Th. de Béze, Hisl. eccl., t. I, p
3. L'allocution que Quintin prononça loi*sque les États prirent congé du roi et de la reine mère, se terminait par ces mots : < Cela servira d'une légitime excuse » envers vos majestez, s'il s'est rencontré qu«»lque longueur ou obscurité :
> n'ayant jamais entendu ceux pour qui j'ay eu cest honneur de pïirler, ou dict
> chose qui oflensast, ou en aucune façon taxast aucuns particuliers : ny de vous
> messieurs de la noblesse, moins d'aucun particulier de vous nos seigneurs du
> conseil du roy i. (De Lapiace, Comment., ('' 171.) .4. De Laplace, Comment., î* 167.
A quelle hauteur s'élèvent au-dessus des froides excuses de Qiiiulin, ces belles paroles que Calvin adressa, dés le 16 janvier 1561, h CoIi{(ny ! « Mouseigncm- ', nous avons bien de qiioy i- louer Dieu de la vertu sinj^ulièrc qu'il nous a donnée, de ser- » vir à la gloire et advanceinent du règne de son fils. Il serait à i> désirer qu'il y eust beaucoup de compagnons pour vous ayder. 1) Mais quoyque les aultres soient tardifs à s'acquitter de leur » devoir, si vous faut-il pralliquer la sentence de nostre Sci- B gneur, c'est que cliascun de nous le doibtsuivre proinptement B sans regarder qui sont les aullres... Que cbacuii pour soy » aille où il sera appelle, encores qu'il n'y ail aulLrc suite, com- > bien que j'espère que la niagiiiininiilé que Dieu a faiet jusques 1 icy reluire en vous sera bonne instruiilion pour attirer les noni challans. Mesraes quand tout le monde seroil aveugle et iii- » gral, et qu'il sembleroit que toute voslre peine serait comme » perdue, contenlez-vous, nionseifîneur, que Dieu et les anges « vous approuvent. Et de laid, il vous doibl bien sulïire que la D couronne céleste ne vous peut faillir, après avoir vert ueusc- » ment combattu pour la gloire du fils de Dieu en laquelle con- » siste notre salul éternel. »
La session des étals généraux fut suspendue, le SI janvier pour être reprise, quelques mois plus tard, el une commission, composée de divers députés, demeura cliaigéc de préparer Je travail pendant la susjiension.
Ce même jour, SI janvier, s'ouvrit, au sein du conseil privé une délibération sur des requêtes, produites par l'amira), daui lesquelles les réfoi-més, de diverses parties de la Pranee, (leman-
t-CoTVïp. /'miif., 1. II. p. 37i.37i. ~ Du Mti cûl^. Th. di? IIÈ».' ccrivnil ii Uuttlngi'r, le iH janvier }5âl (Bauiii, Appenilict, p. 17) : i illuil vi'hi-mrntcr t nobix proruit, rguod aJmiraldus, unus iiiler i)mns« procerrt, apiirlri vKrniii n-.li-
* gïoiieni profllirri copit, el modis omiiilius ijise apiiJ ruginuiii inslnn^ ui noriri ■ nilîo liiborelur. >eqae iUi difllcile fuil nebuloii^in illiun Quinlinùm fliindnrc.
* ud<-u ul Gilremum inramUm oieiui^ns Tum^ ùbi consulucrit. Vnli-t fnim ririlti-
* ri zi'lu cl jjrudi:nti& inuiitiriâ i-t siiuii dtgiiiuiuiii i-^ri-gK' luolur. *
daîenl (jue des locaux lussent airectés h la célôbralion île leur culle. Appuyées non-seulement par l'amiral, maïs encore par le cai'dinal de Ciiillillon, le roi de Navarie, le prince de la Hochesur-Yon,iH Montluc, évi^quc de Valence, ces requûtesfurent combattues par une majorité ' qui, (juclquc hostile (lu'elle fûi, en renvoya cependant l'examen îi la commission des états généraux *.
