‹ Gaspard de Coligny, amiral de FranceChapitre 12 sur 241 · Mémoires f liv. I · texte numérisé non relu

Mémoires f liv. I

» dance'. Le duc de Bourbon eul quelque malconlentemenl, » plus qui n'en feit démonsliation, de quoy on iuy avoit levé la I) conduite de l'avant -garde, attendu que c'estoit sa chatte comme > connestable de France-. Toutetoîs il le supporta patiemment n eirulordoanéàlabtilailleavecquesleroy. Auducde Vcndosme B fut ordonné l'arrière-garde. »Peut-ôLriî, dansie cours des opérations, le maréclial de CliAtillon, par une circonspection excessive, et par le désir de ménager, le plus possible, les jours du roi. contribua-t-ll à priver François I" d'un grand succès, alors qu'au passage de l'Escaut, Gliarles-Quinl, qui fuyait devant l'armée française, eût pu être battn pai' elle ' .

La faveur royale, qui avait i!ilevé le maréchal de Chàtillon à de hautes fonctions dans l'armée, alla môme jusqu'à lui assurer, pour la conservation de son patrimoine, une protection exceptionnelle. La guerre contre les Impériaux avait compromis le sort de divers biens dont il était propriétaire, dans l'étendue decoDlrées alors soumises à la domination de Charles-Quint:

t. < Le (lue J'Alciiçmi gagna sa cnuse; mais il Tulliit ilonnur à r.n gi'mïra] in- • capable ao lieutenaiil plus habile, qui i^ùl toute la conliniice; ce fat le maré- I uImI dt- Chaliltiw.> (V. Itossuel, Leç. ifHist. de France. iBil , in-8, 1. Il, p. 179.) — Plusieurs lettres du duc il'Alcii{ori au roi prouveiil l'empressement avec lequel le duc se déuhargeait sur I'.' maréchal île Chalillon du soin d'adopler cl de meuri' & eii^culion iliverses mesures imporlanles. (Voir lettres des I", !t, It. 15, IG, 17iuii.,3.7, 10, l(i, 18. 22, 31 juillet, 14, 17, 2inoùt 1521: Kibl. nal., ms3. f. fr.. vol. 2975. ^ 9 ; vol. 21185. f> 9; vol. 3059. P" i, 13, 14, H.â7.35. 11,43.51. 53, '.18; toI. 3060, P» 1,2, 3.)

i, Branlùmo, éàiX. L, Lai., l. 1, p. 555 el 283. — Uésonneaux, llht. de la wuùoH de Bourbon, t- M, p. ifilf, — Estiegne Pasquier {fkcherchet de la Fmnte, liv. VI, cliap. Xtl. dans les ruuïres complètes, în-fr 1723, 1. 1, p. 570) du : t Lu roy ayant Itaillé ea mariage madame Marguerite, sa sii^ur, h Charles

> de Valais, duc d'AleiicOii, Al de là en avant tomber es mains de son bcaui &èr» loiitcs les charges de la coimesLiblic à la guerre, quand les occas)on&

> se pnlsentérvnL ISouvelle métamorphose d'un Charles de Bourbon eo un I Charles d« Valois, celuy-li estaut couneslable en tillre sans cITet, et culuy-cy I l'estant par cffoct *ans tîltrc ; qui n'esloil pas un petit crève-cœur au prince

> qui avait tait tant de rucommandables services & la France. > 3. Vo». Gaillard. Hut. de Fi-ançoit l", i. 1, p- 318 i 350.

aussitôt, François P' attribua, à titre de dédommagement, au maréchal, jusqu'au recouvrement de l'entière et paisible possession des biens appréhendés, la jouissance de la principauté d'Orange et de ses dépendances S qu'il avait, de son autorité souîeraine, fait saisir, ainsi que d'autres biens situés en France, sur Philibert de Châlons*, pour punir ce prince d'avoir déserté la cause royale et servi celle de l'ennemi ^ .

Après avoir joué un rôle considérable dans la guerre de 1521, le maréchal de Châtillon venait, en 1522, d'être investi, de nouveau, d'un commandement important, lorsque la mort le surprit, tandis qu'il se rendaitau poste de confiance que le roi lui avait assigné. Laissons ici parler Martin du Bellay ^ : <: Vous avez 3 entendu par cy-devant, dit-il, comme, l'an précédent (1521),

> l'amiral de Bonnivct avoit pris Fonlarabie, ville de Bisquaye, » quatre lieues par delà Bayonne, laissant dedans pour gouverneur ^ Jacques Daillon, seigneur du Lude. Or, est-il qu'incontinent

> que l'armée de l'admirai fut retirée en France, les Espagnols de » toutes parts la vindrent assiéger : et après l'avoir tenue assiégée 3> dix ou douze mois, l'avoientmiseen telle nécessité de vivres, que » plusieurs y moururent de faim, et sans estre secourue, estoit ]D impossible de plus y demeurer. Parquoy le roy avoit dépesché 3 le mareschal de Chaslillon avecques une armée, pour aller se- » courir la ville et ledit seigneur du Lude ; mais estant arrivé le

> mareschal de Chaslillon à Dax, six lieues audeçade Bayonne, le » print une maladie qui tant le persécuta, qu'il en mourut: » qui fut grande perte, pour estre homme expérimenté et de » crédit. Sa mareschaussée fut donnée au seigneur de Montmo-

1. Cette principauté était enclavée dans le territoire du royaume.

2. Voir, sur Philibert de Châlons, prince d*Orange et de Melfi, Martin du Bellay, MémoireSy liv. Ili; — Belleforest, Annales, t. II, f» 1421 ; — Brantdme, édit. L. Lai., 1. 1, p. 238 à 247.

Page 1