‹ Garcia Moreno, président de l'ÉquateurChapitre 59 sur 67 · COI · texte numérisé non relu

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n'était omis : dans les camps, dans les voyages, il s'agenouillait quelque part dans un tambo perdu au milieu des bois, et récitait le chapelet avec son aide de camp cl les personnes présentes. Fallût-il faire un long détour, il trouvait moyen d'assister à une messe le dimanche, et souvent la servait lui-même en place de l'indien chargé de cet office. A cheval quelquefois durant un jour et une nuit, il arrivait dans la capitale brisé de fatigue, et néanmoins assistait à la messe avant de rentrer chez lui.

Un professeur allemand de TEcole polytechnique qui avait eu l'occasion de connaître dans l'intimité le président, et môme de lui rendre visite dans l'hacienda où il prenaitde temps en temps quelques jours de repos ne peut s'empêcher d'exprimer son admiration au souvenir de ses vertus. « Il m'a toujours édifié, écrit-il, par sa bonté, son amabilité charmante tout en restant sérieuse, et surtout par sa profonde piété. Le matin, à l'heure de la messe, il se rendait à sa chapelle, préparait lui-même les ornements, et servait la messe en présence de sa famille et des habitants du village. Si vous aviez pu le voir avec sa haute stature, ses traits vigoureusement accusés, ses cheveux blanchis, son maintien militaire ; si vous aviez pu lire comme nous sur ses traits la crainte de Dieu, la foi vive, la piété ardente dont son cœur était pénétré, vous comprendriez le respect qui s'imposait à tous en présence de cet homme de Dieu*. »

Le môme spectacle édifiant se renouvelait le soir. Entouré de sa famille, de ses serviteurs, de ses aides de camp, le président récitait la prière, à laquelle s'ajou-

< Bon Gabriel Garcia Moreno, Adolf von Berliclnngen, S.J. Nous avons, dans ce chapitre et le précédent, emprunté plusieurs traits à cette notice allemande, et quelques autres à la Ilepubltca del Sagrudo Corazon de Jésus, publiée ù lÉiiualeur.

tait une pieuse lecture qu'il commentait souvent en exprimant les sentiments d'amour et de confiance en Dieu dont son cœur était rempli. Les dimanches et jours de fête, il fallait l'entendre expliquer le catéchisme à ses domestiques, et voir avec quel religieux respect il assistait aux offices accompagné de sa femme et de son fils. Aux grandes solennités, il se rendait officiellement à l'église métropolitaine, entouré de ses ministres et de tous les dignitaires civils et militaires. On admirait sa tenue noble et digne, son recueillement, son attention pieuse et soutenue. Du reste, il exigeait de tous le même respect pour les cérémonies saintes ; personne n'eût manqué au devoir, même aux simples convenances, sans s'attirer des observations sérieuses. Partout et toujours dans les démonstrations religieuses on le trouvait au premier rang. A l'occasion d'un jubilé, comme il était requis d'assister à trois processions pour gagner l'indulgence, on lui fit observer qu'en raison de ses grandes occupations il pouvait légitimement demander une commutation d'oeuvres. « Dieu m'en garde ! répondit-il, je ne suis qu'un chrétien comme les autres. » Et il assista aux trois processions, entre sa femme et son fils, tête nue et sans parasol, malgré les ardeurs d'un soleil brûlant. Il fit un jour à peu près la même réponse au supérieur d'un ordre religieux qui, pour lui épargner chaque semaine un quart d'heure de chemin, s'offrit de lui envoyer son confesseur : « Mon père, lui dit-il, c'est au pécheur d'aller trouver son juge, et non au juge de courir après le pécheur ».

