.

En 1836, me livrant, sous Froriep, à des recherches nécroscopiques, ce professeur distingué observa que dans le tétanos traumatique on pourrait suivre, à partir de la plaie, par exemple des nerfs plantaires, non-seulement une inflammation progressive et uniforme des nerfs jusque dans la moelle, mais encore qu'on trouvait sur le trajet des nerfs, principalement sur le péronier et le sciatique, de petits tubercules d^un rouge gris qui étaient formés, diaprés une analyse microscopique instituée par moi-même, tout comme est la substance d'un névrome que j'avais examiné de corpuscules fusiformes, c'est-à-dire de cellules prolongées (1).

Ce court exposé peut nous autoriser à supposer qu'une faible inflammation et une certaine exsudation dans le névrilemme renferment les causes de la sciatique rhumatismale (2).

En s'appuyant sur cette hypqpièse, le traitement électrique

(1) Le résultat de la première recherche nécroscopique fut fait tmr moi (en 1836), sur un névrome sarcomateux du nerf sciatique, que Dieffenbach avait enlevé à une femme âgée de 50 ans. Cette observatioti se trouve reproduite dans l'ouvrage de Romberg. {Nervenkrankheitm. Bd. I, p. 208. 1840.)

(2) Comparez la thèse De tetano, de Friedrich. Berolini, 1837. S'il y a quelque espoir de découvrir un jour un moyen tliérapeutique pour combattre Ctitte terrible affection, le courant constant pourra peut-être se présenter en première ligne; mais alors il ne faudra pas l'employer, comme le fait Matteucci, sui* le trajet de la moelle exclusivement, mais bien au contraire diriger le courant le long du trajet du nerf enflamn^é, afin que son action enlève les exsudats qui se sont développés dans la région lésée. Car comme Friedrich semble l'avoir trouvé, on peut, par une légère pression sur le nerf enflammé, provoquer immédiatement les spasmes réflexes les plus violents; toutefois, il serait utile que le courant suivit également le trajet du tronc nerveux jusqu'à la moelle. Il ne faudrait pas non plus perdre le temps par remploi d'autres moyens et appliquer dès le début des crises le courant; on pourrait peut-être préalablement saigner le malade, ou lui pratiquer une émission sanguine locale.

DU CeOBAirr GCHISTAIIT. 377

devient pour ainsi dire rationnel. Dans quelques cas il suffit, pour faire disparaître cette affection si douloureuse, de diriger plusieurs courants stabiles sensibles et douloureui même, suirant le trajet du nerf jusqu'au dos du pied.

Ferdinand R (n' 157), d'Ostrowit, près de Dantzig, fut

pris, au commencement de Tannée 1856, après un refroidissement, d^une attaque de sdatique rhumatismale. Cette affection résista à tous les moyens connus; et les médecins se virent contraints, au mois d'août 1856, de TeuToyer à To»* plitz. En passant par Berlin, il consulta le docteur Wolfflohn; les douleurs ayant augmenté pendant le voyage, il lui était presque impossible de continuer sa route.

M.WolGTsohn me l'adressa. R souffrait prindpalement

le matin et le soir, et les douleurs étaient si vives quand il était assis quMl se voyait forcé de manger debout ; il bdtait en^ marchant sur la pointe du pied, à cause d'une contracture secondaire des fléchisseurs de la jambe ; une simple pression sur le nerf sciatique lui causait de très-violentes douleurs. Du 25 août jusqu'au 29, cinq séances furent employées à faire passer durant quatre à cinq minutes le long du nerf sciatique jusqu'à la malléole externe des courants stabiles descendants, de 25 à 30 éléments Daniell. Le malade en éprouva un tel bien, qu'au lieu d'aller aux eaux , il s'en retourna guéri. L'année suivante, j'appris par madame Mathilde R...., sa bellesœur, qu'il n'y avait eu aucune récidive. Cette d^me (n*548), qui vint me consulter le 4 juillet 1857^ était affectée, à la suite d'un refroidissement, depuis dix-huit ans, d'une sdatique antérieure, c'est-à-dire d'une douleur siégeant le long du trajet du nerf crural et du saphène interne jusqu'à la malléole interne. Tous les extenseurs de la jambe étaient faibles et atrophiés. Treize séances ont suffi pour la guérir complètement.

D'après mes observations ultérieures, on favorise beau-

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coup l'effet efficace du courant stabile en l'appliquant de 6 en Q pouces le long du trajet du nerf, et en provoquant, à la fin de la séance, dans le domaine du nerf lui-même, deux à trois contractions momentanées par le moyen d'interruptipns unipolaires. Cette dernière application servira à résoudre les coatraçtorep dejs n^u^lçs secondaires qui rendent si souvent JI9 maiiçhe pénible et difficile.