Aussitôt la cour quitta Orléitns, pour se transi porter à Fonlainebleau, où elle arriva le .^ février.
Uoligny se rendit îi CliAlillon : il lui tardait de s'y retrouver près de Charlotte de Laval, et d'appuler, de concert avec elle, les bénédictions do Dieu sur le lils auquel, le 'ii décembre précédent, elle avait donné le jour ^. Le baptême de cet entant «ut lieu, dans les premiers jours de février ir>01, selon le riie usité h lîenèvtr '.
ISltt I
I. f Sfllii-inns fjiiR pnros Jins Alitas por medio iliil Atmiraiile se j^rtscvitiwt
> peticion para ubluner '■glesJai lir^ proluMaotes in ei codspJo privado, ; vola * Viinitome que se cane cil i esse, ruya opinion icguicron «1 cardinal île Cliiutilkiii,
> el almiraiite, y cl principe <le la Itoche-sur-Yon, y Montluc, obispo de Va-
> leocia, |iero los demis i|ua Sa&roa la major parti! lu coiitnuliieron, y ui ns *.uvo flTeulo ». Di^pAclie de OiaiitonuHy »l ili* dou Maiini|U« A l'iiilippi: II, du 1" Rvrier I5(H. {Pap. de Siuumcns. R. 12, a' 1 13. Ap. Juarnal iln Saxanit, ann. lK3t).)
2 n. d--l.aii!nc«,C«mmrn(..l« 171.
3. . Le 21 de .l«;emhru I5B0. fui HP OHdol do Collignv. moti Ûli, i Cb»-
> tillon, h utig ninrdy, A niixe hrurcs trois cors avant mJdy. * (Litre il'IieorM de Louisn de Montmorency. (BuU de CUiat. du prot., t. II. p. R.)
i. The Earl o/ Keilford to d-cil, 11 février 1561 {Calind. af Statr pap. foreign) : » Tlie wiff of itie admirai of Priincc was liitfily Jclivercd »f » thild.
> wliich he caoSeJ to be bapiixi-d i)|ierily iu the viil^'ar tiitigur, attpr ihe mauiitr
> of Geneva. The admirai visa présent tlieruul hiiiiseir; the iloing o( Ihe (auu ■ Vis much coDiiiifiiili-d by inany. > Oa rail ijucllc était à (Jonirt eu (361, la forme d'admitiislri!r le b:ipt<!mc, eti ennsiiltani, bhx pages ^5 à 33 un Toliime in-lâde 5(i puges, imprimË en 1561, snnt iadicalion d« lieu,p| intilaU »in^i : la Forme lia pnerm nrclàiaiti'inn, avec ta manirre irailminixlrtrbt mirrmmU, et célébrer le mariaije : et ta vititation det matadet, it%c.. vW-, ftr Jean lln»-j. MDLSI.
Collicny A FoDiaincIilEati. — L« eunseil |irîvé oi lo pailcmp'it liiti-turenl rJim"Coiio« du pi'inci- do r,oadé nt de la <'ointc<!^ i\v Hoje. — Tuléranœ iiccordée ■ux iiotilci pour l'exarfice du cullc rérorind. — Coli|[iij |irtii*e Ciilberine de MiSilitb de prol^gor. ndiiitirM'Umenl, loiis les retoT\né», daas In pruliitue itu k'ui' culti-, — Eilît du Itl avril 1501. — Formotiun du triiimitirar. — Odel uilhftra publiiiusinent à b reli^nn r^rurm«t'. — Encaur;4teniEiil9 adressés à CaliK»} d^diveraet parU. — Ëdil de juillet IMI. -~ CnUgny ot l'HmpilHl ■•orient In ituestii>n des réiiniong pour l'exercice du cuit? réformA dmnl In i-oinniigiton dei Ëlil* gi^iidraini réunie à l'onltriie- — AuemiiMe de Sainl'Cerm:iin, en aofil 15(11. — Anseniblce de» prélats.
