‹ Gaspard de Coligny, amiral de FranceChapitre 15 sur 241 · Clairambaut, p · texte numérisé non relu

Clairambaut, p

exiraclion qui, au diîbut du xn' siéde, ilésertaïenl la vie de famille, Louise enli-a en religion. Son exisience, destinée dès lors à s'écouler dans la monotonie du cloîlre el h s'y éteindi-e en 1 554 ' , n'a guère laissé d'autre trace que celle de l'allière fermeté avec laquelle, au double litre de femme nobleeld'abbesse de la Trinité de Caen et du Lys, elle soutint le nom de la grande famille dont elle était issue-.

Que devint, de son cùté, soit avant, soit après 1528, un quatrième enfant de la maréchale, l'aîné des Coligny, Pierre, dont l'existence s'efface tellement dans l'histoire, que certains biographes ne la mentionnent même pas ^ et qued'autres, qui transiloirement la constatent, se bornent à énoncer qu'il mourut jeune', sans avoir joué aucun rôIe"'V Fut-il, comme on l'a prétendu ", enfant d'honneur de Fran(,'ois I"'^?Qu'iirail été ou non. à quelle époque mourut-il? Fut-ce réellement vcis 1534, ainsi que divers écrivains le déclarent, sans invoquer du reste aucun document Ji l'appui de leur assertion'? Ne fut-ce pas plutôt antérieurement h 1528, puisque les biographes qui énumèreot les fils de la maréchale de Chùtillou existant à celte époque ne parlent que d'Odel, de Gaspard et de François, el font supposer, par le silcocfi qu'ils gardent sur Pierre, que ce dernier avait

I. A. Duchesne. Ilist. de ta maiton de Moatmorencti, p. 370. — Dibl. nat.. C3^. d^s lit., coll. de p. et mém.: V" Mailly, T" 1 à tS. — Lettre de Coligny au marérhal de Itrissac du âO mal I55t (Bibl. nul., mss. S. fr., vol. lOm.

^ lii).

3, Voir Appndicf n" 8.

3. (l. OiUnii Castelloaii vila. p. 6. ~ Uranldme, éd. L. L>l., t. Ut p. ItiT.

X. A. Duchesne, Hift- de la maUoH de Montmorency, p. 371. — D'Auvigny, Via dn hnmme* iliuslm de ta France, l. XIV, p. 4. — Le Labouruur, addil. fttu Mi'm. lie Coilelnnu. in-i* , l. 1, p. 372. — Horin, Hiit. du Gantinoit. p. i30.

3. MM. Haag. France protettante : V'ChaiîUon, 1. UL p. 373, noie I.

e. P. Ansulme, Hùt. génial, et chroiiût.. éd. de 1730. 1. VU-, p. 152.

7. P. AD«elui<> HUt. gènriit. et cbronol.. I. VU, p. 1531. — ilM. Haag. ^anceprotestante, V'CbAlillun, i. III, p. 373, noie I . — M. Lud. Lalanuc, sur BranMuie. l. lU, p. 187, uule t.

déjà cessé de vivre? Ces diverses questions demeui'ent sans réponse.

Quoi qu'il en soit, à une époque voisine de celle à laquelle la maréchale avait marié sa seconde fille et peixiu l'alné de ses enfants, ses trois derniers fils venaient d'atteindre un âge qui nécessitail, pour leur éducation, les soins spéciaux d'un précepteur. Ce fut alors que le choix de Louise de Montmonrency se porta sur un homme particulièrement apte à favoriser leur développement moral et intellectuel. Cet homme recommandable était Nicolas Bérauld, dont il importe, en se plaçant à la date approximative de 1528 *, de faire rapidement connaître les antécédents.

Né en 1473 à Orléans, Bérauld y avait, pendant plusieurs années, profess'é le droit avec une distinction qu'attestent les écrits d'Erasme - et de Badins. Quittant les travaux du jurisconsulte pour ceux du philologue et de l'humaniste, il était venu habiter Paris, où il avait vécu dans la société de Budée, de Ruel, de Louis de Ruzé, de François de Loynes, d'Etienne Poncher ^ et d'autres amis des lettres. Occupé de ses études favorites et obéissant, en outre, au mouvement qui, en France de même qu'en d'autres contrées de l'Europe, poussait alors les esprits à la recherche de la vérité religieuse, il s'était intéressé aux premiers travaux entrepris pour la restitution et la publication du texte des saintes Écritures*. Une étroite amitié s'était établie

1. Nous pensons avec MM. lladig {Fi'au ce protestante, V' Nicolas Bérauld) que ce fut, selon toute probabilité, vers 1528 que Téducation des trois jeunes GJs de la maréchale de Chàtillon fut confiée à N. Bérauld.

