‹ Gaspard de Coligny, amiral de FranceChapitre 19 sur 241 · Brantôme, édit. L. Lai. t. IV, p · texte numérisé non relu

Brantôme, édit. L. Lai. t. IV, p

2. L'un des plus anciens documents qui prouvent la liaison de Gaspard de Coligny avec le comte d'Aumale est une lettre que celui-ci adressa au connétable, le i octobre 15il (Bibl. nat., mss. f. Ir., vol. 3095, f» HO). Elle débute par ces mots : c Monsieur, Chastillon m'a dict s'en aller vers vous, lequel vous dira bien amplement de toutes choses de cesle cour, d'autant quHl en est bien instruit., etc, etc. >

3. Le cardinal de Châtillon accompagnait d'habitude la maréchale dans les excursions qu'elle faisait en province, chez ses parents, ou ailleurs. (Bibl. nat., mss. f. fr., vol. 2996, f 43, et vol, 3071, P 41).

4. c ... Nous pourrons aller à Vauluisant en la maison de nostre neveu, le car- > dinal de Chastillon, où nostre sœur madame la mareschale est de présent. > (Lettre d'Anne de Montmorency à son frère de La Rochepot. Bibl, nat. mss. coll. Clérambaut, vol. 313.)

en lui un véritable honuned'État; son {^oûlpour les lettres et les arts l'avait érigé en proteclftur de quelques-uns do leurs plus dignes i-eprésentaiils; sou existence était prompiemeiit devenue celle d'un prélat sage, organisateur et bienveillant, d'un haut dignitaire utilement mêlé aux inti5rùis généraux du royaume, d'un grand seigneur éclairé, non moins ami du bon que du beau, serviablc, libéral. Aussi ses frères rencontraient-ils dans leurs relations avec lui, h côté des épanehements d'une Inaltérable affection, le charme inhérent à un vif mouvement d'idées et aux (Mqifiriences faites, dans le contact quotidien des hommes et des choses.

L'intimité qui régnait entre les trois frères s'étendait aux relations de chacun d'eux avec leur sœur, Madeleine de Mailly. Elle et eux entouraient leur mère de respectueux égards. La maréchale aimait à vivre avec ses enfants, dans le château de Châtillon, que consacrait pour elle le souvenir d'un passé cher àsoo cœur. C'était dans cet asile préféréque devaient encore s'accomplird'importants événements de famille: tel fut entr'autres celui qui suivil,au début de l'année 1535, i'an'ivée de la jeune comtesse de Roye sous le toit maternel.

Le 24 février 1535, Madeleine de Mailly mit au monde i Chitillon-sur-Loing' une lille dont le baptême eut lieu peu de temps après. On donna à l'enfant le nom d'Éléonore, qui était celui de l'une de ses deux marraines, seconde femme de François l". Son autre marraine fut Mai^uerile, sœur de ce monarque. Les deux parrains furent François, dauphin, fils aine du roi, et Antoine du Bois, évéque de Béziers, oncle maternel du comte de Roye*. Le double patronage qu'accordaient ainsi à la petite fille de la maréchale de Châtillon les reines de France et de Navarre témoignait de la bienveillance de la première pour sa dame

I, Se- et L. Je Sainie-Martbe, Hàt., géuéal. de la maison de Prancr, in-4*, t. lî. p. »38.

t Û Lxboureiir, addit. aux luéiu. tie Ciulelnau, ia-t', I. 1, p. 3S2.

d'honneur*, et de l'affection de la seconde pour une amie dévouée*.

Deux ans plus tard, le 3 mars 1537, la comtesse de Roye, résidant alors dans son château de Muret, donna le jour à une seconde fille qui reçut le nom de Charlotte ^ .

Les petites filles de la maréchale, dont nous constatons transitoirement ici la naissance, devinrent deux femmes éminentes qui Tune sous le nom de princesse de Coudé, l'autre sous celui de comtesse de Larochefoucault, ont laissé dans l'histoire des traces lumineuses et pures, ainsi qu'on le verra par la suite de ce récit.

Heureuse comme mère et comme aïeule, Louise de Montmorency le fui aussi comme sœur, lorsqu'elle vit, en 1538, celui de ses frères en qui elle avait trouvé le plus ferme appui de son veuvage élevé à la dignité de connétable de France*; placé au faîte des honneurs, Anne de Montmorency apprécia dans toute son étendue l'immense crédit dont il jouissait, ainsi que le prouvent ces mots significatifs d'une lettre adressée, le 44 mai 1538, au cardinal de Màcon ^ : « Au regard de moy, j'ay un maistre avec

> lequel, de sa grâce et libéralité j'ay le moyen de faire ordinai-

> rement, par chacun jour, tant de gros biens à tant de person- 5> nages, non seulement à mes parents et amis, mais encore à mes j> ennemis et autres de toutes qualités, dont je le supplie, que je 3> n'ay besoin ni occasion d'aller implorer [autre faveur que la

> sienne. j>

1. Un acte du 19 mars 1535. n. 5. (Ârch. nat. de France, t. 125. 13-1 i) et un autre du 3 avril 1535 (Bibl. nat., cab. des tit. V* Coligny, cah. 25 à 45) qualifient Louise de Montmorency c dame d'honneur de la royne >.

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