L'amiral el sa reinmc avaienl, après le baplôme de leur fils, rejoint la courà Fontainelileaii, el y prêtaient un affectueux appui à leur nièce, la princesse de Condé, venue dans cette ville pour j préparer les voies h l'éclaliinte réparation sur laquelle le prince était en droit de compter.
Le 7 mars arriva Coudé, qu'accompagnaient le comte de h Rochefoucauld et Sénarpont.
s Dès le lendemain, il entra aux aflalres el conseil privé du » roy. Et là, après quelques rcmonstraiices, ayant interpellé le ï chancelier de dire s'il sçavoilque aucunes inrormiilionseusscnl
> esté faiclcs à l'encontre de luy, lequel respondit que non :
> ledict sieur prince ayant^esté dé(!lairé par un cliascuu dudict ï conseil qu'il n'y avoit celui qui ne le linsl pour sunisaiiiment i> purgé, se mit en son rang el lieu accoustumé audict conseil, » el lii fut déclaré par le roy, en la présence do la royne sa mère, » des prinoesde sonsan<{ etgcns de son dict conseil ', que tcdicl
: Condé n'échangirii pas un<- parole
» sieur prince lui avoit rendu tesmoignage. et faict deue preuve D de son innocence dont il s'estoit suffisamment informé; 3) manda à la court du parlement de le recevoir : permis à luy 2> de poursuivre en icelle autre et plus ample déclaration et tes- ^ moignage de sa dicte innocence. Et aGn qu'elle fustcogneue » partout, fut orâonné que le jugement dudict conseil seroit D publié et enregistré es cours souveraines, et les doubles co- » pies d'iceluy envoyées pardevers les ambassadeurs qui estoient y> près dès princes estrangers * ».
Muni de cette décision, le prince se rendit presque immédiatement à Paris, pour y solliciter du parlement un arrêt dont la solennité constituât pour lui une réparation complète. Son attitude devant les Chambres assemblées fut noble et ferme. A la suite d'une instruction minutieuse et de longs débats, intervint le 13 juin 1561, un arrêt définitif qui déclara Condé « pur et 3> innocent des cas à luy imposez ; son recours à luy réservé y> contre qui il apparliendroit, pour telle réparation que la qua- » lilé de sa personne requéroit - . )>
Le même jour, fut rendu en faveur de la comtesse de Roye, qui, ainsi que son gendre, avait comparu en personne devant le parlement, un arrêt de déclaration d'innocence ^.
Condé et sa belle-mère se voyaient ainsi vengés dans leur
avec lui. c Fù notalo queslo, che se hen M. de (îhisa era présente, perô il prini cipe non li parlô, ne pur lo guardù mai. > (Archives général, de Venise, Francia 1560-15(5-2. Senalo Hl, Sécréta. — Dépêche de Tanihass. vénil. Mich. Surian, du 16 mars 1561.) — Calcnd, of State pap. forcign. Throckmorlon to theQueen, 31 mars 1561.
1. n. de Laplace, Comment. yf' 181. — .\rrél au conseil du roi du 8 mars 1561, sur rinnocence de M. le prince de Condé (lîib.. nat., mss. f.fr., vol. 3 188, f^â). — Mém.yde Conâè^ l. Ill, p. 156.
2. Th. de Bèze, Hist. eccl., t. f, p. 46i à ^67. — De Laplace, Comment. y r 199. — La Popelinière, Hist. de Fr„ t. 1, f" Ui. — Mém. de Condd, t. Il, p, 391. - De Thou, Hist unit?., l. HI, p. 50, 51.
