‹ Garcia Moreno, président de l'Equator [microform]Chapitre 46 sur 97 · AU MO · texte numérisé non relu

AU MO

et de sa arrivée Jntait le s'établir cer su ent ausla Corau miendant, 1 etde

— 963 — / “Mes chars concitoyezs, j'ai vu vos s02#%iances ot j'y à compati ».8 que personne. Vos r:oTinces opprimées et aumiliées par une hord= de andits ont été comme noyées durant tout le cours de cette année dans l’opprobre et l’infamie. Le trafic exécratle de l'honneur et du territoire, la tyrannie immorale et sauvage, la proscription pour crime de probité, l'enrôlement sous peine de mort, la guerre sans pitié à la propriété et à l’industrie, les grades conférés aux criminels des prisons, la licence d’une soldatesque sans frein, tort ce que l'immoralité peut inventer et le crime exécute: : voilà l’affreux tableaux des misères qui ont couvert de deuil notre beau, mais malheureux pays.

4 Cor itoyens, l'heure de la justice a enfin sonné. Vos frères de l’intérieur ont pris les armes pour vaincre les barbares qui vous tyrannissent. Dans les rangs «le ces vaillants fils des montagnes, trouveront un fraternel accueil tous ceux qui viendront combattre avec nous pour la patrie, la liberté, la propriété, l'honneur et la sécurité des familles. Déjà les belliqueux habitants de Babahoyo et des contrées voisines ne sont enrôlés dans l’armée libératrice. La cause sainte que nous défendons compte à Manabi d’intrépides et nombreux partisans. Bientôt vos oppresseurs n'auront pour les escorter que les malédictions du peuple, et les remords qui les accompagneront bien au delà de la vie présente,

“ Mes amis, c’est sur la division des gens de bien que les chants fondent leur puissance. L'union et la concorde seront, dans l'avenir, la solide garantie de l’ordre et le plus sûr présage de la prospérité de la patrie, ”

Le même jour, 28 juillet, avant de lever le camp de Guaranda, il adressait à l’armée cette allocution -

“ Soldats, grands ont été vos sacrifices, mais aussi grande sera votre gloire. Quand, après avoir vendu le sol de la patrie, on lança contre nous les forces qui auraient dû nous défendre, nous manquions encore de troupes régulières, d'armes et d'approvissionnements, On put taxer de témé-

de résistance nécorsaires ; mais nous avions foi dans |d pro tection du çiel : forts de son appui, nous avons marché de victoire en victoire ct assuré la liberté de nos provinces in. térieures.

4 Lu difficulté de continuer les opérations militaires par dés chemins que l'hiver rend impraticables, la nécessité de réformer vos rangs, et par-dessus tout le désir de terminer à l'amiable cette guerre sanglante, ont forcé le gouverne. ent provisoire à vous accorder quelques mois de repos; mais en vain avons-nous voulu assurer la paix sans sacri:

fier nos frontières, en vain avons-nous proposé l'exil volon. :

taires des défendeurs du pouvoir comme moyen de déchirer l'inffime traité du 25 junvier ; nos efforts ont échoué contre l’avenglement de nos ennemis. Ils ont attribué à ls faiblesse les avances généreuses du patriotisme ; ils ont poussé l'audace jusqu'à exiger de nous la reconnaissance de leur pacte honteux, et nous ont ainsi placés dans l’alterni: tive de nous déshonorer ou d’en appeler aux armes.

