‹ Gare les jambes!Chapitre 8 sur 25 · LE PASSE ET L AVENIR. I · texte numérisé non relu

LE PASSE ET L AVENIR. I

prédicateur qui la donne. Saint Jérôme écrivait dans une de ses lettres à Paula : « On ne mène les âmes à Dieu que par la prière ! »

Le cri d'un cœur convaincu, la parole lourde et enchevêtrée d'un humble prêtre prendront sans doute plus sûrement le chemin de mon cœur que tous les grands effets oratoires. — C'est aux âmes saintes et non aux esprits éloquents qu'a été réservé le don de convaincre: donum Dei,

La parole est impuissante, mais le sacrifice est tout !

Je regrette fort que dans ses prêches suif le divorce, le R. P. Didon ait été aussi faible et se soit élevé si peu haut.

Ses arguments pauvres et sans portée sont tirés de la scolastique d'un autre âge; je sais bien que la robe qu'il porte, elle aussi, date d'un autre temps; mais cette robe nous oblige au moins au respect, tandis que les preuves qu'il nous présente et ses arguments qui restent en route, ne nous commandent rien.

Je ne suis pas ému. Des mots! des mots! dit Hamlet.

C€ dominicain est un tempérament fougueux ;

mais je doute que ce soit une âme d'une large envergure. L'indignation et l'amour ne sont pas en lui.

Dans sa personne^ sur sa face et dans son regard on ne sent point ce feu intérieur qui dévore et consume, cette flamme divine qu'avaient, sous la même robe, les Lacordaire, les Saint- Vincent Ferrier, les Savonarole et les Fra-Angelico !

Peut-être ce moine, jeune encore, n'a-t-il jamais pleuré !

L'avant-dernier dimanche, en sortant du sermon, j'ai entendu un bourgeois qui disait à un autre : € Voilà un garçon pour qui se prépare un bel avenir; il ira loin !

Je crois bien qu'il ira loin, puisqu'il ira au ciel... Quant à son avenir, il me semble assez difficile que cet orateur devienne millionnaire ou qu'il fasse un beau mariage!

Ainsi que je le disais tout à l'heure, l'adversaire du R. P. Didon, c'est M. Naquet, un Juif, qui vient du Midi...

Le corps est grêle, la tête est grosse, avec une chevelure abondante, le nez fort et le crâne vaste.

G)mme on dit dans le peuple, il est marqué au B, et ce révolutionnaire penche à droite.

M. Naquet est un Juif de pure race. Grand tra-

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vailleur, intelligence remarquable, il me semble un chercheur et un convaincu.

Malgré ses idées très avancées, il arriva^ il y a quinze ans, à force d'examens et de supériorité, jusqu'à la chaire de Chimie 1

Ce qu'il dit est ferme^ solide, logique et marqué au coin de la vérité.

Il a montré de l'indépendance et du courage — chose rare par le temps qui court.

C'est lui qui, sous l'Empire^ a fait la motion sui<* vante :

« Je propose au Congrès de ne pas se séparer saiià 4 un vote de flétrissure à la mémoire de Napoléon I«^ t le plus grand malfaiteur du siècle. >

C'était assez crâne I surtout Napoléon III régnant et M. Delesveaux jugeant.

Aussi, dès son arrivée, descendit-il tout d'abord à la 7<^ chambre^ oîi le président lui consentit un bail de quinze mois — pas à la volonté du preneur — pour un petit logement à Sainte- Pélagie.

Je trouve surprenant que ce soit un juif qui ait pris en main la cause du divorce. -^ Le divorce, il faut bien l'avouer, amoindrira un peu It famille, et chez les Israélites; la famille est la chose sacrée par dessus tout I

l3o GARE LES JAMBES !

Pour ceux qui n*ont pas de patrie, la famille en tient lieu!

Si nous n'y faisons pas attention, si nous ne nous niettons pas un peu en travers, dans cinquanje ans, les Juifs seront les maîtres du monde. — Nés d'hier à la vie publique, ils sont déjà partout, et, qui plus est, partout dominent 1

Les chemins de fer« les grandes inventions, les banques, les théâtres, les journaux leur appartiennent. Ils conduisentle marché, et la Bourse est à eux.

En Angleterre, ce pays de la forme et du cant, on vient d'abolir le serment sur PEvangile, pour que M. de Rothschild puisse entrer à la Chambre des Communes.

Après cela Israël peut marcher tête haute!

Voilà pour elle le vrdi bill d'indemnité !

Le Juif aujourd'hui représente le progrès, et cela beaucoup p^arce qu'il ne ressent pas les scrupules qui nous arrêtent et les attaches qui nous retiennent^

Les idées d'éducation, de pays, de milieu, lui sont InednnUes j si des idées sont des préjugés^ il n'en n'a

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Tout pays où il se trduvé est pdur lUi uri pays neuf et où il lui sera loisible d'agir à sa giiise.

Seulement — ne l'oublions pas — ' ce qui le rend aujourd'hui si fort, si énergique, si persévérant, si

LE PASSÉ ET l'aVKNIR. i3i

lucide^ c'est le martyre subi pendant tant de siècles.

Quinze cents ans^ il a erré à travers le monde, sans protection et sans soutien comme le voyageur qui passe... et qu'on dépouille.

Il nous l'a bien rendu depuis !...

L'opprobre dans lequel il a vécu l'a laissé peutêtre un peu indécis et timide ; il éprouve encore parfois comme de la peur et de la gène, mais quand le souvenir du fouet sera tout à fait oublié^ il nous parlera complètement en maître et agira comme tel.

La production lui ayant été interdite^ il ne sait guère encore être qu'agioteur et intermédiaire^ mais ne le blâmons pas trop de tant aimer l'argent; c'est avec de l'or que pendant dix siècles il a défendu sa vie.

Hier^ le théâtre du Château-^d'Eau a donné la première représentation d'un drame qui a nom Israël

C'est l'histoire des sept frères Macchabée, immolés par Antiochus Epiphane, parce qu'ils préféraient leur Dieu à l'apostasie.

Salomé, la mère de ces héros, ne cessa de les exhorter et de les exalter, jusqu'au dernier soupir du dernier de ses fils.

La race juive verra ce soir tout Paris saluant ses premiers martyrs.

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1789 ouvrit les portes des ghettos, et alors les Juifs avides — non pas de se venger — ça leur est égal, puisque d'habitude ça ne rapporte pas un sou — mais avides de conquérir, se sont tous fait la courte échelle. — C'est peut-être cette échelle-là que l'ange avait autrefois montrée à Jacob !

Je ne crois pas que M. Naquet soit un homme d'argent. Il voit plus haut, et ses ambitions sont plus élevées; mais de sa race il tient le côté pratique.

Pour lui, point de théories et de paroles, il veut des faits!

Ce ne sont ni les sentiments, ni la passion qui ont dû inspirer l'idée du divorce. Ce sont le raisonne-» ment et la logique qui la lui ont imposée.

Tout le développement de son système s'imprime en moins de trois colonnes.

Le Juif est naturellement si économe qu'il tient même à ne pas se dépenser.

C'est égal, si M. Naquet gagne la victoire et obtient la loi sur le divorce, on pourra dire que c'est la première fois qu'un Juif nous aura donné quelque chose pour rien !

Lfi

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