‹ Garcia Moreno, président de l'Equator [microform]Chapitre 50 sur 97 · CHAPITRE VIII RÉFORME · texte numérisé non relu

CHAPITRE VIII RÉFORME

Garcia Moreno se mit immdiatement à son œuvre de réformateur, vrai nettoyage dee étables d'Augiäs dans un paÿs où la Révolution s'ést installée durant un quart de siècle.

Pour apprécier la nécessité du coup de balai donné par Garcia Moreno à taus les échelons de la hiérarchie, il suffit de se remettre sous les yeux un principe cent fois établi par les faits : c’est que le parti révolutionnaire, lugubre «ssaim de frélons bourdonnants’et dévoränts, n'a d'autre spécialité qué de consomimer sans produire. S'il s’epare d'un pays par an coup de force ou par la sottisé des électeurs, ce n’est point pour aider le peuple à mieux vivre, . pour vivre à ses dépens. Sa tactique consiste à mettre li main sur l'Eglise afin de l'empêcher de crier au eue et d’expulser des administrations les hommés honnêtes ét <onsciencieux dont il convoite les places ou craint les regards ; puis, quand toutes les abeilles ouvrières et industrieuses d'un pays sont tombées sous l’aiguillon de ces parasites, la curée, commence. Les frelons se faufilent dans les ministères, les préfectures, les mairies, les casernes, les. tribunaux, les comptoirs, les banques, 168 agences financières, partout où l'on trouve à s’engraisser. Là ils dévorent le plus possible, avant qu’un autre essaim de frères ét amis les force à vider la place. Après quinze ou vingt ans de ce régime, un peuple, si riche qu'il soit, est rongé jusqu'aux

os. Il se réveille un beau matin sans religion, sans honneur, sans crédit, sans agriculture, sans industrie, sans commerce, sans finances, avec des milliards de dettes et la banquerouà ses portes. Pour consoler le pauvre Job, les frelons gros et gras bourdonnent à son orcille quelque refrain monotone en l'honneur du progrès et de la liberté.

Tel était le misérable état auquel la Révolution avait réduit l’Equateur, quand Garcia Moreno prit en main les rênes du gouvernement. Lui qui considérait le pouvoir comme un instrument non de jouissance mais de bicnfuisance, comme un levier placé dans la main d’un homme pour lancer un peuple dans la voie du progrès matériel, intellectuel, moral et religieux, après avoir arraché aux révolutionnaires le cadavre de son pays à demi rongé déjà, que pouvaitil faire pour lui infuser une nouvelle vie, sinon remplacer les frelons par des abeilles, c'est-à-dire s'entourer dans tous les services publics de coopératéurs intègres, au risque d’affronter la haine d’une multitude d'individus dont il allait troubler la quiétude ou déranger les calculs ?

Son premier soin fut de s'associer un personnel administratif irréprochable, laborieux, dévoué corps et âme à la réalisation de ses gigantesques desseins. Sans égurd pour leur noblesse ou leur richesse, il écartait impitoyablement des emplois les homme incapables de les bien remplir. De plus, les fonctions et services rétribués par l'Etat, jusque-là.

: véritables sinécures redevinrent des charges dont le titulai-

re ne toucha les appointements qu'après les avoirs gagnés par un labeur assidu. Les employés de bureaux restaiént à leur poste de dix heures du matin à cinq heures du'soir.

- Le président exerçait lui-même un contrôle sévère et une

justice si inflexible que les infracteurs aux règlements, à. n'importe quel degré de l'échelle administrative, étaient punis d’un renvoi immédiat. De ce chef, il écarta du budget grand nombre de rongeurs qui naturellement conservèrent une dent contre lui. Si, de nos jours, un président de république s'affranchissait, par impossible, du népotisme, du favoritisme et même du bandistime administratif, quel cris