“ Soldats, je vois que l’indignation éclate dans vos yeux: !

prenez donc en main le fer vengeur, et poussez le cride

guerre qui .'etentira des vallées du Chimborazo aux rives

du Guayas. Oui, guerre aux traîtres et aux bandits, guerre 8 ;

aux oppresseurs de nos provinces maritimes, guerre sam |

trêve aux ennemis de la patrie |

‘ Soldats, l'issue de la campagne n’est pas douteuse, Vous !

défendez la plus pure, Id plus sainte de toutes les causes, la cause de l'indépendance nationale, de la justice et de la civilisation ; votre nombre a triplé depuis nos derniers combats ; vous avez à votre tête an général illustre, des officiers pleins d'intelligence ct de bravoure, et par-dessus tout vous pouvez compter sur la protection visible de la Providence,

“ Laisez nos ennemis s'amuser au souvenir des discordes des anciens jours ; laissez-les vomir contre nous le torrent fangeux de leurs ignobles calomnies ; laissez ces poltrons

raire notre résolution d'accepter le combat sans les éléments

nous lancer leurs insultes pour se consoler de leurs déroulés, !

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et préparez-vous à de nouveaux combats, je veux dire à de nouveaux triomphes. Soldats, je n'ai qu'un ordre à vous jonner : marchez à la victoire. ”

Il ne fallait rien moins que les commotions électriques de cette éloquence passionnée pour inspirer aux solduts conflance et courage au début de cette périleuse campagne,

Le lecteur comprendra les difficultés d’une marche sur Guayaquil, s'il se rappelle. la configuration du pays que l'armée devait traverser. Au sortir de Guaranda, se présentaient les pentes abruptes et sauvages de la Cordillière, Plusieurs jours durant, au millieu des précipices, par des sentiers étroits, sinueux, défoncés, impruticables, les troupes avaient à descendre les escarpements de ces monts gigan. tesque, traînant après elles armes et bagages, munitions et approyisionnements. En débouchant dans la plaine, elles pouvaient s'attendre à rencontrer l'armée de Franco, supérieure en nombre, supérieure surtout en artillerie et en cavalerie. Si, contre toute espérance, lu victoire les favorisait en ruse campagne, Franco reprendrait le Guayns sur la flotte qu'il l'avait amené, pour s'abriter derrière les fortifications de Guuyaquil où il faudrait l'assiéger, C'était une entreprise formidable et digne des vétérans de Bolivar De là les plaisanteries des soldats de Franco sur ces pauvres recrues de l'intérieur, qu'ils s'apprêtaient à reconduire la baïonnette dans les reins jusque dans les neiges de leur Chimborazo.

Ils comptaient sans le génie militaire de Florès et l’invincible andace de Garcia Moreno. Ces deux chefs, de nature difféiente, se complétaient l’un par l'autre. Ils posè rent en priacipe qu'on chercherait à surprendre l'ennemi et qu'on éviterait toute rencontre directe, sauf à l’attaquer avec la dernière vigueur quand les circontances paraîtraient opportunes. Ce plan, le seul possible dans les conditions d'infériorité où ils se trouvaient, fut exécuté avec la plus merveilleuse habileté.

Les troupes de Guayaquil formaient deux corps d'armée.

réservant le soin de défendre cette importante position,

Franco commendait ce premier corps. Le second, sous les |“

ordres du général Léon, occupait Catarama, petit village situé sur la route de Ventanas, à la droite du fleuve, Or l'ar mée de Quito devait nécessairement ou suivre la route or. dinaire de Babahoyo et se heurter au corps d'armée de Franco, ou prendre celle de Ventanas, beaucoup plus lon. gue et plus mauvaise, et rentrer en collision avec celui du général Léon. Voulant à tout prix empêcher la jonction des deux généraux, Florès entreprit de tourner l'armée de Franco pour l’attaquer à l'improviste, et cela sans donner l'éveil au général Léon.