Le 11 février 1856, ledocteuri.Scbulzm^eovoyale maçon Wolfermann (a*" ^i^)^ Cet homme fut pris, à la suite d'un refroidissement leii juin 1857, d^une douleur subite dans tout le trajet du nerf ficiatique, avec impossibilité de se baisser. Une application de ventouses, 4^s bains russes et des frictions, q'e^urent qu!ui]\ succès inço.iijplet. Pas de douleur^ en marchant; ^m^i^: le malade, en éprouve de très-vives dès qu'il est couché ou qu'il veut soulever un lourd far<jieau. En toussant, legdouleur^, se répercutent, i^ussi jusque dans la malléole. Les douleui^s ^oii^t très-;yariables ; en général, elles sont violâtes il la face externe de )a jambe^ aui: trois derniers orteils. La pressioa sur la partie supérieure, du nerf sciatique développe une vive douleur qui s'irradie jusqu'à la malléole; il existe une forte tension et une immobilité des extenseurs du pied, de sorte que les mouvements des orteils sont rendus ti:ès-difficiles. En appliquant pendant une minute et demie des courants stabiles descendants de 30 à 40 éléments de Daniell, au moyen de boutons 4' on pouce et demi, et provoquant des interruptions unipolaires sur la partie supérieure du, nerf sciatique, je 3oulage immédiatement le malade^ Le jour suivant^ Mt W n'accuse plus qu'une

douleur et une tension dans la jambe et le pied; je la fais immédiatement disparaître , en faisant passer pendant trois minutes des courants inconstants (1) de 48 à 50 éléments

(i) Je désigne dans mon journal, par courants inconstants, des courants labilés dès que j-emploie des osdlDatiom très-rapides et des

DD CODBAIIT GORSTAIIT. 379

de Dapielly au moyen de boutons d'un pouce et demi, à travers les extenseurs et les interosseux du pied« A la suite de cette séance, le malade est guéri.

Ob peut même guérir des sciatiqpies invétérées en deux ou trois séances, avec une dépense plus faible-encon» de oau* rants ; j'en pourrai rapporter ici plusieurs exenpLfs. Cepeoh danty dans- certains cas très-opiniàtres» il.faut quelquefois dix à quinze séances. Dès que la premièrQ séance n'a^pas produit un heureux , résultat, il. ne faudra passe*' tebnter; il fondra supposer, au contraire» que l'on se trouva eb. présence d'ei*^ sudats au lieu 4'une simpte stase. Dans des cas semblables^ on devra appliquer un bouton sur le point .doulooveax dii nerf sdatique et diriger de ce |ioint quatre ài'dttq couranli stabiles dans tous les sens, en mainteKiant toutefois; une di»tance de 4 à 6 pouces>i pour làir^ .|9n sorte qiM|les ligo^ de jonction du point d'application i l!électrode n^gatil fwr ment les rayons d'un cercle appliqué autour dpi ffàxA dcMh loureux. (Dans mon journal je désigne ces courants souti. le nom de courants, circulaires.) Ce n'est que lorsque la dour^ leur a quitté ce point qu'on doit passer au traitementnde^ branches nerveuses inférieures, et surtout ne pas oublierif lorsque les douleurs s'étendent jusqu'aux muscles jumeam et soléaires, ce qui arrive assez souvent, et ce qui poujrmiti traîner le traitement en longueur, de produire alors des im terruptions unipolaires.

Le traitement décrit plus haut (p. 351) pour Bçnbenek, è propos de l'arthrite, peut facilement et . efficacement se t^ commander quand on a à traiter chez des femmes des douleurs siégeant à la partie supérieure du nerf sciatique. Tout

interruptions fréquentes. En voyant ce grand nombre d'éléments, il ne ftiut pas penser tout d'abord que. ces courants soient très-douloureux, parce que tout dépend de la qualité de la résistance et de Texeiiabilité. ....

380 EFFETS CATALTT1QUE8

médecin qui aura fait usage dans le traitement de cette névralgie une fois du courant constant, sera pleinement convaincu, même sans expérience comparée de la plus grande supériorité, quant aux effets et à leur promptitude, de ce même courant sur le courant induit. Dans les derniers mois de mes expériences comparées sur l'efficacité des deux espèces de courants^ j'ai rencontré deux cas où le courant induit a semblé me procurer un meilleur résultat.

Une dame de 44 ans (n* 708)^ très-maigre, était affectée depuis un an d'une sciatique. Dans les dernières semaines, cette affection s'était augmentée et avait provoqué des crampes douloureuses dans les mollets. J'employais avec un plein succès, les 2, 4 et 6 mai 1858, les courants constants, tels que je les applique dans l'inflammation de l'articulation coxo-fémorale. Après la quatrième séance du 8 mai, la malade revint me voir le 10, en accusant une nouvelle recrudescence des douleurs.