3. Th. de Mze,Hist. eccl., t. 1, p. 167.— De Laplace, Comment., f» 299.— ^fcm, de Condé, t. Il, p. 9i. — La Popelinière, Hist. de Fr., l. I, f* 2ii. — De Thou, Hist.univ.j t p 51.
iionneur : justice venait d'fitre faite du prétendu crime de fèsemajesté divine et humaine rjui leur avait ùlé impulé. Coraincnl eilt-il pu en être autrement, alors que, d'une part, rien n'étal)lissail leur culpabilité, quant au chef de haute trahison, ou de ihe-m^j'cslé humaine, et que, d'autre part, il eftt été tout au moins téméraire de voir, dans le seul fait de leur adhésion à la religion rélormée, un crime de lèse-majesté (Hvitie, en présence du nouvel élat de choses qu'avait amené la mort de François II!! En effet, depuis qu'elle était devenue régente de fait, Catherine accordait à Coligny beaucoup plus de crédit que précédemment, conférait habituellement avec lui'; et, sous l'inllucnce de ses conseils, elle inclinait vers des mesures de lolérance. Conformément h la volonté qu'elle lui avait exprimée, qu'on respectât désormais le domicile des réformés, des lettres patentes du 22 février 15GI, confirmattves de lettres closes du 28 janvier précédent *, ordonnèrent de surseoir aux poursuites et jugements pour fait de religion el de mettre en liberté les dé-
1 . n^foril ami ThrBckmorton to the PHvy Counril, iR fi^vrier 1561 {Cnltnd. of State pap. forfign) it The chier promolers in tliis court are ihe admira! ami
> ihb cardinal orClinslillon.for if itwere Dot for tlirm no gooH wituld bedono;
> Ihe one iravaih wîth Ihe i\Ufpn mothcr, mid (lie other wtlh iLe hing oF Na-
* varre. »
2. Recueil dtt nnckntiet lois françaitêg. l. XIV, p. 99. (Ritil. nal., nijis. fi fr., vol. 3 190, C SI.) — Voir, en outre, les lettres du roi el de lu reine mère, da i5 Hvrier Ii56f . au porlcmenl de Paris (Mém. de Cond^, 1. 11. p. 2B9, S7I). ainsi qae d'autres lettres des Sa et 33 des mêmes mois (ibid., p. 271, 273). — Certains parlements résistaient J la voloiiti- royale, sur le iloubk point ilont il s'agit ici. Crussol âcrivail à Catherine de Médicis, le 25 avril 1561 (Bihi. nai-, inss. r. rr.,iol. 31)t6,M0l),aasujel di: l'un des plus indociles de ce» grands rorps judiciaires : « La court île piiHemeot de Thnioxe, en publiant l'i^dict et I pardon qu'il auroit pieu au roy unvuier à la dite court, portant aussi rntii-
> mandement d'eslargtr les prisonniers détenus pour le faicl ilc la religion, a
• adjoast^ tant de modifications cl iiécl{irations, que, au lifu de suyvrn la voï lonté du roy et contenir le, peuple en repos, il semble <|u'ils aient *ouhi cor- » riger le ilict i^dicl, ou bien le faire tout de nouveau; de sorte ipie depuis U y t n ini tant d'csmenles du peuple, mesme 1 ladite ville de Tholoze par ceulx ipii » licnncnt la religion romaine, i|ua ladite couri eu est bien eropeKhée. \at meEme est ailvena an pals de Provence. >
tenus, pourvu qu'ils s'engageassent à vivre catholiquement; faute de quoi, ils devraient sortir du royaume dans un délai qui leur, serait assigné. En même temps, Catherine crut devoir chercher un point d'appui contre les Guises dans la noblesse réformée, et, pour mieux se la concilier, elle commença à tolérer, de sa part, l'exercice public du culte, sur divers points du royaume. Elle fit plus, à Fontainebleau : dès l'arrivée dans cette ville, au printemps de 1501, de Coligny et de sa femme, du prince et de la princesse de Condé, et de Renée de France, duchesse de Ferrare, elle laissa ces hauts personnages tenir ostensiblement des réunions affectées à la célébration de leur culte dans les appartements qu'ils occupaient au château \
Cette concession était déjà d'une certaine portée; mais il fallait que Catherine s'élevât de l'intérêt purement politique qui la lui avait dictée à des idées d'un ordre supérieur et à la franche reconnaissance, vis-à-vis de tous, des droits de la conscience chrétienne : l'amiral ne cessait d'y convier cette princesse, dont les hésitations, en se prolongeant, eussent de plus en plus compromis le sort des réfonncs. Il lui remontrait avec force combien il serait inique d'entraver plus longtemps tout exercice de leur culte, même alors qu'ils se bornaient à le pratiquer dans l'intérieur de leurs demeures, et à n'y tenir que des réunions d'édification purement privées.