Afin de masquer ses intentions, il fit descendre une division à Bilovan, près de Babahoyo, pendant qu'à la faveur de cette fausse démonstration, le gros de l'armée se dirigeait à marches forcées par les sentiers inconnus de la montsgne, sur la route de Ventanas. Le 5 août, à six heures du soir, les deux premiers corps étaient arrivés ; les autres suivirent de près. Malgré d’indicibles fatigues, il fallut se remettre en route dans le secret de la nuit en silence, afin d'échapper au général Léon dont le camp n'était pas éloigné. Heureusement les campagnards, dévoués à Garcia Moreno, donnaient les renseignements les plus précis sur la position et les forces de l'ennemi. Servant de guides et même de sapeurs, ils ouvraient à coups de haches un chemin au travers des bois quand les sentiers connus pouvaient être dangéreux. On marcha de la sorte seize mortelles heu: res avant d'arriver à Babahoyo. Les mouvements furent si rapides et si bien concertés, le secret si strictement gardé, que le voyage s’effectua sans brûler une cartouche,

Le 7 à dix heures du matin, commenga l'attaque de Bebahoyo. Surpris dans son quartier, Franco voulut se défendre ; mais ses soldats, décontenancés par cette alerte sou. daine et inattendue, ne purent tenir contre l'impétueuse

Le premier ovcupait Babahoyo, ville situé au pied de la Cor ” dillère, et relié avec Guayaquil par le fleuve Guayas, & «

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à la cavalerie de charger les artilleurs, qui fusent sabrés ar lours pièces ou mis on fuite, Dès 1ors la déroute devint générale ; Franco lui-même, blessé à l'épaule, poursuivi par un lancier qui le serrait de près, n'eut que le temps de se jeter sur un vaisseau pour aller cacher sa honto à Guayaquil.

Après trois heures de combat, Garcis Moreno se trouva donc maître de la place importante de Babahoyo. Grand. nombre d'officiers et de soldats, trois canons, quantité de fusils et de munition, l'imprimerie du gouvernement, les ealines de l'Etat, tombèrent en son pouvoir, Un an auparavant il avait juré de ne prendre aucun repos avant d'avoir assuré le triomphe de sa cause ; après cette victoire, il écrivit à ses collègues du gouvernement provisoire : ‘ J'ai tenue parole, et je crois bientôt jouvoir vous annoncer la fin de cette campagne visiblement bénie du ciel. ” Puis, avec un oubli de soi-même dont les grands hommes souls

ont capables, il ajoutait : ‘ Ces avantages, nous les devons principalement au génie guerrier de notre général en chef, nous les devons ensuite aux vertus militaires de nôs offijers et soldats, ”

La prise de Babahoyo avait mis le général Léon dans une situation critique. Coupé de sa ligne de communication, il 2e pouvait sans témérité attaquer des troupes supérieures en nombre, et dont la vieioire avait décuplé les forces, Pour se dégager, il descendit jusqu'à Zamboroddon avec l'intention d’y embarquer ses troupes et de rejoindre Fran- <0 à Guayaquil ; mais déjà Florès, qui l'avait dévinée, se trouvait à Bocca Corvina, en face de Ramboroddon, avec artilleurs et canons, pour couler ses vaisseaux, L'infortuné fut réduit à gagner la cité maritime en traversant bois et rivières sous les feux du soleil dévorant.

Le terrain balayé, il restuit aux vainqueurs à forcer l’ennemi dans la forteresse de Guayaquil, où Franeo préparait une résistance désespérée. Tous les cantons de la pro-

vince fraternisait avec les troupes de Garcia Moreno, le

avec Custilla une comédie plus ridicule que toutes les autres, Un certain nombre de mére. naires à sa solde, réunis en comité, proclamèrent Guayuqil, ville libre et indépen. d'ante sous le protectorat du Pérua. Moyennant cette farce grossière, Franco restait le défenseur de la cité, et Castilla, en sa qualité de protecteur, s’autorisait à bombarder sans scrupule les envahisseurs de Quito. Tel est le respect de ces démocrates pour lu volonté nationale !