Sa piété, faite de confiance et d'amour, le portait vers toutes les dévotions autorisées par l'Eglise, et en premier lieu vers le Saint-Sacrement, l'objet privilégié de son culte. Il lui rendait de fréquentes visites, restant prosterné devant l'aiilcl dans un sentiment de profonde adoration. Son bonheur était de pouvoir faire la com-

munion chaque dimanche, et même dans la semaine quand se présentait un jour de fête. Portait-on le saint viatique à un moribond, le président se faisait un honneur d'escorter son Dieu, un flambeau à la main, au milieu de son peuple. Quand revenaient les processions de la Fête-Dieu, on voyait le chef de l'Etat, revêtu du costume de général en chef, portant toutes ses décorations, saisir le gonfalon et marcher devant le dais, ou comme le serviteur qui annonce son maître. Les autres officiers se cédaient les uns aux autres les cordons du dais, ou cherchaient un peu d'ombre en longeant les murs : le président tenait bon pendant toute la durée delà procession, gardant le milieu de la rue sans s'inquiéter du soleil, afin de ne pas s'éloigner du Saint Sacrement. On le supplia un jour de se couvrir pour ne pas s'exposer au danger d'une insolation, mais il protesta qu'il ne se couvrirait pas devant son Dieu.

Il connaissait trop bien la doctrine de l'Eglise sur la dévotion à la sainte Vierge, pour séparer dans son afl*ection le Fils de la Mère. Nous avons dit comment, après la prise de Guayaquil, il lui attribua tout l'honneur de la victoire. Le 2i septembre, fête de N.-D. de la Merci, anniversaire de cette mémorable victoire, resta le jour de la grande fête patronale. Il professait une confiance sans bornes dans l'intercession de Marie : aussi portaitil avec piété sa médaille, ses scapulaires, et le chapelet, qu'il récitait tous les jours avec une fidélité inviolable. Afin d'appartenir plus particulièrement à celle qu'il appelait sa bonne mère du ciel, il résolut d'entrer dans la congrégation que les jésuites avaient établie dans la capitale. Elle se divisait en deux sections, l'une composée de personnes de distinction, l'autre d'ouvriers. Comme il se trouvait dans la première un certain nombre d'adversaires politiques que sa présence aurait pu indisposer, il s'adressa au directeur de la section ou-

vricre pour s'y faire agréger. Sur l'observation que sa place ôlait plutôt dans lautre réunion : « Vous vous ti'ompez, répondit-il, ma place estaumilieu du peuple ». Depuis ce temps, il assista régulièrement aux assemblées, aux communions générales, et autres exercices de la congrégation, heureux et fier de porter la médaille de Marie au milieu de ses chers ouvriers, fiers euxmêmes de compter au milieu d'eux le président de la république.

Docile aux instructions et recommandations de la sainte Eglise, il mit aussi sa confiance dans le grand patriarche saint Joseph. Quand Pie IX le proclama solennellement patron et protecteur de l'Eglise universelle, le décret portait celte clause que la fôte de saint Joseph serait élevée à la dignité de fête d'obligation partout où les souverains en feraient la demande. Mais les souverains, toujours prêts à supprimer les fêtes de l'Eglise par des raisons prétendùmeni économiques tout en multipliant les fêtes profanes par des raisons politiques, restèrent sourds aux invitations du souverain pontife. Garcia Moreno, au contraire, ne consultant que sa foi et sa piété, sur l'avis conforme des évoques, présenta sa supplique au pape, et la fête de saint Joseph, désormais jour férié, se célébra dans tout TEquateur avec la plus grande solennité.

A côté de la sainte famille, chère à tout cœur chrétien, l'Equateur vénère sa sainte particulière, la B. Marianne de Jésus native du pays et surnommée le lys de Quito h cause de sa pureté virginale. On la regarde comme la prolectrice de la cité, qu'elle a plusieurs fois sauvée de la destruction par de vrais prodiges. Le peu[)le aime à la prier,.ct les jeunes lillos portent encore volorilicrs son costume pour se rendre à Téglise. IMein de cotiliunce dans l'intercession de la H. Marianne, Garcia Moreno soutirait devoir s(ui culte sans honneur, et ses

reliques presque oubliées dans la pauvre chapelle du couvent qui avait autrefois appartenu aux jésuites. Durant sa première présidence, il consacra une partie de son traitement à l'embellissement de ce sanctuaire, qu'il couronna d'une ilèche superbe. En 1863, les reliques vénérées furent transférées avec grande pompe, aux applaudissements de tout le peuple, dans cette splendide demeure. Plus tard, voulant associer le pays à son œuvre, le président lit voter par le congrès les fonds nécessaires pour l'acquisition d'une chasse magnifique, dans laquelle on déposa les restes de la Bienheureuse.

