‹ Gargantua dans les traditions populairesChapitre 66 sur 103 · S II. — LIEUX QUI PORTENT SON NOM. — LÉGENDES · texte numérisé non relu

S II. — LIEUX QUI PORTENT SON NOM. — LÉGENDES

RÈs de Tabbaye de Saint-Seine (Côte-d'Or), est une ferme à laquelle on donne le nom de Ferme-de-Gargant. »

(Bourquelot, p. 3).

« A quelques kilomètres nord-est de Châtillonsur-Seine, commune de Prusly-sur-Ouree, se trouvent deux monticules appelés Jumeaux-de-la- Chassaigne, ou les Bottes-de-Gargantua. »

(Matériaux, 2«« série, t. IV, p. 260).

« Près d'Avallon (Yonne), au lieu dit Gargant, existe un monolithe de cinq à six mètres de hau-

teur, connu sous le nom de Petit-Doigt-cU-Gargantua. Certains habitants du pays ne passent auprès de cette pierre qu'avec une sorte de terreur. C'est là, disent-ils, que les fées viennent chaque nuit tenir leur sabbat. »

(Th. Salmon, Dictionnaire topqgraphique de l'Yonne, p. 202).

« A Saintpoints, canton de Saint-Sauveur, arrondissement d'Auxerre, climat à noter : les Gargantuas,ïi

(Ibid.f p. 280).

« Dans la vallée du Furans, au nord du village de Thoys, commune d'Arbignieu (Ain), à trois kilomètres sud-est de Belley, se voit un bloc erratique de grès anthracifère alpin, orné d'une soixantaine d'écuelles simples ou conjuguées. Il est long de 1^60 environ, large de 90 centimètres, épais de 60, et de forme à peu ' près ovale. Les habitants l'avaient nommé Boule de Gargantua, Ils prétendaient que le Géant l'avait ramassée de l'autre côté du Furans, à plus d'un kilomètre de distance, au hameau du Plâtre, et l'avait lancée comme une boule auprès de Thoys.

« Au nord de ce bloc, dans le fond de la vallée du Furans, au milieu d'une verte prairie, et au

sud, près des bords de la petite rivière, une butte ronde, peut-être un vaste tumulus, rappelle aussi, mais par un nom fort trivial, le souvenir de Gar^ gantua. »

Cf. Gargantua en Poitou^ p. 173.

« Quant à cette appellation de Gargantua, elle provient d'une coutume assez répandue dans notre pays, de consacrer à l'illustre héros de Rabelais la plupart des objets qui étonnent par leur grandeur ou par leur caractère merveilleux.

« Près du camp de Sathonay, il y avait aussi un bloc erratique appelé le Palet de Garganttuiy et dans le pays de Gex, à Arbère, près de Divonne, on voit deux énormes blocs : l'un de gneiss, Tautre de conglomérat anthracifère, appelés le Palet et la Boule de Gargantua. »

(A.* Faisan, Les Pierres à icuelUs dans la région moyenne du Rhôitty dans les Matériaux^ t. IX, p. 283-87. \a Boule de Gatgantua est reproduite sur une planche à part).

Du sommet du mont d'Alaze, non loin de Mercurey (Saône-et-Loire), Gargantua lançait d'énormes blocs de rochers contre le château de Cruzilles, près de Châlons-sur-Saône. Le premier

bloc n'ayant pas atteint le but, le Géant en jeta un second, qui tomba seulement plus près. Il essaya une troisième fois sans plus de succès. Alors il se lassa, et, s' avouant vaincu, il ne fit aucune autre tentative.

Ces trois pierres sont près d'un chemin, à côté du château, et elles s'appellent Pierres de Gargantua.

(Communiqué par M. A. Faisan; il tient cette note de M. Jules Chevrier, de Châlon, qui a gravé ces pierres à l'eau-fortc).