2. Voir, sur les relations de Bérauld avec Erasme, Dom Lyi*on, Singularités histonques et littéraires, t. III, p. 130, 131.

3. Voir la dédicace de N. Bérauld à Et. Poncher,datée de novembre 1520, précédant le texte d'un écrit intitulé : Chriètophori Longuoliiparrhissien., civis Romani perduellionis rei defensiones dnœ (Bibl. nat., mss. f. fr., vol. 6864).

K. Lettres de Nicolas Bérauld à Érasme, des 16 mars 1518 et 1" juillet 1519 (Herminjard, Corresp. des réformateurs, t. J, p. 33, 34, 54), et lettre d'Érasme à Bérauld, du .9 août 1519 {ibid.y t. I, p. 55).

entre lui et Louis de Berquin, disciple de l'Évangile et coiirageux adversaire de riulolérante Soibonne'. De 1514 à 1528, BérauM avait conquis par d'importantes publications* une place honorable dans le monde savant. Non moins sur que bienveillant d;ms ses relations, il jouissait de la répiiUilion tnéritée d'hoinrai- do bien et de savoir.

Appréciant les qualités qui le ilistinguaient, la marrchale de Cli;\tillûn lui pi-oposadediriger l'éducation de ses fils. Touché de l'appel que lui adressait une telle mère, et mesurant dans toute leur étendue les devoii-s qu'il aurait à remplir, Béiauld accepta.

Dès le début de sa mission, il justifia pleinement la confiance dont il avait été investi. Il aimait la jeunesse et possédait le secret de se faire comprendre etaimer d'elle. Alliant à imefermeté calme et dijine une aménité de langage et de manières qu'accompagnait l'expression d'une physionomie empreinte de bonté^, il se concilia d'autant plus aisément l'afieclion de ses trois disciples, qu'il leur fil sentir immédiatement la sincéiiiê de la sienne. La marclie de leurs éludes se ressentit de la naturedes dispositions que chacun d'eux y apportait. Odet, qui se signalait par la vivacité de son intelligence, était parfois nonchalant dans son travail, et François, d'une bouillante ardeur en

1. LeUres<1u Nicolas Biïrauld à Erasmi-, du 16 mars 1518 (Hurmiojanl, 1. 1, p, 33) et de Louis tic Berquin à Erasme, du 17 ami \hi6{ibid,\. 1, p. iii A t2ï). — L'itnDëe même où t.ouis île Bi^rquin, iimriyr de ses convicliuiis chritieoni-s. Tut brûlù & Paris, .\Bér;mld pulilia.daiis cuUe ville, un écrit lEniind/tû jMlmainm LXXl et CXXXt!, iii-\', ParisU», i52a)donllacomposilioii fut sans doute inspirL-npnrsnnnmilii pour la pieuse victime du fanatisme delà Sorli'inne et lit! SCS adhérents.

2. llomLyroii, Sinijut. hiitor. et Ultei:, 1, III. V .Mcolas Bérauld.

3. Erasme, qui avait rcfu de Itérauld, à Orléans, en 1508, la meiîleurr liospîtalitd, la lui rippelait, dan^ uue lettre du i\ Térr. I51G, eu y ilèpeignani sou ami sous un aspect h la ndt^iilé duiiuel iioub croyons: i Encore mainlonEuil. lui » écrivail-il. il rau semble entendre cette parole pleine el facile, cetti' voLi douce ■ elIiarmoDiL-iMe.ce discours pur el limpide; il me semble voir ce ti sage ami el 1 pleiu de bonté, sans rien qui auiiunce la bauleur; ces mmurs uim^ildes, duures, • faciles et aOÏ'auclues de toute gfine. i (Voir dom Lyroo Singiil. hi*t. el lUUr., 1. 111, p. 131, etn^.MMg, France prolatanle : V Ni coins Uérauld).

toutes choses, échappait çà et là à la règle de l'assiduité; tandis que Gaspard, non moins intelligent que ses frères, mais plus laborieux que l'un, plus contenu que l'autre, et surtout doué d'une conscience peut-être plus délicate que la leur, obéissait mieux et travaillait avec plus de persévérance et de profit que chacun d'eux.

