‹ Garcia MorenoChapitre 137 sur 183 · MM. (liiayraud et Domec · texte numérisé non relu

MM. (liiayraud et Domec

dispositions artistiques, dispositions qui, faute de maîtres, restaient à Télat de nature. Garcia Moreno fit venir à grands frais de Rome des professeurs distingués, en même temps qu'il envoyait dans cette capitale des arts certains élèves d'élite pour se perfectionner et devenir maîtres à leur tour. Ainsi se formèrent Rafaël Salas, Luis Cadena et Juan Manosalvas, tous trois peintres de mérite. Sans sortir de leur pays, Vêlez et Carillo se firent un nom dans la sculpture. La musique attira tout particulièrement Fattention du président, à cause de ses relations avec la liturgie sacrée. Il établit à Quito un Conservatoire national de musique religieuse et profane dont les cours très complets de chant, d'orgue, de piano et d'instruments de toute espèce, se donnaient gratuitement. C'est encore de Rome qu'il fit venir des organistes et des maîtres de chant, afin de relever par la difi'usion des connaissances musicales l'éclat des cérémonies de l'Église. Un de ces maestros, s'entretenant un jour avec le président, fut tout étonné de le voir disserter sur les théories de l'art, comme il aurait pu le faire luimême.

Terminons cette rapide revue des progrès accomplis à l'Equateur sous le rapport de l'enseignement, en signalant une œuvre monumentale qui mit dans tout son jour le génie et la puissance de Garcia Moreno. De savants astronomes avaient souvent exprimé le désir de voir s'élever un observatoire international dans les environs de Quito. Cette position exceptionnellement avantageuse faciliterait, selon eux, la solution de problèmes réputés insolubles. Garcia Moreno étudia luimême la question et trouva, comme Humboldt et Secchi, qu'un observatoire à Quito deviendrait infailliblement le premier du monde, « par sa position à trois mille mètres au-dessus du niveau de la mer, l'admirable pureté du ciel et la transparence de l'air, sa situation

sous la ligne équinoxiale, dans un climat sain et délicieux où Ton jouit d'un printemps perpétuel ^ » Mais, comme il s'agissait d une œuvre d'utilité générale et d'exécution très dispendieuse, il crut devoir proposer aux gouvernements étrangers de construire à frais communs ce monument gigantesque. Il communiqua d'abord son projet à la France, en rappelant au gouvernement de Napoléon la mission scientiGque de La Condamine et de ses compagnons, au siècle dernier, La République de l'Equateur serait heureuse de voir les Français tenter de nouvelles expériences et de nouvelles découvertes dans sa capitale. En 1865, le ministre Rou-^ land, que d'autres préoccupations absorbaient, répondit par une fin de non-recevoir. Garcia Moreno s'adressa aux gouvernements de la Grande-Bretagne et des États- Unis, qui firent aussi la sourde oreille. Alors, inébranlable dans ses desseins, le président résolut d'exécuter à lui seul une entreprise si avantageuse à la science et si glorieuse pour son pays. En 1870, des crédits illimités furent ouverts pour la construction de l'édifice et l'acquisition des instruments. Les appareils complets, construits d'après les meilleurs systèmes, sortirent des ateliers de Munich. Un télescope, d'une force prodigieuse, coûta six mille piastres. En quatre ans, le monument était debout; le P. Menten, l'illustre associé du P. Secchi à l'observatoire romain, allait s'y installer, quand le crime du 6 août fit disparaître le fondateur. Quelques mois plus tard, le buste de son successeur s'y offrait aux regards d'une population surprise et indignée.

Beaucoup s'imaginent que le révolutionnaire est nécessairement un progressiste et le catholique un rétrograde. Il ressort de ce chapitre sur l'enseignement à

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