REFORMES
Garcia Moreno se mit immédiatement à son œuvre de réformateur, vrai nettoyage des étables d'Augias dans un pays où la Révolution s'est installée durant un quart de siècle.
Pour apprécier la nécessité du coup de balai donné par Garcia Moreno à tous les échelons de la hiérarchie, il suffit de se remettre sous les yeux un principe cent fois établi par les faits : c'est que le parti révolutionnaire, lugubre essaim de frelons bourdonnants et dévorants, n'a d'autre spécialité que de consommer sans produire. S'il s'empare d'un pays par un coup de force ou par la sottise des électeurs, ce n'est point pour aider le peuple à mieux vivre, mais pour vivre à ses dépens. Sa tactique consiste à mettre la main sur l'Église afin de l'empêcher de crier au voleur, et d'expulser des administrations les hommes honnêtes et consciencieux dont il convoite les places ou craint les regards; puis, quand toutes les abeilles ouvrières et industrieuses d'un pays sont tombées sous l'aiguillon de ces parasites, la curée commence. Les frelons se faufilent dans les ministères, les préfectures , les mairies, les casernes, les tribunaux, les comptoirs, les ban-
ques, les agences financières, partout où l'on trouve à s'engraisser. Là ils dévorent le plus possible, avant qu'un autre essaim de frères et amis les force à vider la place. Après quinze ou vingt ans de ce régime, un peuple, si riche qu'il soit, est rongé jusqu'aux os. Use réveille un beau matin sans religion, sans honneur, sans crédit, sans agriculture, sans industrie, sans commerce, sans finances, avec des milliards de dettes et la banqueroute à ses portes. Pour consoler le pauvre Job, les frelons gros et gras bourdonnent à son oreille quelque refrain monotone en l'honneur du progrès et de la liberté.
Tel était le misérable état auquel la Révolution avait réduit rÉquateur, quand Garcia Moreno prit en main les rênes du gouvernement. Lui qui considérait le pouvoir comme un instrument non de jouissance mais de bienfaisance, comme un levier placé dans la main d'un homme pour lancer un peuple dans la voie du progrès matériel, intellectuel, moral et religieux, après avoir arraché aux révolutionnaires le cadavre de son pays à demi rongé déjà, que pouvait-il faire pour lui infuser une nouvelle vie, sinon remplacer les frelons pai* des abeilles, c'est-à-dire s'entourer, dans tous les services publics, de coopérateurs intègres, au risque d'affronter la haine d'une multitude d'individus dont il allait troubler la quiétude ou déranger les calculs?
Son premier soin fut de s'associer un personnel administratif irréprochable, laborieux, dévoué corps et àme à la réalisation de ses gigantesques desseins. Sans égard pour leur noblesse ou leur richesse, il écartait impitoyablement des emplois les hommes incapables de les bien remplir. De plus, les fonctions et services rétribués par l'État, jusque-là véritables sinécures, redevinrent des, charges dont le titulaire ne toucha les appointements qu'après les avoir gagnés par un labeur
assidu. Les employés de bureaux restaient à leur poste de dix heures du matin à cinq heures du soir. Le président exerçait lui-môme un contrôle sévère et une justice si inflexible que les infracteurs aux règlements, à n'importe quel degré de l'échelle administrative, étaient punis d'un renvoi immédiat. De ce chef, il écarta du budget grand nombre de rongeurs qui naturellement conservèrent une dent contre lui. Si, de nos jours, un président de république s'afTranchissait, par impossible, du népotisme, du favoritisme et même du banditisme administratif, quels cris de rage on pousserait de tous côtés contre cet Hercule d'un nouveau genre!
