‹ Gambetta et l'Alsace-LorraineChapitre 1 sur 27 · FEB · texte numérisé non relu

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PREFACK

Il y aurait dans riiistoirc de la politique extérieure de la troisième République un chapitre intéressant à écrire sur rinfluence de la chancellerie allemande dans nos affaires intérieures et dans nos querelles de famille. Les partis eux-mêmes, hélas! n'ont que trop souvent, à tour de rôle, ouvert la porte à cette intervention d'un tiers ennemi, dont ils font inconsciemment le jeu, tout eu aggravant nos divisions et nos discordes.

Aussi n'est-il pas surprenant que l'homme qui a le plus contribué à fonder la République actuelle — j'ai nommé Léon Gambetta — ait été particulièrement mis en cause dans les polémiques engagées, depuis 1905, au sujet des relations franco-allemandes.

Gambetta, longtemps considéré comme le champion de la revanche, est accusé de n'en avoir jamais joué que la comédie et d'avoir engagé, dès 1877, de louches négociations avec Bismarck.

Accusation particulièrement attristante pour les hommes de ma génération, collégiens en 1870-71, dans

Fesprit desquels le souicnir de Gambetta reste, en effet, intimement lié à celui de la guerre. Avec quelle émotion, dans nos provinces de TEst, occupées par l'ennemi, lisions-nous les dépêches qui parvenaient on ne sait comment, circulaient de maison en maison, affichées quelquefois par des inconnus et portant cette signature : Gambetta! Cétait la proclamation flétrissant Bazaine, c'était l'appel à toutes les énergies, à tous les dévouements, c'était la nouvelle de la victoire de Coulniiers qui nous semblait présager la déroute de l'envahisseur, c'était de l'espérance quand même, c'était de la confiance jusqu'au dernier jour, jusqu'à la dernière minute!

' Après l'armistice, en s'acharnant encore contre Gambetta, Bismarck le désignait à notre admiration, à notre enthousiasme juvénile.

En ces jours sombres, Gambetta personnifiait l'esprit de résistance irréductible, celui qui refusait de capituler, de subir la loi du vainqueur, le démembrement de la Patrie. Plus tard, de 1872 à 1883, il demeura pour nous l'homme de la protestation, celui qui refusait de se résigner, d'accepter comme définitif le fait accompli, celui qui voulait et qui préparait la revanche du Droit.

Etait-ce donc illusion de notre part?

Interrogeons et comparons les faits, les documents, les témoignages, et très impartialement, sans autre souci que celui de la vérité, essayons de répondre à la question.

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