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S I. — GARGANTUA EN GUIENNE

Bordeaux dans le peuple, on dit en parlant d'une personne de grand appétit: « Il mange comme un Gargantuan. »

(Communiqué par M. Julien Vinson').

A Agen, on dit d'un gourmand : « Il a un ventre de Gargantua : « A un bentre de Gargantua. »

(Communiqué par M. Etienne Bladé).

On dit aussi : « Minja coumo lou Gargantua.

Manger comme Gargantua. » Certaines personnes prononcent Gargantuan.

(Communiqué par M. J. F. Bladi).

On raconte que le Tertre de Fronsac, commune de Fronsac, près Liboume (Gironde), fut nettoyé par les sabots de Gargantua. D'autres prétendent qu'il fut formé par la boue que Gargantui^ laissa tomber de son sabot.

(^Communiqué par M. F. Daieau).

« Suivant quelques histoires locales, le tombeau de Gargantua existe auprès de la grotte de Miremont (Dordogne), entre Sarlat et Périgueux. »

(Bourquelot, p. 8).

« Dans la commune de Fargues, au lieu dit le Mas sacré, en pleine lande, on trouve une allée funéraire couverte, ou sépulture préhistorique, remontant à Tâge de la pierre polie et à laquelle la crédulité populaire a dotmé le nom de Lit de Gargantua,

« Voici sur ce sujet un extrait d'un rapport à la Société archéologique de France, publié par le Bulletin monumental. Ce monument se composait et se compose encore de deux rangées de pierres plates posées sur champ, et légèrement inclinées au sommet. A la base, l'intervalle est de un mètre soixante ; à la partie supérieure, de un mètre qua-

rante ; il ne reste plus que trois pierres d'un coté et quatre de Pautre. Chacune d'elles mesure environ un mètre trente en hauteur et en laigeur. Elles sont adhérentes l'une à l'autre. Sur le sol, des pierres de même dimension sont couchées à plat, bout à bout, avec cales dessous pour maintenir le niveau et disposées de façon à servir d'aire à la sépulture. La longueur actuelle du dolmen, après force dégradations, est de cinq mètres ; il est orienté de l'Est à l'Ouest. Tout autour, sur un rayon d'environ quatre mètres, sont amoncelées de petites pierres portant pour la plupart des traces de feu. »

Ia Guirlande des Marguerites, p. 260. Cette note accomjpagne un Sonnet, intitulé : Le lit de Gargantua^ où Ton remarque ce deux vers :

Gargantua, dit-on, avait pour lit ces pierres... Le soir c'est encore là que dansent les sorcières.

« Dans le Lot-et-Garonne, il y a au Mas sacré, commune de Forgues, canton de Casteljaloux. un dolmen dit le Lit de Gargantua ou la Crambo de las Hadetas (la chambre des petites fées). »

(Bulletin monumental, t. XLI, no 7, p. 659).

« Sur le derrière du bâtiment occupé dans le château de Casteljaloux par le doyen, on voit une antique bien singulière, et que Ton nomme dans le pays les Culottes de Gargantua. Cette antique est composée de deux pièces de vingt-cinq à trente pieds en tous sens chacune, qui se communiquent par un grand arceau. Ces deux pièces sont fermées par des murs qui s'élèvent en forme de flèches à la hauteur de plus de deux cents pieds, et qui ressemblent à des culottes renversées, avec cette différence, cependant, que chaque bras de culotte est flanqué de quatre petites tours d'environ huit pieds de circonférence et de trente pieds de hauteur. La tradition du pays est que ce bâtiment a été construit dans un temps très reculé pour servir de cuisine; et c'est apparement ce qui l'a fait surnommer Ctdottes de Gargantua^ personnage fabuleux d'une stature immense et d'une voracité à nulle autre seconde (Rapport sur le duché d'Albret, cité par M. Samazeuil, Monographie de la ville de Castdjahux, p. 20). Les culottes de Gargantua s'écroulèrent peu de temps avant la Révolution. »

La Guirlande des Marguerites, p. 36, contient un sonnet qui porte ce titre.

Entre Gramat et Saint-Ceré (Lot) se trouve VÊtron de Gargantua, On désigne ainsi dans le pays une petite montagne ou mamelon qui se dresse entre deux autres montagnes plus élevées.

(Communiqué par M. Daymard).

D'après M. Devic, ce mamelon serait un tumolus ; il était déjà connu sous le même nom et qualifié tumulus par Delpoa (^Statistique du Lot. Paris, 1851, in>4°, t. I, p. 401).

GéANTS SIMILAIRES

ANS le Tarn-et-Garonne, on nomme Jayanitères ou tombes des Géants, des monuments mégalithiques qui ressemblent à des dolmens ou à des Kist-vean. »

(Matériaux, 2* série, t. V, p. il 6).

« Il y à aussi une Combo deî Géant à Saint- Cirq, près de Caussade (Tam-et-Garonne). Le dolmen qui porte ce nom parait avoir eu des dimensions colossales ; il a été brisé et fouillé, et Ton a trouvé sous ses fragments des ossements humains. »

(Bourquelot, p.- 8).

