‹ Garcia Moreno, président de l'Equator [microform]Chapitre 29 sur 97 · CHAPITRE V · texte numérisé non relu

CHAPITRE V

LE FOUST

La joie fut grande à l'Équateur quand on apprit l’houreuse issue do la révolution du 6 mars et le départ pour l'Europe du général Florès, Après quinze années d'agitation et d’exaotions, la jeune République allait donc enfin respirer librement sous un pouvoir réparateur, Pleins de généreuses illusions, les patriotes voyaient déjà le pays vo- 1 guer à pleines Voiles vers le port si longtemps désiré du dec vrai progrès social. Hélas ! l'expérience leur apprendra et bientôt que, depuis 1789, si l’on change souvent de gouvernants, on ne change presque jamais de gouvernement,

Après avoir élaboré une nouvelle constitution, la con-

opposés d'esprit et de caractère que le blanc et le noir : le poëte Olmédo et le commerçant Roca. Celui-ci s'était de distingué dans ces derniers £emps par uae grande animosi-

l vention s’occupa de pourvoir au remplacement de l’ex-prési 2 ; dent, Deux candidats se trouvaient en présence, aussi ini té contre le général Florès. Il ne pouvait pardonner à cet : 1 ancien ami d'avoir fait échouer sa candidature à la vice- Je [ER présidence de la république. Bien que d'origine plébéienne sa et de sang très-mélangé, il aspirait ouvertement au fau- ui teuil, et bon nombre de conservateurs, connaissant son ha- Eu bilité dans les affaires, son esprit partique, son énergie h poussée quelquefois, jusqu'à la dureté, n'étaient pas loin de ri

lui donner leurs suffrages pour l’opposer comme un rempart aux entrepreneurs de révolutions. Les jeunes gens ! au contraire, les patriotes, les lettrés, pleins de mépris pour |

apprit l'houe départ pour nées d'agitait donc enfin . Pleins de à le pays vops désiré du ar apprendra nt de gouvernement,

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ce politique terre-d-terre, pour ce mulâtre enrichi par Îa sannlbaile, appelaient au pouvoir de tous leurs vœux lé sympathique Olmrédo, l’homme d'État incorruptible, le grand poëte national, le chante immortel de Bo Bolivar (@}, Entre ce génie êt cot homme vulgaire, la convention, pènsaient-ils, ne pouvait hésiter un instant.

Les députés au contraire se RS ArAt en deux camps, c pposés, très décidés l'un et l'antre à faire prévaloir leur élu. En vain pendant quatre ou cinq jours multipha-f-0p

les scrutins, aucun des deux candidats n ’obtenait la majo-

rité requise par la loi, Tous les Yeux étaient tournés er»

l'assemblée, déjà on parlait dans le public d'électeurs prêts

à vendre leurs suffrages, quand tout à coup on apprit que le

député Vallejo avait passé du camp d'Olmédo dans celni

de Roca, et déterminé par son vote l'élection de ce dernier.

Rocafuerte protesta de toutes ses forces contre cette élec-

tion qu’il supposait entachée de vénalité, Vallejo eut beau : affirmer qu’en se décidant à voter pour Roca contrairement

à ses suffrages précédents, il n'avait obéi qu'à sa conscience

etau désir de terminer des divisions funeste à la patrie,

un sentiment d'indignation éclata dans le public. Bientôt,

en voyant certains députés de la majorité nommés par lé

DURE NRAEM à des emplois honorables ou lucratifs, on en

conclut qu'eux aussi avaient vendu leurs votes : conclusion

injuste et forcée, mais d'autant plus naturelle que l’agiotage

le plus effréné, le plus scandaleux, envahit dès l'avènement

de Roca toutes les branches de l’administration,

Il n'en fallait pas tant pour révolter Garcia Moreno, jeune et rigide patriote que la moindre apparence d'injustice ou de corruption faisait bondir. N'écoutant que sa colre surexcitée ‘encore : par l'amertune de ses déceptions, il enveloppa dans le même anathème le président Rocuet les es viagt-huit députés qui. l'avaient porté au fauteuil. in mois d'avril 1846, quatre mois après léooo il lança dans le public un journal humoristique intitulé: L e Fouet,

(1) Il venait d’écrire un remarquable poême sur les victoires du Libertador.