L'une de ces réunions venait d'être incriminée, lorsque Co-
1. Mém. de Condé, t. II, p. 5. — La Popeliiiiùre, Hist. de F/*., i. l,f» 25G. — De Thou, Hist. nniv., 1. 111, ji. 41, i2. — Arcliiv. génér. de Venise, Frnncia, 15G0-15G1, Senalo 111, Secrela, lettres des -4 et 17 avril 1561 de Tambassadeur Michel Surian : « Alla corle si predica publicamente in casa di M. Armiraglio
> queste opinion nove et con un gran concorso di genlilhomini et signori, et" » non se li fa iiiuna prohibitione ne impedimento. » — Nicolù Tornabuoni à Cosnie l"^' (Négoc. de la Fr. avec la Tosc, t. III, p. 450), 15 avril 1561 : € L^ammiraglio allacorte seguita in casa sua con le sue usate prediche, e si va
> elle Yuole ; e benché aventi pasqua gli fossero vietate, è ritornato all'usato 9 modo. >
ligny en fut informé, au monieiil où il arrivait de Fontainebleau àClifilillon. Aussitût il écrivit îi la reine mère' :
a Madame, je craindrais vous estro importun de vous parler » el escripre si souvent d'une mesme chose, n'estoit que ceste i> occasion entre toutes est privilégiée, puysrfuc c'est la ciiusc 0 de Ilieu et de ceux qui se dédient à le vouloir purement servir. » Il est advenu, cette semaine dernli^re, que une compagnie de «gens a esté trouvée ensemble à Issodim, priant Dieu; etafifin » que ta vérité du faict vous soit entièrement cogneue, je vous ï supply très-hurablement, madame, vouloir prendre la patience B que le procès-verbal qui en a esté sur ce faict, vous soit cntiè- B rement leu, et que par là vous puissiés juger s'il y a rien qui V tende h sédition, scandale public, ou port d'armes; au con- > traire, si votre intention n'est pas corrompue, quant vous avea i déclaré que vous ne voulés point que les poi-somies soient » reclierchées en leurs maisons. Pourtant, madame, je vous » supply au nom de Dieu, vouloir commander que ceulx qui » sont détenus prisonniers soyeul mys en liberté, et au demeu- 11 raiil tenir la main, qu'en attendant l'assemblée des personnes » que vous voulés faire pour le faict de la religion, l'on laisse » vivre ung chascun doulcement. comme j'ay prié à M. de Sarï ragosse, présent porteur, vous faire entendre, etc., cte *. »
l.l.nUreilu!luvril156I,diit<>ed<ii:iiatillan<llibl.iiul.,inss.r.fr.Tol.3193,r-â7).