J'employai alors, les 10, 13, 16 et 19 mai, de la même manière, de faibles courants induits (évitant les contractions momentanées); à la suite de ces nouvelles applications, la malade fut radicalement guérie. J'ai observé un effet tout semblable chez la jeune Emma Bencke, âgée de 16 ans, et affectée depuis deux ans d'une violente sciatique (n"" 701). Les deux premières applications du courant constant la soulagèrent; mais, après la troisième séance, les douleurs furent plus vives ; trois applications avec le courant induit guérirent tout à fait la malade.

Dans d'autres cas, je suis larrivé aux mêmes résultats en employant de faibles courants constants, qui diminuèrent pour ainsi dire l'excitabilité exagérée que de forts courants avaient développée antérieurement. J'obtins ainsi la guérison de l'ouvrier Krotofel (n"" 607) et de l'ouvrier Rasch, sans avoir besoin d'un courant induit; dans ces deux cas, il se pro-

DU COOBANT G0II8TA1IT. aSl

daisit pendant le traitement ilea intermittences de pis et de mieux ; mais la guérison toutefois se maintint.

Le courant constant laisse de beaucoup en arrièrq l'application jrépétée des yésicatoires qui, comme chacun le sait, compte de si nombreux succès. Un des exemples les plus évidents est le suivant :

Le 8 octobre 1857, le docteur Prietsch m'adressa David Schultze(n'580).

Se trouvant en Russie, au commencement de Tannée de 1857, il y fut pris d'une attaque de sdatique. Depuis cette époque, il a successivement passé des, mois entiers dans les hôpitaux de Varsovie et de Posen, où il fut soumis à différents traitements, qui restèrent tous sans résultats. Finalement entré a Thôpital de Berlin, on lui appliqua, sans en avoir obtenu le moindre effet, une série de vésicatoires de 8 pouces carrés sur la région fessière et le mollet. Impossibilité absolue de tout travail; les douleurs sont continues ; elles augmentent d'intensité dans les simples accès de toux , et dès que le malade cherche à soulever le moindre fardeau. En treize séances (du 8 au 25 octobre), je fis disparaître cet état si grave ; et le malade reprend son travail parfaitement guéri. Dans Yèxeat d'un hôpital, par où le malade avait passé, et dans lequel plusieurs moyens héroïques avaient échoué, se trouvaient consignés, sous forme de note, de la part du médecin traitant, les doutes les plus formels sur l'existence réelle des douleurs qu'il accusait. C'est là le fait de bien des praticiens de croire à la simulation, de la part de certains malades, quand les phénomènes pathologiques qu'ils éprouvent ne se traduisent que comme phénomènes subjectifs: l'emploi énergique du courant galvanique éloignerait tous les doutes dans des cas semblables.

En résumant.donc un grand nombre de mes observations, je puis affirmer que le courant constant guérit la sciatique

382 KFPBtft CATALYTIQIIB8

plus rapidement que le cour^ induit (notamment le courant électro-magnétique).

11 faudra donc débuter de suite dans le traitement d'une

Clique par le courant coifstaniçet s'il arrive que 1^ douleurs .réçidivenl^ ce qui semblerait indiquer que Texcitabilité est augmentée, ou qu'il existait une dilatalioB jdes vaisseaux languins, on devra passer au courant indittt, ou bien encore à Tapplication de courants constants très-faibks.

11 n'y a rien d'étonnant que la sciatique hémorrhoîdale résiste à, l?âc|ion dut) courant électrique; dans une sciatique syphilitique où Ia:4y6cra8ie me parut être guérie, je me Tis forcé de suspandfie; a(^rès quelques séances, tout traitement, parce qu'E existait encore à la tubérosité de l'ischion une tIolente jdouleurJ ' :' » ;<

J'ai observé plus tard que l'ap|ilication locale peut, dans le traitement (des névralgiea et paralysies syphilitiques, même en présence de périostiiies^:soulager eti accéléra l'effet de la médication interne, qui de son côté augmente notablement l'excitabilité deS; Derfs ût des loiiscles. (Ayril i 860.)

Chez eeirtainsouyriers.qiii^ commodes blanchisseurs, les tanneurs, èijC., etc.; expdseni journellement à des alteroatilB de froid et de chaud lés mains et les aTant^braâ, on observe très- fréquemment desnévralgies rhumatismales des nerfs des bras. Le si^e du mal se ^ trouve être presque toujours dans les branches nerveuses de Tavant^bras.^ Doi sei»blables affections névralgiques se soulagent en fort peu de temps. Le cas snivanlest un exemple •trè8^iûtéfes8ant!(l) 2

Emma Swéw*. K562),àgéede 21 ans^ fut, à la Noël 1855,

(1) rai,Ql)S^|rvé Jd,i guéri depuis des névralgies b^aucpup plii^ importantes, qui provenaient d*une névrite brachiale^ Cette maladie d'après mes recherches peut aussi devenir la cause de paralysies et d^atroptises progressives, même d'attaques ëpiteptiformes dèâ qu'elle se combine ayec une myéUêe C9r9icale partielie^<(Âvril 1840.)