A toutes ces preuves de piété et d'amour, le président ajouta, en 1873, un acte grandiose qui suffirait pour immortaliser sa mémoire et perpétuer le règne de Dieu dans son pays. Garcia Moreno avait toujours montré une grande dévotion au Sacré-Cœurde Jésus. Or, un ami lui dit un jour, dai>s une conversation intime, « qu'en sa qualité de magistrat catholique, il aurait dû interpréter la foi de son peuple et consacrer l'Equateur, par un décret ofliciel, au Sacré-Cœur de Jésus. Grâce à la haute piété de l'homme qui régit ses destinées, disait cet ami, l'Equateur forme une heureuse exception au miUeu de tant de peuples qui se meurent de naturalisme, mais cet liomme est mortel, un assassin peut le frapper dans l'ombre, et alors qui soutiendra les droits de Dieu, qui empêchera l'Équateurde sombrer dans le gouifre béant? Laissez-nous sous la protection du Cœur de Jésus, donnez-vous la grande fùtc nationale, et les salves qui chaque année salueront sou aurore étoulleront les bruits de l'impiété. »

Le président répondit « qu'il était de son devoir de conserver, fut-ce au prix de sa vie, le dépôt de la foi dans son pays : aussi ne reculerait- il pour obtenir ce jésultat devant aucune considération ; mais pour offrir

et consacrer l'Equateur au Dieu de toute sainteté, avaiton suffisamment moralisé les masses, purifié le foyer domestique, restauré la Justice, ramené la paix dans les familles, la concorde parmi les citoyens, la ferveur dans le temple ? L'Equateur a la foi, mais il faudrait lancer dans tous ses coins et recoins cinquante missionnaires au zèle ardent pour convertir les pécheurs et laver les âmes dans le sang divin : alors, ajoutait-il, nous présenterions au Sacré-Cœur une offrande moins indigne de lui. »

« La perfection, répliqua l'interlocuteur, s'acquiert avec le secours de la grâce, et Dieu récompenserait par des grâces de choix le peuple qui donnerait au monde un témoignage solennel de sa foi, en réparation de l'apostasie générale des gouvernements. » Garcia Moreno en convint volontiers, mais il observa qu'avant de procéder à un acte de cette nature, il devait consulter les pasteurs de l'Eglise et les âmes pieuses : « Je suis enfant de l'Eglise, dit-il, je dois me soumettre à son divin magistère ; je respecte aussi profondément les âmes pieuses, dont le jugement est d'autant plus sûr qu'elles s'approchent plus près de Dieu dans l'oraison '. »

Le troisième concile de Quito coïncidait avec la réunion du congrès. Le président manifesta aux évoques réunis le projet qu'il avait formé de consacrer l'Equateur au Sacré-Cœur de Jésus, projet que les évoques accueillirent avec enthousiasme et transformèrent, sur l'invitation do Garcia Morcuo, en décret conciliaire. Ce décret, rendu le 13 avril i873, porte « que le plus grand bien d'un peuple, c'est de conserver intacte la foi catholique, apostolique et romaine; que ce bien dépend, non de nos mérites, mais do la miséricorde de Dieu ; que la nation l'obtiendra, si elle se jette avec humilité

* Ilepublica del Sagrado Corazon, n" 10.

dans le Gcuai* de Jésus. Ea conséquence, le concile de Quito offre et consacre solennellement la République au Sacré-Cœur, le suppliant d'ôtre son protecteur, son guide et son défenseur, afin que jamais elle ne s'écarte de la foi catholique, apostolique et romaine, et que les habitants de l'Equateur, conformant leur vie à cette foi, y trouvent le bonheur dans le temps et dans l'éternité. »^

Garcia Moreno invitales chambres à rendre un décret conforme, afin d'unir l'Etat à l'Eglise dans cet acte solennel. Ce décret d'un parlement au XIX= siècle est trop curieux pour que nous ne le donnions pas dans sa teneur :