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Le département des finances exerga surtout le zèle et : l'attention du réformatour, Pour exécuter les entreprises

led qu'il méditait, il lui fallait, outre un personnel intelligent: et actif, des finances prospères. Or, depuis ses trente années L d'existence, jamais l’Equateur n'était parvenu à équilibrer TAAG 19e ses recettes et ses dépenses. Chargé pour sa quote-part de les r6- de la dette contractée par la Colombie pendant la guerre FRONT de l'Indépendance, ruiné par les parasites et les soudards ao qui s'engraissaient aux frais de l’Etat, il n'avait ni crédit ni r lan- révenus. L'agriculture restait à l’état d'enfance, faute de ectuel, routes, de bras et même d'instruments aratoires. Le com- SRRA merce végétait, pour ne pas dire se mourait, à cause des 7 paval révolution incessantes qui bouleversaient le pays, et plus enplacer core par la difficulté des communications non seulement Pi Fous, avec l'étranger mais encore entre habitants d'une main ed af- province. On avait vécu au jour le jour, de la contribution l'allait M des indigènes, assez productive, mais qu'on venait juste- | ment de supprimer comme une odieuse exaction, puis minis- des contributions forcées, plus odieuses encore. Pour se Le à la, procurer des ressources, un gouvernement honnête ne poupour vait avoir recours à des brigandages de prétoriens aux ement abois : mais comment subsister dans un pays écrasé sous ir, De | le poids de taxes exorbitantes, et où tout emprunt deve- 4 que-là. nait impossible parce que les emprunteurs .avaient prouvé ‘71e itulai- depuis longtemps par leurs dilapidations la nécessité de : "agnés leur donner, au lieu d'urgent, un conseil judiciaire ? Garcia , taiént | Moreno résolut le problème par des moyens qui, malgré 1 soir. leur simplicité, dépassent cependant les capacités de nos : :°, t une plus illustres financiers.

ne En attendant qu’une administation sage et progressive le an udget mit à même de multiplier les sources de revenus, il établit re en une stricte économie dans les dépenses. Réduire ses dépen- æ répu- ses quand Ja bourse est vide, celà parait élémentaire, et ce- dE du fa pendant cela fait sourire nos économistes modernes, sui-

vant lesquels on est d'autant plus riche qu'on enfle davan-

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tage lé chiffre de sa dette. Encouragé par ces belles doctri:

nes, tel pays que nous pourrions nommer, aveé une dette de trente milliards et des déficits annuels de plusieurs cen. taines de millions n'hésite pas à voter des milliards nou. veaux pour bâtir, non point des écoles, mais des palais sç0laires ! Garcia Moreno prétendait que seuls les agioteuts et les banqueroutiers s’enrichissent au moyen d'emprunts qu'ils no pourront jamais amortir ; aussi retrancha-t-il impitoyablement du budjet tout crédit dont la nécessité ne lui parut pas suffisamment démontrée.

Une autre méthode, tout aussi primitive, de grossir son trésor, fut de ne plus le mettre dans un sac percé, autre. ment dit de réformer complètement l'administration financière. Inutile de s’ingénier à diminuer ses dépenses si les économies sont absorbées par les publicains et les bureau: crates, Or, sous les gouvernements précédents, le gaspilla ge des deniers publics, l’agiotage officiel, la contrebande

effrontée, florissaient à l'Equateur comme dans leur terre ,

natale, Les présidents donnaient l'exemple de ces malversations cyniques : Roca spéculait ouvertement sur les créances des employés ; Urbina puisait à pleines mains dans los cuisses publiques, et faisait déclarer par une convention qu'un homme de son mérite ne s’abaissait pas à rendre des comptes. Naturellement on a mauvaise grâce à morigéner ses subordonnées quand on s'accorde à soi-même de telles licences. |

Garcia Moreno entreprit de faire la lumière dans ces antres ténébreux qu'on appelle bureaux de finances, Avant lui, les provinces, les cantons, les municipalités terminaient leurs comptes particuliers sans avoir à redouter l'œil exercé d’un vérificateur suprême. Cet excellent régime de dé: centralisation forçait un ministre des finances à faire dovant les chambres la déclaratton suivante. ‘“ Après plusieurs mois de travail assidu, je me vois dans l'impossibilité de présenter les comptes en temps opportun. Les complica. tions do notre système de comptabilité, ajoutées aux inexactitudes des pièces envoyées au ministère, rendent tout con-