(1) véritable fouet;de Juvénal, dont il cingla, chaque semaine, ceux qu'il appelait les vendus, sans se demander s'il avait le droit, sur de vagues rumeurs, de flageller de la sorte des hommes d’une parfaite honorabilité, qui ont pu commettre des. fautes politiques, mais dont la plupart étaient aussi incapables que lui de commettre une infamie, Mais raisonne-t-on dans le feu d’une bataille, surtout quand on croit la patrie en danger? Aussi, dans les satires aussi mordantés qu'originales du nouveau publiciste, faut-il voir plutôt le talent du justicier, ennemi déclaré de la vénalité et de la corruption, que la justice des accusations lancées contte tel ou tel personnage. Rien de plus spirituel ni plus sanglant, par exemble, que la Soirée de l'élection, pièce étincelante de verve, où il raconte à sa manière l’embauchagé des convéntionnels par le président Roca.

4 C'était la veille du grand jour où l’on devait résoudre ce fameux problème : l’Équateur sera-t-il toujours une boutique entre les mains de la corruption ? Impossible d’en préjuger la solution avant le combat qui ullait s'engager entre Ja vénalité d'une part et:le patriotisme de l'autre. En effet, la convention, telle qu'elle était composée, ne ressemblait pas mal à un sphinx du genre de celui de Thèbes : voix d'homme, tête de femme, griffes de lion, ailes de vautour et...queue d'âne, Toutefois, on ps "ait croire que la voix tonnante de Rocafuerte et des autres patriotes aurait fait recule’ la foule des vendus,

“ Aussi l'alarme était-elle grande dans le camp de ces cyniques. Exaspérés par la perspective d’une déroute, ils n'avaient point assez de malédictions contre ces austères que ni menaces ni promesses ne pouvaient fléhir. Ils se creusaient la tête pour deviner le vainqueur, afin de lui offrir leur vote en échange d'un petit emploi. Parfois, se supposant vaincus, ils cherchaïent par quel sentier fangeux ils pourraient se replacer sur le chemin de la fortune, Enfin, ne tenant plus en place et désirant connaître à fond la for-

()ET Zurriago, no. 2.

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ce de leur parti, ils se dirigèrent instinctivement vers l'habitation d’un personnage, où par hasard tous 8e rencontrèrent comme s'ils s'étaient donné rendez-vous,

B., l'air déconfit, arriva le premier, Son visage était pâle, ses yeux enflammés, ses lèvres blémissantes : on eût: dit un damné sous le poids du désespoir, Mais, en vrai saltimbanque habitué à jouer tous les rôles, il se métamorphosa en un clin d'œil. Sur un ton jovial, digne d'un collégien ou d’une maritorne, il adressa quelques paroles flatteuses à l’illustre seigneur que nous allons vous présenter.

‘ Gravement enseveli dans un large fauteuil, emmitouflé dans une ample robe de chambre couleur pourpre, coiffé d’une toque de bourreau, des lunettes sur le nez, le susdit personnage avait l'aspect de Marius, le cœur de Sylla et. des entrailles aussi tendres que le roc (1). Ses traits étaient teints de cette couleur indécise que revêtent les objets à l’heure du crépule. De sa bouche s'échappaient parfois des mots sentencieux et solennels qui faisaient pressentir un triomphe tertain.

—“ Avez-vous parléà C. ? dit-il en s'adressant au polichinelle qui venait de le complimenter.

—“ J'ai tout fait pour le gagner, répondit le pauvre diable, mais il résiste à tous tes efforts. Il préfère rester pauvre curé que de souiller son nom par ce qu’il appelle une infamie, Er

—“# Tant pis pour lui ! reprit l’homme à la toque ; il s'en repentira. ”

A l'instant, l'air contrit et plein de componction, entra dans la salle le révérend A. (2), vivante image du chat ermite :

—““ Béni soit Dieu ! s’écriat-il en prenant son siège et bénie soit la miséricordieuse Vierge ! X...a juré do voter pour nous, pourvu que les emplois promis soient accordés

(1) De Roca, rocher ; jeu de mots sur le nom du président. (2) Recteur laïque de l'Université.

aux membres de sa famille, Il fera du zèle pour Votre Excellence qui sera demain, si Dieu veut bien nous bénir, président de la république.

—# Deo gratias !.…cria sux le seuil de la porte un clerc graisseux, déguenillé, nasilland. C'était le fameux V..., savaat pour les idiots, idiot pour les savants...” Jai travaillé en pure perte, ajouta-t-il : rien à faire avec des niais qui ne convoitent ni préfectures, ni ministères, ni prébendes d'aucune sorte,

—# C'est-à-dire, observa le fin matois à la robe pourpre, que nous pouvons compter sur vingt-sept voix. Or il en fau vingt-huit : où trouver la vingt-huitième ?