DD COUUKT CODRim. 383

[Hiee (Tune attaque de paeDmOaie. Cette aQectIoD fat traitée par des fomeDtalioQB froides sur le cou et la poitrine. A la suite de cette maladie jusqu'en juillet 1856, Emma S.... fut jooniellenieDt toonpoentée des beuFea entières par des aceèk d'oppiieitloii et de' spasmes g^raux siégeant dans toat le corps, arec perte de la voix (sans syncope].' A partir de cette époque, les crises devinrent plus rares, et, vers Pâques 185T| disparurent complètement. Il* existe maintenant une faible oppression accompagnée d'ime toux sècbe ; des douleuts et de la sécheresse dans le larynx ; tremblements nerveux du bras droit ; tendance k des palpitations ; manqae d'appétit et langue trÈs-chargée. La régitm du 'Obn, notamment danstt fosse Bus-steraaie, est très- sensible au toocber etïu froid ;& droite la moindre pression sur le pl^us brachial tots te trigoae cervical est très-douloureuse. Tous les nerfs du cou pr^ sentent une sensibilité exagérée sous l'influence du «turant; aussi suis-je forcé de n'employer que déléments de Danidl, J'arrive successivement, pendant la durée de dnq sémces (du 26 an 30 juiUet 1857), i porter les éléments à 15 et à diriger des courants atabiles dans tons- les nerfs du cou sur le plexus du brachial droit ; et, petit à petit; à diminuer cette sensibilité nerveuse si augmentée. Le 3 novembre suivant, la malade, en venant me visiter et me remenùer, n'avait plus éprouvé aucun symptAme fècbeux depuis la dernière séance ; les accès nerveux ayant complètement dispara , il n'existe actuellement qu'un manque d'appétit et un état saburral^ premières voies. Je lui prescrivis quelques nwjeiu internes, et la congédiai dans d'excellentes conditions.

2. Les névralgies de la tète sont sobsi des affections très> fréquentes, surtout si l'on y rapporte certaines céphalalgies diffuses qui, dans la plupart des cas, sont d'origine rhuma> tismale ou goutteuse. SrIoo toutes les lippareaces, elles ont leur siège dans le péricràne, la dur0:ai|U||||^^ jusque

384 ' BPFJSTS GATALTTIQDES

daos l'encéphale. Dans beaucoup de cas, il suffira de faire passer avec une certaine prudence^ pendantxlii minutes, à travers les tempes et let front, un faible courant induit, au moyen de larges réophores, pour soulager imméâiaftement les malades, en ce que ce courant diminue IVxflHftMHt^ de l'encéphale. Cependant, dans les cas où semblent prédominer un état de stase ou des exsudats, on obtient des résultats plus prompts et plus durables, en faisant passer ^ travers les tissus un courant constant stabile à peine sensible de 8 à 10 éléments , pendant cinq à. dix minutes. En enlevant les réophores, il se^t^roduit g^éralement dans la tête un sentiment d'oscillation jou du yerUge, mais qui, au bout de quelques secondes, disparaît j[p^J 35). Dès que les applications du courant constant' produisent, comme efiTet consécutif, l'insomnie au lieu d'un sommeil prolongé, on peut recourir à l'usage des pouranto induits. Il est généralement impossible de déterminer d'avance quelle sera rune ou l'autre des deux espèces èê courants qu'il faudra employer dans les affections dont nous parlons, ou bien encore s'il y a lieu de les combiner. J'aurai occasion de revenir sur ce sujet en traitant des maladies des organes centraux. En somme il faudra, en présence d'un grand nombre de circonstances, considérer l'influence qu'exerce sur l'encéphale l'état des organes digestifs, notamment le foie, quand même on ne rencontrerait pas des signes, d'altérations anatomiques de ces mêmes organes (1). J'ai fait depuis ce temps des observations très-curieuses sur les différentes espèces de névralgies céphaliques, notamment la migraine (bémicrânie). Je me bornerai à dire ici, qu'aussi bien le nerf sympathique cervical que le nerf occipital, le ne rr grand auriculaire, aussi bien que les différentes branches du nerf trijumeau, peuvent être les points de départ de ces souf-

(i) Comparez Frerich's ^T^întik 4ef Uberkrankheiten, S. 340.

DU COUBANT CONSTANT. 385

frances périodiques. Dans beaucoup de ces cas le courant constant compte de nombreux succès. Avril, 1860.

