GRAND-TUA
RAND-TUA mettait un pied sur le clocher d'Andouillé, et l'autre sur le clocher de Saint-Aubin ; un jour qu'il avait beaucoup bu et qu'il avait un pied sur chacun de ces clochers, il lui prit envie de gâter de l'eau, et il ^pissa, l'étang d'Andouillé qui £dt moudre on moulin.
n fallait sept hommes pour donner à boire à Grand-Tna et sept honmies pour lui donner à manger; on lui fourrait sa nourriture dans la
bouche avec des palis ( pelles à remuer le grain). Un jour, un des honmies qui le servaient laissa tomber son instrument et s'écria :
— Ah I Grand-Tua ! tu as avalé mon palis.
— Tiens, répondit Grand-Tua, il me semble que j*ai senti un guibet (moucheron), qui me passait dans la gorge.
(CoHti m i88i, par AngiU Qttirinan, à*AndtmilU).
Grand-Tua est une altération populaire de Gargantua, dont la première partie du nom a disparu par apocope. Tous les épisodes de ce conte se retrouvent dans ceux qui précèdent ; le premier est rapporté exactement de la même manière, sauf les noms des bourgs qtii sont changés, dans une légende poitevine, qu'on trouvera plus loin.
LE GRAND-TUARD
E Grand-Tuard allait dans les bois et il
coupait les plus gros pieds de chêne pour
en £aire des fagots.
On le nourrissait facilement ; à chaque repas,
il ne mangeait que vingt-cinq livres de pain.
Un jour, il mit un pied sur le clocher de Gosné
EN HAUTE-BRETAGNE 8l
et Tautre sur celui de Mézières ; il se pencha pour boire, et il supa le Grand Ouée d'une seule baleinée.
(Conté en 1881, par Françoise Dumoni, d'Erci )•
Grand-Tuard est une altération de Gargantua ; les épisodes sont communs à d'autres contes qui précédent. L'étang avalé se retrouve dans d'autres pays; d'après Bourquelot, il se mettait dans la même position prés de Beaugency (Loiret), pour avaler une rivière; à Ilanz, dans le pays des Grisons ; en Franche-G)mté, U Avalait le Doubs et la Drouanne.