‹ Gargantua dans les traditions populairesChapitre 37 sur 103 · EN VENDÉE I · texte numérisé non relu

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même hauteur; autrefois, il y en avait une quatrième plus élevée à l'extrémité septentrionale de la ligne... Elles attirèrent l'attention de M. Dorotte, ingénieur en chef des travaux maritimes du département, qui crut pouvoir les employer à la construction des jetées du port des Sables. Il fit creuser autour de la base de celle qui était la plus rapprochée de la route, et, à huit pouces de profondeur, il trouva qu'elle était entourée d'un pavé en blocage qu'il fit détruire et qui rendit à peu près deux mètres cubes de moellons. Ayant fedt creuser ensuite à vingt pouces, en contre-bas, d'un seul côté, on put l'abattre sans la briser. Elle pesait, d'après l'estimation de ce même ingénieur, de 15 à 18,000 kilogranmies. M. Léon Aude retrouvait, en 1840, les débris de cette pierre brisée en trois par la mine, et non encore utilisée. Les trois autres menhirs furent brisés en 1833 pour la construction d'un moulin.

« Un fermier du Bernard, qui avait passé sa journée à Saint-Benoît, nous disait dernièrement :

« Qjiand Gargantua était berger et devin dans « le pays, il s'amusait à jouer aux palets. Les trob « pierres d'Avrillé lui servaient de minches (but), « et la pierre couchée qui se voit encore dans la

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« plaine de Saint-Benoît est l'un des palets qu'il « lançait vers ce but à trois lieues de distance. »

On retrouve nn peu partout les palets de Gargantua.

« Ainsi le peuple croit encore de nos jours que l'érection des dolmens et des menhirs est due à une puissance surhumaine. Ici ce sont les fées qui ont tout fait, là c'est l'œuvre de Gargantua, être imaginaire symbolique, en qui se résume la force et le pouvoir attribués à ceux qui ont des relations avec l'autre monde, aux prêtres et aux prêtresses des temps anciens, aux âradets et aux sorciers des temps modernes. »

(Antiquités celtiqua de la Vendée, canton de Talmond, 2* Mimoirey par l'abbé Ferd. Baudry, curé du Bernard. Extrait de V Annuaire de la Société d'Émulation de la Fendée, B* année, p. 4-7. Kapoléon-Vendée, J. Sory, 1862).

«( Belesbat est le nom que porte le territoire qui relie Jard à Saint- Vincent-sur-Jard. Non loin de Belesbat, à une Êdble distance du ruisseau du Goulet, commune de Saint-'Vlncent, se trouvent les pierres du haut desquelles, suivant la tradition, on condamnait autrefois les mauvais garnements... Les pierres dont nous parlons sont deux dolmens : le plus considérable, appelé pierre du

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Grand Douillac, est maintenu debout par trois blocs; ses autres supports sont renversés. Ce dolmen est en grès... La table a 3 mètres 80 centimètres de long sur 3 mètres 70 centimètres de largeur, son épaisseur est de 60 centimètres. Cette pierre est connue dans le pays sous le nom de Palei de Gargantua, Au sud et à l'est, à 40 ou 50 mètres, trois menhirs renversés semblent établir que le dolmen était entouré de monuments de cette espèce. »

(Ferd. Baudxy, x** Mimoirt, p. 19-20).

« Canton de Challans. La légende de Gargantua, qui se relie souvent aux traditions antiques, fait passer ce géant par Bois de Céné et par un lieu appelé depuis Pau (Loire-Inférieure), parce qu'une malencontreuse indigestion le força de s'y arrêter un moment. »

(Ibid.f 2* Mémoire^ p. 13).