3. Dans les névralgies de laface^ il faut également se garder de toujours chercher le siège de Taffection dans le trajet nerveux où se montre la douleur. Voici un exemple d'une telle névralgie irradiée ou fausse^ si je puis m'exprimer ainsi :

Le 13 mai 1858^ mon très-bonoré ami M. de Graefe m'envoya une dame, âgée de 40 ans (n^ 720), qui, 4cpuis dix-huit mois, est affectée d'une violente douleur dans Tceil gauche. Cette malade croit avoir observé qu'à la sqite d'un état calarrhal de cet œil, il y a environ cinq ans, elle éprouva une douleur qu'elle compare à un sentiment de pesanteur. Au mois de janvier 1857, elle fut prise d'un très-violent accès de céphalalgie dans toute la moitié gauche du front et de l'occiput ; cet état fut combattu par une application de sangsues et des fomentations d'eau froide. Â la suite de ce traitement il se développa une douleur qui occupait l'œil gauche^ la face gauche, enfin toute la partie gauche du corps. Une saison thermale de deux mois à Tœplitz, n'eut aucune heureuse influence sur la douleur. La malade souffre le plus de son œil, la douleur parait quelquefois se fixer sur le trajet du nerf sus-orbitaire, quelquefois aussi sur le sous-orbitaire. La pression sur l'œil ne l'augmente pas, les exacerbations ont principalement lieu à l'époque des règles. Depuis des années , les urines sont rouges , et fornrent des sédiments couleur brique ; teint un peu jaunâtre. — Quoique en général, en présence de cette affection, je pensasse à une affection goutteuse, il me fut bien difficile de trouver le point de départ de la douleur. Jusqu'au 4 juin dix séances furent employées sans succès. Je remarquai alors par hasard que des courants labiles inconstants de 10 éléments de Daniell appliqués avec des boutons d'un quart de pouce «ur la paupière inférieure, le courant ajant Qife <

REMAK

3%i BPFEn CATALTTIQUES

avaient la propriété de faire excréter des glandes de Meïbomius UDe sécrétion blanche, en tout semblable à celle que Jûngken a observée et décrite dans laconjoncUvite arthritique. Ni la paupière stipérienrc du même côté, ni les deux paupiÈrcs du côté droit, ne présentèrent ce même phénomène, quoiqu'on ne ])ùt observer aucune difîérence soit à l'œil nu, soit à ta loupe, entre les glandes de Meïbomius des detin côtés. Celte sécrétion observée au tnicroscope consistait en globules graisseux d'un volume très-divers ; et, à mesure que l'évacuation s'en effectuait, les douleurs en huit jours disparurent. Je continuai toutefois le traitement jusqu'au I" juillet,

•è'Ml^-dtre pencMit tout le tempe que cette sécrétion anormale s'opérait encàte. Une Mule fois j^observai une sécrétioD ATÀlogue au point lacrymal inférieur. Au bout de vingt'Cinq iéMicM(éoàt dit avaient été infructueuses et quinze efficaaés)v la' ontade s'est trouvée délivrée de ses infirmités. A

• I^aeteBrt'Kpriaés, je- me' ^uis. assuré de ce qoe le courant

"induit' d'aTJnt pas la propriété de développer cette sécrétion M glandes de Me!bomiUa.

'' 4'. Lefe ffiàbes oculaires sont sujets aussi à des névralgies.

'M. le docteui* Rosenfdd [n' 670] se fit il y a trois ans, pour ail abcès de la cornée, des fomentations froides sur l'ceil gaocbe. Depuis cette époque, il éprouvait, que le temps fût bbfiu oumenvais, une pression et des douleurs dans les deux globes oculaires ; cet état fut passagèrement amélioré par des trictions stibiéeS pratiquées sur ta buqae. En dix-sept séances (du 21 mars au 29 avril), je fis disparaître cette affection. —

■Le 2T avril 1858; M^ de Graefe m'adressa le cordonnier Rosenbrudt, de LBngf&hren dans l'Oldenbourg (n" 703). Depuis sept à huit ans^ cet homme est aflbcté de douleurs dans les delix paupiëres de l'œil droit, surtout dans la paupière supérieure. Ces dobleurs s'accpmpagnent d'un clignotement contibuel de la paupière, lei}tiel se transmet jusqu'à la com-

DU COURATrr CONSTANT. 387

nissure de la bouche. Il éprouve aussi une chaleur cuisante 3t la sensation d^un corps étranger dans l'œil ; la douleur est A vive que le malade contracte toujours spasmodiquement les paupières; quand il veut voir de Fœil droit un objet éloigné, il ouche en dedans et yoit double. Au bout de trois séances, le .'Ugnotement spasmodique diminue, et, après dix séances, le naïade quitte Berlin se considérantcomme parfaitement guéri. Ve pouvant pas trop le retenir, je ne pus entrer dans une 6xpéimentation assez détaillée pour m'assurer par des expériences lu véritable siège du mal, qu'on pourrait rapporter à la glande acrymale, ou bien aussi à un état de stase dans les lobes an- Prieurs de Tencéphale, comme les douleurs, qui s'élenlaient jusque dans la profondeur de la tète, senlblaient Finiiquer.

