XVIII PRÉFACE DE L^UTEUR
rain thérapeutique. Je préférais doue pour le moment continuer mes travaux d'histologie physiologique et pathologique.
Ces lignes suffiront pour expliquer ou plutôt pour me disculper vis-à-vis des lecteurs qui s'étonneront de trouver le nom de l'auteur des Recherches sur le développemeot des vertébrés à la tête d'un livre sur la galvanothérapie des nerfs et des muscles.
J'ai choisi ce titre de Galvanothérapie pour indi* quer que le point de départ de ce travail se trouve être dans l'application thérapeutique du courant galvanique constant, que j'emploie depuisle 2^2 juin 1856, tout en faisant des recherches comparées sur l'application d'autres courants (galvano-raagnétiques et magnéto-électriques). Les courants de frottement sont les seuls que je n'aie pas encore expérimentés.
Les mots de maladies des nerfs et des muscles veulent simplement indiquer dans quelles directions j'ai poursuivi les effets du courant; mais ils ne doivent pas servir de point d'appui à ce préjugé, répandu encore, que le courant électrique n'a d'effets que sur les nerfs et les muscles. Bien au contraire, je tiens à familiariser les médecins avec l'idée que, tous les tissus de l'économie étant des solutions concentrées de matières animales, ils sont tous accessibles à l'action chimique et mécanique du courant galvanique, que les effets de ce courant ont lieu dans l'organisme vivant dans de certaines limites, que probablement sous l'influence des sels qui s'y trouvent, il ne se produit pas des effets électrol y tiques, mais bien des effets métaboliques, et que finalement les nerfs et
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les muscles ne ressentent si vivement Faction du courant, qu'en raison de leur plus grande richesse en eau et de la grande mobilité moléculaire de leurs tissus. Devant de tels résultats, la physiologie peut-elle rester indifférente? Ces résultais n'engagent-ils pas plutôt à ramener les phénomènes problématiques de réiectrotonos aux effets chimiques et mécaniques de Télectrolyse qu'on a encore trop négligé d'étudier.
On me reprochera peut-être que ce travail contient encore trop peu de faits thérapeutiques par rapport aux maladies des nerfs et des muscles proprement dits, et que j'y traite d'une manière trop étendue l'action catalylique du courant sur d'autres tissus.
Mais un rapide coup d'œil sur les chapitres qui traitent de la catalyse dans les névralgies, les paralysies et les spasmes, montrera que ce n'est qu'après de longues applications sur les membres et les articulations qu'on a pu puiser le courage d'employer efficacement le courant dans les organes les plus élevés. En considérant ainsi ce travail, il apparaîtra comme un tout complet.
Si l'électrolyse ou l'électrobolie, comme on peut nommer l'électrolyse agissant sur le corps humain, est le principe de toutes les applications du courant, les hommes systématiques ne trouveront pas assez sévère laclassiGcation telle que je l'ai établie, en effets catalytiques, antiparalytiques et antispasmodiques. Les praticiens, par contre, reconnaîtront que cette classification tient le mieux compte des exigences nosologiques et diagnostiques .
Ce livre s'adresse aux praticiens scientifiques, qui
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surtout n'ont pas d'idées préconçues, c'est d'eux aussi que j'attends un examen sérieux des données qu'il renferme. ' J'ai lieu d'espérer aussi que les physiologistes fixeront leur attention sur ce travail, et qu'ils y trouveront des faits qui les engageront à de nouvelles recherches. J'ose même comprendre dans cet espoir les physiciens, qui ont un si grand intérêt à étudier l'électrolyse.
L'anatomie pathologique aura de nouveaux devoirs bien difficiles à remplir. Nos connaissances anatomiques se rattachent principalement à des états pathologiques qui résistent à toute médication. Il s'agit donc principalement de rechercher les modifications des tissus qui sont encore accessibles & l'influence du courant galvanique. La tendance à découvrir les limites de l'efficacité du courant doit seule guider ces recherches, et elles ne sont possibles qu'autant qu'elles auront été entreprises dans les grands hôpitaux.
Je remercie mes nombreux confrères du concours généreux qu'ils m'ont prêté en m'envoyant des malades. ' -^
Bsnuif, 13 août 1866.
Robert REMAR.
ou
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