‹ Garcia MorenoChapitre 56 sur 183 · La Union Nacional, 28 avril · texte numérisé non relu

La Union Nacional, 28 avril

Urbina, comprenait, lui aussi, que son avenir dépendait du scrutin.

Garcia Moreno dénonça au pays ces scandaleuses pratiques. « Vous nous disiez autrefois, s'écrie-t-il, que Florès s*éternisait au pouvoir par son adresse, sa force, et surtout la pression qu'il exerçait sur les électeurs; mais un tour d'adresse que n'a pas trouvé Florès, c'est de créer des gardes nationaux au moment de l'élection pour les faire voter militairement ; un magnifique tour de force , c'est d'escorter les citoyens jusqu'aux urnes ; le comble de la pression , ne serait-ce pas d'ouvrir un marché simoniaque de bénéfices ecclésiastiques? Equateur, les voilà ces hommes qui te vantent chaque jour la souveraineté du peuple! Voilà comme ils t'outragent en préparant ta ruine ^. »

Après trois mois de préparatifs, arriva le jour de la grande bataille. Pour animer ses troupes, Garcia Moreno ne craignit pas de comparer celte lutte à celle de 1845 : « Les 3 et 10 mai 1845, dit-il, vous avez enterré vos chaînes dans les tranchées de l'Elvira, d'où vous pensiez qu'elles ne sortiraient jamais. Vous vous trompiez : pour être libres, il faut encore vous débarrasser d'Urbina, le plus méprisé mais aussi le plus astucieux des séides de Florès. En 1845, vous avez salué l'aurore de la liberté; en 1857, vous chasserez les nuages qui ont empêché le soleil de la régénération d'illuminer notre beau pays. »

Au moment du vote, les deux partis se trouvèrent en présence, comme deux corps d'armée prêts à fondre l'un sur l'autre. Les employés du gouvernement, transformés en espions, surveillaient chaque électeur pour surprendre le secret des votes. On ne s'approchait des urnes qu'en traversant les bataillons parqués sur la

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