5. Le nerf grand auriculaire et le gang lion spinal du leuxième nerf cervical sont aussi très-souvent le siège de doueurs névralgiques. Les douleurs sont remarquables en ce {u'elles s'étendent jusque sur la tête et peuvent ainsi revêtir ous les symptômes de la migraine (1).

(1) Parmi les malades que j'ai traités à Paris^ du 26 au 30 sep- ;embre 1856, se trouvait Ballhazar Petitjean, garçon de bureau a la Monnaie. Depuis dix mois il souffrait d'une névralgie du grand nerf luriculaire gauche ; les douleurs étaient plus vives la nuit que le our ; elles s'irradiaient, du cou à la tête et au visage, jusque sur la ligne nédiane; de même aussi jusqu'à l'épaule, dont elles empêchaient le nouvement. La pression s^r le nerf cervical est douloureuse. (Le maade se plaint de ce qu'il occupe une chambre humide.) La première iéance^ 27 septembre, fait disparaître les douleurs qui existaient à la êtc^ et la seconde toutes celles qui siégeaient à l'épaule. — Autant ]ue mes courtes notes le constatent, ce malade n'est pas le seul qui iit profité de mon séjour de quatre jours à Paris. Je délivrai Tourner Schwarz, de Strasbourg, de douleurs rhumatismales de l'épaule et du dos^ compliquées de contractures ; Touvrier Balissier 16, rue Navarin) de douleurs scialiques; Villemez (205, faubourg ^aint-Martin) de douleurs dans la poitrine et les cuisses; J. B. L. Gobert (25, rue Beauveau) de contracture des muscles de la cuisse.

388 EFFETS GATALTTIQUE8

Je me souviensencore d^avoir guéri un menuisier d^accès douloureux de la tête avec nausées , en faisant passer plusieurs^ courants par le grand auriculaire. Ce résultat me fit supposer que la migraine commune pourrait bien être une névralgie des nerfs d'Arnold, qui, du ganglion de Gasser, vont à la dure-mère.

Un autre cas dans lequel des symptômes analogues se présentèrent» me montra que le siège du mal pouvait provenir d'une névralgie de nerfs cervicaux plus profondément situés encore. Louis Schonersledt (n"" 661), âgé de 28 ans, éprouvait, étant soldat et portant le sac, des douleurs dans la nuque et dans le dos. Depuis deux ans, les accès de céphalalgie débutent toujours par de violentes douleurs de la nuque ; de là elles gagnent Y occiput et les angles externes des yeux, et se compliquent alors de dyspnée et de nausées. Les accès sont journaliers ; rarement ils laissent le malade huit, jours tranquille. Les variations atmosphériques sont sans influence sur la marche des accès. Point d*appétil; douleurs gastriques; langue chargée. Une pression sur' les apophyses épineuses du cou et du dos est douloureuse. En tournant le cou, ou quand il soulève les épaules, le malade éprouve de la douleur, et entend un craquement dans cette région ; les muscles de la nuque sont lâches et atrophiés. J'emploie immédiatement pendant trois minutes, sur le dos et la nuque, de forts courants labiles de 20 à 25 éléments de Daniell, afin de tonifier ces muscles, et de faire dissoudre la stase qui s'est formée, soit dans les ganglions spinaux, soit dans les méninges.

et qui depuis trois ans existent comme la conséquence de gonflements des bourses synoviales du genou gauche. Ce dernier cas était très-intéressant; le malade cessa immédiatement de boiter, quoique la tuméfaction pe sistât encore; mais selon son dire elle ne Tincommodait pluSé

DU CODRAirr GONSTAIIT. 38^

Après la séance^ il se trooTa immédiatement plus mal, le endemain bien mieux. •

Un traitement analogue, mais plus énergique : 30 éléments le Daniell, pendant cinq minutes. Jusqu'au 21 mars» il n'y ïut plus d^accès. Le mouyement déroti^tion du cou se feit sans louleurs et sans craquement ; les muscles sont plus gonflés* Héme traitement. — 28 mars. Dans le courant de cette se^ naine (le 23 mars), il n'y eut qu*un accès de douleurs, mais lans dyspnée et sans malaise. Même traiten^ent. -^ 18 avril. ucs douleurs dans la nuque sont rares et peu fortes ; mais le naïade éprouve des douleurs d'estomac, accompagnées de nanque d'appétit. Même traitement. Le malade promet de evenir à la consultation, dès que les accès reparaîtront.

