DU TRAITEMENT DU TABES D0RSAL18. 4S
Le traitement des muscles présenta des difficultés toutes particulières^ parce que la rigidité musculaire^ proyenant de Télectrisation^ avait acquis un trèsrbaut degré.
Par rapport à cet effet du courant induit^ M. Remak renvoya à son travail inséré dans la Deutsche Klinik, en 1858^ n»8.
Le deuxième cas est un tonnelier ftgé de 35 ans, malade du docteur Neithaad, qui fut pris, en avril 1857, d'une paralysie complète de la vessie, et, au mois de juillet 1857, d'une paralysie incomplète des deux extrémités inférieures. Ce malade afBnne que pendant son séjour de sept semaines à lliôpital, son état s'est essentiellement aggravé depuis qu'on lui a appliqué des ven* touses sur le dos. Plus tard il fut électrisé, pendant six semaines, par le même médecin qui électrisait le malade précédent, avec * une telle aggravation de son état qu'on fut obligé de suspendre le traitement. Ayant appris que le premier malade allait mieux entre les mains de M. Remak, le docteur Neithaad envoya ce deuxième malade le 22 février. Quoique la marche fût rendue très-difficile par la rigidité musculaire, elle ne présenta pas tout à fait le caractère qui lui est si particulier dans le tabe$. L'inégalité des pupilles et l'oscillation, pendant qu'il tenait les yeux fermés, ne permettaient pas de douter sur le caractère central de la paralysie. Déjà , après quelques séances dirigées sur la moelle , il se produisit une amélioration évidente et progressive dans la marche, et principalement dans la paralysie vésicale, qui, à l'heure qu'il est, ne se montre pas la nuit, quoique le jet de l'urine ne présente pas encore son volume normal (1). H. Remak résume le résultat de ses observations sur le tahes doraUii, 3 décrit la forme, qui a peu ou point de prodromes inflammatoires, et celle provenant, d'après Rokitansky, d'une véritable myélite centrale. L'emploi , dès le début, du courant constant sur la moelle, sur les nerfs et sur les muscles affectés secondairement, est un moyen qui, plus que tous les autres moyens connus, peut soulager, ou guérir cette maladie. H. Remak n'ose décider si l'atrophie de la moelle est toujours, comme le croit
(1) Le jet de Furine augmente journellement de volume et de force; l'urine est normale (avril 1858). Depuis ce temps, le malade a recommencé à travailler (juin 1858). Aujourd'hui les deux malades mentionnés plus haut sont tout à fait rétablis. (Mai 1860. R.)
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Rokilansky, consécutive à une myélite, ou si elle n'est pas une maladie primitive ; et si, dans ce dernier cas, elle résiste, dès son premier début, à toutes les médications.
Pendant l'impression de ce livre, je remarque qu'un auteur se donne la peine [i] de rendre suspectes mes premières communications sur les efTets curalifs du courant constant. Je réimprimerai, pour comploter ce travail j mon premier mémoire (i), qui est la cause principale de ces attaques, et j'ajouterai, ce qui sera prouvé ultérieurement dans ce livre, que ces conuttunicatioDs ne contenaient aucune inexactitude.
llBkrRTB, CBU^mHTGOTtHAHT eiITimOUE COffSTAIlT DAHS US ■ikàTitCrÛ^, UE9 PUULTJffiS BT IE9 ATB0PHIE9 ISS WSaBHES.
Mon travail sur la résolution des contractures paralytiques, au moyen de courants galvaniques constants (3), avait à peine élé envoyé à l'imprimerie, que je fls, le 13 juillet, en traitant h femme Maria Ziege (4), affectée d'hémiplégie avec contractures, une observation qui donna une nouvelle direction à mes essais. J'observai chez elle qu'apr&s avoir fait passer le courant par la partie antéricuni du miisclr; de l'épaule (delloide). la malade avait, non-seulement de l'empire volontaire sur ce muscle, mais que lorsqu'elle s'en servait, les extenseurs de la main, compléteilient soustraits à la volonté, se contractaient involontairement et fortement. Cet effet ne parut explicable que par une exdtation âmultanée des nerfs seositifs et des organes centraux. Le hasard me força d'accepter l'emploi thérapeutique méthodique des mouvements galvano-toniques et des alternatives centrales {Deutsche Xtinik, n* 25) que j'avais découvert sur moi-mâme. Ud comprendra que cette observation me rendit désireux d'examiner, dans beaucoup de cas, jusqu'à quel point elle pouvait s'étendre. Quolqu'e H.' Romberg et quelques autres médiecias eussent l'o-
(1) DevUdu Ktinik, 1857, a' 47.
