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peuple de Garcia Moreuo, afin de montrer qu’en égorgeant ce chef de Caraïbes on rendait service à la civilisation ?
En France, le Monde Maçonnique, moniteur de ln secte, racontait avec des larmes dans les yeux, comment il y avait autrefois à Quito une loge bien organisée, une autre à Guayaquil où régnait une ferveur extraordinaire, “ En 1860, ajoutait-il, après le triomphe des conservateurs, le chef du parti, Garcia Moreno, demanda l'initiation à la dite. loge de Guayaquil. Mais le caractère altier et violent de cet homme n'était pas une qualité maçonnique. D'ailleurs, il avait proscrit plusieurs des membres de la loge et prétendait y entrer en maître. On lui posa des conditions auxquelles il répondit en autorisant les jésuites à rentrer dans le pays. En 1869, il poursuivit un grand ombre d'équatoriens, et rendit un décret par lequel tout individu dénoncé: tomme magon passait devant un conseil de guerre. ” Toujours la même préoccupation : faire de leurs plus acharnés ennemis, de Benoît XIV, de Pie IX, de Garcia Moreno des francs-magons ou des postulants, afin de les désigner comme des traîtres et des bourreaux à la vengeance des frères et amis.
En Amérique c'était une inondation de pamphlets contre le présidefit de l’Équateur, une provocation incessante à l'assassinat. Nous avons déjà cité ‘os venimeuses productions des Moncayo et des Montalvo, mais à ces réfugiés se joignaient même des diplomates, Un secrétaire de la légation chilienne à Lima écrivit un libelle exécrable dont tous les paragraphes se terminent par un cri de mort contre Garcia Moreno.
Les différents complots dont le président faillit être victime, non moins que les tentatives criminelles des Viteri, des Maldonado, dés Cornejo, avaient été tramés par la franc:maçonnerie. L’attentat de Cornejo, en 1869, fut prédit à un jeune savant de Berlin qui se préparait à quitter cette ville pour se rendre à l'Équateur avec l'intention d'occuper une chaire à l’université de Quito. La veille
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s0n départ, dans une visite d'adieu, l'uu de ses professeurs; gavaat mathémacieu et magon des premiers grades, lui exprima tous ses regrets de le voir partir pour un pays F Jointuin et sujet à des bouleversements périodiques, d'autant LP plus, ajouta-t-il, qu'il ne devait pus se flatter de servir Garcia Moreno, car très probablement Garcia Moreno ne serait plus au pouvoir à son arrivée, Le jeune homme ne fit aucune attention à ces paroles, mais, en débarquant à Guayaquil, il apprit la conspiration heurrusement avorté! (1) Au mois d'octobre 1873, le président devait partir pour ! LL Guachala et y séjourner quelque temps, muis les délibérations du congrès le retinrent fort heureusement dans la capitale. Immédiatement après l'abandon de ce projet de voyage, on apprit que des assaskins, postés sur la route, l'avaient attendu dans les environs de l’hacienda. Des | ‘questions indiscrètes adr:ssées aux indiens de service à É | ‘Guachala sur les habitudes et sorties de Garcia Moreno éveillèrent les soupçons de ces braves gens. Un de ces rédeurs se présenta même à eux sous le costume d’un indien des forêts orientales, ce qui fit penser après l'assassinat que ce pouvait être le principal meurtrier, Rayo, lequel. avait vécu au Napo et conservait chez lui des armes et des vêtements du pays. Quoi qu'il en soit, inatruits sans doute & par leurs affidés de Quito que le voyage n'aurait pas lieu, ils disparurent aussi de la contrée; mais les radicaux avaient si bien compté cette fois sur le meurtre du président qu'ils l’annoncèrent comme un fait accompli à Popagan, puis à Bogota, d’où la nouvelle se répandit dans tous les journaux. À cette occasion chacun exprima son opinion j | sur le président de l'Équateur, Dans un article névrolo- | giqus des plus élogieux, un journaliste de Colombie, don José Joachim Borda, rappola les grandes œuvres de Garcia Mo- : ‘ reno et ses victoires sur les révolutionnaires, ‘“ N'ayant pu - le vaincre, ajoutait-il en terminant, ils l’ont assassiné. Dieu veuille que la disparition de cet homme n'entraîne pas la ruine de} Équateur ! Il y a des colonnes maîtresses qui ne
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(1) Civilta cattolica, cité par Claudio Janet, Sociétés secrètes.
