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déteint sur tout, il y a différentes nuances de conservateurs, différentes nuances de catholiques et, faut-il le dire ? diffé-
rentes nuances d’ecclésiastiques. La majorité des députés se
comporait de jeunes gens dont la plupart avaient fait leurs
premières armes, et aussi leurs premiers pas dans la politi-
que, durant la période insurrectionnelle qu'on venait de traverser, Catholiques plus ou moins pratiques, mais presque tous libéraux exaltés, ils arrivaient au congrès la tête farcie . des idée américaines sur la séparation de l'Eglise et de l'Etat, sur le système fédératif, et autres utopies alors très-prônées à la Nouvelle-Grenade. Ils admiraient en Garcia Moreno, l’invincible ennemi du despotisme mais on les aurait embarrassés en leur demandant une définition de la
* Ferté, N'était-il pas à craindre que cette assemblée, char-
gée par la nation de panser ses blessures, ne tuât le maladeau lieu de le guérir ? Heureusement Garcia Moreno veillait sur ce souverain doué de quarante têtes, et stcapable par à même d’une infinité de bévues,
Après la séance d'ouverture, qui eut lieu le 10 janvier 1861, le gouvernement provisoire rendit compte de ses actes à la convention et [ui remit ses pouvoirs. Au récit de cette épopée de quinze mois, sénateurs et députés ne purent empêcher de battre des mains et de pousser de longues acclamations. Séance tenante on decréta que les membres du gouvernement provisoire avaient bien mérité de la nation et que les bustes de ces illustres citoyens figureraient au palais du gouvernement pour perpétuer le souvenir de leurs services. Garcia Moreno, chaudement félicité devant tout le peuple, fat nommé président intérimaire. Les représentants n’oublièrent point l’armée qui, par sa bravoure, avait sauvé le pays, ni cette Vierge de la Merci dont hrfête avait coïncidé avec la prise de Guayaquil. On contirma le déeret qui la déclarait patronne spéciale et protectrice de la République. Malheureusement cet enthousiasme du cœur, cette touchante unanimité, fit place à discorde, dès que s’ouvrirent les débats sur la révision dela constitution.
pays par l'énergique répression du crimeret l'éducation solidé des jeunes générations, de protéger la sainte religion des aucêtres et de réaliser les réformes que ni le gouvernement ni lés lois ne peuvent obtenir par eux-mêmes (1) Mais, au lieu de heurter den législateurs incapables de le comprendre; il crut mieux faire d'ajourner à des temps meilleurs l'exécution complète de ses plans et se borna pour le pré sent à écarter toute disposition de nature à paralyser lat: tion de l'Eglise.
Le projet . de constitution déclarait la religion catho-
lique,, apostolique et romaine, religion de l'Etat! à l'exclusion de toute autre. Loin de constituer . une inno-:
vation, cet article consacrait un principe toujours: admis dans les républiques américaines et, de plus, un fait aussi
éclatant que le soleil. Maïs le vent était à la liberté des cultes, n’était-ce point là le droit nouvean, accepté dans les |
deux mondes, et tout récemment à la Nouvelle-Grenade,
aux portes de l'Equateur ? Après avoir chassé les tyrans. qui l'opprimaient, la nution équatorienne ne devait-elle.
pas entrer résolûment dans le mouvement d'émancipation qui entraînait tous les peuples, abolir une législation rétrograde, effacer les derniers vestiges de l’'Inquisition ? Une
fois lancés dans cette voie, les jeunes politiciens se répandi. :
rent en tirades échevelées sur la liberté de conscience, les
progrès modernes, et autres clichés à l’usage des parlemen. ! taires sans idées. Un ecclésiastique sous l’action de ce feu, : très peu sacré, s'oublia jusqu'a déclamer avec emphase m, |
discours de Mirabeau. Il affirma solennellement que Dieu,
visible comme le soleil, s'impose à tous et par conséquent, : c’est une superfluité presque injurieuse de le reconnaître officiellement. On applaudit ce naïf au lien d’en rire. Pour !
quelques-uns cependant, toute cette argumentation cachait
plus de malice que de niaiserie.. En supprimant l’article <commme: inutile, on ouvrait frauduleusement une porte.
(1) Message de 1861.
Garcin Moreno désirait ardemment doter l’'Equateur. 4 d’une constitution catholique, seul moyen de “ moraliser le,
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Quant aux jeunes gens, piqués dans leur amour-propre national ils voulaient montrer à tous les peuples qué le s0-
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Nouvelle-Grenade.
?’Ces ridicules déclamations n'eurent heureusement d'autre effet que de soulever tout le pays contre leurs auteurs.
: Scandalisé de voir l’abominable -hérésie placée sur le même : pied que Ia vielle religion des ancêtres, le peuple fit
entendre contre l'assemblée des murmures significatifs. Pour sa part, Garcia Moreno usa de toute son influence pour raméner les égarés à des idées plus saines, et l'articlé futmaintenu. Dans les délibérations relatives aux rapports de l'Eglise et de l'Etat, il réussit même à briser certaines entravés qui gênaient plus ou moins l’action du clergé.
