Loc. cit., appendice XVII, page
mois encore: « ove tre mesi », c’est-à-dire sept mois, toujours par un temps favorable, « sempre per quello vento, — sempre con bon tempo », avant d’atterrir. Ces chiffres sont évidemment exagtrés. Le tonnage des caravelles portugaises ne permettait pas d’embarquer des vivres pour une si longue traversée.
La date des documents précités, rapprochée de celle que donne Damiam de Goes nous raméne à une évaluation plus probable. Ainsi, une des caravelles étant revenue en un mois! (ce qui fixe la date de son départ des terres nouvelles au 8, au 9, ou au 11 septembre”), et en accordant deux mois pour l'exploration des pays découverts, on arrive à une traversée de six à sept semaines, ce qui est à peu près le temps employé par les Cabot’ lorsqu'ils firent, en 1497, leur première expédition dans ces parages.
1. @ Questo naviglio é venuto di la a qua in un mese.v Lettre de Cantino; Les Corte-Real, appendice XVII, page 206.
2. Pasqualigo, dans sa lettre à ses frères, dit que la caravelle est rentrée à Lisbonne le 8 octobre : « À di vit» (Loc. cit, appendice XVIIL, page 211); mais dans son rapport officiel, il rapporte que ce fut le 9: « À di g» (Ibid., appendice XVIII 4, page 109.) Cantino, lui, dit que ce fut le 11: « Albi undece .v
On peut concilier ces divergences en admettant que Paqualigo parle de la première caravelle et Cantino de la seconde, lesquelles seraient arrivées à Lisbonne à deux ou trois jours de distance. 7
3. Partis de Bristol au commencement de mai 1497, les Cabot atterrirent le 24 juin suivant. Ils furent de retour en Angleterre à la fin de juillet de la
même année, Jean et Sébastien Cabot, Chronologie page 255.
Qurttance ecrite el sionce par Miquel
fLCL ! ] Corte-Real. a Malaga le 7 out 1507
Ra avait fait connaitre en 1859! un reçu donné par Miguel Corte-Real à Malaga pour deux pipes de vin et vingt arrobes de viande, fournis à ce dernier le 7 août 1501 par Christovam Lopez, écuyer du roi de Portugal”.
Tous les écrivains étaient d'accord pour voir dans ce document la preuve que Miguel avait accompagné son frère dans sa dernière expédition au Nouveau- Monde. Nous-même, malgré des réserves suggtrées par cette relâche dans un port de la Méditerranée, nous cssayämes d'expliquer le récit en question dans le sens d’un envoi d'hommes pour coloniser les terres que Gaspar Corte-Rceal venait de découvrir. La date supposée du départ de Miguel de Lisbonne, date qui coincidait avec celle de l’apparcillage de Gaspar, selon les nouveaux documents publiés ci-dessus, était de nature à nous encourager dans cette opinion. Effectivement, le 6 août 1501, jour où ses provisions se trouvent cpuisées, Miguel dit avoir embarque lors du premier avitaillement, pour
1, Die Entdeckuns Ameriers, München, 1859, In-4, pag 93, note 110, 2, Les Corte-Roal, pages 103-164, documents NIV et XV,
rois mois de vivres, Ce serait donc vers le 6 mai qu'il aurait équipé son navire à Lisbonne.
D'autre part, ainsi que nous l'avons vu, Gaspar était encore dans ce port au 21 avril, et, selon Damiam de Goes, le hardi navigateur n'aurait mis à la voile que le 15 mai 1501.
Cette coïncidence entre le départ de Gaspar Corte- Real et celui de son frère Miguel, n'était que fortuite.
Un document jusqu'ici inconnu, que M. de Brito Rebello vient de découvrir, permet de préciser le but du voyage que Miguel Corte-Real entreprit au cours de l'été de 1501.
Ce voyage n'avait aucun rapport avec lexpèdition de son frére aux terres nouvelles.
Miguel ne reçut pas de Christovam Lopez à Malaga que du vin et de la viande, Ce dernier lui remit aussi, le 7 août, deux douzaines de merlans, ainsi qu'il appert du reçu suivant :
« Eu miguell corte reall digo ÿ he verdade q rec.by de xpm lopex escudeiro del Rei nosso [senhor| duas duxias de pesqua das pera mantimento da nas figa e por verdade fix este de minha mâo feito e assvrado aos ssele dias dagosto de quinbemtos e bu.
En malega.
miguell corle Reall.»* 1. Archives de la Torre do Tomb*, Corpo chronologico, Part, I, Va. 4, n° 142.
POST-SCRIPTUM. 1 C'est-à-dire :
« Moi, Miguel Corte-Real, déclare avoir reçu de Christovam Lopez, écuyer du roi, notre [seigneur|, deux douzaines de merlans pour approvisionner Île navire Figa. En foi de quoi, j'ai écrit le présent, de ma propre main. Fait et signé le 7 août 1501.
A Malaga.
Micuz CORTE-REAL. »
Orau verso de ce reçu se trouvent d’autres quittances du même genre, données par deux capitaines’, dont les caravelles suivaient ou précédaient ec le que montait Miguel Corte-Real, et faisant touics partie de l’escadre envoyte par le roi Manoel, sur les instances du pape Alexandre VI, contre le Grand Turc (Bajazet IL), pour sauvegarder Îles possessions erecques de la République de Venise.
Cette expédition, composée de trente voiles, portant 3,500 hommes, et commandée par Joäo de Menezes, appareilla de Lisbonne le 15 juin 1501. Les Turcs
1. Joño Leite, commandant la Santa Barbara, et Diogo d'Alcaçova, capitaine de la caravelle royale Santa Crux.
Ce qui démontre que ces navires faisaient partie de l'expédition contre les Turcs, c'est le libellé de certaines pièces qui accompagnent ces reçus M. de Brito Rebello nous signale une ordonnance de Martinho de Castel Branco, adressée au Jacome Dias précité, le 8 juillet 1501, concernant « les vins pour la flotte qu'on vient d'armer pour être envoyée en Turquie », et deux quittances données par Diogo Moniz à Christovam Lopez le rer juillet 1501, S€ rapportant à des vivres embarqués « pour les troupes de la flotte contre la Turquie » etc. etc. Ces pieces et d'autres semblables, se trouvent dans le Corpo chronvlogico, Part, 11, Mug. 4, n° 100 à 112,
s'étant désistés de leurs projets d'attaque contre les iles de l’Archipel, le gros de la flotte portugaise, qui avait été précédé en novembre par plusieurs caravelles, au nombre desquelles se trouvait celle que montait Miguel Corte-Real, revint à Lisbonne au mois de décembre suivant. La République de Venise, reconnaissante, envoya Pietro Pasqualigo remercier le roi Manoel du service que ce monarque venait de lui rendre, et, par cet ambassadeur, servir de parrain au jeune prince dom Joio!.
On s'explique maintenant le retour de Miguel Corte-Real en Portugal le 4 novembre 1501, et la pension annuelle de 30.000 réis qu’à cette date le roi Manoel lui accorda en récompense des services qu’il avait rendus.
1. Damiam De Goes, Chronica do felicissimo Rei don Emanuel, Lisboa, 1566, in-fol., Part, I, cap. xLvint, LI, LU, Lx113 ANr. CAETANO De Sous, Historia Gencalogicu da Casa R, Portuguesa, Lisboa, 1735-49. in-fol, ; tome III, page 153.