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peuvent tomber sans faire chanceler l'édifice ! ” S'il prit là peine delire les feuilles publiques de ce temps GarciaMoreno. püt connaître de son vivant quel serait sur son compte le jugement de la postérité. Mais c'était là sans contredit la moindre de ses préoccupations. |
Quelquefois la secte propageait des bruits de meurtre afin de susciter quelque bonne inspiration dans l’ême d'un frère zélé. Le 26 octobre 1873, les feuilles du Pérou enre. gistraient ce fait-divers, expédié de Guayaquil : ‘ Une tragédie sanglante vient de semer l’effroi dans la ville de Quito, capitale de l’Équateur. Le président est tombé sous les coups de son aide de camp, le colonel Salazar, aidé d’une foule hostille aux jésuites. Vingt-trois de ces religieux ont péri avec le président. Le peuple cherchait le nonce du pape pour le tuer également, mais il eut le temps de s’enfuir vers les montagnes (1). Les journaux ajontaient qu’on le poursuivait avec rage et que certainement il n'échapperait pas à la colèro du peuple.
Aux approches-de la réélection, les bruits d’un assassinat prochain prirent tant de consistance que beaucoup de pergonnes se crurent obligées d'exposer leur cruinte à Garcia Mureno et de lui conseiller des mesures de prudence. Mais jamais on ne parvint à faire entrer dans son âme un sentiment d'inquiétude. Il répondit à un religieux chargé de lui transmettre une communication très grave: ‘Je vous suis reconnaissant de votre charitable avis, bien qu'il ne m’apprenne rien de nouveau. Certains hommes, je le sais parfaitement, désirent ma mort; mais ces mauvais désirs engendrés par la haine, ne sont préjudiciables qu'à ceux. qui les forment, Dites à la personne dont vous’ tenez ces. renseignements que je crains Dieu, mais Dieu seul, Je pardonne de bon cœur à mes ennemis ; je leur ferais du bien sije les connaissais et si j'en avais l’occasion(2).” Don Ignacio lui signala un agent de la secte, dénoncé comme
(1) La Verdad, 19 octobre 1873.
(2) Lettre au R. P. Legarra.
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ces miséral mépris les ils m'aurai portance à ‘“ On m'av ordonné à renverser | Grand M:
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Surtout lui la piti National, du préside « Or, disa exhala sa sommes préférées avait acc se précip lui pardo au ciel. F sachez qi Garvia ] d’un gru ce soit. S ils ne RO leur disf drons un sera not succomk pour un
(4) Col
en voulant à sa vie : “ Jo ne fais aucun cas, répondit-il, de ces misérables dénonciations, et je regarde avec un profond mépris les agissements de ces scélérats, Depuis longtemps ils m'auraient rendu fou si j'avais attaché la moindre importance à leurs intrigues. ” En 1873, il écrivait à un ami: ‘“ On m'avertit d'Allemagne que les loges de ce pays ont ordonné à celle d'Amérique de remuer ciel et terre pour renverser le gouvernement de l'Équateur, Il se peut qué le Grand Maître X*** soit pour quelquechose dans cette affaire ; mais si Dieu nous protège et nous couvre de sa miséricorde, qu’avons nous à craindre, encore que nous ne soyons qu'un pur néant, et que notre pouvoir soit'égal à zéro: devant ce colosse aux pieds d'argile ? ”
Surtout il n'entendait pas qu’on eût l'air d’implorer pour lui la pitié de ces vils assasins. Un jour le rédacteur du National, Proano, qui combattait pied à pied les ennemis . du président, montra ces Caïns se ruant sur l’innocent Abel. “ Or, disait-il, quand Abel vit son frère prêt à l’immoler, il exhala sa triste plainte : Frère, pourquoi me tuer ? Nous sommes sortis du mêmegein, et si mes offrandes ont été préférées aux tiennes, ce n'est point par ma faute. Si Dieu avait accepter ton présent je n’en eussent pasété jaloux. Caïn se précipita sur le pauvre Abel et lui donna la mort, Abel lui pardonna mais son sang ne cria pas moins vengeance au ciel. Frappez donc, 6 Caïns, frappez votre victime, mais. sachez que Dieu la vengera. ” — “ Ce ton me déplaît, dit Garvia Moreno à l'écrivain. Ce n’est point là le langage: d’un gruvernement qui fait le bien sans craindre qui que ce soit. Si ces bandits ont l'envie de me tuer,qu'ils viennent : ils ne nous immoleront pas comme de timides brebis ; nous leur disputerons le terrain pied à pied, et nous entreprendrons une nouvelle croïsade pour la sainte cause, Dieu sera notre bouclier contre les traits de l'ennemi. Si nous succombons, rien de plus désirable, ni de plus glorieux pour un catholique : notre récompense sera éternelle (1). ”
(1) Colection de documentos, Proano.