Il fallut tout un mois pour s'approcher de Guayaquil, Transportées sur le Guayas jusqu'à Zamboroddon, les troupes suivirent alors le chemin de terre aux prix d'énormes fatigues et vinrent camper à Mapasingue, en vuede la cité, Les deux chefs y établirent leur quartier général pour combiner ‘les dernières dispositions à prendre avant de livrer le terrible assaut,

L'entrée de Guayaquil est défendu de ce côté par une colline hérissée de batteries qui la rendent inexpugnable, A gauche de cette forteresse naturelle coule le Guuyas, dont les eaux vont se jeter à ia mer en cotoyant la ville, A droite s’avance l'Estero Salado, espèce de marécage boueux planté de grands arbres appelés mangeliers, véritable bras do mer isolent complètement Guayaquil et la belle plaine qu'elle domine. Pour pénétrer dans la place sans se jeter tête be issée sur les canons de l'ennemi, les deux chefs durent cette fois encore, recourir à un habile et audacieux stratagème.,

Depuis quelques jours déjà, Florès préparait ostensiblement un assaut en règle de la colline et du fort qui la relie à l'Estero Salado. De son côté, Franco disposrit ses batteries de manière à foudroyer ses adversaires au premier choc. Le 22 septembre au soir, chacun s'en alla prendre s0n repos, persuadé que la bataille aurait lieu le lendemain, lorsque, ”: nuit, pendant que les foux brillaient au camp comme à l'ordina‘re, l'armée des axenillants #: mit en marche, sauf un régiment de lanciers et une compagnie d'ar-

traître, pour colorer ses prétentions, imugina de concert :

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tillenrs chargés de défendre en cas d'attaque le quartier général de Mapasingue et d'attirer de ce côté l'attention de l'ennémi, L'armée se tranportait à une lieu de 1à, sur les bords de l’Estero Salado, pour le traverser rette nuit-là même et surprendre Guayaquil du seul côté où Franco ne pouvait l’attendre, car il ne venait à l'imagination de personne que des troupes en armes s'uventurassent jamais dans cet inextricable labyrinthe.

Sous l’habile ot énergique direction de leurs chefs, les soldats défilèrent dans le silence et l'obscurité de la nuit, emportant canons et munitions, canots et radeaux, tout le matériel lourd et encombrant qui devait servir à effectuer le passage du Salado et à livrer bataille, Après deux longues heures de marche par des sentiers étroits et tortueux, à travers les collines, les rochers et les broussailles, on déboucha enfin dans une petite vallée où les soldats épuisés se livrèrent au sommeil. Sur pied dès l'aurore, ils arrivèrent promptement à l'Estero Salado. Ce bras de mer, pris dans sa largeur, se divise en trois parties. C’est d’abord un marais fangeux, d'où émerge une forêt da mangliers. Ces arbres étranges élèvent leurs racines jusqu'à plusieurs mètres au-dessus du sol, de sorte que celles-ci, se croisant et s'entrelaçant comme les mailles d’un tissu, forment une haie impénétrable de cinq à six cents mètres d’étendue. Au delà, le marais est coupé dans touto sa longueur par un canal profond, d'environ trente mètres de large, qu'on appelle le Rio Salado ; puis reparaissent les terrains marécageux ot le bois de mangliers jusqu'à la savane, C’est cette barrière trois fois infranchissable qu'il fallait traverser pour se jeter dans la vaste plaine qui s'étend de l'Éste ro jusqu'à Guayaquil.

Le général en chef, entouré d'une compagnie de tirailleurs sesrendait compte, svec une grande attention des dificultés du passage, quand un fou de peloton, parti du Salado, lui apprit qu’on l’observait, Sans perdre de temps, ils'élanga suivi de ses hommes à travers les mangliers

pour connaître l'ennemi, (C'étaient des éclaireurs montés

sur deux embarcations, qui, aux premiers coups de fusil, s'empressèrent de gagner le large. Le Rio rendu libre, les tirailleurs le traversèrent en canots, pour s'établir sur la rive opposée, et protéger la terrible opération du passage des troupes. De l'autre côté, les canons déjà montés sur leurs affüts attendaient le moment de balayer les lignes ennemies.

