‹ Garcia MorenoChapitre 139 sur 183 · ŒUVRES DE CHARITE · texte numérisé non relu

ŒUVRES DE CHARITE

En Garcia Moreno, le cœur était à la hauteur de Tintelligence. Il suffira de jeter un coup d'œil sur ses œuvres de charité, plus admirables peut-être que ses œuvres d'enseignement, pour comprendre quels trésors de bonté recelait cette grande àme.

Au nombre des plaies qui rongeaient l'Equateur, il faut compter le paupérisme. Épuisé par les contributions, le militarisme et les révolutions, privé de commerce et d'agriculture, indolent par nature, le peuple vivait dans la misère, cette misère dégradante, trop souvent compagne du vice et du crime. De là beaucoup de mendiants, de vagabonds, de filles perdues, d'enfants abandonnés, de bandits et de voleurs. Les routes, même d'un village à l'autre, étaient peu sûres pour quiconque n!avait point de revolver en poche. Garcia Moreno entreprit de lutter contre le paupérisme ; mais avant tout il s'occupa de venir en aide à ses victimes.

Les enfants privés des soins de la famille excitèrent d'abord sa sollicitude. 11 fonda, pour les secourir, deux orphelinats à Quito. Le premier, confié aux sœurs de Charité, abrita les enfants abandonnés par le vice ou l'indigence. Une dame généreuse fit les frais d'un ma-

gnifique établissement*, et le gouvernement fournit les ressources nécessaires pour Tentretien. Dans le second, desservi par les sœurs de la Providence, furent recueillis les vrais orphelins. Grâce à la protection du président, et au dévouement religieux, ces enfants retrouvèrent des mères qui, en les formant aux vertus chrétiennes, préparaient à la société des membres sains et utiles, au lieu de membres pourris et gangrenés. Des orphelinats semblables s'élevèrent bientôt à Guayaquil et à Cuenca, sur les instances de Garcia Moreno et au moyen des subventions qu'il obtint du congrès.

Une autre classe d'infortunées, les filles de mauvaise vie, plus ou moins adonnées au libertinage, et conh^e lesquelles il avait édicté, comme nous l'avons dit, des règlements de police très sévères, appela bientôt son attention. Il était facile de les jeter en prison, mais Texpérience prouve que la prison devient trop souvent pour ces malheureuses une école de corruption plus raffinée. La religion seule, par les grâces qu'elle confère, a le don de guérir ces natures doublement viciées. La preuve de son action toute puissante, même sur les plus incorrigibles, Garcia Moreno la voyait dans ces tristes victimes de notre civilisation qui, après avoir habité dix et vingt ans les bouges déshonorés où nos philanthropes les entretiennent, finissent, entre les mains des admirables filles du Bon-Pasteur, par se transformer en madeleines pénitentes, et bientôt en modèles dinnocence et de pureté. Pour cette raison,. il établit dans la capitale un refuge dirigé par les sœurs du Bon-Pasteur. Traquées par la police qui ne leur fit point dé quartier, les débauchées s'enfuirent du quartier ou renoncèrent à leur infâme métier. Les récidivistes furent internées sans miséricorde au Bon-Pasteur. Dans

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