‹ Gaspard de Coligny, amiral de FranceChapitre 202 sur 241 · Bibl. nal., mu. f. fr., *ul. 3157. f · texte numérisé non relu

Bibl. nal., mu. f. fr., *ul. 3157. f

'i. L'hopune duquel Coligoy parlait lînii, ^Uit ce niSine capitaine Poutin, connu ciitiienicnt wui le nom de baron d« Li^piriie, qui prit me si large pari k l'elTroyiIile natHcre de* tialiitanl* de Câbriirea el de Htrindol.

> (iict a monsieur le dauphin que, le jour de la Notre-Dame, quant le seigneur » Pierre Strossy et le prieur de Cappoue cstoient allez parler à lay en sa gaal-

> 1ère, que aupararant ron ne faisoit point de semblant d'aller combattre à 1 coups de canon Tarmée du roy d'Angleterre, et que quant le seigneur

> Pierre Strossy (ut de retour en sa guallere, qu'il m'avoit dict qu'il avoit esté

> arresté que nous irions combattre ladite armée, et que nous irions comencer » par ung là où il y avoit quatre navires quy estoient ung peu*escartés de

> leur armée, et, sur ce, que nous estions mys à marcher devant, et pour ce, ) que pensois bien qu'il ne povoit venir sy tost que nous, ou pour autre

> occasion que je ne sçavois point, qu'il avoit faict voile et tout le reste des

> gualleres après luy, que la guallere là où j'estois marchoit toujours droit au

> lieu là où il avoit esté ordoné, et quant nous approchasmes, que des quattre

> navires les trois avoient rejoinct leur armée, et de l'aultre qui estoit demeurée

> derrière que nous nous en estions aproclié bien près et puis avions tiré la » volée de nostre artillerie. Et sur ce que j'avois reguardé qui nous suivoit et

> que j'avois veu que au lieu que nous prenions à gauche pour aller tirer à

> ladite armée que luy il prenoit à droite et que ung peu après j'avois veu le

> prieur de Cappoue qui avoit amené sa avec trois ou quattre gualleres quy

» venoit là où nous estions, et que de luy encores ne faisoit point semblant de

> venir où nous estions et que le dit prieur cestoit fort approché pour tirer,

> quant luy comança à tourner come sy ce eust esté pour venir où nous estions,

> mais qu'incontinent il s'arresta et tira sa volée de bien loing, et après, au » lieu que nous aprochions quant nous avions tiré, que lui retourna aucontraire

> et ung pou après qu'il retourna une auUre foys et qu'il avoit tiré une aultre

> volée, environ aussy loing que la première foys, et <|ue par trois ou quattre

> foys il avoit fait cela mesrne après qu'il avoit pris le large de la mer, et que

> lors toutes les gualleres l'avoient suivy, et que volant ce qu'il avoit faict

> j'avois dict à mondit seigneur «ju'il n'avoit pas bien faict son debvoir et que

> de moy, j'aymerois mieulx estre mort et cent pieiis soubs terre que d'en avoir

> faict aultant; que c'estoit ce que j'avois dict do luy, et qu'il me dist sy c'es-

> toit pas la vérité ce que je luy avois dict, et s'il paussoit, veu le propos que ^ je luy avois tenu, in'auoir en rien compris au démenty qu'il avoit donné 1 devant le roy, ou bien aulx lettres qu'il avoit escriptes à monsieur Je dauphin. 3 Sur ce il me feit responce qu'il estoit mon serviteur, et qu'il n'avoit jamais j> enttendu que j'en eusse parlé. Je luy dicts qu'il enttendoit le language que. 5 j'avois tenu de luy et (|u'il ne falloit point plus me tenir ce propos et que

> j'estois là pour luy respondre de ce que j'avois dict, et s'il vouldroit dire que j> tout ce que j'avois dict né fûst pas bien véritable. Il me feit responce qu'il

> falloit qu'il respondist à celuy qui avoit présenté quelque escript de luy au roy

> et après qu'il respondroit à ceulx qui parleroient de luy. Je luy dicts que je ne i voulois point de ce que j'avois dict que aultre en respondit que moy, et que 1 le roy ne lui avoit point commandé de ne me respondre, et que au lieu où 3 nous estions il falloit qu'il me fèist responce. Lors il me dict que le démenty

> qu'il avoit donné n'estoit que pour ceulx qui avoient dict qu'il eusl fouy, et

> qu'il vouloit maintenir ce qu'il avoit dict au roy, et qu'il n'estimoit richesse j qu'il eust tant que son honneur, et qu'il ne panssoit jamais avoir en jour de

* sn rio mioux faici son d? broïr que ce joiir-lâ, d' i\uf dv. Iiiy, Il se coulcntoît t de ce qu'il en avoil faJct et que s'il y avoit di'S gualItTFG i[ui eusscnl esté de-

> vanl la si<'iine. iiu'il ne taisoicnt pas ce qu'il debvDÎuni ei qu'il Jcbvûient

> suivre sa bau<lière. Sur cela je liiy feis responce que des giialleres je ne œ'eu 1 Diuslois poiiJt, quant à avoir fouy, que je n'en avois paînl parlé, nussi qne je 1 ne scavoJB pour quelle oeca&ion y le l'eust i^u faire, que je u'uvois point veu

> que l'on liiy eusl donnË la cliasse; quunl li avoir liien fnict son ikhvuir,

> imysqu'il s'en conieuloil, laiit raieulx pimr luy, inuis qn'ii afuil cuttcnriu ce

> que j'^ luy i-a avois dicl, cl quant à nmy (|ue j'ayineroismieutxestrc mort que 1 de l'avoir tuicl.