Alors, au moyen de canots et de radeaux, les différents corps, compagnie par compagnie, s'efforcent de franchir l’affreux bourbier, On ne voit plus des soldats accrochés aux mangliers, et suivant péniblement la direction tortueuse des racines, tantôt hissés jusqu'aux branches des arbres, tantôt enfouis dans la boue gluante sous un toit ’arbustes et de broussailles, Plusieurs bataillons avaient heureusement gagné l’autre rive, quand du fort de Liza part une vive fusillade ; le canon gronde à son tour ; quelques balles, lancées par les tirailleurs, parviennent jusqu'au Salado : ce sont des détachements ennemis qui accou. rent pour barrer le passage, difficulté qu'avait prévue l'habile général en chef. A l'instant, sur son ordre, vingt trompettes placées à l’arnt-garde au milieu des tirailleurs sonnont la charge comme si toute l’armée suivait, Trompée par cette ruse, une bande de deux cents hommes, après avoir brûlé quelques cartouches, crut prudent de se replier en bon ordre.

Le gros de l’armée se trouvait alors dans les mangliers déployant une activité prodigieuse, Bientôt les artilleurs, après avoir protégé leurs frères, arrivent eux-mêmes au bord du labyrinthe, traînant leurs canons, leurs affüits, leurs obus, leurs caissons. À la vue de jeur chef qui s'élunce dans le marais, chargé d’un caisson de cinquante, ces bravesle suivent avec leure pièces. Les canons, attachés duns le sens de la longueur à un levier de quatre mêtres de long, sont portés chacun par douze hommes. Dix autres traînent les affûts, pendant que leurs camarades chargent sur leurs épaules ou attachent à leur cou les caissons de muritions, Chacun de ces groupes n'avance de quelques mètres qu'au

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prix des plus héroïques efforts. L:s uns, suspendus aux branches des mangliers, soulèvent le levier, pendant que d'autres, enfoncés dans la vase, soutiennent de leurs bras ner veux les lourds affts, Coux-ci les dirigent au moyen de cordes à travers les obstacles ; ceux-là écartont les broussailles ou coupent les racines qui embarrassent la marche. Parfois, après de longs efforts, une branche pourrie cède sous le poids de quatre ou cinq hommes qui tombent dans la vase, avec le canon suspendu à leurs bras, et il faut alors tout le génie des officiers pour les dégager de l'ornière. Enfin, la figure couverte de boue, les pieds et les jambes ensanglantés, l'uniforme en lambeaux, ruisselants de sueur, mourants de seif au point d'approcher de leurs lèvres le liquide nauséabond dans lequel ils pataugent, ces braves aussi durs que le bronze de leurs canons, arrivent dans la plaine avec armes et bagages aux applaudissements de toute l'armée. On avait mis kuit heures à franchir l'Estero Salado, huit heures d’héroïsme silencieux dont nous n'avons voulu omettre aucun trait, afin de montrer ce ‘que peuvent des hommes de cœur conduits par des hommes de génie.

Vers le soir, l’armée, formant un vaste quadrilatère, se développa dans la plaine et attondit frémissante, le signal du combat. Garcia Moreno et Florès parcoururent les rangs pour donner leurs dernières instruction. À onze heures, les clairons sonnèrent la marche en avant, s'est-àdire la victoire ou la mort. Derrière les combattants s'’ouvrait le tombeau de fange qui devait les ensevelir en cas de reculade ; devant eux, les canons de Franco. Chefs ot soldats n'eurent plus qu'une seule pensée : vaincre les traîtres ou vendre chèrement leur vie,

À co moment, tonnèrent à l'unisson les batteries de Franco et les canons du vapeur péruvien Tumbez, Les assaillants répondirent par un cri formidable de : ‘“ Vive l'Equateur ! ” et se précipitèrent avec une telle fureur que plusieurs compagnies de l'avant-garde ennemie s'enfuirent en désordre, reconduites au pas de charge, l'épée dans les reins, par le bataillon du colonel Vintimilla. Le comman:-

dant Barreda, appuyée par l'artillerie du général Salazar, dispersa un fort bataillon d'artillerie et lui prit une de ses “pièces. En même temps, les volées do mitraille balayuient la

plaine si bien que les troupes de Guayaquil, qui ne comp-

taient nullement sur le canon après le passage du Salado, .se retirèrent complètement démoralisés derrière les batte-

ties de la colline (1), après avoir abandonné presque sans résistance la caserne el le parc d'artillerie.