Avec cette confiance en Dieu qui ne se démen
Garois Moreno continua ses fs sans s’ LA a l'orage qui grondait sur sa tête. A peine réélu, il combina ‘des plans nouveaux, cherchant les meilleurs moyens d'uti. liser cette troisième présidence pour le bien public. Dans un entretien intime avec le rédacteur du National, son confident et son ami, il exposait ainsi ses idées sur l'avenir: Le Quand je me décidai, en 1851, intervenir dans la politique du pays, je considérai que la République, pour s'ouvrir une ère de véritable prospérité, avait besoin d’une triple période de juste et sage administration ; période de réaction, période d organisation, période de consolidation. Ma première présidence eut un caractère de réaction contre les maux qui accablaient la patrie, et comme ces maux invétéré® avaient pénétré profondément tout le corps social, il me fallut quelquefois, à ma grande douleur, employer la violence pour les extirper. La seconde présidence que j'achève
consacrée tout entière à l’organisation du pays, n'a plus requis les moyens violents. Mes ennemis ouxmtines reconnaissent la modération et le tempérament avec lesquels J'ai gouverné la nation. Si la diyine Providence n’en dispose pas autrement, la troisième période sera une périnde de consolidation. Les peuples, habitués à l’ordre, aux dou- Cours de la paix, jouiront d’une plus grande liberté BOUS un gouvernement paternel et tranquille. L'avenir de ‘notre cher pays dès lors assuré, je rentrerai dans la vie privée 4 la douce satisfaction d’avoir sauvé le pays etde l'avoir à ocre placé sur la voie du progrès et de la vérita-
Hélas le Dieu dont les secrets sont impénétrables, en avait disposé autrement, et ces rêves du grand chef chrétien allaient s'évanouir dans un coup de foudre, On appris bientôt, non plus par de vague rumeurs, mais par + Ain précis que la Franc-maconnerie exécuterait à bref délai la sentence porté par les hautes loges. Un journal espagnol publié à Bruxelles, La Gazeta internacional, avait demandé et obtenu en 1873 des correspondances de l'Équateur ‘en
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| réponse aux accusations passionnées qui se produisaient … chaque jour contre le gouvernement de Garcia Moreno ” ;
mais cette bienveillance fit placo bientôt aux insinuations les plus injurieuses. Le directeur voulait bien insérer des. articles d'intérêt général sur l’agriculture ou l'instruction publique, mais il trouvait que les appréciations politiques. de son correspondant pourraient choquer ses lecteurs, 4 d'autant plus qu’elles contrastaient singulièrement avec La dictature perpétuelle de Juan Mortalvo.” Surpris et indigné, le correspondant (1), littérateur de premier mérite et. ami intime de Garcia Moreno, répondit qu’il écrivait sans doute pour faire connaître les progrès accomplis dans son pays, mais aussi pour glorifier le gouvernement catholique et conservateur à qui l’on devait tous ces progrès. Catholique lui-même et conservateur, espagnol par le sang, amé-. ricain par la naissance et l’affection, il écrivait pour défen-dre la vérité ou cessait d'écrire. Du reste, quand un homme déclare s’en tenir aux diffamations d’odieux libellistes sans prêter attention aux raisons qu'on leur oppose, il est. est inutile de discuter avec lui. Le directeur de la Gazeta reproduit cette réponse dictée par l'honneur et la conscience , en y ajoutant, pour dissimuler son embarras, des réfle-. xions sur ‘ l'atmosphère d’intransigeance qui régnait à l'Équateur. ” Il rééditait en preuve la prétendue exhumation du protestant et mentionnait un fait nouveau, la destitution du consul de l'Équateur à Bruxelles. En effet, Garcia Mo-. reno venait de révoquer ce consul, après avoir appris descience certaine qu’il appartenait à la franc-maçonnerie. La Gazeta terminait la discussion par ces mots prophétiques : ‘“ Pour concluié, nous donnerons à nos contradicteurs un avis et une information : il se Lrame actuellement contre l’Équateur une révolution qui laissera dans le pays, le jour où elle éclatera, de mémorables traces. Qu'on ne l’oublie pas, ” : Ceci se passait au mois de mars 1875, quel-ques mois avant l'assassinat du président, assassinat, décré-té par les loges pour révolutionner l'Équateur. Très proba--
@) Don Juan Léon Méra.
