‹ Gaspard de Coligny, amiral de FranceChapitre 201 sur 241 · X. Ap. Aymoti, ttecueit i(et Synodes. l.n Ilnyr · texte numérisé non relu

X. Ap. Aymoti, ttecueit i(et Synodes. l.n Ilnyr

, IT10,l.l,p,27à«.

1 gement de religion qu'on voulait y faire, et que par cette perte

> sa Majesté serait privée du plus beau fleuron de sa couronne.

> On leur répondit qu'on ne pensait à autre chose qu'à remédier 1 à tout ce qui pouvait causer ce changement, et qu'on n'avait

}> assemblé ce grand nombre de conseillers que pour délibérer

> sur cette matière. — Le même jour, il y en eut sept qui opi-

> nërent, et je n'ai pu savoir autre chose de ce qu'ils ont dit, si

> ce n'est que notre monsieur de la Gasade, qui, dans le temps

> que j'étais à Paris, me témoignait avoir tant d'obligations à sa

> Sainteté et tant d'inclination pour son service, a été le pire de

> tous, avec un frère de madame Voger, car ils parlèrent avec

> tant de licence et d'effronterie, que les huguenots eux-mêmes

> eurent peine à souffrir leur procédé... Hier, sept autres con«

> seillers opinèrent, entre cinq desquels j'ai appris qu'il y eut i> quelques bons sentiments, puisqu'un de ceux-là dit que sa j Majesté devait considérer que, si elle permettait aux ministres » de prêcher dans un certain lieu, il s'en suivrait, par une con- » séquence nécessaire, qu'ils pourraient aussi y donner le ^ baptême, à leur manière, bénir les mariages et faire beaucoup » d'autres choses comme il leur plairait; et que delà il naîtrait ^ des procès touchant les successions, et que pour y remédier

> on se trouverait obligé de faire de nouvelles lois, et contraint 3) d'établir de nouveaux parlements et de changer toute la forme y> de l'État et de la police. Il insinua même indirectement qu'il

> faudrait qu'il y eut deux rois. On a trouvé que cet avis était le » meilleur et le plus sage de tous ceux qui avaient opiné

> jusqu'alors... Les suffrages de l'assemblée générale des Etats

> de ce royaume sont allés beaucoup en empirant, mais les con-

> seillers de la reine n'ont pas encore opiné. y>

Dans cette même lettre, le cardinal de Sainte- Croix parle des démarches auxquelles il n' a cessé de se livrer près de la reine mère et de divers personnages de la cour pour qu'ils pesassent, au détriment des protestants, sur les délibérations de l'assem-

blée et il termine en disant : « J'espère que si nousn'en retirons n pas toute l'utilité que nous souhaitons, cela servira au moins f h donner un si bon pli aux délibérations de cette assemblée des » Étals, qu'il me semble de pouvoir tenir pour assuré, que ces )> prédicateurs n'auront point de temples, et qu'ils ne gagneront » rien dans celte conférence ; et puisque celle de Paris, qui était f si nombreuse, prit des résolutions contre eux, de même que » celle des évoques qu'on fit assembler à Poissy, il me semble >• que s'ils ne reçoivent aucun avantage de celle-ci, qui était le il fondement de toutes leurs espérances, ils ne doivent plus s'al- » tendre à aucun bon succès, n

Au moment où le cardinal terminait ces lignes, le ISjanvier, l'assemblée se séparait * et, le 17 du même mois était signé par le roi, en son conseil, à Sainl-Germain-en-Layc, le célèbre édit de pacification qui, pour la première fois, admettait en faveur des protestants diverses applications importantes du principe de la liberté religieuse, et spécialement la légalitéde leurs réunions pour l'exercice public du culte*.

Avant d'enti'er dans le détail des dispositions de cet édit, arrêtons nous ici au seul faiL,éminemmenl caractéristique, de son existence.

On le voit : à peine dix-huit mois s'élaient-ils écoulés depuis le jour où, à Fontainebleau, Coligiiy avait revendiqué, en faveur de ses coreligionnaires, le droit de s'assembler pour célébrer publiquement leur culte, que, secondé dans ses nobles efforts par l'Ilospital devenu enfin son allié, il avait réussi, en dépit de nombreux obstacles, à faire franchir à la léjîislation l'immense Intervalle qui séparait le dernier édit. de celui de Romorantin.

Quoi qu'il a(Jvînl désormais, quelque terribles que pussent

1. Voir la lettre du cardinal de Sainle-Croîi mi cardinal Borrunirà, do 17 juDvier 15liS, ap. Aymua, Bec. ihsSynodeg, t. I, il à iiS.

± Voir 1p irsie de ViAU du 17 JHDfîiir 1562 daus le Recutil de Fontanon. (. IV, p. S«7 i 209.

être les luttes que soulèverait, de la part des ennemis de la liberté religieuse, l'existence de l'édit de pacification du 17 janvier, le seul fait de la promulgation de cet édit devait demeurer à jamais empreint du caractère de victoire remportée par Tesprit de lumière et de paix sur l'esprit de ténèbres et de discorde.

Respecté, de génération en génération par les sectateurs du juste et de l'honnôle, un tel fait, à trois siècles de distance, se produit, aujourd'hui encore, dans toute sa grandeur.

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