6. Dans la plupart des névralgies du cou et du tronc, il me mrait en général important de veiller aux ganglions spnaux.

Stachs, laboureur (n' 615), âgé de trente-sept ans, se (daint le douleurs de l'estomac, le 17 janvier 1858; Il y a deurans^ 1 fut pris, après un refroidissement, d'une diarrhée qui fut ^crie par l'emploi des opiacés, mais qui récidive très^fréjuemment. Depuis ce temps, il est sujet a des accès de dou-» eurs qui partent d'entre les épaules (de la quatrième et cin- ]uième vertèbre), s'irradiant à gauche vers le mamelon et le 3reux de l'estomac, et qui apparaissent journellement vers midi, dès que le corps se refroidit, et à l'occasion des moindres sfforts. Les accès un peu plus forts se compliquent de nudaises 3t de nausées.

Parfois les douleurs passent dans l'abdomen, et dors la région du thorax est libre.

Le' malade a essayé de tout, même de l'horncBopathie : des émissions sanguines et des applications <te vrisicateires »ont restées sans résultat. Stachs se présenta alcnr» à la consultation. Le traitement est dirigé prineipateineii^ les ganglions spinaux des narb Bit«m|tili|l «n

390 IFFBTS CATALTTIQUBS

dants (20 à 30 éléments de Daniell, courants inconstants).

Dès la deuxième séance^.le malade se trouva considérablement soulagé, en ce que les douleurs étaient plus rares et moins fortes^ et qu'elles avaient lieu sans malaise. Après la cinquième séance (le 21 mars), il m'annonça que les douleurs n'apparaissaient plus que tous les deux t)u trois jours, mais qu'en général elles étaient moins fortes, et n*occasionnaient plus aucun malaise, et elles lui permettent aujourd'hui de se livrer à ses occupations. Douze séances, jusqu'à la fin de mai, suffirent pour faire disparaître tous les symptômes morbides, (Jen'ai pas employé, dans ce cas, les courants induits.)

J'ai traité par les courants constants une névralgie intercostale, remarquable par la violence de ses accès. Ce cas s'est présenté chez le jardinier Kulhmann, trente ans (n"* 516), le 30 et le 31 m^ 1857.

Depuis quatre ans, il souffrait de douleurs dans la région des dernières fausses côtes gauches, douleurs qui se reprodui- «aient, même en été, par accès à chaque variation de température. Il est rare que Taccès ait une durée de plusieurs jours dans le cours^ d'une année, et qu'il se produisit quelques forts accès ; les accès plus courts sont plus fréquents, et le malade .n*est guère un jour sans souffrir.

Les accès se développent sans frissons, chaleurs, ou de la transpiration, et sans altération visible des urines ; mais la unit ils troublent le sommeil du malade. Un tel accès violent persiste depuis hier, 29 mai, et le malade désespéré vient me trouver à une heure avancée de la soirée, pour chercher du secours. J'applique immédiatement quelques courants douloureux de 40 éléments de Daniell , en direction descendante, d'un quart à une demi-minute de durée (durée totale du traitement, trois à quatre minutes), le long des nerfs intéressés, à partir de la colonne vertébrâle4 jusqu'à la ligne blanche ; ce qui procure au malade un soulagement immé-

diat, Le sommeil est ineiUeurr^^^ répète 1a méiot ii»it^^ le 3 1 mai. Toutes les dodeurs disp^uraisseot, mé»m^)QiaMIiie l» malade se baisse ou marcl^Q». Qiûiize jomra .^pràsit )# 44 jniOv • le malade yint mé Toir pour m'amioneer gn^.lOfl^préle niaib T^is temps, les douleurs u^wt pa^si^l^^^i IDjbôa, (ft'î^^ épropYé quelques légères sei|satipiuk aporm^i^dan^ jea pmalAi antérieurement affectés. Hémefitnûit^'DQeiV SjxjWMfdw tar^ le i3 novembre 1857, le malade^ m^jmmvh fKt\ éarît^iWi ajoutant qu*à la vérité il n'était pas afaaolupeqt libr^de iontai douleur, mais qu41 ne souffrait plus des iKxs&MÎ violenta, j (.

Le IQ février 1858, la mèrp de ce»;a)aladei(a'^.604)in^OQû^( firme la guérison de son fils ; elle-même souffre d'une ai^thijîta rhumatismale. Celte observation ren4 ;V|wseipWAble que, dans les névralgies péfiodiques, la traitement e^trepri^eH' plein paroxysme est eelui qui promet J^ plmi d^ succès.' .^ u. ,

7. La gueue de chevcU {couda egum^). f^^i aiiç^i d^^win. le siège de névralgies rbumatisinales^>aa|a^qiiiauj|afiibs^Q99) de la moelle soit intéressée. Pe^mA lesiD|ida4es.gua|'aie|i4)^i casion d'observer el de traiter pour de^ ,^49^^^1^ ^V^ ^: et des ik troubles AémofràioïdauXxT^ jlm aii^yentfjfijfmi,} lors d'un examen plus attmtif, se trou?qi|^ %e affeptéadO] névralgies. ^ , ,. . /. .,<'!' - '*•

