‹ Gaspard de Coligny, amiral de FranceChapitre 14 sur 241 · CHAPITRE II · texte numérisé non relu

CHAPITRE II

Louise de Montmorency, en ioU^ ûxe sa retraite à Châtillon-rar-Loing. — Maria^ de roue de Mi% Allés ; l'autre entre en religion. — Mort de deux des fils de la maréchale de Ch&tillon. — Nicolas Bérauld est chargé par elle de l'éducation de ses trois plus jeunes fils et s'acquitte de sa tâche avec succès. — La maréchale revient à la Cour, en 1590, à titre de dame d*honneur de la reine. — Odet de Coligny est nommé cardinal. — Lettre écrite i Bérauld par Gaspard de Goligny, en 1534. — Vocation de Gaspard et de François pour la carrit>re des armes. — Ils sont présentés à la Cour. — Liaison de Gaspard avec le comte d'Aumale. — Naissance d*Êléottore de Roye en 1535 et de Charlotte de Hoye eu 1537. — Anne de Montmorency, nommé onnétahie en 1538, tombe en disgrâce trois ans plus tard.

Devenug veuve pour la seconde fois, Louise de Montmorency voyait se grouper autour d'elle, en 1522, sept enfants sur lesquels s'étendait sa sollicitude. Jean deMailly, sonfils atné, avait alors quatorae ans; ses filles, Louise et Madeleine de Mailly, avaient, Tune treize ans, l'autre dix; et ses quatre plus jeunes fils étaient âgés, Pierre de Coligny, de sept ans, Odet de cinq, Gaspard de trois et demi, et François de quinze mois. Un grave contemporain S qui vénérait d'autant plus la maréchale de Châtillon, qu'il connaissait parfaitement sa vie privée, nous apprend qu'à la différence de la plupart des femmes d'un rang analogue au sien, c elle avait nourri de son lait ses enfants»;

i . Le chancelier Michel de rHospital. Voir, dans le recueil de ses poésies latines, la 8* épitredul*' livre, adressée ù Odet de Châtilllon (trad. deB. de Naléche, 1857, in-8"). Voir aussi dans le iiiônie recueil la 2* épitrc du UI* livre, adressée à J. Morel, au sujet des mères qui ne nourrissent pas leurs enfants et qui ne les font pas élever près d'elles ; Ténergique et judicieux langage que tient rHospital, dans cette dernière épltre, n'a rien perdu de son à-propos au dixneuvième siècle.

et il a soin d'ajouter que ceux-ci « élaienl dignes de lu beauté de leur mère ».

Pour mieux veiller sur eux et seconder, à tous égards, leur dévcto|ipeuieni, Louise deMontmorency rechercha, loin du bru il el des ai^ilalioiis delà Cour, le calme de la retraite. Elle le ti'ouva au château de Cliâlillon-sur-Loinji, où elle fixa définitivement sa demeure, ainsi que l'y autorisait son contrat deniariape, qui, en c^s de prMécès du maréchal, oITrait à son choix l'un des Irois domaines de Chîllillon, deDannemarie-en-Puisaye, ou de Chauiïoui' ' . Elle se décida sans iiésitaiion en faveur du premier de ces domaines, qu'elle avait occupé avec son mari et qui avait vu naiire plusieurs de ses enfants; célail là que devait s'achever l'éduculion du lils et des deuxfdles qu'elle avail eus de son premier manajj;e, et que devait commencer celle de ses quatre plus jeunes fils.

• On ne possède aucun détail précis sur ce qui concerne soit la mère, soit les enfants, pendant les six premières années qui suivirent la mort du maréchal de CliAtillon, c'est-à-dire de 152^2 à 15*28; mais on voit se produire dans le co'urs de cette dernière année des circonstances qui modifièrent profondément l'intérieur de la lanûilc, en enlevant au foyer domestique deux des cuiants de la noble veuve, l'un pour un temps, l'autre pour toujours.

A seize ans, Madeleine Mailly avait acquis une éducation assez complète el montrait un caractère assez sfu-ement formé, pour que la maréchale songeai b son élablissemenl Elle lui donna pour époux un jeune homme de dix-neuf ans, issu de l'une des premières familles de Picardie, Chitrles de Royc. comte de Roucy, possesseur de diverses seigneuries*, qui devint de

I, Voir Apiieitilice, u" 7.

t. 'Voir, sur les si'igiii:uri(.>s i|ue pos^éilail flliarirs de itoye, et sur la dot .ijiportëf par Maiii'lciilit dv Muilly, iliTurs litres tneationiiés dans l'inventaireilres^é parCollailon(fiibI. nat. mss. f. fr, vol. SlTTl sntis les dotes suivantes: 19 juilli?) iHâiV- U3), février 153» (f-. 250), 18 noiti I521UC IW, t3G), âH uvril 1515 ((■ l»!!)et II novembre 1551(^93).

bonne heure gentilhomme ordinaire de la chambre de François P*^*, et plus tard vidame de Laon*. Le mariage fut célébré, le 27 août 4528, à Saint-Germain-en-Laye, en présence du souverain ^. Madeleine de Mailly quitta alors le château de Ghâtillon, pour aller se fixer, avec son mari, en Picardie.

De ce même château était déjà sorti depuis un certain temps, pour suivre la carrière des armes, le frère aîné de Madeleine, Jean de Mailly, baron de Conty. Il se trouvait, en 1528, sur ce sol d'Italie où, dix-sept ans auparavant, son père. Ferry de Mailly, avait été frappé à mort, en combattant. Un sort semblable à celui du valeureux guerrier dont il portait le nom lui était réservé, alors qu'à vingt-deux ans il entretenait de brillantes espérances pour son avenir; en prenant paît aux opérations du siège de Naples, il succomba sous les murs de cette ville *. Sa sœur, Madeleine de Mailly, recueillit dans sa succession la terre de Conty, qui m sortit ainsi de la maison de Mailly pourtomber dans celle de Roye ^ y>.

A une date, antérieure peut-être à l'année 1528, mais qui, si elle lui est postérieure, ne s'en éloigne probablement que de fort peu, un troisième enfant de la maréchale, Louise de Mailly, quitta le château de Ghâtillon pour disparaître de la scène du monde, sur laquelle Madeleine devait un jour occuper une place éminente. De même que d'autres jeunes filles de noble

1. Il figura en cette qualité parmi les nobles conviés à concourir à la réformation de la coutume de Valois, dans un procès- verbal dressé Je 14 septembre 1539 et jours suivants. (Voir Boudot de Ricbebourg, Nouveau coutunUer général, in-f», t. II, p. 812). — Carlier, Hist. du duché de Valois, in-4, t. II, p. 379. — CoUadon, dans son inventaire (Bibl.nat.,mss. f. fr., vol. 8177,^395,) relate un certificat du 5 décembre 1551, portant : c Cbarles de Roye estre gentilhomme ordinaire de la cbambre du roy, et couché en son estât, i

2. Bibl. nat., cab. des tit., coll. de p. et mém.: V^Roye, f*' 8 et 9, XIII.

3. Bibl. nat., cab. des tit., coll. de p. et mém.: V<> Mailly, f^ 21, et Roye, f^ 11.

4. Martin du Bellay, Mém., livre 111. — Clairambaut, Généal, de la maison de Mailly, p. 12, 13. — DeCourcelles. Hi$L génial, et hérald.X VII, p. 266.— Bibl. nat., cab. des lit., coll. de p. et mém.: V<> Mailly, f<". 1 à 28.

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