Le département des finances exerça surtout le zèle et l'attention dii réformateur. Pour exécuter les entreprises qu'il méditait, il lui fallait, outre un personnel intelligent et actif, des finances prospères. Or, depuis ses trente années d'existence, jamais l'Equateur n'était parvenu à équilibrer ses recettes et ses dépenses. Charge pour sa quote-part de la dette contractée par la Colombie pendant la guerre de Tlndépendance, ruiné par les parasites et les soudards qui s'engraissaient aux frais de l'État, il n'avait ni crédit ni revenus. L'agriculture restait à l'état d'enfance, faute de routes, de bras, et même d'instruments aratoires. Le commerce végétait, pour ne pas dire se mourait, à cause des révolutions incjsssanles qui bouleversaient le pays, et plus encore par la difficulté des communications, non seulement avec l'étranger mais encore entre habitants d'une même province. On avait vécu au jour le jour, de la contribution des indigènes, assez productive, mais qu'on venait justement de supprimer comme une odieuse exaction, puis des contributions forcées, plus odieuses encore. Pour se procurer des ressources, un gouvernement honnête ne pouvait avoir recours à des briganda-
ges de prétoriens aux abois : raais comment subsister dans un pays écrasé sous le poids de taxes exorbitantes, et où tout emprunt devenait impossible parce que les emprunteurs avaient prouvé depuis longtemps par leurs dilapidations la nécessité de leur donner, au lieu d'argent, un conseil judiciaire? Garcia Moreno résolut le problème par des moyens qui, malgré leur simplicité, dépassent cependant les capacités de nos plus illustres financiers.
En attendant qu'une administration sage et progressive le mît à même de multiplier les sources de revenus, il établit une stricte économie dans les dépenses. Réduire ses dépenses quand la bourse est vide, cela parait élémentaire, et cependant cela fait sourire nos économistes modernes, suivant lesquels on est d'autant plus riche qu'on enfle davantage le chiffre de la dette. Encouragé par ces belles doctrines, tel pays que nous pourrions nommer, avec une dette de trente milliards et des déficits annuels de plusieurs centaines de millions, n'hésite pas à voter des milliards nouveaux pour bâtir, non point des écoles, mais des palais scolaires! Garcia Moreno prétendait que seuls les agioteurs et les banqueroutiers s'enrichissent au moyen d'emprunts qu'ils ne pourront jamais amortir; aussi retrancha-t-U. impitoyablement du buget tout crédit dont la nécessité ne lui parut pas suffisamment démontrée.
Une autre méthode, tout aussi primitive, de grossir son trésor, fut de ne plus le mettre dans un sac percé, autrement dit de réformer complètement l'administration financière. Inutile de s'ingénier à diminuer ses dépenses si les économies sont absorbées par les pubUcains et les bureaucrates. Or, sous les gouvernements précédents, le gaspillage des deniers publics, l'agiotage officiai, la contrebande efirontée, florissaient à l'Equateur comme dans leur terre natale. Les présidents donnaient
Texemple de ces malversations cyniquçs : Roca spéculait ouvertement sur les créances des employés; Urbina puisait à pleines mains dans les caisses publiques, et faisait déclarer par une convention qu'un homme de son mérite ne s'abaissait pas à rendre des comptes. Naturellement on a mauvaise grâce à morigéner ses subordonnés quand on s'accorde à soi-même de telles licences.
Garcia Moreno entreprit de faire la lumière dans ces antres ténébreux qu'on appelle bureaux de finances. Avant lui, les provinces, les cantons, les municipalités terminaient leurs comptes particuliers sans avoir à redouter l'œil exercé d'un vérificateur suprême. Cet excellent régime de décentralisation forçait un ministre des finances à faire devant les chambres la déclaration suivante : « Après plusieurs mois du travail assidu, je me vois dans l'impossibilité de présenter les comptes en temps opportun. Les compUcations de notre système de comptabilité, ajoutées aux inexactitudes des pièces envoyées au ministère, rendent tout contrôle impossible. C'est une tâche supérieure aux forces humaines que d'établir, sur de pareilles données, un état sérieux de nos finances. J'ai acquis la preuve que notre comptabilité est un véritable chaos, et c'est le seul fruit que j'ai recueilli de mon travail . » Maintes fois on se plaignit de ce chaos, mais on eut soin de l'entretenir, par la raison que les ténèbres conviennent aux malfaiteurs. Il fallait un homme d'ordre mathématique et de rigoureuse justice, un Garcia Moreno, pour entreprendre de le débrouiller.