Une autre question vitale vint alors passionner les esprits au dedans et au dehors de l'assemblée, L'Equateur conservait-il sa forme unitaire, ou se morcellerait-il en petits Etats indépendants reliés entre eux par un lien fédératif, éomme les Etats-Unis ou les cantons suisses ? Cette discussion était partout à l’ordre du jour depuis que la Not velle-Grenade, infatuée de la république modèle de Washington, exaltait avec cmaphasS les avantages du système fédéral et proposait de s'y rallier sous le nom d’Etats-Unis de Colombie. Beau thème pour nos jeunes constituants, dont W tête abondait en réminiscences de collège. Quoi de plus poétique que les cautons suisses et de plus grandiose que ls Etats-Unis ? Avec la fédération, plus de guerres, plus de despotisme, mais la plus touchante fraternité. Sans dout le gouvernement fédéral suisse opprime parfois les cantons catholiques ; les états du Nord, en rue écrasent de temps en temps ceux du Sud : ; mais On n'y regardit pas de si prè:. Pour les ambitieux, la fédération con titüant beaucoup d'Etats, avaient surtout l'immeuse avantâge de nécessité beaucoup de fonctionnaires, et de favorisûr ainsi le rêve des nullités qui veulent régner à tout pie, 30 sur les infiniment petits,
Il n'était pas difficile de ‘montrer aux moins : sir il que le fractionnement de l'Equateur en plusieurs états, ‘établiruit entre eux un antagonisme détestable, fomenterait la guerre civile, et ruinerait d’un coup tout espoir de progrès en anéantissant toute ressource duns ce pays d'une immense étendue et d’une population très restreinte, Garcia, Moreno s'opposa énergiquement à la division, “ Vous voulez, disait-il agréablement, briser le plat pour en rajus ter ensuite les morceaux. Vous rendra-t-il plus de services, ainsi, rapiécé, que dans son état d'intégrité ? ” Après des débats très orageux, accompagnés d’une inondation de pamphlets, la majorité se railla au système unitaire, En
LC . Q somme, beaucoup de bruit pour rien, et c’est souvent ce
qu'on doit espérer de mieux d’une assemblée de constituants,
La convention n'avait plus qu'à délibérer sur les droits
constitutionnels du pouvoir exécutif, question brûlunte au.
lendemain d’une insurrection .contre la tyrannie, Quelle belle occasion de lancer des fusées oratoires sur les droits de l’homme et les libertés imprescriptibles du citoyen ! On rappela que le pouvoir exécutif n’est que le mandataire du peuple souverain ; on voua les despotes aux dieux infor: naux ; on oublia que le gouvermement, chargé de veiller
à la sécurité de tous, doit être armé de pouvoirs suffisants |
pour réprimer les perturbateurs. C’est d'une main parcimonieuse et comme à regret que les députés accordèrent au président les facultés nécessaires pour gouverner, même en
temps de paix. Pour l'empêcher de tyranniser les citoyens, |
on en faisait le jouet des entrepreneurs de révolutions. Aux :
jours de bouleversement, il se verrait dans l'alternative où de livrer aux séditieux la société dont il avait la garde, ou d'agir en dictateur pour la sauver. Mais que peut la raison sur des libéraux qui croient avoir gagné tout ce que perd l'autorité ? (Garcia Moreno se contenta de demander pour le pouvoir une double garantie contre les menées des radi-
caux : d'abord la ratification de sa réforme électorale, et . ensuite lu scission en deux parties de la province de Gr |
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yaquil (1) afin de soustraire la plaine à l'influence désastreuse de la cité. On lui accorda ces deux points, et l'ensemble de la constitution fut voté.
L'assemblée mit alors à l’ordre du jour l'élection du prégident. Elle avait décrété que pour l'avenir le suffrage universel nommerait le chef de l'Etat, mais en se reservant l'élection actuelle, À l'unanimité des voix (2) et sans débats, Garcia Moreno fut élevé à la présidence de la république. Ainsi la nation, pur ses représentants, rendit hommage et justice’au grand citoyen qui depuis quinze ans n'avait vécu que pour elle. Sauf les urbinistes, qui frémirent de rage, le peuple répondit au choix des députés par d’unanimes applaudissements.
Garcia Moreno refusa d’abord le mandat qu’on lui offrait, alléguant avec raison l'insuffisance des pouvoirs octroyés au gouvernement par la nouvelle constitution. Désarmer l'autorité en face de la Révolution, c'était disait-il, décréter l'anarchie perpétuelle. On verra plus tard combien ses prévisions étaient justes. Il finit cependant par céder aux instances de ses amis qui, voyant en lui le seul homme capable de régénérer la nation, tirent appel à sa conscience et à
‘son dévouement. Du reste, pour lui prouver leur bonnv « : volonté, les représentant votèrent, sous son impulsion, plu-
sieurs lois organiques dont ils n’apprécièrent peut-être pas toute la portée. Ils décidèrent qu’un concordat serait proposé au souverain pontife, et mis à exécution sans attendre la ratification au futur congrès. Par cette porte qu'ils lui ouvraient, le président allait à leur insu faire passer toutes les
:: libertés de l'Eglise. On décréta également la réofganisation
des finances, de l’armée, de l'instruction publique, et la construction d’un chemin carrossable de Quito à Guayaquil
k. Garcia Moreno, dont on connaissait le génie et l’activité,
reçut la mission d'exécuter ce magnifique programme.
(1) La province issue de ce dédoublement s’appelle Zos Rios, les .
Rivières, |
(2)-Moins une qui fut donné à Pedro Carbo.
Gi
U'était précisément le plan du bel édifice dont il voulait doter son payé Enen tragant l’esquisse les députés obéissaient &8es inspirations, mais nul ne pouvait diviner les propor. tions colossules qu'il allait lui donner, Somme toute, mal gré les dispositions peu favorables de la convention, Garoia Moreno avait écarté tout projet de. loi contraire aux inté rêts de l'Eglise et de l'Etat, et obtenu un. blanc-sing pour opérer les réformes qu'il. jugerait nécessaires : c'était pour ses débuts, un assez beau succès. , 3
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Pour £ Garcia À de se re par les i gaim de cialité q péys pa ce n’est pour vi là main et d'exp <oriscie!
gards ; trieuses rasites, les min tribun res, pa le plus les for régime