‹ Gargantua et PantagruelChapitre 40 sur 51 · LE MARCHAND PANURGE · texte numérisé non relu

LE MARCHAND PANURGE

LE MARCHAND

Vous êtes, ce crois-je, le joyeux ^ du roi ?

PANURGE

Voire.

LE MARCHAND

Fourchez-là *. Ha ! ha ! vous allez voir le monde, vous êtes le joyeux du roi, vous avez nom Robin mouton. Voyez ce mouton-là ; il a nom Robin comme vous. Robin, Robin, Robin ! Bês, bês, bês, bês. O la belle voix !

PANURGE

Bien belle et harmonieuse.

LE MARCHAND

Voici un pacte qui sera entre vous et moi, notre voisin et ami. Vous qui êtes Robin mouton, serez en cette coupe ♦ de balance, le mien mouton Robin sera en l'autre : je gage un cent d'huîtres de Busch ^ qu'en poids, en valeur, en estimation, il vous emportera haut et court, en pareille forme que serez un jour suspendu et pendu.

ï. Vrai. — «. Fou. — 3. Bifurquei. — 4. Plateaa. -» 5. La Tête de Bach,

— Patience, dit Panurge. Mais vous feriez beaucoup pour moi et pour votre postérité si me le vouliez vendre, ou quelque autre du bas chœur. Je vous en prie, sire monsieur. »

— Notre ami, répondit le marchand, mon voisin, de la toison de ces moutons seront faits les fins draps de Rouen ; les louchets * des balles de limestre * au prix d'elle ne sont que bourre. De la peau seront faits les beaux maroquins, lesquels on vendra pour maroquins Turquins ou de Montélimart, ou d'Espagne pour le pire. Des boyaux, on fera cordes de violons et harpes, lesquels tant chèrement on vendra conime si fussent cordes de Munican ou Aquila. Que pensez-vous?

— S'il vous plait, dit Panurge, m'en vendrez un, j'en serai bien fort tenu au courrail ' de votre huis ♦. Voyez ci argent content. Combien? » Ce disait montrant son escarcelle pleine de nouveaux Henricus '.

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