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tôle impossible, C’est une tâche supérieure aux forces humaines que d'établir, sur de pareilles données, un état sérieux de nos finances, J'ai acquis la preuve que notre comÿtabilité ost un véritable chaos, et c'est le seul fruit que j'ai recueilli de mon travail (1) ” Maintes fois on se plaignit de ce chaos, mais on eut soin de l’entretenir, par la raison que les ténèbres conviennent aux malfaiteurs, il fallait un homme d'ordre mathématique et de rigoureuse justice, un Garcia Moreno, pour entreprendre de le débrouiller,

Afin de régulariser les livres des comptes, il se condamnn

à l'ingrat et pénible travail d'une vérification généralo de toutes les dettes contractées par l'Etat depuis l’origine de la République. Que de jours il lui fallut passer au millieu dé registres trompeurs et de créanciers trompés ! Les titres n'étaient pas mêmo enregistrés ; les emprunts forcés qu'on décrétait chaque semestre sous prétexte d'invasion ne figütaient pas au grand livre. Garcia Moreno dut se faire présenter tous les bons du trésor, lesquels souvent n'étaient pas légalisés, pour arriver à la liquidation d’une dette qu'il vit \monter à quatre millions de piastres, Une fois sorti de ce dédale, il introduigit notre système de comptabilité française, de manière à établir nettement le tableau comparatif des entrées et des sorties , de l'actif et du passif. De plus, une cour des comptes centralisa dans la capitale le contrôle de tous les employés. Déclarés responsables de leur gestion, les agents du fise comparurent chaque année devant ce tribunal pour y rendre un compte détaillé de leurs opérations. En cas de négligence ou d’infidélité, le coupable était immédiatement jugé, condamné à l'amende, et destitué. Pour pré. venir même au sommet de la hiérarchie toute tentation de complaisance ou de fraude, le président révisait lui-même le travail de la cour, et souvent ces yeux d’Argus découvraient des erreurs qui avaient échappé à la perspioucité des plns rigides contrôleurs. Ce n'est pas sous son gouver-

(1) Compte-rendu d’Icaza, ministre de Roblez, 1857. Ce témoignage est d’autant plus probant que le rapporteur était très entendu dans la matière.

nement qu'on eût trouvé trois Centé millions de déficit dans

la caisse d’un ministre de guerre (1), sans ‘que la cour des

comptes pût mettre la main sur le voleur : Garcia Moreoû l'ent trouvé, et de plus il eût osé le punir.

Vint ensuite le tour des agioteurs qui achetaient au rabais les créances arriérées des employés civils, pour en trafiquer avec les agents du fisc. Il fit rendre gorge aux coupables et destitua les fonctionnaires qui se prétaient à ces honteuses spéculations sur la misère publique. :On profitait même de l'ignorance des contribuables pour substituer aux rôles officiels des pièces fausses portant surtaxe : l'employé, auteur ou complice de Ja fraude, empocnait la diffé rence. Un décret condamna ces malfaiteurs à une amende égale à la somme indûment perçue, puis au châtiment édicté par le code contre les falsificateurs de documents officiels, Il n'épurgna pas d'avantage les contrebandiers ni les employés concussionnaires qui détournaient à leur profit la principale source des révenus de l'Etat.

L’incorruptible financier ‘‘onnait à tous l'exemple du plus absolu désintéressement. Bien que sans fortune privée, jamais il ne voulut profiter des douze mille piastrs

affectées au traitement annnel du président, Vu la pénurie

du trésor, il faisait remise à l'Etat de la moitié de cette somme, et consacrait le reste à des œuvres de charité. Cette noble conduite ne put le soustraire aux ranCunes des nombreuses victimes de l'épuration. Les fonctionnaires pris la main dans le sac et chassés sans miséricorde, les parasites congédiés, les paresseux forcés au travail, les escrocs dé masqués, crièrent à l'intolérance, et, faut-il le dire, certains libéraux trouvèrent ce nouvel Aristide un peu fatigant, sa chasse aux voleurs trop opiniâtre, et sa justice trop inexorable, Le libéralisme aime les transitions et les transactions. ;

Une réforme non moins urgente, celle de l’armée s’imposait au ouveau président, La République se mourrait de

() On signala ce déficit énormo dans la caisse d’un de nos ministres après la guerre de 1870.