« Saint-Benoît-sur-Mer (cf. Avrillé) a conservé de l'époque celtique une large table en granit; c^était un dolmen; aujourd'hui on l'appelle la Pierre couchée ou le PaJet de Gargantua,

« On montrait jusqu'à ces dernières années, à la Bergerie, un énorme caillou que l'on a détruit

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pour le passage de la route ; il en existe un autre à la Maratte. Ils portaient tous deux le nom de Cailloux de Gargantua,,,

« Nous avons dit précédemment que le souvenir de Gargantua, qui est si vivant dans notre pa3rs, pouvait rappeler celui des druides. On sait que Merlin, le plus illustre des enchanteurs, composa avec un os de baleine et une fiole de sang la poudre d'où furent formés Grand-Gosier et Gargamelle, père et mère de Gargantua (Bibliothèque bleue); or, Merlin, dit la légende, naquit d'une druidesse et d'un démon. L'île dans laquelle quelques-uns le font naître n'est pas très éloignée de l'embouchure de la Loire. M. François Piet et M. Edouard Richer (Recherches sur Vile de Noir' moutiers) pensent que cette île est Noirmoutiers.

«c Le PaJet de Gargantua était autrefois le but d'un pèlerinage superstitieux. Au printemps, le peuple allait déposer sur la pierre une poignée de trèfle pour se préserver du cheval Mdety cheval blanc sellé et bridé, que les gens trouvent la nuit sur leur route et qui les sollicite à monter sur son dos, pour les jeter dans des précipices et surtout dans des fontaines... »

(F. Baudry, p. 13-14).

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« Saint-Somin ou Sorlin.

« La pierre debout du champ de la Pierre ou de la Chenillée, à 2 kilomètres du clocher, proche la route impériale des Sables à Luçon, fut plantée, dit-on, par Gargantua. C'est un monolithe imposant qui a 4 mètres 75 centimètres de hauteur, 2 mètres 95 centimètres de largeur et une épaisseur de I mètre 10 centimètres.

« Canton de Montaigu. De Montravers (Deux- Sèvres) à Torfou (Maine-et-Loire), à Boussay et à Gétigné (Loire-Inférieure), on voit çà et là, sur la rive droite de la Sèvre nantaise, des pierres celtiques... A Gétigné, c'est le Rocher aux Ècuelîes du village de l'Anerie, écuelles dues à Gargantua, le granit ayant cédé sous la pression de ses genoux et de ses coudes. A l'heure du sabbat, la roche sonne comme là corde d'une lyre ; c'est le signal donné aux farfadets qui habitent au village de l'Anerie, de l'autre côté de la Sèvre. »

(F. Baudry, 5* Mhnoiret p. 13).

Sur les empreintes laissées par Gargantua, voyez le commentaire du conte no II (Haute-Bretagne). Cette légende s'applique souvent aux pierres à écuelles ; c'est tantôt le diable, tantôt un saint, tantôt un héros qui prend la place de Gar- Ipftntna. Cf. le ch. I** du tome I de mes Traditions et Superstitions,

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« Canton de Mareuil. Rosnay-sur-Yon possède deux menhirs ; ils sont placés sur le terrier de Follet, de chaque côté du vieux chemin qui coor duisait à Mareuil. On les appelle les Pierres folles du Follet. Le plus petit, long de 3 mètres 50 centimètres, est renversé; l'autre est debout, et mesure : hauteur 3 mètres 66 centimètres, circonf(^ rence moyenne 3 mètres 2$ centimètres. La légende en fait des minches de Gargantua, quand il s'amusait à manier les dolmens des cantons des Moutiers les Mauxfaits et de Talmond, qui lui servaient de palets.

« Un jour, poursuivi par les chiens d'un berger qui gardait son troupeau sur le coteau où est la grotte Saint- Yon, il les mit dans ses poches pour pouvoir les écraser conmie de misérables fourmis; mais ces animaux, plus intelligents qu'il ne supposait, se blottirent impunément entre ses jambes colossales, et là, ils déchiquetaient à belles dents ses talons monstrueux, lorsque, pour leur échapper, il laissa choir les deux gros monolithes ; mettant ensuite le pied sur le plus élevé, il posa l'autre sur la flèche de Luçon, distante de 12 kilomètres. Craignant d'y retrouver ses adversaires, il atteignit d'une seconde enjambée la flèche de Fonte-

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