Correspond, franc,, t. II, p
» que desirien, et que vous n'ayez 'coj^no par expérience qu'il » cherche à s'acquiller fidèlement de son debvoir. Pour ce que K je ne sçay pas eu quoy et pour combien il vous plaira l'eai- B ploier, j'atlendi-ay sur cela dùclaraiion de vostre bonne vo- » iontt^. Cepéndant.je vous prie, monsei^'neur, de ne vous lasser » point h la poursuite d'une ix'uvre si bonne cl saincte, et digne » qu'on y emploie trente vies, si on les avoil. Je coraprons en V partie les difficultez ei obstacles qui vous pourroient arrester 8 ou l'aire tourner bride. Vous en sentez par expérience beau- » coup plus, mais vous stiavcz, monseigneur, qu'en vous appuyant B sur ccUiy qui vous a mis en œuvre, vous ne serez jamais IVus- » iré de vostre attente. Vray est que pour vous fortifier à le ser- B vjr constamment, il vous faut regarder plus haut que le monde, » comme aussy l'apostre nous exhorte de jef Ler nostre anchre w au ciel. Mais quoy qu'il en soit. Dieu fera toujours prospé- > rer It: service que nous lui oirrirons en liane courage. »
Quelques jours plus tard, le fidèle correspondant de Colijjny car-actùrisail en ces termes l'entrée en fonctions de Merlin et le grand caractère de l'homme émînenl it la maison duquel ce pieux ministre venait d'être attaché ' : o Unius admiratdi fides » nobis est cevta: slrmiiè guoque in eo animaiido (abortit coUeija
B no»ler quem ad eum misî Palàm maximd fret/uentiâ non
» procul à régis palatio concionalur. Clainitanl omties mtvcr- » sarii non ferendom esse aiuiaciam. ftcghia blandè ut dcshlat » precalur, sed nullo firofeclii. Slatail ipiidris rxperiri, qm'nn » mtro flectere. a
A deux mois de là, Calvin r'^crivait encore à l'amiral, dont les démarches en faveur de ses coreligionnaires n'avaient cessé de stimuler l'intervention de la reine mère et du chancelier * :
1. Caiïiuus liuUirigero, 2i iiiuî 15C1 (Biiutii. Àpi<end.. p. al â33), - Tli. ilu II^M uï»il d<'jà dit : < F.» proveribuâ adiiiiraldug paiirm noslcr i;*i. > (Lullro du ih murs ISiJi à J. \Vol|ihiu3, ibid., p. 30.*
1 Corrtip. franç.,x:\\, p. ilâ à il*. Lettre du It juillet tÔGl.
« Monseigneur, copiibien qu'il sei oil à désirer que le royaume y> de Dieu s'avançast plus en voslre pais, et que l'Évangile eùsl > son cours plus paisible, toutes fois il ne vous fault point » trouver estrange si celuy qui conduit tout par son conseil » admirable, veut exercer la patience des siens, en prolongeant y> le terme de leurs combats, moyennant que tous ceux qui tieni> nent le bon parti, prennent le frein aux dents pour s'emploier T> constamment et franchement, comme ils doibvent, à Tédifice » du temple de Dieu. Et vous sentirez en brief qu'il veille, plus y> que nous ne comprenons, à faire prospérer son œuvre. Seuy> lement que nou? gardions de nous lasser, et combien que le » fruict de nos labeurs soit à présent caché, il apparaîtra en » temps opportun. Les efforts aussy que font les adversaires de » vérité vous doibvent estre occasion de vous esvertuer tant y> plus , afin que leur audace et présomption soit mattée et » rompue par la constance que Dieu vous aura donnée. C'est 3> beaucoup que vous estre asseuré, quelques molestes qu'ils y> vous donnent, que l'issue en sera heureuse pour vous, et leur jo tournera à confusion. Dieu aussy vous propose un beau mi- » roir pour vous encourager, quand au milieu des craintes et s> menaces les pauvres fidclles de France ne se lassent point de » poursuyvre leur course. »
Depuis la promulgation de Tédit du 19 avril IbCyl^ces fidèles pouvaient, sans doute, abriter à peu près sous cette égide légale leur culte de famille; mais toutes réunions pour Texercice public du culte demeuraient encore prohibées. De là leur vif désir de voir accueillies sans restriction les requêtes présentées en août 1560 et tendant précisément à faire lever les prohibitions qui en s'attaquautà la profession de leur foi en commun, leur déniaient la satisfaction de l'un des premiers besoins de leur conscience. Ce besoin, aux yeux de la plupart d'entre eux, s'élevait si naturellement à la hauteur d'un droit primordial, que diverses réunions consacrées à la célébration publique du
culte réformé, se LeiiaieuL jouriiellenienl eu dépit des protiîbitiôns édictées. Après avoir, tantôt fermé les yeux sur quelquesunes de ces réunions, tantôt gracié les individus qui avaient pris part à certaines autres, les dépositaires de pouvoir furent conu-aints de sortir de la situation équivoque qu'ils avaient adoptée et de se prononcer enfin sur les requêtes des réformés lie Normandie, qui avaient été suivies d'autres requêtes du môme genre, envoyées de diveis points de la France.
Lh question d'admission ou de rejet de toutes ces requêtes fut, ainsi que la question générale du sort réservé aux sectateurs de la Réforme, soumise à une assemblée dans laquelle siégeaient les princes, les grands officiers de la couronne, les membres du conseil privé, et ceux du parlement.
Avant l'ouverture des délibérations, Tllospital prononça une harangue. Sans aller encore jusqu'à proclamer en faveur des réformés le droit de réunion pour l'exercice du culte, il justifia liu moins comme inoffensives leurs réunions de prières, au point de vue d'un régime de tolérance commandé par les besoins de l'époque. Voici ses propres paroles ' : s diront aulcungs que B le roy, la royne et ceuls qui gouvei'nenl eitcusenl ceuls qui B faillenl et se trouvent es assemblées el convenlicules défenn dus; estant prins les mettent hors de prison. Le vray office » d'un roy et des gouverneurs est de rcgai'der le temps, aigrir » on adoulcir les loyz. Le roy, au commencement, a usé de » doulceur et miséricorde envers tous, fors les principaulx, que 11 i'édit a exemptez : se sont depuis aulcungs paulvi'es gens as s semblez seulement pour prier Dieu, sans faire auttre mal. Le s roy leur a donné grâce. N'y a roy ni judge équitable qui puisse t trouver cela maulvaîs; car ce n'est permission de faire lesp dictes assemblées, et n'a ceste gi-ùce faicl que le mal est si 11 grand. »