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Fe use Nous l'avons vu, depuis les guerres de l'indé- 6 ‘ pondance, les soldats disposaient du paÿs, des propriétés, de la vie des citoyens et par leurs pronunciamentos quotidiens, du gouvernement lui-même. Les présidents, portés

ient au au pinacle par un ‘pronunciamento, 8 'appuyaient sur les pour en baionnnettes pour se maintenir, Aussi ces vieux troupiers Dr ge aux sans MŒUTS Et SANS vergogne, fiers de leur importance,

étaientà affectaient-ils un profond mépris pour l'élément civil. Ce mal, arrivé à son comble sous Urbina et Roblez, Garcia Mofeno

NA: ES avait été à même d'en mesurer la profondeur dans la der- Le: l'en 1 nière révolte de Riobamba. | la diffé. En montant au fauteuil il jura d’en finir av :c de despoamende À tisme militaire, ‘“ Une armée ainsi constituée, dit-il un jour, ent édic 4 <'est un chancre qui ronge la nation : ou je la réformerai, officiels, : ouje la détruirai. ” Il se mit à l'œuvre sans délai, édicta i les em- des règlements sévères contre les sorties nocturnes, l’immoprofit la ralité, le brigandage, et fit jeter en prison tous les récalcitrants, officiers où soldats. On regimba contre l'aiguillon, ple du on se moqua de ce civil qui prétendait faire la loi aux géune pri- péraux, on s’efforça de le rendre odieux dans les casernes, piastroé et déjà des complots s'ourdissaient contre lui ; mais son œil y pénurie ; voyait dans les ténèbres, et son bras, prompt comme l'éde cet clair, s’appesantissait sur les coupables. té. Cette | Dès les premiers jours de son gouvernement, un exemple des nom | montra aux émeutiers de caserne que les insurrections coûsprisla ! teraient cher à leurs auteurs. Nous avons dit qu'après la parasites | capitulation de Cuenca, le général Ayarza s'était retiré comcrocs dé ! me simple particulier dans sa résidence de Quito. Proticertains tant de la considération dont il jouissait à juste titre, il ne fatigant, . tarda pas à rallier autour de lui un parti de mécontents rOp inex- pour ourdir de nouvelles trames contre l'autorité. Garcia transac- “Moreno sentit qu'il fallait désarmer par un coup de force ces révolutionnaires de profession. Le coupable fut traînéà es’impo : “la caserne et fustigé comme un simple soldat. “ Fusillezirait dé JW ‘moi, s'écriait Ayarza furieux : on ne fouette pas un généto :nos ral, un vieux soldat de l’Indépendance.— On ne gaspille

pas de la poudre pour fusiller un traître !

répliqua Garcia

Moreno. Il ne consentit que sur d'instantes supplications faire grâce d’une partie de la peine. Quelqu'un lui deman-

dait à cette occasion où il voulait en venir par cette imp. \

cable sévéritée : ‘“ Je veux, s'écria-t-il dans son style pitto.

resque, je veux que habit noir commande à l'habit rouge, à

Ma tête sera clouée ou poteau, ou l’armée rentrera dans l'ordre. ’ Domptée par cette main de fer, l’armée rentra dans l’ordre, mais que de colères concentrées et de ra

sourdes au fond des cœurs ! On pardonna difficilement à Garcia Moreno d'avoir infligé au vieux général une peine

aussi infarnante, et qu'elle que soit notre admiration pour

le grand homme qui ne craignit point, selon le mot d'un libéral, ‘“ de mettre un de ses pieds sur la souveraineté du peuple et l’autre sur la souveraineté de l’armée, ” nous croyons qu’en cette renconte il eût pu maintenir l’ordre sans recourir à cette extrémité.

Une fois en possesion de ce triple élément d'action : un! 1 personnel dévoué, des ressources financières assurées, unes, 4

force militaire suffisamment disciplinée pour maintenir la paix à l’intérieur, il jeta immédiatement les bases de cette civilisation chrétienne dont il voulait doter son pays, et

qu'il regardait à bon droit comme la condition essentielle:

du véritable progrès matériel, intellectuel et morale,

Le fondement de toute génération, c’est l'instruction pu-

blique, qui, en pétrissant pour ainsi dire l'esprit et le cœur : des enfants, prépate l'avenir d’ane société. Les hommes ‘ de la Révolution le savaient si bien que leur premier soin, : en s’emparant du pouvoir, avait été de laïciser les écoles, |

ce qui veut dire de les isoler de la morale et de la religion. Cette idée franc-maçonnique, ou plutôt diabolique, qui fait aujourd'hui $on tour d'Europe, a pris corps en Amérique,

sous le nom perfide de neutralité scolaire. Rocafuerte, et .