Quelle que fût, au surplus, la diversité qui se manifestait entre les trois frères, sous le triple rapport du caractère, de l'application et des progrès, elle n'altérait en rien l'étroite amitié qui les unissait : amitié touchante, à laquelle il était réservé de s'affermir avec les années, de s'accroître et de s'épurer dans de communes épreuves, sans jamais se démentir, et de demeurer l'un des traits saillants de leur vie.

On ignore jusqu'à quelle limite Bérauld poussa les études d'Odet, de Gaspard et de François, en fait de littérature, d'histoire, de géogi^aphie et de mathématiques. Quant aux directions morales que les jeunes disciples reçurent de leur zélé précepteur, elles ne purent qu'être salutaires, à raison des sentiments élevés qui animaient celui-ci.

Gaspard et François, tout en suivant leurs études, annonçaient un goût prononcé pour la carrière des armes. Ils durent considérer comme indice de l'approbation implicite de ce goût, si naturel chez les fils d'un maréchal de France, la présence à leurs côtés de Guillaume de Prunelay, gentilhomme militaire, qu'à un moment donné on leur assigna pour gouverneur, sans empiétement d'ailleurs sur les attributions de Bérauld. Guillaume de Prunelay avait, en effet, pour unique mission de leur inculquer cet ensemble d'idées, de sentiments et de manières, qu'on envisageait alors comme le complément nécessaire de l'éducation de tout jeune homme appartenant à la noblesse d'épée.

Depuis le jour ou Bérauld avait pris en main la direction des fils de la maréchale de Châtillon, la marche des événements avait provoqué, vers 4530, le retour de celle-ci à la Cour, dont

elle s'élait lenue éloignée il dater de 1522. Le roi ne l'avait pas perdue de vue, dans la vie de retraite qu'elle menait habituellement h GhAlilIoii-sur-Loiii{]!, et parrois au sein de sa famille, soit à Paris dans l'hôtel de Montmorency, soit h Chantilly '. Il lui avait continué , au moment de la mort du maréchal, la jouissance de la principauté d'Orange * , et n'avait cessé ultérieurement d'honorer en elle la veuve d'un homme qui l'avait fidèlement servi, la fille de l'un des plus anciens et loyaux conseillers de la monarchie^. Aussi lorsque, par suite du traité de Cambray, il devint l'époux d'Éléoriore d'Autriche, et qu'il voulut dormer pour dame d'honneur îi celte princesse une femme doublement recommundaMe par ses vertus et par l'élévation de son rang, adressa-t-il à la maréchale de Chatillon un confiant appel *. Marguerite de Valois applaudit vivement au choix fait

1. Diverses lenres île 1. Breton A Anne <lt: Mantrnori.'ncy ment ion ne ni la jiréscnce lie lu niari'vimle de Chjlillon à Chanlilly el la remise île plusieurs missives d'elle, Hâtées île celte résiilence, qu'elle chargeait Breton <Ic fnire parvenir au grand malirc. (Bibl. nat., nus. f. fr., vol. 3001, ^• 2<J, 30, Td.H; toI. 3017, t" 15, 88; vol. 3018, P33). — 11 existe un asseï grand nombre de lettres autographes de la itiari^lialc, adressées à ses fi'ëres, ut qui toutes sont connues dans detl«rnies affeclueiiJt. (Iiihl.nat.,mss. t. fr., vol. 309i. ("199-, vol.iCISI.K l«, 23, "5 ; vol. 4751, f- 3, 45, .19, 50, 51. 07, 73, 79, 80, 83, «0. 87l.

i. Déciûon royale du 30 novembre \ôi& (du Bouchet, p. 34S, 3i3). — Lettre de Louise de Montmorency à son frire Aune. (Itibl. nul., niss. f. (r., vol. 4051, !• iS). — Voir aussi Appendice, n" 9.

3. Guillaume de Montmorency mourut le 24 mai 1531, &gè de quatre-vingts «us passés. « tl y avait plus de soixante ans qu'il l'exemple de ses ancêtres il * »ervaJt l'Étal avec autant de gloire que de fidélité. > (Désormeaux, liUt. de la maimn dt Montmorency, i. I, p. 106). — A. ttuchesue, Hitt. de la viime maison, p. 3S3).

