‹ Gargantua dans les traditions populairesChapitre 50 sur 103 · EN NIVERNAIS 20S · texte numérisé non relu

EN NIVERNAIS 20S

quintaux de laine ; pour ses souliers, le cuir de plusieurs paires de bœufs.

Il alla un jour au bois chercher un fagot. Il tordit plusieurs chênes et les attacha au bout Tun de l'autre pour faire le lien de ce fagot. La charge étant un peu lourde, il se reposa devant la porte d'une fetmne, laquelle se chauffa pendant sept ans des brindilles qui tombèrent là du faix de bois de Gargantua.

Gargantua s'était fait une légère écorchure au petit doigt de pied, et il s'en allait boitant. Il passa près d'une femme qui venait d'étendre au soleil une grande pièce de toile, et il y en avait plus de cent aunes. Il lui en demanda une petite bande pour envelopper l'orteil blessé.

— Coupez ce que vous voudrez, lui répondit la femme.

La pièce de toile y passa tout entière, et encore elle ne fit qu'à grand'peine le tour du petit doigt.

H partit en guerre, se coucha la bouche ouverte dans le chemin que devait suivre l'armée ennemie» et les soldats s'engloutirent ainsi dans son gosier» ce qui termina la guerre.

Un jour il s'était endormi dans un champ, la bouche ouverte. Une bergère gardait près de là

ses cent vingt moutons qui, tout en pâturant, arrivent près du donneur. Un >des moutons tombe dans la bouche béante et, .naturellemient, tous les autres suivent le premier, ija^gantuan'en fut pas înconunodé, seulement 'k soif le prk; -comme il n'était pas loin de la mer, il alla 8^ «désaltérer et, dans une grande gorgée, avala xa -vaisseau qui passait. C'était un énorme bâtiment qui s'accrocha aux parois du gosier. Gargantua éprouvant quelque gêne, dut s'adresser .à un médednqui, pour le traiter, etitradanssaibondie avec une chandelle allumée. Le feu prit aux poudres du vaisseau, qui sauta. « Ah 1 dit Gargantua après l'explosion, voilà qui m'a bien soulagé 1 »

C'est Gargantua qui a fomné les montagnes avec les dépattures de ses sabots.

Le Berry est . un pays plat parce qœ Fatûsse- Montagne qui passait par -là ^m peu apiès Gsrgantua, poussait dams 'les fonds ^ss, d^attuies de ce dernier^

Comme son grand ^xippètàx. inxettiût la famine dans le pays, on résolut deie tua*; m^Mundntà k faire tomber dans une aauriète i>u dans («i ipiiits et on lui jeta sur la tête ime iprande quantàé^de

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meules de moulin ; mais lui les écartait du bout des doigts en disant : — Hé ! là haut ! avez-vous bientôt iini de me jeter du sable dans les yeoat?

(Communiqué par M. Achille MilHen).

Sur les honunes armés de pelles, cf. le conunentaire du conte a? V (Haute-Bretagne); Ténorme fagot se retrouve dans le conte a? III, et la bonne fenune qui se chaufife avec les brindilles a son similaire dans le conte o9 II ; sur le pied blessé et pansé, cf. Gargantua en Savoie.

L'épisode des soldats engloutis se retrouve en Picardie (cf. le conte picard n° I); celui du vaisseau englouti, en Haute-Brettig;nt «tailleurs (cf. le commentaire du conte n^ II).

i<i, comme en plusieurs autres contes, Gargantua (cf. le conte a» VU* Haute-Bretagne), se trouve en société avec d'autres géants.

Qjiand à l'épisode final, il rappelle un passage de Rabelais :

« Ceux qui estoient dedans le cbasteau amusés à la pille, entendant le bruit, coururent aux tours et forteresses, et loi tirarent plus de neuf mille vingt et cinq coups de Êiulconneaux et arquebuses, visants touts à la teste et si menu tiroient contre lui, qu'il s'escria : « Ponocrates, mon ami, ces mousches ici m'a- Teqglcntj b«^llez-moi quelque rameau de ces saules pour les chasser ! » pensant des plombées et pierres d'artillerie que ce fassent mousches bovines. Ponocrates l'advisa que n'estoient aultres mouscbes que les coups d'artillerie que Ton tiroit Au diasteau. » (Livre I, lAucp. XXXVI).

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