‘bloment le directeur de la Gazeta connaissait le c rs e ce
par les révélations de l'ex-consul franc-maçon dont MX
l'intime ami. Ce langage injurieux de lu Gazeta, ces me.
naces dont on ne pouvait méconnaître la gravité, furent mis sous les yeux de Garcia Moreno, mais, sans vouloir
“entrer dans cet ordre d'idées, il se contenta de dire: ‘ Ces
gens-là travaillent pour qui les paio, et non pour la bonne
-cause : de là le discrédit dans lequel sont tombés les jour."
naux du libéralisme.”
Cependant la conjuration s’ourdissait dans l'ombre, Char.
.g6s de fuire disparaître le grand ennemi de la secte, les
maçons d'Amérique avaient envoyé des représentants du
“Chili. du Pérou, de l'Équateur et de la Colombie à Lima. la “cité mafonnique par excellence, pour désigner les sicairos
et leur fournir les moyens de remplir leur criminelle mission (1). Peu de temps après, les habitants de Quito re. marquèrent, non sans inquiétude, que plusieurs jeunes -exaltés se réunissaient chaque soir chez le ministre du Pérou. Des lettres mystérieuses leur atrivaient par des
“voies détournées. Tous, plus ou moins ennemis de Garcia
Moreno, débitaient de pompeuses tirades en l'honneur de la liberté. A leur tête, on distinguait l'avocat Polanco ?
.jeune homme de bonné famille, ruiné par suite de mauvai-
ses affaires et surtout de mauvaises mœurs. Entré dans la vie religieuse dans l'espoir que le couvent paierait ses dettes, il y affectait des airs de vertu qui ne l'empêchèrent pas d'être expulsé. Il se rabattit alors sur le président, dont il
-était autrefois le serviteur dévoué, mais n’ayant pu en ob-
tenir les faveurs qu'il sollicitait, il lui jura une haïne impla- -cable. Après lui venait Moncayo, personnage de basse æxtraction, mais hautain et orgueilleux, Soutenu par la ‘bourse du président il avait aussi passé plusieurs années -dans une communauté religieuse avant de chercher fortune -dans lg monde. Il comptait sur son ancien protecteur mais le président, peu sympathique aux défroqués, ses
sourd à toutes ses requêtes. Emporté par son ressentiment,
(1) Lettre d’un diplomate à Garcia Moreno.
} Monteayo j
encore Cam Roberto An par les aboi paysan d'Il un nouveau portefeuille Terenziani Garcia Mc tyrannie, e son cours d avait entra qu'un chef les conjuré ne homme me pour G tres jeunes ses princif Enfin ven:
|. à tour aim
avait quitt qualité de C'était un agenouillé puis le len avoir conf Moreno |’:
venu sim} ser de 8a ( sident.