4. Guillaume Bochetel, secriilaire d'Ëlai. dans un cooiple rendu, par lui dressé, des cérémonies du sacre, du couronneuient el de l'entrée i Paris d'Ëléooore d'Autriche, nous montre la maréchale de Cli&lilloD figurant dans ces solenoltéa en qualité d'unique dame d'honneur de la nouvelle reine, et ayant le pas, daiis l'ordre des préséances, sur les femmes des plus hauts fonctionnaires (du Boudiel, p. 343, 'Mi). — Voir aussi Godefroy, le Cérémonial français , IG49, in-^., vol, f, 11.187 et 5ÔI. — Le frère de la maréchale, Anne de Monluioreucy, ^ail allé au-devant d'Éléouure, lors de l'arrivée de celle princesse en France, et nvail ^1 son éloge dans une lellie écrite de Sl-Jean de Lni à Marguerite d'Au-

par son frère. Les hautes qualités de la maréchale l'avaient depuis longtemps rendue particulièrement chère à la duchesse à'Alençon, devenue depuis reine de Navarre. La correspondance de la sœur de François I" atteste les affectueuses relations qui s'étaient établies entre elle et la femme distinguée dont elle se disait volontiers « la bonne cousine et parfaite amie ^ ».

La considération générale, qui déjà avait entouré Louise de Montmorency à la cour de Louis XII et d'Anne de Bretagne, alors qu'elle était attachée, comme dame d'honneur, à la personne de cette princesse -, la suivît à la cour de François I" et d'Éléonore, quand elle vint occuper près de cette dernière le poste de confiance que le monarque lui avait assigné. Elle ne cessa d'y obtenir le respectde tous, par la pureté de sa vie et la noblesse de son caractère. On l'y considérait comme une sainte^. L'hommage ainsi rendu par chacun à sa piété et à ses vertus était d'autant plus frappant, qu'il contrastait avec les mœurs relâchées d'une cour dans laquelle on ne pratiquait guère d'autre culte que celui de la galanterie. Bien vue du roi, la maréchale de Châtillon n'avait pas tardé à l'être aussi de la reine, avec laquelle elle vécut

Iriche, Ici*" juillet 1530. (V. Négoc. diplom, entre la France et V Autriche yïn-i^ t. II, p. 742).

t. Lettres ù la maréchale de Châtillon, du 10 juin 1530 et de 1530 (Rec. des lettres de Marguerite, 1841, in-8% t. I, p. 255,256, 303). La con*espondance de Marguerite témoigne aussi du bienveillant intérêt qu'elle portait à Guillaume de Montmorency (ibid.y t. 1, p. U8, 140, 150, 151, 152) et à Anne son fils {ibid.y passim).

2. Clairambaut, Généal. de la maison de Mailly, p. 27. — A. Duchesne, Hist. d: la maison de Montmorency y p. 369. — Dom Morice, Hist. de Bretagne j l. Il, p. 2i2, 243.

3. Le chancelier de rilospilal (Poès., trnd., p. 46) disait à Odct de Châtillon : € Ta mère pouvait sans crainte descendre dans les replis de sa conscience, ou

> regarder autour d'elle. Sa vie, avant et après son mariage, avait été à l'abri j> Je tout soupçon; etc., etc. > — Hotman(Gf. Colinii Castellonii vita, p. 6) parlait de la Yeuve du maréchal de Châtillon en ces termes : c De Ludovicâ ipsius

> conjuge illud memoratu dignum est, quod cùm ità sanctè vitam instituisset, » ut pudicitiœ exemplura haberetur, et reginœ Helionorse Francise! primi cou-

> nigis honorana, ut loquuntui*, matrona fuisset, etc., etc.»

dans une afTectueuse familiarité que prouverait, au besoin, le seul fait de l'hospitalitô igu'Éléonore aimait à trouver fi CIiAtil- Ion-su r-Loing, dans le chiUean de sa dame d'honneur '.

La faveur accordée li la maréchale depuis sa rentrée à la Cour, en 15.10, était égalée par celle dont son fràrc, Anne deMontraorency, jouissait à la même époque. La bienveillance du souvelain avait, dès l'année 1515, protégé les débuts de ce seigneur dans sa jeunesse''. A Mêzières, Anne avait prOté au glorieux défenseur de cette place, à Bayard, un utile concours'; puis, à fiuelque temps de lîi, il s'était distingué en Italie, comme chef de L'Orps, en diverses rencontres '. Depuis sa promotion à la dignité de maréchal en 1522, il était devenu successivement gouvoriit'iir lin Languedoc, grand-maltre de France"' et époux de la nièce de Louisede Savoie, mère du roi". Comblé d'honneurs et de dignités, et concentrant entre ses mains la gestion des princi-