Afin de régulariser les livres des comptes, il se condamna à l'ingrat et pénible travail d'une vérification
1. Compte-rendu dlcaza, ministre de Roblez, 1857. Ce témoignage est d'autant plus probant que le rapporteur était très entendu dans la matière.
générale de toutes les dettes contractées par l'État depuis Torigine de la République. Que de jours il lui fallut passer au milieu de registres trompeurs et de créanciers trompés! Les titres n'étaient pas même enregistrés; les emprunts forcés qu'on décrétait chaque semestre sous prétexte d'invasion ne figuraient pas au grand livre. Garcia Moreno.dut se faire présenter tous les bons du trésor, lesquels souvent n'étaient pas légalisés, pour arriver à la liquidation d'une dette qu'il vit monter à quatre millions de piastres. Une fois sorti de ce dédale, il introduisit notre système de comptabilité française, de manière à établir nettement le tableau comparatif des entrées et des sorties, de l'actif et du passif. De plus, une cour des comptes centralisa dans la capitale le contrôle de tous les employés. Déclarés responsables de leur gestion, les agents du fisc comparurent chaque année devant ce tribunal pour y rendre un compte détaillé de leurs opérations. En cas de négligence ou d'infidélité, le coupable était immédiatement jugé, condamné à l'amende, et destitué. Pour prévenir même au sommet de la hiérarchie toute tentation de complaisance ou de fraude, le président revisait lui*mème le travail de la cour, et souvent ses yeux d'Argus découvraient des erreurs qui avaient échappé à la perspicacité des plus rigides contrôleurs. Ce n'est pas sous son gouvernement qu'ont eût trouvé trois cent millions de déficit dans la caisse d'un ministre de la guerre *, sans que la cour des comptes pût mettre la main sur le voleur : Garcia Moreno l'eût trouvé, et de plus il eût osé le punir.
Vint ensuite le tour des agioteurs qui achetaient au rabais les créances arriérées des employés civils, pour en
1. On signala ce déficit (^norme dans la caisse d'un de nos ministres après la guerre de 1870.
trafiquer avec les agents du fisc. Il fit rendre gorge aux coupables et destitua les fonctionnaires qui se prêtaient à ces honteuses spéculations sur la misère publique. On profitait même de Tignorance des contribuables pour substituer aux rôles officiels des pièces fausses portant surtaxe : remployé, auteur ou complice de la fraude, empochait la différence. Un décret condamna ces malfaiteurs à une amende égale à la somme indûment perçue, puis au châtiment édicté par le code contre les falsificateurs de documents officiels! 11 n épargna pas davantage les contrebandiers ni les employés concussionnaires qui détournaient à leur profit la principale source des revenus de l'État.
L'incorruptible financier donnait à tous l'exemple du plus absolu désintéressement. Bien que sans fortune privée, jamais il ne voulut profiter des douze mille piastres affectées au traitement annuel du président. Vu la pénurie du trésor, il faisait remise à l'État de la moitié de cette somme, et consacrait le reste à des œuvres de charité. Cette noble conduite ne put le soustraire aux rancunes des nombreuses victimes de l'épuration. Les fonctionnaires pris la main dans le sac et chassés sans miséricorde, les parasites congédiés, les paresseux forcés au travail,, les escrocs démasqués, crièrent à l'intolérance, et, faut-il le dire, certains libéraux trouvèrent ce nouvel Aristide un peu fatigant, sa chasse aux vo- Jeurs trop opiniâtre, et sa justice trop inexorable. Le libéraUsme aime les transitions et les transactions.
