XVI PRÉFACE DE L AUTEUR
« sance démonstrative d'observations médicales con- « nues depuis un siècle. L'expérience physiologique, « aujourd'hui, est presque le seul moyen qu'on ait pour « éclairer les données thérapeutiques antérieures et « qui puisse aider à en découvrir de nouvelles. Si donc a la direction critique dans laquelle les médecins de « notre époque se sont engagés ne doit pas dégénérer « en scepticisme stérile, elle doit arriver à se servir (c non-seulement du matériel physiologique , mais « encore de la méthode que cette science emploie dans « les recherches des processus normaux. »
En écrivant les lignes qui précèdent, au printemps 18/i2, je pensais aussi bien aux travaux de Jean Mûl- 1er qu'aux efforts de Schœnlein qui vouait son génie à l'application des sciences naturellesr à la pratique. A celle époque, étudiant la névrologie et rembryologie, je considérais encore la physiologie comme science indépendante. Mes occupations comme chef de service delà clinique de Schœnlein, de 18/i3 à i8/i9, dont mes recherches diagnostiques et pathogénétiques (publiées en 18/i5) peuvent donner une large esquisse, augmentèrent à un tel point mon intérêt pour les questions pathologiques et thérapeutiques, que je me vis forcé de quitter la clinique pour pouvoir terminer mes recherches sur le développement des vertébrés (1851 à 1855), en les transportant sur l'homme vivant. Je repris alors les expériences faites depuis 1842 sur la contraction des fibres musculaires.
Évidemment, mes travaux, par suite des impressions cliniques et surtout par le grand nombre d'années passées dans le commerce de Schœnlein, prirent im-
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médiatement la direction thérapeutique qui se présente dans cet ouvrage. Je finis donc par traiter la physiologie comme science accessoire de. l'art médical, après ravoir étudiée pendant vingt années comme science indépendante dans le domaine microtomique.
Par ce qui précède il résulterait donc que la physiologie expérimentale rendra de grands services à la médecine pratique, surtout si elle est appliquée par des hommes qui ont une expérience médicale étendue et qui ne voient pas, dans ces applications aux sciences médicales et à la thérapeutique, une désappréciation de la science physiologique elle-même. Si la Physiologie de Jean Mûller a obtenu un succès si mérité parmi les médecins, et a eu une si grande influence sur Tart médical lui-même, c'est que ce physiologiste célèbre s'était occupé de pathologie générale (1).
Depuis 1839, Mûller m'engagea bien souvent à publier un traité de pathologie générale, en voyant surtout la riche moisson d'observations pathologiques que je recueillais à la clinique de Schœnlein. Mais mon esprit se répugnait à une simple position contemplative dans des questions qu i, quoique n'ayant pas toujours une haute valeur scientifique, pouvaient porter souvent des secours efficace^à l'humanité souffrante. 11 devenait donc évident que pour satisfaire mon grand et illustre maître, il fallait me trouver face à face avec la pathologie, sur un ter-
(1) 11 en est de même en France pour les remarquables travaux de M.Oaude Bernard, qui en grande partie tirent leur valeur de leurs applications aux études pathologiques. (R. Mai 1860.)