Sur le territoire de Grignon et près de Venarey existe dans la plaine un mamelon conique, ayant l'apparence d'un tumulus gigantesque, — Mamelon bien naturel, et dont la masse ne permet pas de croire qu'il ait été fait par l'homme. On raconte que Gargantua étant au château de Thilen-Auxois, avait fait une enjambée à la montagne du télégraphe de Semur (12 à 1$ kilomètres), puis une auti-e sur le Mont-Auxois, plateau de l'antique Aîésta-, mais que dans celle-ci il était tombé de son soulier un morceau de terre qui est la colline en question. — D'autres disent simplement : c'est la décrotture du soulier de Gargan-

tua. On connaît cette motte dans le pays sous le nom de Teurid do Jimid. — Teurid^ leuraiSy Teureau, TeuriaUy Teurîe, veulent dire en patois élévation dans nos contrées.

Entre Saulieu et Maîson-Baude existe une énorme roche de granit, dite la pierre Champ-Cu. On y voit deux grandes cavités acotées comme en feraient bien les fesses quand on se serait as^is dans une matière molle. C'est l'empreinte de celles de Gargantua, dit-on. D'autres disent : le diable s*est assis là. Cette roche rentre dans la catégorie des pierres à bassin ouéctieUes, qui ne sont pas rares dans le Morvan.

(Communiqué par M. H. Marîot, de Semur).

Cf. sur les fesses de Gargantua la p . 8.

Deux montagnes du canton de Précy-sous- Thil, le Mouron et Ligault, commune de Fontangy, séparées par plusieurs kilomètres, représentent une toichée (enjambée) de Gargantua. Ces deux collines sont les empiotes (décrottures de terre) qui s'étaient attachées à ses sabots.

Cf. sur les empreintes de pieds, les commentaires du conte n" II, p. 34, et sur les décrottures Gargantua m Touraine,

« Ain, Thoiry, — Un bloc erratique de schiste

talqueux de 37 m. c, appelé Pierre à Samson^ et portant deux excavations. L'une est formée de plusieurs trous réunis, l'autre représente assez bien l'empreinte que laisserait sur un sol peu ferme le pied d'un homme gigantesque. Ces deux cavités naturelles (?) sont considérées comme les empreintes du pied et de la main de Samson, qui se serait servi de ce bloc pour jouer avec Gargantua. »

(Notes communiquées par M. Chanel, ingénieur civily et reproduites dans U Monographie générale du terrain erratique et des anciens glaciers du bassin du Rhône y par MM. A. faisan et Chantre^ 1. 1, p. 6).

« Divonne Arbère. — Bloc erratique de gneiss de 20 m. c. Anciennement on prétendait que Gargantua jouait avec cette pierre comme avec un palet , et de là vient sans doute le nom de Gàkt de Gargantua^ donné à ce bloc. »

(Ibid., t. I, p. 3).

Divonne -Arbère (Ain) est un bloc de conglomérat houiller de quinze mètres carrés.

« Gargantua, avant déjouer au palet, avait conçu

le projet d'élever le colombier de Gex à la hauteur du Mont-Blanc. Il allait dans les Alpes chercher des matériaux qu'il transportait dans une hotte dont les dimensions étaient en rapport avec sa taille et sa force.

<c Uu jour, après avoir traversé le hameau d'Arbère, une des bretelles de sa hotte se cassa, et sa charge se répandit sur le sol. Les matériaux renversés étaient tellement considérables qu'ils formèrent la colline de Mussy ou Muren de Divonne.

« Après cet accident, le Géant abandonna son projet et on le vit jouer aux palets et aux boules avec un deuxième géant, Samson. Gargantua se plaçait sur la colline de Mussy, et Samson sur celle de Riaumont (Vesancy), Ils se lançaient réciproquement des blocs à cette distance, qui peut être évaluée à deux mille cinq cents mètres.

« D'après cette légende, on donne souvent le nom de Boule du Géant au plus gros bloc de Vesancy. »

(Note de M. Chanel, dans Monographie des anciens glaciers, etc.y t. I, p. 3 et 4).

Cf. sur les bottées de Gargantua, les pp. i$4, 218, et sur les jtnx des géants Gargantua en Provence.

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