plus tard Urbina, travaillèrent de toutes leurs forces à 8.

culariser l'Université, les collèges, les écoles, et même les 4 séminaires. Pour réussir dans son œuvre, l’homme dela | contre-révolution devait donc réformer l’enseignement de À ond en comble. En sa qualité de recteur de l’Université.

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Gicis Moreno avait, sous le gouvernement précédent, … indiqué plusieurs fois la nécessité de cette réforme, mais | sans pouvoir la réaliser. Le moment était venu, sinon dé l'accomplir dans son entier parce qu'il ne disposait ni des forces ni des élements nécessaires, au moins d'en

rla pierre d'attente par la création d'écoles libres placées sous la direction de religieux enseigants. Dès l’année 1861, il ft appel au dévouement des congrégations françaises, où lon trouve toujours, disait-il, des ouvriers et des ouvrières pour travailler sous tous les climats à la vigne du Christ. Des colonies de frères des Ecoles chrétiennes, de dames des Sacrés-Cœurs, de sœurs de charité, établirent dans tous les grands centres des écoles primaires et des pensionnats. Les jésuites, qu'il avait autrefois ramenés dans la capitale, défendus avec tant de courage, furent rappelés et installés à Quito dans leur antique maison, de Saint-Louis, puis dans un établissement d'instruction secondaæure, d’où sortirent bientôt des essaims de professeurs pour fonder les collèges de Guayaquil et de Cuenca. L'enseignement catholique s'implantait dans le pays au grand désespoir des radiœux, toujours pressés de semer l’athéisme dans l'âme des enfants, et toujours scandalisés de voir leurs adversaires réparer, autant qu'ils le peuvent, ce crime de lèse-humanité, Ils ne manquèrent pas de transformer Garcia Moreno en jésuite, disposé à faire de l’Equateur un immense couvent, d'autant plus qu'il étendait sa sollicitude religieuse non seulement aux écoles, mais aux hôpitaux et aux pr*sons. La direction des hôpitaux fut confiée aux sœurs de Charité, et celle des prisons à des hommes spéciaux que le président sut animer de son esprit.

En même temps, ce que ni les Incas, ni les Espagnols, ni les progressistes de la Révolution n'avaient osé concevoir, le président l’exécuta. Il s'agissait de construire un immense réseau de voies carossables à travers l'Equateur afin de relier les villes entre elles et le plateau des Cordillères au port dr. Pacifique : c’était ouvrir des horisons merveilleux à ce pauvre pays perdu dans les montagnes sans autres voies de commumication que des sentiers à peine

prétiodblés pour les bêtes de 60mmo, " privé par là bus } dé commérte, d'agriculture et d'iidéstle, On traita teÿ jet d'utopie, de rêve absurde, d'abîme sans fond où ation } s'engloutir les dernières ressources des villes et des campéges : ‘Garcia Moreno laissa clabauder routiniers et gensà courte vue, traça d'üne main ferme le grand chemin dé h capitale à Guayaquil, et se mit résoläment à l'œuvrem! mépris des vaines déclamations et des mille obstables que | lui suscitèrent la pafesre, l'égoïsme et ln cupidité. Cet / vail de géant, entrepris au coinnitéhéshioht de sa première. présidence, continté jusqu'à son dernitr jour, comme not! le verrons plus tard, suffirait à lui seul pour immortaligr dix présidents de république.

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Contentons-nous pour le moment d'assister à l'éclosion | “Garcia | de ces germes précieux et, pour ainsi dire, à la naissance sbus les pl de l’œuvre immortélle réalisée par Garçia Moreno. Nous. til mainte contemplerons dans son épanouissement et sa splendeur jusqu'au :p quand, après dix ans de nouvelles luttes, maître enfin dés! dire la sou: Révolution terrassée et enchaînée à ses piotls, il pourra dé. glise à L'Et

ployer au service de la civilisation toute son activité etson énergie.

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