Tels ét:
‘écuter S01 de ces jeu Garcia M
Trou nn At allures ét nommé (
. Montcayo jura de se venger. Dans ce groupe figuraient encore Campuzano, depuis longtemps liéaux conspirateurs, Roberto Andrade et Manuel Cornejo, tous deux pervertis
nt par les abominables écrits de Montalvo. Andrade, fils d'on
ir > paysan d’Ibarra, pauvre étudiant en droit, se croyait un
cs un nouveau Brutus. Il avait dessiné sur uue page de son he e | portefeuille lé portrait de Garcia Moreno assassiné et duP,.
ir.’ ) Terenziani décapité, Pour cet esclave des francs-maçons,
Garcia Moreno devait périr pour avoir pratiqué la tyrannie, et le P. Terenziani pour l'avoir enseignée dans son cours de législation. Recruteur d'assassins, c'est lui qui
's avait entraîné Cornejo dans le complot en lui. affirmant la qu'un chef de corps, le commandant Sanchez, seconderait
CA les conjurés avec les forces dont il disposait. Cornejo, jeu- 22 ie- ne homme, honnête jusque-là, épris autrefois d’enthousias-
me pour Garcia Moreno au point de lui former avec d'au- os
r'e- . , . A re ii tres jeunes gens une escorte d'honneur, oublia sa famille:et + de ses principes pour s'attacher à ses détestables compagnons.
les Enfin venait le malheureux Rayo qui, lui aussi, avait tour <- Ha à tour aimé et détesté le président. De famille pauvre, il SM
de | avait quitté la Nouvelle-Grenade, sa patrie, pour servir, en ualité de mercenaire dans les troupes de l'Équateur. q q
ce C'était un de ces chrétiens étranges, qu'on voit un jour la agenouillés dans une église, priant avec une piété d'ange, rs puis le lendemain brandissant un poignard. Après lui 1 avoir confié des fonctions importantes au Napo, Garcia sil Moreno l'avait destitué pâr suite de ses malversations. Deb- venu simple sellier pour gagner sa vie, au lieu de s'accula- ser de sa chute, Rayo ne pensa plus qu'à se venger du président.
38e ; la Tels étaient les instruments choisis par la secte pour exses | .écuter son affreux dessein. Les conciliabules nocturnes LA de ces jeunes gens paraissaient très suspects au peuple età ar’, Garcia Moreno lui-même, quand arriva subitement du Péta rou nn autre personnage, originaire de Guatemala, donties it, allures étranges attirèrent son attention. Cet indivu,
nommé Cortès, s’introduisit à Quito sous les apparences de
la pauvreté,et bientôt, au grand étonnement de la ville, on le vit «ussi fréquenter assidûment les salons du ministre péruvien. Lié d'amitié avec les hôtes habituels de l'ambassade, il passait son temps à chanter des hymnes à la liberté et à déclamer contre les despotes. Un jour il poussa si loin ses violences et ses. insolents propos que Garcia Moreno lui signifia d'avoir à quitter immédiatement le territoire de la République. On soupgonna, non sans motif,
que cet envoyé du Pérou avait pour mission de distribuer les rôles aux principaux acteurs du drame. Ceux-ci n'en
continuèrent pas moins avec leurs affidés de Lima des. correspondances secrètes, qu'ils dérobaient aux investigations de/la police, grâce aux subterfuges les plus auda.. cieux, L'aide de camp de Garcia Moreno lui présente un jour certaines lettres déposées sur son bureau pour recevoir l'estampille du gouvernement, Soupçonnant une fraude, le président brise l'enveloppe, et trouve l'adresse d’Urbina.
C'était une communication des révolutionnaires avec leur chef du Pérou Mgr Vanutelli, délégat apostolique, se trouvait à Guayaquil au mois de juillet 1875, prêt à s'embarquer pour l'Europe, Ayant ouvert un paquet de lettres. expédiées de Lima à son adresse, il lut sur une seconde enveloppe le nom de l'avocat Polanco, qu’il ne connaissait pas, et auquel il envoya, par l'iatermédiaire d'un jésuite,
des lettres contenant probablement les dernières instruc-
tions des loges. /
‘On ne pouvait plus se dissimuler que le danger était proche, et l'on conseillait au président de se mettre en garde contre les assassins. Un prélat de ses amis, de passage à Quito, lui dit dans un ontretien familier : “ Il est de
notoriété publique que la secte vous a condamné et que ses.
sicairer aiguisent leurs poignards : prenez donc quelques
précautions pour sauver votre vie.—Et quelles précautions.
avez-vous à me suggérer ? dit le président.—Entourez-vous d’une escorte. —Et qui me défendra contre l’escorte, car enfin on pourra la corrompre ? J'aime mieux me confier à la garde de Dieu. ” Et il ajouta ces paroles du Psalmiste :
À Nisi Domin
eam.