Immobile comme un poteau, les yeux cloués au sol, A. répondit :

— Seigneur, la bonne Providence qui prend soin même d'un ver de terre, saura bien faire passer l'an des quatorze opposants à une meilleure vie, ou lui inspirer la sainte pensée d'accepter une petite sinécure pour l'aider à vivre chrétiennement, sans offenser Dieu ni le prochain. ”

B. l’interrompit eu étouffant un éclat de rire. S'adressant à l'homme de couleur indécise, il dit d'un ton inspiré :

—“ Rien de plus facile que de conquérir un vote, à condition qu’on s'y prenne adroitement, Quand un général veut s'emparer d'une forteresse, il commence par chercher l'endroit faible, Il dirige de ce côté ses formidables batteries, et le cancn lui ouvre au milieu des ruines, le chemin de la victoire. Faites de même dans la lutte électorale : <herchez le côté faible de votre adversaire, et vous vaincrez. S'il penche d’un côté, donnez-lui pour le soutenir un bâton...d'or ; mettezlui dans la main une plume...d’or pour signer son buletin de vote, et je vous assure qu’il fera bon marché de son honneur.

* Un murmure d'approbation accueillit ce discours prophétique, pendant qu'un doux sourire aplatissait encore les lèvres démusurément larges du prétendant, Pour encourager ses créatures, il leur remit sous les yeux les places qui

our Votre nous bénir,

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pourpre, Or il en

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Ours proencore les

r'encouralaces qui

leur seraient octroyées si le succès couronnait leurs efforts. Loin de rougir de cet ignoble marché, plusieurs demandèrent des postes plus à leur convenance, comme on choisit dans un étalage des mets à son goût ; et, pleins d'allégrosse, ils coururent au combat, les yeux fixés sur l'avenir enchanteur qui s’ouvrait devant eux, lequel consiste à manger de belles rentes les bras croisés. Ainsi l’on se moque insolemment de la patrie ; ainsi, dans leur dégradante et crapuleuse oisiveté, ces pervers s’encouragent à de nouveaux forfaits, ”

On conçoit, à la lecture de pareils articles, la rage des gouvernants, livrés chaque semaine aux risées et aux colères du public. Quand la prose ne suffisait pas à déchirer les chairs, le ‘“ Fouet ” s'armait de pièces de vers que ne désavoueraiont pas les satiriques romains.

Écoutez plutôt la pièce du Quémandeur.

“ Docteur gradué...en malice, et qui pourrais l'être aussi bien en bêtise, pourquoi vienstu frapper à ma porte ? Pourquoi interrompre mon sommeil, ce doux sommeil qui fait oublier un instant les chagrins de la vie, et la patrie expirante, et cette cohue bruyante de faux patriotes qui déclament aujourd'hui contre le tyran (1), après avoir mendié ses faveurs ?

“Que viens-tu demander, maudit ? Parles de décamper au plus vite, car je suis capable de fuir aux enfers pour ne t'avoir plus sous les yeux.

‘ Tu quêtes un emploi, me dis-tu ? Tu me donnes pour raison que tu t'estimes trop honnête homme pour te dé grader en travaillant. Un métier est chose vile : aux homme de ton rang, il sied de vivre sans rien faire,

“ D'ailleurs personne n'a servi comme toi la cause de la liberté, Sans toi le despote régnerait encore dans une paix profonde, Évidemment, sans toi aucunè insurrection ne peut réussir,

(1) Florès

Et puis, tu as des enfants, une femme, et le diable au fond de ta bourse.

4 C'est bien, mais veux-tu m'en croire ? Apprends un métier, et mets-toi bion dans la tête que ce n'est pas le travail, mais la fainéantise qui déhonore un homme.

. # Cesse de vanter tes mérites : ausei bien personne ne te croira, , Il y a de beaux jours qu'à l'Équateur il suffit de mentir pour ne plus tromper personne.

‘Ne mets pas en avant ta pauvreté ; si c'est un mérite, tous les habitants de Quito pouvent s’en draper aussi bien que toi.

4 Que si tu répugnes absolument au travail, si tu t'obstines à te tirer d'affaire par la politique, fais-toi député.

“ Tâche d'avoir deux consciences, deux figures, deux langages et une demi-douzaine de volontés. Montre en toute circonstance un babil de perroquet, des griffes de vautour, l'astuce d'un renard et la voracité d’un loup. Sois vil comme B.. cynique comme C., hypocrite comme A. et vendse-toi comme V (1).