1. LeUrcs écrites à Anne de Moiilinoreucy par Marguerite de Kavarre (Flec. élé^U I, p. 357, 358, 36t) et par J. Breton (llihl. nul., ms. t. fr., vol, 30IK. P* M)). — ' ll'est en qualitii de dame d'honneur du la reine que la maréchale île Cbftiillon ligure dans un ntle authentique dnsïsé à Châlillou-sur-Loiug le ta mars \â'H {Archives nni. <le Friincf, l. CïXV, 13-1 i) et dans un autre acte itu .1 BTril 1535 (BihI. nat-, cabinet des litres : v Coligny, n°* 36 à i5). l.e roi lu}-ni#m« résidnil parfois à Ghât il Ion-sur- L oing : lu preuve en e&l dans luie oi'ilonnanci- qu'il y signa le !) mai 1530 ^Rec. des ordonn., par Fontanon, i»-K L ], p. 6ïl. 045) et dans des teltres de la niurâchalu de CliMillon i\ son Mre Ame Ht A la ilnnhusse de Cliartres (Bitil. mit., rass. ï. fr., vol. 3397, f^ 90). Li mère dtt roi était égah^menl accueillie au château de Chàtillon (Itibl. ual., niss. r. fr.,Tol. StKIT, ^ 16: l.ellre de Ixiuise de Savoie à Anne de Monlmorenry).

:!. Martin du Ik-llay, .Wm., liv. I.

3. Chroii. de Bnj/arrfpnrl.e loyal Serviteur, chap. uxil. — Est. Pasquior, fleekrrtkrtdt la France, Iît. VI, chap. xxr. dans ses wiivres cornpl.,1. l,p. Ii03, — llétormeuiu, llitt. de la maison ds Montmorency, I. il, p. 18 â ii. — Voir noMi Appendice, n" 10.

t. Martin du Uellay, Mém., liv. 1 et II.

5. Unns uo acte du 9 octobre 1539 (Ilibl. nat., mss. t. fr., roi. 10 IK6], Anne à: KoDlmorency se qiialilîoil « chevalier de l'ordre du roy, grand mniâtre et ■ irumrhal de France, capitaine de la place de la liaslillc de la villi^ de Parie, > du cbasteau de Nantes, et de la ville et chafteau de St-MAlo >.

fi. Celte oiéctt était .VadelHne, litle aînée de René, légitima de Savoie, comte Mtuvcnûn de Tende et de Villars, et d'Anne de I^scaris (GuichcDon, llitl. de

pales affaires du royaume, il occupait une situation réellement exceptionnelle.

En 1533 s'offrit à lui l'occasion d'utiliser son immense crédit en faveur de l'un des enfants de la maréchale de Ghâtillon. Le pape ayant, lors du mariage de Catherine de Médicis, sa nièce, avec le duc d'Orléans, consenti à créer quatre cardinaux, au . choix du roi, François I" avait autorisé Anne de Montmorency à lui désigner, pour l'obtention d'un chapeau de cardinal, un membre de sa famille. Le favori, qui n'avait pas d'enfant en âge de profiter de l'autorisation bienveillante du monarque * , désira qu'elle s'appliquât du moins à l'un de ses neveux. Odet se vit revêtu de la pourpre de prélat. Ce fut ainsi qu'à peine âgé de seize ans, le frère aîné de Gaspard et de François se trouva compris au nombre des quatre cardinaux que créa le pape, dans un consistoire tenu immédiatement après la célébration des noces du second fils du roi avec la duchesse d'Urbin * .

A quelque temps de là, le jeune prélat quitta la France avec ses collègues, pour aller siéger, à Rome, au conclave qui devait, par anticipation, élire le successeur de Clément VIL

Gaspard, alors séparé de Bérauld, continuait avec François ses études à la Cour, où se trouvait sa mère et où il recevait les leçons de Tagliacarne et de Guillaume du Maine, tous deux précepteurs des enfants de France. Vers le 8 octobre 1534^, il écrivit, d'Amboise, à Bérauld la lettre suivante, dont nous donnons la traduction, en même temps que le texte original. Ce

la maison de Savoie, t. HI, p. âil, 242). — Désormeaux, Hist, delà maison de Montmorency, t. II, p. 79. — Louise de Savoie, dans sa correspondance avec Anne de Montmorency, rappelait son neveu (Bibl. nat., mss. f. fr., vol. 2997, f« 46: lettre du 10 janvier 1530).

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