C'est dan
aière lettre
respire la p plore votre mérite de années enc.
période pré laquelle je alors seule:
officiellemi voulu le fa la lumière jamais le f loyal et ob ‘“ Aujou l’'Allemagi atroces et moyens de protection fense de n.
que Dieu 1 bonheur p détesté et teur ? Mai diction m’ celui, qui la croix !
Jamais bourreaux dait ensui pour l'hôr Pierre Cl:
disait-il, a ne voudra endroit oi
Mar s tte ‘alu ; NO D'AAR DVRT EUR RUE
| JMisi Dominus custodierit civitatem, frustra vigilat qui custodit cam.
m- | C’est dans ces lugubres circonstances qu’il écrivit sa der-
la uière lettre au souverain pontife, lettre dont chaque ligne sa respire la piété d’un saint et le courage d'un martyr. ‘“J'im-
Dia plore votre bénédiction, Très Saint Père, ayant été,: sans
le } mérite de ma part, réélu pour gouverner pendant six » if, années encore cette république catholique. La nouvelle F1 er période présidentielle ne commerice que le 30 août, date à (A en laquelle je dois prêter le serment constitutionnel, et c’est des. » alors seulement qu'il serait de mon devoir d'en donner sti- officiellement connaissance à Votre Sainteté; mais j'ai À da. L voulu le faire aujourd'hui, afin d'obtenir du ciel la force et | un } la lumière dont j'ai besoin plus que tout autre pour resterà Dir jamais le fils dévoué de notre Rédempteur, le serviteur
le loyal et obéissant de son Vicaire infaillible,
‘“ Aujourd’hui que les loges des pays voisins excitées par
JE l'Allemagne, vomissent contre moi toutes sortes d'injures pa atroces et d’horribles calomnies, se procurant en secret les Leg moyens de m'assassiner, j'ai plus que jamais besoin de la Ft protection divine, afin de vivre et de mourir pour la déde fense de notre sainte religion et de cette chère République a que Dieu m'appelle à gouverner encore. Quel plus grand ei bonheur peut-il m'arriver, Très Saint Père, que de me voir de détesté et calomnié'pour l'amour de notre divin Rédempteur ? Mais quel bonheur plus grand encore, ei votre bénéait diction m'obtenait du eiel la grâce de verser mon sang pour en celui, qui étant Dieu, a voulu verser le sien pour nous sur à du la croix ! ” de Jamais chrétien des premiers siècles aux prises avec Îles es. bourreaux n’exprima de plus beaux sentiments, Il demanes. | dait ensuite au Saint Père une double grâce : des religieuses ns. pour l'hôpital des pauvres lépreux, et les reliques du B. us Pierre Claver, délaissées à Carthagène.- ‘“ Votre Sainteté, ar disait-il, a béatifié cet apôtre de la charité catholique : elle à ne voudra pas que ces restes précieux demeurent dans un
endroit où personne ne les apprécie ni ne les vérière, Notre
NC te: 2 b ” dry
pauvre Équateur no cherche ni ne désire d'autre protection que celle de Dieu : aussi sera-t-il très heureux d'avoir un avocat de plus dans le ciel, ”
Le cœur rempli de ces fortifiantes pensées Garcia Moreno se mit à composer tranquillement le message qui devait être lu, le 10 août, à l'ouverture du congrès. Les avertis. sements les plus solennels et lès plus graves venaient à Chaque instant le distraire de ce travail, mais il se remettait immédiatement à l’œuvre avec le plus grand calme, Le 26 juillet, fête de sainte Anne, patronne de sa femme, parmi les cartes adressées à celle-ci, il s'en trouvait une dans laquelle-on lui recommandait le veiller sur son mari parce que prochainement les sicairos exécuteraieut leurs menaces, À cette occasion, plusieurs de sos amis lui répétêrent encore que, s'il ne prenait garde, il tumberait certainoment quelque jour sous le fer d’un assassin. ‘ Eh bien, leur répondit-il d'un air joyeux, que veut un voyageur, si ca n'est arriver au terme de son voyage ; un navigateur, si ce n’est saluer les rivages de la patrie ? Je ne me ferui point garder ; mon sort est entre les mains de Dieu qui metirera de. ce monde quand et comment il lui plaira. ”