(2) DfulKhe Klinik, 1850, n* 35.
(3J Id., 18S6.n°3S.
(4) Id., 1858, n* 28. .
CONTRACT., PARALTSIBS R ATROPHIES DES MEMRRES. 461
bligean<5e de m'adresser dès malades^ cela ne suffisait pas poof arriver au bot que je m'étais proposé. ' '
Je fis alors dans les journaux de Berlin un appel aux malades. Des malades qui depuis de longues années avaient été déclarés incurables ef n'avaient plus rien fait pour se guérir^ vinrent à moi avec une foi sans égale. Je pus, de cette manière^ dans l'espace de six semaines, examiner à peu près quatre cents individnb malades, affectés des maladies les plus rares, et je pus employée sur près de deux cents le courant constant. Un tiers à peu près'(l) (contractures et paralyses môme d'origine dsntrâle) fnreikt guéris ; un tiers est encore en traitement, et pour la pIupâtH eh voie d'amélioration, et chez un tiers le traitement fut suspendu pour différentes raisons, souvent pour manque de tcAmps. Je lie poh mieux désigner les maladies dans lesquelles le isdiirant i^sl montré utile, qu'en réimprimant l'article que j'ai pûbEé dana II Gazette de Spener, le 19 de ce mois :
BSRUN.
a II est vrai, comme on Va, dit il y a peu de temps^ 4^08, MQ a journal , que j'ai l'intention de donner bientôt qoelquesi a explications sur l'emploi méthodique^ institué par tnoij, ,du ff courant galvanique constant, à l'effet de traiter les paralysies « et d'autres maladies des nerfs et des muscles. La conclusion « de ce travail a cependant été retardée^ par la raison que le a courant étendait journellement le domaine de son efficacité, « et que, par conséquent, les matériaux s'accumulaient de plus « en plus. On sait que le premier fait acquis à la science était « la résolution de contractures paralytiques. Aujourd'hui , it a résolution de contractures rhumatismales et goutteimes et la « guérison de douleurs rhumatismales, parfaitement bien constar^ a tées, rentrent dans la série des succès journaliers. On s'est déjà a occupé de résoudre les contractures des muscles de la poitrine a et du dos, comme moyen de dilater le thorax et d'égaliser les (( difformations de la colonne vertébrale. La résolution des eon* a tractures consécutives à des affections articulaires est également
(1) Ces données s'expliquent, si Ton considère qu'il vint alors à moi une foule de parèses et de contractures rhumatismales invétérées, et j'ai déjà montré plus haut que le courant constant peut les améliorer très-rapidement.
461 APPE^mCE.
■ très-salutaire, en ce qu'elle augmente ordinairemeot reoifùra
■ du malade sur le membre souffrant. Même dans un cas de dis- H torsion Ae& muscles de l'épaule i la suite d'une chute sur le a coude, le courant a rétabli dans l'espace d'une minute l'usage a du bras troublé depuis plusieurs jours , et a assuré par ceUe a action, comme je l'espère, à la batterie galvanique, une place o dans lescliiiiqurscbirurgicalrs(l). Le courant constant a déjà « montré sur des adultes et des enfants, qu'il était capable de a faciliter au malade l'empire sur les muscles et la langue dans a les paralysies apoplectiques. Il parait même qu'il peut braver a avec succès l'alropbie musculaire progressive si terrible, puisa qu'il a pu rendre fi son travail , en peu de jours, un individu • affecté de cette maladie.
c Dbdb cm dernien temps , les effets du courant sont arrivét c & un degré ineEpéré. Il est prouvé qu'il fait cesser, en pen « de temps, des donleors aémilgiques qui ont persisté de-
■ puis des années; qu'il peut fortifier les extrémités inférieures « et rendre la marche s&re dans les paralysies de la moelle (le a foiei donalii) et que, ce que je regarde comme son pins grand « bienfait, il peut vaincre la paralysie de la vessie qui accoma*^ pagne ces maladies. Je ne tarderai pas k continuer mes expé- < riences.
n D' ROBSRT RbHAI.
a 17 août 1856. b
Je n'ai à communiquer de nouvelles observations que sur les atrophies et les paralysies de la moelle. Par une longue série d'observations, j'ai mis hors de doute que le courant constant est capable de rendre à un muscle amaigri son volume normal parfois dans l'espace d'une minute (S).
