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i" avril! 882.
Mon cher père, je suis bien en retard pour répondre à ton aimable lettre; mais voilà que la besogne me reprend à corps perdu et que je n'ai pas plus de loisirs que par le passé.
Heureusement, j'ai eu de tes bonnes nouvelles par mon excellent ami, M. Camille Depret, qui a été bien enchanté de l'accueil que tu lui as fait. A ce propos, tu me demandes son adresse; la voici : G. Depret, 26, rue Jacob, à Paris.
J'aime à croire que tu ne te ressens plus du tout de ton accident. C'est un avertissement de prendre des précautions et de ne pas toujours user de ta vigueur comme un simple jeune homme. Nous avons tous tant .envie de te garder encore un siècle qu'il nous est bien permis d'intervertir les rôles et de te faire, de temps à autre, la morale...
Paris, le 13 avril 1882.
Je profite du départ de mon ami Paul Detot pour t'envoyer de mes nouvelles, qui sont bonnes ; je prends le temps et les hommes en patience. Tu cpnnais mon système : tout vient à point à qui sait attendre. J'attends.
Je suis enchanté de te savoir complètement guéri de ton accident et, en te renouvelant mes félicitations, je renouvelle aussi mes avis d'être plus prudent et moins jeune.
M. Depret a été très sensible à ta bonne attention et à ta charmante lettre; c'est un vrai ami et qui le restera, ce qui, par le temps qui court, e*st assez précieux...
A Marcellin Pelle t.
Paris, ce 8 mai 1882.
Mon cher ami, c'est avec la plus vive joie que j'ai reçu la bonne nouvelle1 et, n'était l'heure avancée de la nuit où elle m'est parvenue, je serais allé vous porter mes félicitations.
Veuillez assurer votre chère compagne de mes sentiments dévoués à la plus nombreuse postérité qu'elle voudra vous assurer, sans préférence de sexe ; car elle ne vous donnera jamais que des patriotes. Bon sang ne peut mentir.
Je vous embrasse sur les deux joues.
Léon Gambetta.
6 juin 1882.
... Je ne peux assez dire combien je suis accablé de tribulations de tout ordre, depuis deux mois. Heureusement, comme tu le dis, le coffre est bon et je sortirai de tous ces horribles tracas...
Jardies, où Gambetta allai! mourir avec l'année en cours, n'étaient pas le somptueux domaine qu'ont imaginé ses adversaires. 11 fut acheté cenl mille francs, le 20 juin 1882,
par Depret, pour le compte de liambelta, qui s'engageait a
le payer dans le délai d'un an. après sa mort, ce fui Alexandre
Lérifl qui. au nom de la famille, effectua le paiement, le
4 juin 1883, et donna L'habitation el ses dépendances aux amis de Gambetta, pourj perpétuer une sorte d« Musée du
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