« Considérant que le troisième concile de Quito a, par un décret spécial, consacré la République au Sacré- Cœur de Jésus, la plaçant sous sa défense et protection ; qu'il convient aux représentants de la nation de s'associer à un acte de tout point conforme à ses sentiments hautement catholiques ; que cet acte, le plus efficace pour conserver la foi, est encore le meilleur moyen d'assurer le progrès et la prospérité de l'F^tat; le congrès décrète que la République, désormais consacrée au Cœur de Jésus, l'adopte pour son patron et protecteur. La fête du Sacré-Cœur, fête civile de première classe, se célébrera dans toutes les cathédrales avec la plus grande solennité possible. De plus, pour exciter le zèle et la piété des fidèles, on érigera dans chaque cathédrale un autel au Sacré-Cœur, sur lequel sera placée, aux frais de l'État, une pierre commémorative relatant le présent décret. »

Le congrès donna la preuve de la grande foi qui animait tous ses membres, en votant cet acte à l'unanimité et sans discussion. Quelque temps après, le même jour, à la même heure, dans toutes les églises de la République, eut lieu la cérémonie solennelle. Le président on grand uniforme, se rendit à la cathédrale, en-

touré de toutes les autorités civiles et militaires. Après querarchovêquecut prononcé l'acte de consécration au nom de l'Eglise, Garcia Moreno répéta la formule au nom de l'Elat. Jamais les fidèles n'avaient assisté à un spectacle plus émouvant, et l'on peut dire peut-être que jamais Dieu du haut du ciel n'en contempla de plus beau depuis le temps de Charlemagne et de saint Louis. Espérons qu'il ne permettra point aux méchants de laïciser la République du Sacré-Cœur.

Sous l'impression de l'enthousiasme excité par cette grande démonstration de foi, quelques membres du congres conçurent l'idée d'élever dans la capilale un temple au Sacré-Cœur, afin de laisser à la postérité un souvenir plus monumental qu'une tablette de marbre. D'autres émirent un avis contraire, alléguant la raison d'économie et le danger d'éclipser trop par ces magnificences le culte de N.-D. de la Merci, patronne de la République. On porta le différend au tribunal de Garcia Moreno qui se prononça, comme toujours, pour le projet favorable à l'honneur du Christ. « Vous voulez donc destituer N.-D. de la Merci? » lui dit un de ses ministres.— «Pensez-vous qu'elle soit jalouse de son Fils?» répliqua le président. Néanmoins le congrès recula devant l'érection d'un temple au Sacré-Cœur. Il fallut dix ans de nouvelles luttes et de nouvelles victoires pour décider un nouveau congrès à glorifier par un vote unanime l'idée de Garcia Moreno.

Terminons ce chapitre en rappelant que les mêmes vertus chrétiennes, foi, espérance, charité, produisent dans les Ames, selon leur trempe particulière, l'esprit propre qui les caractérise. Elles créèrent en Garcia Moreno l'esprit apostolique, esprit du Christel dos vaillants liéros (|ui lui con<juir(Mit h; monde, esprit adniirablemctit résumé dans ce cri du Ihih'r : « (Jiie volr(ï règne arrive! » Le règne de Dieu dans les âmes : voilà bien

