‹ Gargantua dans les traditions populairesChapitre 84 sur 103 · partie très vaste de la vallée et parvint à Rosières · texte numérisé non relu

partie très vaste de la vallée et parvint à Rosières

(Aymard, «Uns les Annales de la S<fe. d'AgrUuliufé du Puy,

Par ces enjambées et ces empreintes, saint Martin se rapproche des attributs gargantoins. Sur saint Martin, similaire de Gargantua cf. les pages 248, 260.

« La Provence a eu, dans Tantiquité, ses géants gaulois, ennemis d'Hercule, qui furent écrasés par Jupiter sous une grêle de grosses pierres, dans les plaines de la Crau ; mais elle ne s'en souvient plus. On y a seulement conservé le souvenir d'un géant fondateur du sublime château de Crussol (Ardèche), si audacieusement perché sur sa roche verticale. Lorsqu'il s'ennuie de sa solitude, il se lève pour aller à la promenade, et, d'une seule enjambée, franchissant la plaine du Rhône, il se trouve à Valence.

(A. Balleydier, cité par D. Monnier, p. $33).

JBAN DE l'ours Analyse

NB pauvre veuve, qui s'en revenait un fagot sur l'épaule, surprise par un orage, se réfugia dans une taverne où elle trouva un ours qui, à son approche, fit le signe de la

^:roix. Elle resta un an avec lui et revint à ^on village, où on Tavait crue morte, tenant par la main un enfant de trois mois qui paraissait déjà plus grand que sa mère. Il marchait et parlait comme un honune et était blanc comme lait ; mai5 sur son front se dressait une crinière de Samson, qui retombait en larges boucles sur son cou musculeux et jusque sur sa poitrine, où s'épanouissait un bouquet de poils roux. Il avait une peau d'ours sur les reins, un chapelet de baies rouges autour du poignet, un jeune peuplier au bout des doigts en guise de canne.

« Le logis de la veuve était occupé par des intrus ; il les chassa, et, comme les gens du village lui demandaient qui il était, il leur répondit :

— Je m'appelle Jean de l'Ours, ne m'en demandez jamais plus long; je veux faire amitié avec les bonnes âmes et purger le pays des vilaines gens.

« Il fit le signe de la croix pour prouver qu'il était chrétien, et il était bon avec sa mère.

« On lui apportait des quartiers de viande et des tonneaux d'eau-de-vie ; mais il ne voulait point manger de ce qui avait vécu, ni boire de ce qui avait fermenté. Comme sa mère voulait qu'il

gardât quelque chose de ce qu'on lui offrait, il se fâcha et quitta le pays sans se retourner. On lui vit franchir la rivière comme on franchit un ruisseau.

« Il accomplit de nombreux exploits, tels que : faire reculer un torrent en soufflant dessus, éteindre une montagne en feu d'un mouvement de lèvres, arrêter d'un coup de poing un tremblement de terre. Hercule n'a jamais comme lui tenu la lune dans la main comme une lanterne (i), ni combattu avec l'archidiable d'enfer.

« Jean de l'Ours s'était embarqué sur sa peau de bête pour aller délivrer le tombeau du Christ; en chemin, il rencontra l'archidiable sur un requin dont la gueule vomissait des flammes, et qui voulut l'effrayer en brandissant son trident de fer; mais Jean de l'Ours plongea, renversa le requin et le diable et lui enleva son trident de fer ; mais, comme sa peau s'emplissait d'eau, il rejeta à la mer le trident qui la fit bouillonner. Il lutta avec le diable maintes fois transformé, mais il allait être vaincu quand il invoqua saint Michel ; le diable disparut avant que la lance du saint ne fut

(i) On peut rapprocher ce trait de U légende de Hok-Bras.

descendue du ciel, dans une nuée lumineuse.

Jean de l'Ours s'agenouilla, baisa la lance, la brandit el dit :

— « Je n'étais qu'un enfant, maintenant je suis un homme. » Il conquit le saint Sépulcre et le garda jusqu'au moment où une voix lui ordonna d'aller dans le monde faire justice.

« n se mit en marche, suivi d'une foule d'oiseaux qui tourbillonnaient devant lui. Il allait chercher les monstres dans les bois, les brigands dans leurs cavernes, les tyrans dans leurs châteaux. Il était l'ami des Petits Poucets et l'ennemi des ogres. Il en tua deux, l'un qui avait mangé tous les . prêtres et buvait dans un calice le sang des chrétiens, mariait, baptisait, enterrait. L'autre avait mangé tous les juges, et il mettait fin aux procès en dévorant les plaideurs. Il était doux avec les femmes et accomplissait leurs désirs quand ils n'étaient pas déraisonnables. Un jour, il alla tuer une salamandre pour lui arracher les yeux de diamants et les donner à une jeune fille pauvre qui aimait un riche. Un autre jour, il rencontra sur un pont le Juif-Errant, et lui demanda s'il y. avait encore quelque monstre à punir. — Non, répondit le Juif-Errant. Jean de

rOurs s'essuya le front et se lava les mainly puis il voulut retourner voir sa mère.

(c n congédia d'un geste les oiseaux dt proie, qui partirent ; mais les corbeaux restèrent, et» comme ils s'approchaient en sourdine, Jean de POurs exécuta un moulinet avec son peuplier. Le plus hardi se mit à lui parler de gens qu'il fallait punir ; mais comme Jean de l'Ours savait qu'ils étaient hoimêtes, il fit tournoyer son peuplier, et un seul continua à planer en criant : « J'ai £ûm. »

« Jean de l'Ours arriva à la caverne où il était né et où il avait dit en partant qu'il reviendrait mourir ; on lui dit que sa mère était morte, et il s'endormit après avoir planté son peuplier dans le soi. Le corbeau descendit pour lui manger les yeux, mais la prairie se referma comme un livre et abrita sous un tapis d'herbes et de fleurs le sommeil de Jean de l'Ours.

«c L'Hercule chrétien dort encore, et, sous les rameaux inmienses de son peuplier, les enfants viennent encore essayer leurs forces en criant : « Jean de l'Ours 1 » mais il n'a pas répondu.»

(H. Bâbou, Lts Païens innocents, pp. 17Î-191),

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le SU d'uD ours a d'une femme, de mdne que le Fili rChrt de CcrqniDl, D" 96, qut, comme Cuguitiu cl Jeu de l'Oun, dt-

Lee tutre* triiti de ce cdulc le niTitcheut pluiAtl ti légende dea Heiculn, mèluigét de louvenin chrilieu, cl de dtbrb de Teaprii chev«lcFesquo du moyen-lge, qui lupire eu ùit le conqaftte do la Terre-Sainte, et en poésie la crmquÈfo du Saiu^

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