Corte-Real a omis d'écrire ici les mots : de bizcoito
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« Au surintendant des fours de la porte de la Croix, afin qu'il remette à Gaspar Corte-Real le produit en biscuit de dix muids de blé de la cam-
pagne qu’il lui remettra et des frais de fabrication Votre Seigneurie lui fait grâce. »
Aux termes de ces documents, le roi Manoel ayant autorisé Gaspar Corte-Real à faire fabriquer du biscuit avec dix muids de blé, ordonne à Jacome Dias, surintendant des boulangeries de la marine, d’extcuter cette manutention aux frais de l’État.
La semaine suivante, Gaspar Corte-Real donne décharge de soixante et douze quintaux' (quintaes) et demi de biscuit.
L'importance de ces deux pièces consiste dans leur date respective.
L'ordre donné au directeur de la manutention est daté de Lisbonne, le 15 avril 1501.
Le reçu de Gaspar Corte-Real, inscrit sur la même feuille (ce qui implique une quittance rédigée également à Lisbonne), est du 21 avril 1501.
Dans la dernière semaine du mois d'avril 1$oi1, Gaspar Corte-Real n'avait donc pas encore quitté le Portugal.
1. Le quintal contient 4 arrobas, et l'arroba contient 32 arraleis ou livres portugaises de 16 onces chacune, Chaque guintal étant égal à 128 livres, c'est 9,280 livres de biscuit qu'a reçu Gaspar Corte-Real, La ration de chaque homme étant de 2 arrobas ou 64 livres de biscuit par mois (Mandats adressés à Joham Roiz et Estevam Borralho, 24 et 26 mai 1501, — Corpo chronologico, Part. II, Mag. 4, n°* 68 et 70), cette provision de 72 1/2 quintaes répondrait à six mois de rations de biscuit pour 24 hommes
Alberto Cantino rendant compte de la dernière expédition de ce hardi marin, dit, à la date du 17 octobre 1501, « Gid son nove mesi passati che questo Serenissimo Ré mando'… » C'est-à-dire que les trois navires de Gaspar Corte-Real auraient èté expédiés à la recherche des îles et terres nouvelles neuf mois avant le 17 octobre 1501, ce qui nous reporterait à janvier 1501.
Pietro Pasqualigo, de son côté, dans ce qui nous parait être la dépêche officielle adressée au sénat de Venise, dit que le 9 octobre 1501 il avait assisté au retour des caravelles envoytes l’année précédente par le roi de Portugal à la découverte de terres occidentales : « Quale l'anno passato® la majesta del dito re mandé a discoprir terra verso le parte de tramontana. »
Le lendemain, rendant compte à ses frères de la même expédition, il répète les mots : « l'anno passato » et nomme le commandant de l'expédition : « Capilaneo Gaspar Corterat (sic) *.» |
Il y a donc concordance entre les deux récits de l'ambassadeur vénitien et celui de l'agent du duc de Ferrare.