l'idée fixe de Garcia Moreno, l'ambition de son noble cœur, le mobile de ses actes publics et privés. Prêtre, Garcia Moreno eût été un Xavier : chef d'Etat, il voulut au moins frayer la voie à l'Eglise, à ses prêtres, à ses missionnaires, en abattant les obstacles que la Révolution avait amoncelés sur leur passage, et par sa piété, ses exemples, ses paroles, entraîner les masses vers Dieu. Ce feu de la charité le dévorait tellement qu'il ne pouvait le cacher ni le laisser inactif, même au milieu <les paysans de la campagne. « Quand le président venait parmi nous pour y vivre en simple particulier, racontaient de pauvres laboureurs, il ne nous épargnait ni les châtiments ni les corrections ; mais aussi c'était un vrai saint : il nous donnait de gros salaires et de magnifiques récompenses ; il récitait avec nous la doctrine chrétienne et le rosaire, nous expliquait l'Evangile, nous faisait entendre la messe et nous préparait tous à la confession et à la communion. La paix et l'abondance régnaient alors dans nos campagnes, parce que la seule présence de l'excellent Caballero ' en éloignait tous les vices. » Se trouvant un jour au milieu d'ouvriers irlandais qu'il avait fait venir des État-Unis pour établir une scierie mécanique, il examina leur travail ; puis, après un repas champêtre servi à ses frais il interrogea les convives sur les habitudes religieuses de leur pays et finalement leur demanda s'ils savaient des cantiques à la sainte Vierge. Les bons irlandais se mirent à chanter avec entrain. « On aime bien la sainte Vierge dans votre pays? » demanda le président. — «Oh! nous l'aimons de tout notre cœur, » — « Eh bien mes enfants, mettons-nous à genoux et récitons le chapelet pour que vous persévériez à aimer et à servir Dieu. » Et tous ensemble, agenouillés près du président, les lap-

' Chevalier.

mes dans les yeux, récitèrent pieusement le chapelet. Son zèle lui suggérait les moyens les plus ingénieux pour gagner une âme à Jésus- Christ. Il avait à Quito un ami dont il estimait le caractère, les bonnes qualités et aussi les précieux services, car il lui fournissait souvent les capitaux dont il avait besoin pour ses grandes entreprises. Cet ami allait à la messe, soulageait les pauvres, assistait même aux exercices spirituels, mais, par suite d'une longue habitude, restait éloigné des sacrements. Garcia Moreno lui reprochait cette inconséquence, sans jamais obtenir autre chose que de vagues promesses pour l'avenir. Or, c'est la coutume à Quito qu'à la fin du mois de Marie, les fidèles offrent à la sainte Vierge, en guise de fleurs, leurs résolutions écrites. Vers la fin du mois, Garcia Moreno demanda un jour à son ami s'il avait offert à Marie son bouquet de fleurs. Celui-ci comprit l'allusion et voulut s'esquiver : « Attendez donc, reprit-il, je lui ai présenté, moi, un riche bouquet, et, comme toujours il faudra que vous en fassiez la dépense. — Vous savez que ma bourse vous est toujours ouverte, lui répondit son interlocuteur, croyant qu'il s'agissait d'une nouvelle avance d'argent pour un don que le président voulait faire. — Je puis compter sur vous? — Certainement. — Eh bien, j'ai promis à la sainte Vierge que vous communieriez le dernier jour de son mois ; vous voyez que sans vous je ne puis offrir mon bouquet. » Le pauvre ami, assez embarrassé, lui dit que le président avait des idées singulières, et qu'une action de cette importance demandait une grande préparation. « Aussi vous ai-je prévenu à l'avance, «répliqua Garcia Moreno. Touchéde cette sollicihule pour son àmo, b» rolardalairo s'enferma durant quelques jours dans une solitude (.'omplèle et, quand vint la clAturo du mois de Marie, on le vit à la sainte table àcAlé du président, ce qui mit la joie dans tous les cœurs.

En ces circonstances, la grande âme de Garcia Moreno tressaillait de bonheur. On eût dit le père de l'enfant prodigue retrouvant son fils. Il en était de même toutes les fois que les feuilles publiques annonçaient un progrès quelconque de la religion dans le monde. « Gloire à Dieu et à l'Eglise, écrivait-il en 1874, pour les nombreuses conversions qui s'opèrent parmi nos frères dissidents, spécialement celles de lord Ripon, de lord Grey, et de S. M. la reine-mère de Bavière. De tels exemples ne peuvent manquer d'exercer une grande influence sur tous les protestants au cœur droit. »

Et maintenant que nous avons montré à nos lecteurs l'intérieur de Garcia Moreno, si quelqu'un lui prête une autre intention que celle de glorifier Dieu, nous pouvons lui répondre qu'il ne connaît rien au cœur de l'homme. Ses actes, il faut les juger, non des bas-fonds 011 s'agitent les passions politiques, mais du point de vue où ce grand chrétien s'est placé lui-même avant d'agir, c'est-à-dire des hauteurs de la foi et de la charité.

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