‹ Garcia MorenoChapitre 92 sur 183 · La Ceniinela, 21 novembre · texte numérisé non relu

La Ceniinela, 21 novembre

satisfait de celte ingénieuse justification et proi non moins péremptoirement, que la phrase de Ga Moreno sur les principes colombiens, « moins propr combler le Carchi qu'à l'élargir » n'avait rien d'offen pour Mosquera : le président de la Colombie n'ava pas affirmé que le concordat élevait une barrière surmontable entre les deux nations? Garcia Moi avait donc simplement constaté, en style figuré, un établi par Mosquera lui-même.

Après ces explications « franches et cordiales » en vint au traité d'alliance. Au projet de Florès, i jano opposa un contre-projet de future union e1 confédération entre les deux États, que le représen de rÉquateur, à la première inspection, déclara ii missible, attendu que l'article premier, « spécifiant nion des deux peuples et le rétablissement de Tanti Colombie sous le système fédéral, était absolun contraire aux manifestations du pays et aux décis des deux chambres ». Florès envoya cette réponse 29 septeml^re, avec prière de modifier le projet dam sens acceptable pour l'Equateur. Quelle ne fut pa surprise lorsque, après quinze jours d'absolu silei il reçut de Quijano ce grossier ultimatum : « La < férence n'a d'autre objet que d'étouffer, au moyen c pacte solennel, les clameurs patriotiques de tout le < tinent américain contre les tendances théocratiquc antirépublicaines fomentées et protégées par l'Eure Le gouvernement colombien ne peut, sans manqua l'honneur, attendre plus longtemps le président de quateur. Mosquera n'était venu à la frontière que f travailler à la renaissance de la glorieuse nations colombienne, seul moyen de sauver Tautonomie républiques méridionales en les unissant contre l'an tion de l'étranger et la trahison des renégats de l'i rieur : son gouvernement avait donc résolu de suspei

toute relation avec l'Equateur si dans les vingt-quatre heures le projet de confédération n'était pas signé. »

Armé de pied en cap, le renard redevenait sanglier : la confédération ou la mort, et cela dans les vingtquatre heures! Florès répondit à l'insolent Quijano « que, le traité fût-il acceptable, du moment qu'on lui imposait ce délai de vingt-quatre heures, il ne le signerait pas. L'Equateur ne passait pas sous les fourches caudines, et son ministre dédaignait un ultimatum aussi contraire aux usages diplomatiques et aux traités existants qu'offensant pour l'honneur national. » Kqué au vif, et parfaitement conscient de ses injustices, Mosquera sentit le besoin de justifier aux yeux des peuples la brusque rupture des négociations. Dans un manifeste à la Colombie , véritable diatribe ou plutôt ramassis de toutes les injures qui traînaient dans les journaux rouges contre Garcia Moreno, il l'accusa cyniquement de s'opposer à la régénération de l'Amérique latine, d'avoir voulu soumettre son pays au protectorat de la France, puis de l'avoir converti en fief de Rome par un concordat désastreux pour l'Equateur et la Colombie entière, enfin d'avoir rétabli l'ordre des Jésuites, véritable batterie révolutionnaire dressée contre tous les gouvernements sous le couvert de la nonciature romaine. C^ vil persécuteur des chrétiens, lui dont les innocentes victimes gémissaient par milliers dans les prisons ou l'exil, osait reprocher à Garcia Moreno le châtiment et le bannissement de quelques conspirateurs incorrigibles! Après ces invectives et d'autres non moins grossières, il annonçait, en guise de conclusion, la convocation d'un congrès et une levée de trente mille hommes pour défendre l'honneur national.

Dès ce moment, Mosquera se conduisit comme un furieux. Sans déclaration de guerre, il afficha la rupture à Pasto, prohiba tout commerce avec l'Equateur,

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et se permit d'écrire au général Florès, alors à Ti pour organiser l'armée « qu'il le vaincrait sur le cl de bataille, et que désormais il cessait avec lui correspondance ». Néanmoins, autorisé par le go nement, Florès lui fit expédier une dernière fois un aide de camp des propositions d'arrangement, Mosquera jeta la lettre avec colère, déclarant qu' traiterait plus avec les agents de TÉquateur. Il a< l'aide de camp , Colombien de naissance , de trahi pays, menaça de le faire fusiller, et finalement le j la porte comme un manant, en vomissant un to d'injures contre Garcia Sïoreno. N'espérant plus vu cet énergumène, Florès passa le Carchi, le 22 no^ bre, avec six mille hommes *.

Nous avons rendu compte de cette négociation, de montrer par la suite des faits la longue patienc Garcia Moreno, les provocatio^s dix fois répétée Mosquera, et l'impossibilité de supporter plus longt^ ses insultes, sans abdiquer tout sentiment d'houe Comme le disait plus tard Garcia Moreno, l'Équa « ne déclara pas la guerre, mais l'accepta forcén car l'ennemi ne lui laissait pas le choix entre la pa la guerre, mais simplement l'alternative d'ouvrir h ou d'attendre qu'il commençât. « Malgré tout, bien le président crût préférable de prendre Tinitiative a que l'ennemi eût accumulé ses forces, il laissa au néral en chef - la faculté d'avancer ou de tempo! selon qu'il le trouverait avantageux pour le trion de ses armes. En passant la frontière. Florès put é( à Mosquera sans blesser la vérité : « Nous avons frai le Carchi, non pour vous faire la guerre, mais pour ^ forcer à nous laisser la paix. »

1. Pour les documonts cités dans ce chapitre, voir El Naci 24 novembre 1863, article : Documenlos,

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