Une réforme non moins urgente, celle de l'armée, s'imposait au nouveau président. La République se mourait de militarisme. Nous l'avons vu, depuis les guerres de l'Indépendance, les soldats disposaient du pays, des propriétés, de la vie des citoyens et, parleurs pronunciamentos quotidiens, du gouvernement luimême. Les présidents, portés au pinacle par un pronun-
ciamento, s'appuyaient sur les baïonnettes pour se maintenir. Aussi ces vieux troupiers sans mœurs et sans vergogne, fiers de leur importance, affectaient-ils un profond mépris pour l'élément civil. Ce mal arrivé à son comble sous Urbina et Roblez, Garcia Moreno avait été à même d'en mesurer la profondeur dans la dernière révolte de Riobamba.
En montant au fauteuil, il jura d'en finir avec ce despotisme militaire. « Une armée ainsi constituée, dit-il un jour, c'est un chancre qui ronge la nation : ou je la réformerai, ou je la détruirai. » Il se mit à l'œuvre sans délai, édicta des règlements sévères contre les sorties nocturnes, l'immoralité, le brigandage, et |fit jeter en prison tous les récalcitrants, officiers ou soldats. On regimba contre l'aiguillon, on se moqua de ce civil qui prétendait faire la loi aux généraux, on s'efforça de le rendre odieux dans les casernes, et déjà des complots s'ourdissaient contre lui; mais son œil voyait dans les ténèbres, et son bras, prompt comme l'éclair, s'appesantissait sur les coupables.
Dès les premiers jours de son gouvernement, un exemple montra aux émeutiers de caserne que les insurrections coûteraient cher à leurs auteurs. Nous avons dit qu'après la capitulation de Cuenca, le général Ayarza s'était retiré comme simple particulier dans sa résidence de Quito. Profitant de la considération dont il jouissait à juste titre, il ne tarda pas à rallier autour de lui un parti de mécontents pour ourdir de nouvelles trames contre l'autorité. Garcia Moreno sentit qu'il fallait désarmer par . un coup de force ces révolutionnaires de profession. Le coupable fut traîné à la caserne et fustigé comme un simple soldat. « Fusillez-moi, s'écriait Ayarza furieux : on ne fouette pas un général, un vieux soldat de l'Indépendance. — On ne gaspille pas de la poudre pour fusiller un traître! » répliqua
Garcia Moreno. Il ne consentit que sur d'instantes supplications à faire grâce d'une parlie de la peine. Quelqu'un lui demandait à cette occasion où il voulait en venir par cette implacable sévérité : '< Je veux, s'écriat-il dans son style pittoresque, je veux que Thabit noir commande à Thabit rouge. Ma tête sera clouée au poteau, ou Tarmée rentrera dans Tordre. » Domptée par cette main de fer, l'armée rentra dans Tordre, mais que de colères concentrées et de rages sourdes au fond des cœurs! On pardonna difGcilement à Garcia Moreno d'avoir infligé au vieux général une peine aussi infamante, et quelle que soit notre admiration pour le grand homme qui ne craignit point, selon le mot d'un libéral, « de mettre un de ses pieds sur la souveraineté du peuple et l'autre sur la souveraineté de l'armée, » nous croyons qu'en cette rencontre il eût pu maintenir Tordre sans recourir à cette extrémité.
Une fois en possession de ce triple d'élément d'action : un personnel dévoué, des ressources financières assurées, une force militaire suffisamment disciplinée pour maintenir la paix à Tintérieur, il jeta immédiatement les bases de cette civilisation chrétienne dont il voulait doter son pays, et qu'il regardait à bon droit comme la condition essentielle du véritable progrès matériel, intellectuel et moral.