‘ Et je t'assure, docteur, qu'avant peu tu to feras faire un coffre-fort. Voilà la route à suivre : à toi de naviguer sagement, Maintenant file au plus vite, ot que je n4 te revoie jamais |

# C’est ainsi que je parlai l’autre jour au docteur don Bo niface qui s'en allait mendiant une place...par charité, ”

Comme on le voit, Garcia Moreno avait pris à tâche de flageller l’abjecte race des budgètivores, de ces vampires qui s’attachent aux flancs des peuples sous prétexte de les représenter ou de gérer leurs inté:êts, et n'ont d'autre souci que d’accaparer les emplois, tripoter à la Bourse, lancer

(D Comme dans tout ce cuuÿ:.re la verve du polémiste s’exerce surtout à propos d’un fait très contesté et aux dépens de personnages très honorables, dont certains furent plus tard ses amis dé-

voués, nous avons remplacé les noms propres par des lettres qui.

pe sont pas même toujours les initiales de ces noms.

té. LE

hé de apires le les souci ancer

exerce ersonis dées qui.

des spéculations véreuses, en un mot, profiter de leurs mandats pour se gorger d'or et d'argent aux dépens de leurs mandataires. Il les chassait à coups de fouet du temple de la loi, comme le Maître avait autrefois chassé les vendeurs du temple de la prière. Il dénonçalt avec indignation ce monde moderne qui ne reconnait plus qu’une science, le calcul, “ Autrefois, disait:il, l’arithmétique servait de guide dans le maniement des intérêts matériels, mais aujourd'hui son domaine est grand comme le monde. Elle dicte ses oracles à des prosélytes sans nombre ; elle impose ses décisions à la justice ; elle donne des lois à la conscience. L'amitié, la douce amitié ne dispense point ses consolations sans consulter ‘‘ la règle d'intérêt.” L'amour, avant de bander son arc, étudie avec soin ‘ la table de Pythagore,” et il n’est point jusqu'à la gratitude elle-même qui ne sache varier ses ‘“ démonstrations ” pour arriver à des résultats plus avantageux. Mais c’est surtout dans la politique que cette belle science des nombres trouve de merveilleuses applications, comme on peut s’en convaincre en jetant les yeux sur la liste des hommes d'État issus de la glorieuse convention,

“ Non, non, concluait-il ironiquement, l'Équateur n'est pas un État itationnaire comme on veut bien le dire, Il faut reconnaître, au contraire, qu'il marche à grands pas dans la voie de la démoralisation. Il ne laissera aux générations à venir aucune vilenie à commettre. Tels sont les fruits qu'à produits jusqu'ici l’arbre de la liberté. Et, en parlant ainsi, je n’accuse point la liberté, mais les misérables qui abusent de son nom pour satisfaire leur égoïsme. A l'Équateur, la liberté a toujours été une vierge innocente violé par d’affreux libertins, une fleur suave dans un fumier, un parfum qui s'évapore dans la putréfaction d’un

- cercueil (1) ”

(1) Son style revêtait toutes les formes pour stigmatiser le président et ses électeurs. Un jour, il fit paraître, sous leur signature, des “ aphorismes moraux ” dont voici quelques échantillons.

—L'homme sage use de la religion comme un pilote de ses

A ce point de vue général de la corraption qui régnait alors, le pamphilétaire avaît cent fois raison, aussi le gouvernement rugissait-il contre ces terribles exécutions, Sos journaux tâchaiont de panser les plaics des pauvros fonctionnaires, mais le lendemain le “ Fouot ” déchirait les bandages ot ravivait les blessures. Il fallait en finir ou tomber sous le mépris publie. Le pouvoir prit l'offensive ot menaga de poursuites le publiciste frondeur, On inerimina le titre même du journal, ses tendaces anarchiques, son opposition systématique. On l'accusa d'immoralité, on lui reprocha sa couardise : il se couvrait du voile ‘de l'anonyme, n'osaut attaquer à visage découvert, Enfin on fit miroiter à sos yeux le spectre du juge, les amendes, ot, qui sait ? peut-être la déportation. C'était le vrai moyeu d'échauffe: l'intraitable polémiste. Sa défense, que nous ne pouvons que résumer, fut plus virulente et plus audaciouse que l'attaque.