i. Dvs faits auulogucB ù ci^ux qui^ nienlioniiail rnmiml, quani .i tuoudun, se passBir>nl en mftnie lenips à Houlins, d'oii Monlluc, évêquc de Valence, écrivait A la reine mère, le H avril 1501 (BibL cal., mss. f. (r., vol. 3 i^, f RTi : f Î.3 source de tout ce iroublo firocide ie l'alTection qus quelques uiigs qui nu
> peuvcnl esirc longuement, comme ils disant, sans s'assembler quclquctois •>
> secrèlrnicnt cl sans armes pour prier f^icu el se consoler, et encorrs i^u'ils
> tasckrnl oullanl qu'il leur esl possible de s'y ([ouTerner saigemeot «I I sans cscaridalle, eeull qui veulent empesriier leur» desseings sont si diligens
> à le» clicreher, qu'ils descouvrent incooUnt^nl leurs entreprises... il fat à » craindre qu'une exlrémilé de rigueur pourm atec soy admeaer tieaiictniiji île
> niauU el singulièrement eu vasire ville de Uuuliiis uii il y a ung lieutcnanl- » criniiael qui surpasse en celu tous les aultres, et vcult que chanter des I ]>uialTncs, (0)-t ung crime de lèie-majcslé. *
Cette lettre ne demeura point sans effet, car, dans les dix jours de sa date, parut, le 19 avril, un édit * qui, après avoir prohibé les injures et provocations réciproques, les bris d'images et de croix, la dévastation des édifices religieux, etc., etc., ajoutait : « Défendons à tous nos dicts subjectz violer ou enfraindre la )> seureté et honnesteté, liberté dont ung chascung doibt jouir » de se retirer en sa maison et domicile, ou celles de ses voisins » et amys, sans qu'il soyt loysible à aulcungs de nos dicts sub- » jectz, en petite ou grande compaignie, entrer es dictes mai- >sons, pour les rechercher ne troubler, sous prétexte des » édictz précédens, prohibitifs d'assemblées illicites, ou aultres
D occasions Voulons aussi que toutes personnes détenues
2) pour le faict de ladictè religion, auparavant l'ordonnance y> par nous faicte, à nostre advénement à ceste nostre couronne, » pour leur délivrance, soyent mises à leur pure et plaine Uberté, 3> suyvant l'ordonnance; et là où aulcungs se seroient absentez -» de leurs biens et maisons, et retirez hors nostre royaulme, y> pour le faict de ladicte religion, tant seulement, depuis l'advè- » nement à la couronne du feu roy François, nostre très cher y> seigneur et frère dernier décédé : voulons et entendons aussi » qu ilz puissent retourner d'oresnavant et demeurer en toute ï> asseurance de corps et de biens, sans aulcune contradiction, )) pourvu toutes foys qu'ils vivent cy-après catholiquement et y> sans scandale ; et s'ilz ont intention faire aultrement, leur 3» permettons faire leur proflîct de leurs dicts biens, et leur y> retirer hors cesluy nostre royaulme. s>
L'Hospital envoya directement cet édit aux gouverneurs et aux tribunaux des provinces, au lieu de l'adresser au parlement, qui, dans sa servile complaisance pour une faction tyrannique, eût refusé de l'enregistrer. En assumant par là sur lui-même une responsabilité redoutable, le courageux chancelier sauva,
i . Mém. de Condé, l. H, p, 334, 335.
pour le moment du moins, la France des horreurs d'une giierri! civile imminente. Cnlcc à son énergie, Tédil du 19 avril 1501, qui élail tin premier pas fail dans les voies de la tolérance par lequel il commençait h se rapprocher de Coligny, reçut â peu près partout son exécution, en dépit îles remontrances du parlement et de la violente opposition des Guises '.
Ces derniers, par leurs intrigues, avaient tout récemment réussi h détacher le connétable du parti des Bourbons et des Châtillons, et l'avaient entraîné à sceller, au mépris des sages remontrances de son Tds aîné et de ses neveux, la néfaste alliance connue dans l'histoire du seizième siècle sous le nom de triumvirat.
An moment où l'amiral voyait avec douleur sou oncle s'associer aux pires ennemis de la France et de la cause réformée, il eut, h l'inverse, la joie de rencontrer un nouveau soutien de celle cause en la persoime do son frère Odet, qui venait d'adhérer publiquement, dans le Bcauvaisis, à la religion dite nouvelle -.
Et non-scnlement cela , mais Coligny reçut , de diverses parts, d'éclatants témoigiiajres d'estime el de puissants encouragcjnenls.