Le fondement de toute régénération, c'est Tinstruction publique, qui, en pétrissant pour ainsi dire l'esprit et le cœur des enfants, prépare l'avenir d'une société. Les hommes de la Révolution le savaient si bien que leur premier soin en s'emparant du pouvoir, avait été de laïciser les écoles, ce qui veut dire de les isoler de la morale et de la religion. Cette idée franc-maçonnique, ou plutôt diabolique, qui fait aujourd'hui Son tour d'Europe, a pris corps en Amérique, sous le nom perfide de neutralité scolaire. Rocafuerte, et plus tard
Urbina, travaillèrent de toutes leurs forces à séculariser l'Université, les collèges, les écoles, et même les séminaires. Pour réussir dans son œuvre, l'homme de la contre-révolution devait donc réformer renseignement de fond en comble. En sa qualité de recteur de TUniversité, Gracia Moreno avait, sous le gouvernement précédent, indiqué plusieurs fois la nécessité de cette réforme, mais sans pouvoir la réaliser. Le moment était venu, sinon de Taccomplir dans son entier parce qu'il ne disposait ni des forces ni des éléments nécessaires, au moins d'en poser la pierre d'attente par la création d'écoles libres, placées sous la direction de religieux enseignants. Dès l'année 1861, il fit appel au dévouement des congrégations françaises, où Ton trouve toujours disait-il, des ouvriers et des ouvrières pour travailler, sous tous les climats, à la vigne du Christ. Des colonies de frères des Écoles chrétiennes, de dames des Sacrés-Cœurs, de sœurs de Charité, établirent dans tous les grands centres des écoles primaires et des pensionnats. Les jésuites, qu'il avait autrefois ramenés dans la capitale et défendus avec tant de courage, furent rappelés et installés à Quito dans leur antique maison de Saint-Louis, puis dans un établissement d'instruction secondaire, d'où sortirent bientôt des essaims de professeurs pour fonder les collèges de Guayaquil et de Cuenca. L'enseignement catholique s'implantait dans le pays au grand désespoir des radicaux, toujours pressés de semer l'athéisme dans TÀme des enfants, et toujours scandalisés de voir leurs adversaires réparer, autant qu'ils le peuvent, ce crime de lèse-divinité et de lèse-humanité. Ils ne manquèrent pas de transformer Garcia Moreno en jésuite, disposé à faire de 'l'Equateur un immense couvent, d'autant plus qu'il étendait sa sollicitude religieuse, non seulement aux écoles, mais aux hôpitaux et aux prisons. La di-
rection des hôpitaux fut confiée aux sœurs de Charité, et celle des prisons à des hommes spéciaux que le président sut animer de son esprit.
En même temps, ce que ni les Incas, ni les Espagnols, ni les progressistes de la Révolution n'avaient osé concevoir, le président l'exécuta. Il s'agissait de construire un immense réseau de voies carrossables à travers TÉquateur afin de relier les villes entre elles et le plateau des Cordillères au port du Pacifique : c'était ouvrir des horizons merveilleux à ce pauvre pays perdu dans les montagnes, sans autres voies de communications que des sentiers à peine praticables pour les bêtes de somme, et privé par là même de commerce, d'agriculture et d'industrie. On traita ce projet d'utopie, de rêve absurde, d'abîme sans fond où allaient s'engloutir les dernières ressources des villes et des campagnes : Garcia Moreno laissa clabauder routiniers et gens à courte vue, traça d'une main ferme le grand chemin de la capitale àGuayaquil, et se mit résolument à l'œuvre, au mépris des vaines déclamations et des mille obstacles que lui suscitèrent la paresse, l'égoïsme et la cupidité. Ce* travail de géant, entrepris au commencement de sa première présidence, continué jusqu'à son dernier jour, comme nous le verrons plus tard, il suffirait à lui seul pour immortaliser dix présidents de républiques.
Contentons-nous pour le moment d'assister à l'éclosîon de ces germes précieux et, pour ainsi dire, à la naissance de l'œuvre immortelle réalisée par Garcia Moreno. Nous la contemplerons dans son épanouissement et sa splendeur quand, après dix ans de nouvelles luttes, maître enfin de la Révolution terrassée et enchaînée à ses pieds, il pourra déployer au service de la civilisation toute son activité et son énergie.