Un des exemples les plus évidents,, que j!iu rei|ÇQfDiitré& dlfis ce genre, fut le cas de Henri-JcisepI^ JPerronei à Paris^(9Vi^;

quante-huit ans), cordonnier, rue.ijte )a Graniet'I*>W<M#?i rie, 33 1 qui est affecté depuis quatre miràs d'atrofiies. dqi^irfi;

dans les reins, suivant le trajet des nerfs.; Sa marf;l^jf|(itqy%t> blante, et le force à tenir la position courbée ; ^.fiiaqm) |«du(^ pas, tout le corps est agité.. On remaiqiia.$u.Hiçi:i|ng^^:^PAPe^ d'un ancien vésicatoire qui avait été. rentref(^(Pf)pd§pi|,4s4< années. Cette cicatrice mesure 6 poucea en hauteur, et 12 pouces en iargélirlf'' ^ .^^^ s ^ ^^^^mr .^a

Trois séances, avec emploi da. ï\Siï

/kffill I k.%t«b>4'

391 EPFBT8 CATALTTIQimS

côorant stàbite descendant suivant le trajet des nerfs, procurent à Perronet le plus grand soulagement ; et le malheureux fondit en lal'mes en apprenant mon départ, qui interrompait ainsi tout traitement.

8rf Je mentionnerai ici aussi la donledr spinale, qui augmente par la pression, et qui, il y a Vingt ans, jouait dans la littérature médicale un grand rôle, comme étant un des élément de rirritation spinale et de la fièvre intermittente (1). Il n*y aurait pas lieu d'attribuer plus dMmportance à cette douleur qu'à toute autre provenant d'une périostile, si elle n*était pas ordinairement compliquée d'accidents a nerve^xVi»

Un monsieur menant joyeuse vie (n"* 370), âgé de trentedéniaos, vint me consulter, le 6 janvier 1857, pour une douleur si^eant vers la neuvième et la dixième vertèbre dorsales, douletii^ dont il avait été atteint quatre ans auparavant, après des excitations sexuelles. Les douleurs reviennent depuis longtemps, sans que les changements de température ou les excès de boisson les produisent; mais elles apparaissent infailliblemèHt après chaque coït, et persistent des jours entieris : une pression sur les vertèbres, surtout en la faisant sur les deux côtés des apophyses épineuses, la développe aussi.

Des éinissions sanguines, des bains chauds et froids n'eurent aucun résultat. Du 6 janvier au 13 février 1857, des courants circulaires stabiles, de 15 à 25 éléments de Daniell, appliqués pendant deux à quatre minutes, améliorèrent Fétat dir malade à un tel point, que le traitement put être suspendu peUdant quatre semaines. Le 16 mars, le malade revint avec un accès de douleujrs dont il venait d'être atteint après un coït ; il fut de nouveau soumis à cinq séances, jusqu'au 26 mars,

(1) Comp. Stilling*s Phys. path. u. med. UnUrstich. Uber die Spinal^ irritation. Leipzig, 1840. — Romberg's Lehrbuch der Nervenkrank- ^eiien. Berlin, 1810, p. 155.

DO COdBAlfT GOIfSTAlfT. 393

aTec une amélioration progressive. Le 20 juillet 1858, après un espace de temps de dix-huit mois, le malade Tint m'annoncer que, depuis le traitement galvanique, il éprouvait parfois encore des sensations désagréables, mais qu'il pouvait se livrer au coït sans être attaqué par sa douleur ordinaire.

Le 9 janvier 1857, M. le docteur Westpbal m'envoya une jeune dame âgée de dix-sept ans (n"" 372), bien menstruée, qui avait été prise, il y a environ' dix-hqit mois (après une chloroanémie), dans Tespace de q^aelques semaines, de douleurs dans toute la région dorsale, qui depuis peu augmentent et reviennent par accès, durant de quinze à trente minutes. La malade ne peut, pendant ces accès, se coucher sur le côté ; elle se sent calmée lorsqu'elle comprime fortement son dos contre un appui. Les douleurs s'étendent presque toujours jusqu'au sternum, se compliquent d'une dyspnée, qui se produit aussi en montant les escaliers. En établissant Textension du dos, la malade éprouve une raideur dans la première vertèbre dorsale ; de là cette rigidité s'étend jusqu'aux vertèbres lombaires. Le port de la malade est voûté : dès qu'elle soulève les bras, la dyspnée reparait. Huit séances, du 9 au 17 janvier^ pro* duisent une amélioration évidente. Elle dut suspendre le traitement, pour des raisons de famille. J*ai appris depuis qu'à partir de cette époque, elle n'avait plus souffert.

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