En effet, ici les étals provinciaux, réunis à Paris, émettaient un vreu ainsi conçu ^ : « Désirent que gouverneurs soient dou- > nez aux princes, tels que pour la sincérité et intégrité de leurs » vies, le roy et messieurs ses frères puissent prendre une bonne
t.îtr Tlinti.Hùt. Itmv..t m, p. 53.
t. M. ItonoUMoury rournil sur re Tait riivcrs déiaiU. Jans son inC^ressnnl travail relatif ans origines île In Itèformation à Benumiia (Itiill. ilv in Soc. iVhUt. du prùlft. fr-, année .VXIII', p. 81 el suiv.). C'est au cbâitftu de M«r- Innont. ilaTi« Irs premiers jours il'nvi'îl 1561, iju'Odet Je Coligny adliérn e<i lermns snlenaels à la foi évangéliquv réfonDée, eu présence iïv VM. Jean des Couriih, seigneur àe Merlumonl, François dos Cuunils, Sgr de Grémevitleis, lieorgcs de Vaudrey, Sgr de )|auf, Louis >ln Bouniers, Sgr de Caj^iiy, el des Seigneurs de Ctiamp-Mitrcl, de risle-lliiritaut, do tleaurepaire, et de- linmHr.hes.
3. tiégoc.t. Françoif n.p.HSitdêMUnXiam àa 13 mars 1561, n. s.
3> et saincte inslruclion : donnant au roy pour gouverneur ^ M. l'admirai et M. le président Ferrier > ; là, l'ambassadeur d'Angleterre se constituait l'interprète de la sympathie qu'éprouvait sa souveraine pour Tamiral et de la confiance qu'elle avait en* lui *, confiance à laquelle celui-ci répondait dignement, dans ses relations avec le représentant d'Élizabeth *; ailleurs, l'Électeur palatin, Frédéric III, tenait à Coligny ce langage : « Gratulamur tibi qnod prœ cœteris^ posthabitis omnibw^ iis » rébus quas mundus amai^ suspicit et admiratur^ tolns in pro- * pagatione gloriœ Dei acquiesças; nec dubitamus quin Deus D /lis iuis piis conatibus feliccm et exopiatum successum sit » daturus^ quos nos arduis ad Christum precibus juvare non 3) cessa bimus ^. 3>
D'autre part, Calvin, après avoir répondu, par l'envoi de Merlin en France *, à la demande que Coligny avait faite d'un fidèle • ministre, pour remplir dans sa maison les fonctions d'aumônier, lui écrivait, en mai 1561 ^ : « Monseigneur, nous avons à louer y> Dieu qu'il a fait prospérer le voyage de l'homme que vous T> aviez demandé. Je ne double pas que vous ne l'aiez trouvé tel
i. The queen to Tlirockinorlon, Giiiaî 15G1 (Cnlend. of Slale pnp. forc'ujn).
2. Bedford and Tlirockmorlon to Ihe Privy Council, 2G février i56l {Calend of State pap. foreign). — Throkmorlon to Cecil, 20 avril 1561 (ibid.) : t The
> admirai said openly that the queeii of Enghmd vvas a pattern for ail the prin- » cesses of Christendoni, and showed well the différence betvvixt those- who
> profess Ihe Irue religion of God, and Ihose who retain the contrary. > — Voir (ibid.) la longue lettre du 2î) avril I5()l dans laquelle Throckmorton rend compte à Elisabeth de Fimporlant entretien qu*il a eu, le 24 du môme mois, avec 1 amiral, dans une localité voisine de Fontainebleau, où celui-ci lui avait assigné un rendez-vous.
3. Kluckhohn, Bric fe Friedrich des Frommen yKnrfùvsler von der Pfalz;1868, in-8% I. 1, p. i79.
4. Jean-Raymond Merlin, surnommé M. de Monroy. — Les registres de la compagnie, à Genève, année i5Gl, contiennent la mention suivante : t Maistre
> Jehan Merlin fut envoyé en la maison de Monsieur Tadmiral, en cour, qui avoit » escrit pour avoir un homme en tel lieu. »