Le 2 août, un religiex lui écrivit de Latacunga que la conspiration ourdie contre lui par les francs-maçons éclateraît sous peu de jours, et qu'il avait entendu prononcer le nom d’un certain Rayo parmi ceux des conjurés. “ Rayo ! s'écria Garcia Morenn, c'est une infâme calomnie. Je l'ai
vu communier il y a peu de jours : un chrétien n'est point
un. assassin ! ” Cet homme avait su cacher son ressentiment, et le président se défait si peu de lui que, se proposant de faire une promenade à cheval avec son fils, le 10 août, fête de l'Indépendance, il avait commandé à Rayo une selle pour le petit Gabriel,
Le 4 août, il écrivit une dernière lettre à son ami, Jean Aguirre, dont il avait fuit, dès ses années de collège, son compagnon intime, Quelques mois auparavant, au moment de partir pour l'Europe, Jean Aguirre était venu lui faire ses adieux, Après un long entretien, dans lequel il se:
D nontrs te : jusqu'à la po
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Le 5 août.
complot qu Vincente Pi ville on reg:
Quito du res principaux prenait auct seillers d'É contre le da ter le poign ea embusca on l'attend peuvent me soir, voulan donné l'ordi fût, quand :
sident, Sul la commun lendemaih.
ge : “On décrété vot décret sera sont compt
siner dans' trouvent l’ J'ai reçu d le présider la seule m devant Di
TE L 4. di à " 4 L sat RUES. Je ma pute dis fie ; LE | :
D. montrs très expansif, Garcia Moreno reconduisit son ami jusqu'à la porte et lui dit en le serrant sur son cœur :
“ Nous ne nous reverrons plus, je le sens,c'est notre dernieradieu ! ” Puis il se détourna pour cacher ses larmes et lui cris une dernière fois : ‘“ Adiou ! nous ne nous reverrons. plus. ” Ce 4 août, après lui avoir rappelé ces pressenti-. ments, ilajoatait : ! Je vais être assussiné ; je suis heureux de mourir pour la fi : nous nous reverrons au ciel. ”
Le 5 août, il s'entretenait avec son conseil d'Êtat du complot qui céfruyait toutes les conversations. Don Vincente Piedrahita lui avait écrit de Lima que dans cette ville on regardait l'assassinat comme un fait accompli. A Quito du reste, le chef de la police était sur la piste des principaux conjurés et de leurs complices. Comme on ne prenait aucune mesure pour déjouer leurs : plans, les conseillers d'État l'exhortèrent encore à se précautionner contre le danger, mais il soutint qu’il était impossible d'éviter le poignard de l'assassin acharné à sa victime, toujours. en embuscade et prêt à frapper uu moment et à l'endroit où on l'attend le moins. “ Les ennemis de Dieu et de l'Église peuvent me tuer, ajouta-t-il, Dieu ne meurt pas ! ” Vers le soir, voulant terminer son message au congrès, il avait donné l’ordre à son aide de camp de ne recevoir qui que ce fût, quand un prêtre se présente et demande à voir le yrésident. Sur le refus de l'officier, le prêtre insiste parce que: la communication qu'il doit faire ne peut-être remise aw lendemaih. Introduit devant Garcia, il luitient co lungage : “ On vous a prévenu que la franc-maçonnerie avait décrété votre mort, mais on ne vous a pas dit quand le décret serait exécuté. Je viens vous avertir que vos jours sont comptés, et que les conjurés ont résolu de vous assassiner dans'Îe plus bref délai, et peut-être demain s'ils en trouvent l’oceasion. Prenez vos mesures en conséquence.—— J'ai reçu déjà bien des avertissements semblables, répondit le président, ot j'ai vu, après avoir mûrement réfléchi, que la seule mesure à prendre, c'est de me tenir prêt à paraître devant Dieu. ” it il continua son travail comme si on lui