F Sur eelfl j'uppelay mt^asieurs d'Ossun, île Guillj et de l'ol, que je prie cglrc

• lesmoiiigs de ne que je luy avois dii^l, cl pourront lesmoignicr' do ee que je 1 luy dicls. cl La Luiguandes. quy y vint à la fm. ■

Li'llr'* i1i« pr'iïi'inn lie lii cIiargB rh" colunel <le l'infiinleric trunçiticp. (Pu BoiLchet. Ou':r. rilé. p. 4W, W\.

t ll'Tiry par In grâce de Dieu roy de FVanr«, A (ous eetu> qui ces présentes t loltrcs verront, salul. S^avoir faisons qtie nous .desirans peur l'enltere el par-

> faite conliance et cognoissance que nous avons de h personne dciuislre olier

> étante cousin et geutilbamuie ordinaire il '.■ nnslre chambre tiasparddi.' I^oli^ny.

> sieur de Cliaslillon, el de ses sens, vertu, vaillance, ndélité, |,Tnniti-. expériinice

> au fait des armes, et bonne diligence, l'honniirer d'eslnt di^ini' de sn verlu. et » des grands el recommanda blés services qu'avons cy-de van t reçu» de loy. tant » au fuit de la guerre que autrement , en plusieurs el maintes louables manières,

* iceluy seigneur de Chostillon, pour ces causes, el alÎD de luy donner d'au-

* Mut plus le moyen do continuer de faire i, nous et A la clioae publique de t Qoslre royaume lek et si recommandabtes services, qne nous s^; a vous qu'il en

> a le désir et affection, avons fait, ordonné et eïlabjy, faisons, nrdonuons el ■ eslabLssons corouel et capitaioL' (^nérul île toutes les bandes de >;ens de

> fned françols, estant de iircsent et c|ui seront cy-aprt^s h luistru solde et t service ; et ledit estât que par cy-devant el du vivant de feu no>tr« trdH-bon-

> uoré seigneur el père !<,- roy dernier i\6e€i\i. que Hii'u absolvu, a tenu le

> sieur de Tain, lequel nous avons décharge et ddchargcons par ces pi'égenles.

• avons audit sieur de Chastillon donné et oclrnyï^. donnons et octroyons, » pour lesdiles bandit conduire el exploiter par iceluy sieur de IJliDstillon, selon 1 la fiance que uous urons de luy, elc, etc Données à Esenuen, le XXIX jnur

• d'avril, l'an de ^rAce NDXLVIl.etdenoalre règne le premttf. * Signé : Ukibt, «1 plus bas : Par le roy, BockeUI.

De la Pommeraye venait de prendre part aux uégociations relatÎTes à la doDation que le comte de Chàteaubriant avait faite d'une partie notable de ses biens au conpétable de Montmorency, le 5 janvier 1540 S et il suivait alors, Dans rintérêt du donataire, la mise à exécution de cette libéralité.

On voit Anne de Montmorency, dans sa correspondance, tout en s'occupant de sa nièce Charlotte, ne pas perdre de vue les soins à donner aux biens qu'il tient de la générosité du comte de Chàteaubriant '.

Il écrit d'abord à de la Pommeraye ^ : c Quant à ma niepce, la jeune de Laval,

> elle sera la très-bien venue, et vous sçay merveilleusement bon gré de l'ordre • que vous avez donné au iaict de ses meubles pour les garder et tenir en

> sûreté affin que riens ne s'en perde ne deppérisse. Au regard de ce qui » touche M. de Chasteaubriant, il me semble que vohs ne pouvez mieux faire » que de faire dépescher mon affaire avec luy, car ce sera toujours autant de

> faict. >

Une lettre du 4 avril 1510* est plus explicite; il y est dit: t Monsieur de » la Pommeraye, j'ay reçue vostre lettre du !23 et par icelle entendu ce qui a

> esté faict depuis vostre dernière ^espesche quant aux bannyes et insinuations

> de la donaison de mons. de Chasteaubriant, qui m'a esté bien grant plaisir,

> estant asseuré que là où vous serez il ne sera rien oublié en ce qui me

> touche^... Est arrivée madamoyselle Charlotte de Laval à Chantilly... Je ne

1. Voir, quant à cette donation, Dom Morice {Hist. de Bretagne, mém. pour servir de preuves, t. 111, p. 1034j. — Désormeaux {Hist. de la maison de Montmorency, t. Il, p. 154) nous donne, en ces termes, une idée de la colossale fortune du connétable : K 11 avait recueilli la succession de la maison de Villiers-risle-Adam, l'une des plus il- M lustres et des plus riches du royaume. Jean de Laval, comte de Chàteaubriant, sou » parent, lui avait fait don de quatone terres en Bretagne et en Anjou... Les bienfaits » du roi, ceux de ses amis, et le revenu immense qu'il retirait de ses charges, l'avaient » mis à portée d'acquérir un grand nombre des plus belles terres du royaume. •

t. Cette générosité, s'il faut en croire les mémoires du maréchal de Vieilleville (liv. I, ch. XXXI et xxxii) aurait été provoquée par des procédés qui entacheraient singulièrement la délicatesse et l'honneur du connétable.

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