4 Vous dites que le nom même du journal est ignoble.— Allons donc ! Ignoble, 1" malfaiteur condumné à la flagellation, non celui qui m£nie le fouet pour châtier le malfaiteur, Ignoble, le misérable qui expie son crime sur l'échafaud, non le juge qui l'y fit monter,

‘“ Le Fouet, une feuille immorale |—-Et pourquoi donc ? Un écrit n'est pas immoral, parce qu'il révèle des faits

voiles. Si le vent est favorable, il les ‘hisse entièrement ; si la tempête gronde, il les cargue prudemment. Ainsi on évite les naufrages.—(R...) —Un libéral sans emploi, c’est une lampe qui s’étient, faute d’huile. L’amour de la liberté, c’est la rage de parvenir.—(M..) —De rien, on ne fait rien, dit-on. Mensonge fieffé : de rien, on fait sans peine un chef de ministère et peut-être avec le temps, quelque chose de plus—(A...) Le temps, c’est de l'argent, disent les Anglais. J'aime mieux mon adage : le bulletin de vote, c’est de l’or—(V...) , —Pour moi, la patrie estun emploi ; la liberté, une rente, et le bonheur. ..une bourse bien garnie—(R. .….) —Le serment dans ma bouche ressembie aux protestations d’une coquette. Les serments mauvais sont eeux qui ne rapportent rien. Il fout les maudire comme le figuier stérile —(C. ..)

ni régnait si lo gouüons. Ses vros fonchirait les 1 finir ou l'offensive On ineriarchiques, oralité, on ‘de l'anofin on fit es, ot, qui ai moyen que nous plus auda-

ignoble.— la flagelle malfaie sur l'é-

noi donc ?

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immoraux, pas plus qu'an jage n’est immoral, parte qu'il châtio l'immoralité. T/immoralité ne gît pas dans ln potte du crime, mais danis le crimo lai-même. Or le Fouet, c'est là poine ; et le crime, c'ost la vente standateuse des suffrages.

“Le Fotet, uno fouille añarchique !=L'anarchié, t'est vous ; vous, le vice ; vous, le désordre ; vous, le crime provocateur : non pas moi, qui m'efforcé d'introduire ün ün pou d'air pur dan la sentine électorule, Les trattres qui se moquent du peuple, les députés sans conscience qui sé traînent Corimie des reptiles à l'assnüt des émplois : Voila les vrais fauteurs de guerre civile !

“ Le Fouet, un journal d'opposition {—-Oui, nous sommes hostiles au gouvernement, et nous le serons toujours, parce qu’il procède de l'infâme vénalité ; oui, toujours, parce qu'il met à néant les espérances de la patrie ; oui, toujours, parce que son chef, après uvoir envahi la muison, la pille et la ruine. Aujourd'hui même, le président Roca, d'ac-

cord avec les trafiquants de son espèce, conclut une négociation immorale au premier chef, mais qui lui rapportera

de beaux deniers, Depuis longtemps, les employés n'ont point touché leur solde : ils attendaient en silence, espérant qu'au rétablissements de la paix, ils seraient intégralement payés. Et voilà qu'il se trouve un homme assez dur pour spéculer sur le pain de ces malheureux, c’est-àdire pour racheter au rabais leurs mandats échus, qu'il se fera rembourser un de ces jours en bons du trésor, avec 50 ou 60o'de ,bénéfice. A ce compte, il suffirait d’une petite circulaire ordonnant de ne plus payer un seul agent de l’administration,+pour que la société Roca et Cie empochât tous les revenus de la république. Il vous sied bien d’accuser Florès ! en fait d’arbitraire et de brigandage, il y a longtemps que les diciples ont surpassé le maître.

“ Enfin, votre grand grief contre nous, c’est que le Fouet est anonyme ! Vous demandez à grands cris les noms des rédacteurs.—Je vais vous satisfaire et vous pourrez exercer contre eux vos redoutables vengeances. Les rédacteur

du Fouet sont les vingt-huit auteurs de la farce exécutée par la convention, le jour où elie nous fit admirer la métamorphose du phénix changée en corbeau. En effet que contient Le Fouet ? La révélation des actes criminels des vingt-huit et l'expression du mépris public qui s'attache à leur nom. Or, nous le demandons à notre tour : qui sont les rédacteurs du Fouet ? Ceux qui ont commis le crime, ou ceux qui l’affichent dans les çolonnes du journal ? Quel est l’auteur d’une lettre, celui qui dicte ou celui qui tient la plume ? Vous êtes bel et bien les rédacteurs du journal que vous incriminez, et c'est vous que la police doit poursuivre, Quand à nous, vous devriez nous remercier pour avoir publié votre histoire, sans exiger de salaire, ”

Cette lutte acharnée, qui dura trois mois, acheva de déconsidérer le président Ro-=a. On le détestait à cause de son caractère dur et hautain ; après cette polémique, on fit le vide autour de lui. Les nobles fuyaient le mulêtre ; les patriotes, l’homme qui livrait le pays aux agioteurs. Le mécontentement allait croissant et la crise tournait à l’aigu quand une échauffourée du général Florès arriva fort à

propos pour rendre au président une certaine popularité. et fournir à Garcia Moreno l’occasion d'entreprendre une <ampagne vraiment patriotique,

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