Ce résultat a lieu dans les maladies les plus diverses. Parmi
(1) Ce cas n'est plus isolé. Le courant m'a donné récemment un rélultat tout aussi rapide dans une suLluialion de l'articulation humérale, comme je l'ai décrit plus haut.
(2) i' observe expressément que cet ^palssissement rapide des musdesest en elTet perdstatit dèsquc lemuscleestimmiidiatement rendu à la volonté, et que le muscle peut revenir à son action normale ; ce qui n'est pas rare, notamment dans les parèses et les contractures secondaires consécutives à des rhumatismes articulaires.
COirrRAGT.y PARALYSIES ET ATROPHIES DES MEMBRES. 463
les paralysies de la moelle^ celles qui proviennent d'apoplexie présentent en général plus de difficultés que celles qu'on désigne sous le nom de tabès dorscdis. De quatorze malades de ce genre que je traite, tous ont éprouvé une certaine amélioration. Chez quelques-uns d'entre eux, Tamélioration progresse avec une rapidité étonnante , et même ceux qui sont affectés depuis des années, ont retiré une grande utilité de ce traitement.
J'ai réussi cinq fois à enlever la paralysie de la vessie et du rectum; une fois je n'ai pas réussi dans un cas de tabès. Dans un cas de diplopie et de conjonctivite du côté droti , datant de dix-huit mois, la guériaon se produisit dans le premier jour du traitement (i)!
Quant aux spasmes, je ferai ressortir que j'ai réussi dans la chorée locale et générale, à enrayer les mouvements (dans un cas même, dans l'espace de trente-cinq secondes). On ne peut pas encore porter un jugement définitif, si la guérison peut être complète. Il en est de même de la paralysis agitons; dans la plupart des cas, les succès et lesrésultats obtenus jusqu'ici n'ont été que passagers. Dans un seul cas , le résultat est progressif. J'avouerai cependant que jusqu'ici je n'ai pas eu assez de temps pour pouvoir soigner ces malades d'une manière convenable. Lorsque le tremblement des membres est moins fort, le résultat
(1) Cette observation est des plus remarquables. Pendant que je dirigeai des courants douloureux de 40 éléments par les troncs nerveux du bras droit, j'ai vu se contracter subitement sous mes yeux, évidemment par action réflexe, les vaisseaux dilatés de Tceil droit et la rougeur de la conjonctive disparaître pour jamais. Le même jour la diploplie cédait aussi par l'action du muscle droit externe (abducteur) paralyse, (liai 1860. R.)
Ces données portent un peu le cachet de l'exagération, et cependant elles ne disent que ce qui est vrai. Chez tous les malades, le courant eut un effet favorable. Je ne veux pas nier que dans les cas où j'observai un résultat momentané favorable, j'espérai qu'il ne ferait pas défaut à mes travaux ultérieurs; ce qui malheureusement ne s'est pas confirmé dans tous les cas. Je ne cacherai cependant pas que j'employai alors dans le tabès des courants si forts et si douloureuœ tels que je ne les ai plus employés depuis, parce que ces applications menaçaient de donner au courant constant la réputation de ne pouvoir pas être supporté.
464 M^SHMCK.
est indécis, car te traitement lui-méiue n'est pas encore bien assis.
Et cependant, nous pouvons dire que tous les effets curalib ' si miraculeux, notamment lorsqu 'ils se rapportent aus muscles, ne peuvent âtre obtenus que par une action méthodique sur les organes centraux du système nerveux (1).
(I) l'observerai expressément que l'action méthodique sa les organes centraux dont je parle ici, ne se rapporte alors qu'i cas applications du courant sur les nerfs, où, d'aprùs mon opinioa (^e j'ai développée dans mon mémoire français),il devait y atoir un transport de l'action sur les organes centraux. Le trailcment des argaoes cenlraui eiu-mê mes (encéphale, moelle) a été ajoute plus tard. tCompareï plus haut te travail dans la Allgem. Mtd. Zeitg., 1858, a° 29.)
TABLt DES MATIÈRES;
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CHAP. 1*. — HiSTOiu •
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Art. ILExpériaDUiiat l'tfomnw ,. ,. U
CHAP. 11. — IlunonatisriulMainiLiMimnwMn L'MnBuaii w
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