Les hauteurs et les forts continuaient à se défendre. Garcia Moreno et Florès, établis au centi:e des opérations, donnèrent vers quatre heures le signal d’une attaque générale, Le colonel Vintimilla, sous un feu terrible, prit d’assant les fortifications de la Legua et s'empara de ses batteries, Vers six heures, le général en chef, entouré d'une faible escortc, s'approcha des 1etranchements du Cerro pour inviter l'ennemi à ne point prolonger une résistance inutile, et déjà les troupes levaient la crosse en l'air, quand un raulâtre furieux braudit sa lance pou” en percer le trop persuasif orateur, Florès n'eut qne le temps de fuir au plus vite, sous une pluie de balles auxquelles il échappa comme par miracle. Quelques instants après, il revint à la tête des Vengeurs de Quito, qui s'élançgant à la baïonnette sur les parupets, tuèrent les artilleurs sur leurs pièceset se rendirent maîtres du Cerro. Pendant ce temps, les colonels Salvador et Vintimilla démontaient toutes les batteries depuis la Legua jusqu'à l'hôpital militaire,

L'ennemi affolé s'enfuit à la débandade à travers los rues de la ville, s'embusquant dans les maisons pour tirer ehcore sur les vainqueurs. À neuf heures, les survivants de cette lutte sanglante étaient tous prisonniers Le général Franeo, embesuué sur un vaisseau péruvien, laissait entre les ais de l'ennemi plus de quatre cents soldats, la plupart de 898 vies, vingt-si pièces d'artillerie, son armement

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AE, sauvage des Tauras, vous avez ceint votre front de lauriers re qui ne se flétriront pas. Le passage du Salado avec nos cafe nons, les combats qui ont décidé notre triomphe, seront des t4 faits mémorables dans l’histoire militaire des nations, ” Gba | La prise de Guayaquil, qui terminait cette lutte de quinsans ze mois, fut saluéo par des acclamations qui retentirent jusqu'aux confins de l'Equateur. On eût dit qu'on célébrait Gar- la conquête d’une nouvelle indépendance. Pour dduner à don. cet évènement sa vraie signification ct en perpétuer à jarale mais la mémoire, Garcia Moreno voulut que la bannière t les déshonorée pour les traîtres disparût avec eux de l’Equa- Fute teur, “ Cette bannière, dit-il dans un décret solennel, por. pete. tée par un chef indigne, couvert d'une tache indélébile, doit l'en- s'effacer devant l'antique drapeau teint du sang de nos déjà braves, drapeau ‘oujours immaculé, toujours triomphant, ee vrai trophée de nos gloires nationales. A partir de ce jour, ont le noble drapeau colombien redevient le drapeau de la anti République. ” mira- Le chrétien se souvint alors que la victoire doit s’attri. peurs buer moins au génie de l’homme qu'à l'intervention du ipets, Dieu des armées, La prise de Guayaquil ayant eu lieu le aîtres 24 septembre 1860, fête de Notre-Dume de la Merci, il déy Vin- créta que ‘“ pour remercier la Mère du divin Libérateur Jegua comme pour mériter son assistance dans l'avenir, l’armée de la République serait placée désormais sous la protection to spéciale de Notre-Dame de ln Merci et que, chaque année éhco- au retour de ce grand anniversaire, le gouvernement et le cet- | l'armée assisteraient officiellement aux solennités de l’Egli- Fran- se, ” De fuit, Notre-Dame de la Merci, l'antique rédemptri- Lre lé ce des caplifs, l'avait aidéA délivrer son pay: d'hommes lupart plus à craindre que les Sarrasins, jé veux dire les : 10mmes ement | de la Révolution, énéral s d'ar-

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