Aux environs d*Âgen- existe un conte dont le

héros est Grand-Gésier : M. Bladé m'écrit à ce sujet :

« Je n'ai pu encore recueillir d'une façon satis^faisante le conte gascon du Grand-Gésier (Lou Grand Guise), un géant glouton qui avalait les oiseaux, le bétail, les hommes et, faute mieux, les pierres et le bois. »

Dans la commune de Roquecor (Tam-et-Garoime), oh montre sur une pierre l'empreinte du pied de Rolland ; une autre empreinte, attribuée à son second pied, se trouve à 3 ou 4 kilomètres de là, dans la commune voisine de Saint-Aman.

(Communiqué par M. Daymard).

« Dans la Gironde, on voit à Nérignan une pierre à légende portant l'empreinte des genoux, du pied et du gourdin de Rolland. »

(Daleau, Cartr préhistorique de la Gironde dans le Congrès de l'Association françaiu, t. V, p. 615).

« A Tauriac est l'empreinte du pied du cheval des quatre fils A3rmon. »

(jifid.f p. 617).

Le cheval des quatre fils Aymon part du plateau de Touilh, commune de Villegouge (Gironde),

OÙ l'on montre l'empreinte, tombe à Saim-Ro^ main-la- Virvée, d'où il saute sur le château 4e Montauban, commune de Cubzac, pour franchir l'espace une troisième fois, et tomber à Roche* mombron, commune de Tauriac. ^l

(^Communiqué par M. F. Daltau).

«. A Saint-Romain-la- Virvée, au lieu dit le Tertre, à Asques^ des rochers portent l'empreinte du pied du cheval Bayard ou du cheval des quatre fils Aymon. »

(Daleau, pp. 610^ éi6).

A Saint-Pierre-Toirac, on montre une roche sur laquelle on distingue l'empreinte d'un pied énorme connu sous le nom de Piado, C'est, diton, la trace d'un pied de saint Pierre (le patron du village), qui, voyageant dans ces régions arides et rocailleuses, eut soif, et, posant ses pieds syr les deux côtes qui bordent la rivière du Lot, resta la tête baissée vers l'eau assez longtemps pour que son pied s'imprimât dans le roc. La. piado était encore fort respectée dans mon eofaace ; les geaa^ pieux s'y agenouillaient, priaient et laissaient à côté quelque menue pièce de monnaie. Quelques vieillards gardent eiu:ore usx certain respect pour

la sacrée empreinte dont une vieille croix de bois marque la trace.

(Communiqui par M. Marcel Dévie).

Dans la commune de Serignac (Lot) se trouve un dolmen en mauvais état, qu'on appelle en patois Lou Toumbeî dd Tsatan, le Tombeau du Géant.

(^Communiqué par M. Daymard).

Il porte aussi le nom de Roc del Tsaian, « Il est profondément implanté dans le sol très décliné d'une vigne, et se compose de deux blocs superposés, dont la masse entière mesure six mètres cubes. N'en formaient-ils qu'un au début ? n serait imprudent de l'affirmer. Ce qui est sûr, c'est que le bloc inférieur, plus gros du double que l'autre, ne paraît pas être une production locale, nulle trace d'affleurement rocheux ne se montrant à ce niveau. S'il est là, c'est qu'on l'y a mis. Qjii? La légende le sait bien :

« Qjiand on bâtissait l'église de Comba3n*ac, il y a plusieurs milliers d'aimées, un géant et sa femme, bons chrétiens par hasard, résolurent de contribuer i sa construction. Ils allèrent choisie deux beaux quartiers de roche, en chargèrent leur dos, et s'acheminèrent vers le bourg. Comme ils

arrivaient où nous voici, on leur apprit qu'ils venaient trop tard, l'église étant faite et parfaite. Si ces braves gens eurent un regret, ce ne fut pas d'avoir sué à la tâche, car les blocs ne leui pesaient guère plus d'un fétu, mais d'être en défaut pour une bonne œuvre. Q.ue faire cependant?

Ils laissèrent retomber leur charge l'une sur l'autre, et les blocs retenus par leurs poids n'ont pas bougé. »

(Adolphe Magen, Une course en Quercy, commune de Combayrac. Agcn, 1873).

A Rocamadour, pèlerinage du Q.uercy, célèbre dès la plus haute antiquité, devant la porte de l'église et contre la voûte d'une sorte de grotte naturelle qui sert de porche, on voit une grosse épée en fer à moitié enfoncée dans le rocher ; la tradition dit que c'est Roland qui vint déposer là son épée comme ex-voto.

(^Communiqué par M. J. Daymard).

A Rieupayroux (Aveyron), dans une chapelle qui domine un vaste horizon, on conserve, fixé à la voûte par une chaîne de fer, un omoplate gigantesque, probablement quelque reste de ces grands

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