I. « Le feu roy devina ci- poiiil
> Qw ceux de la maison de Guyse
1 MeUroyenl ses uufnnsen pourpoint,
* Et son pauvre peuple eii chemiau.
K. lie Uplimche, Eilat de fr. s. François II. p. 310, éiii. de I57<). Le premier des iguiitre vers ci-dessus a pour varianle, dans les aiémuîi'es de Condti |l- 1, p. &X!), les mots suiviints :
( Frimçois premier [irôilit ce piiinl. ) i. De Thon, llùt. unio., t. I, p. S^T.
archevêque de Reims, plus particulièrement habiles à capter ses bonnes grâces.
Henri, devenu roi, ne se contenta pas de tirer immédiatement le connétable de sa retraite, pour le placer à la tête des affaires; il commit la faute d'attribuer en même temps une large part dans leur maniement à François et à Charles de Lorraine*, qui, pour mieux s'affermir dans la situation considérable qu'il leur créait, se firent plus que jamais les complaisants serviteurs de Diane de Poitiers, sa maîtresse, l'aUfère dominatrice de la Cour-.
On les vit, vers celte époque, accablant de leurs obsessions cette femme corrompue, s'appliquer à ménager une union entre l'une de ses filles et leur frère Claude.
Consulté, à titre d'ami, par François sur cette union, qui d'ailleurs ne devait pas tarder à se conclure, Coligny n'hésita point à l'en dissuader, « et lui dist n'estre trop honnorable pour lui et ({u'il valoit mieux (usant de ces mots) avoir un. pouce d'authorité et de faveur avecquc honneur, qu'une brasse sans honneur^...» Ce conseil, inspiré par une loyale franchise, fut mal interprété et mal reçu; François de Lorraine prétendit que Coligny <f ne luy avoit pas conseillé en compaignon et amy,
i. D. WoUoii to Ihe lord ProtcctorandCouncil, G avril 1547, ap. Tytler, reigu of Edward VI, t. I, p. 35.
2. Charles de Lorraine écrivait à Diane, quelque temps après la mort de François 1" : € Je ne me puis guarder de vous remercyer ancores de la parti- 1 culière grâce que m avez faicte et du singulier contautement que j'en ay, » me mcctant à paine de vous pouvoir de plus en plus servir et ayant bon es- » poir d*en recueillir bon fruicl, non moins pour vous que pour moi, ne pou- » vaut doresnavant estre aultre mon intérest que le vostre. f (Bulletin de la
> Société (Vhistoirc du Protestantisme français, t. IX, p. 216).
3. Brantôme, édit. Lud. Lalanne, t. IV, p. 287. — Hotman (Vie de G. de Coligny, Ir. fr., édit. de i665, p. 15) dit: € (François de Lorraine), ayant -donné
> advis à (G. de Coligny), sur le dessein que son frère d'Aumale avoit d'épouser » la fdle de la seneschalle de Valentinois , autant favorisée du roy que blâmée
> des gens d'honneur ; il luy fit response, qu'il estimoit plus un peu de bonne
> réputation que beaucoup de richesses ; ce qui fut fort désagréable aux deux f frères, comme estant pour les destourner de s'accrottre en pouvoir et dignité. »
mais en celuy qui estoit envieux de son bien et de sji bonne forlune que ce maryage luy enst peu apporter. Mais ce diflëranl dura peu; et pour ce, furent amis comme devant'. » Extérieurement, oui; en réalilé, non. Il était impossible, en effet, qn'une véritable intimité subsistât entre Coligny et le comte d'Aumale, du moment où l'un voyait l'antre capable de méconnaître, dans l'aveuglement de l'ambition, les lois de la délicatesse et di" Tamitié.
A l'inverse des Guises, Coligny et d'Andelot avaient le cœur trop h;mt placé pour dévier no seul instant du sentier de l'honneur. Confiants dans la justice du nouveau souverain, qui plus d'une fois, avant son avènement au trône, les avait vus à l'œuvre, ils n'attendaient de lui d'autres témoignages de souvenir et de bienveillance que ceux qu'il lui plairait de leur accorder, sans qu'ils les eussent sollicités.
Anne de Montmorency, dans sa vigilance toute naturelle de chef de famille, profita du crédit qu'il venait de recouvrer* pour se constituer l'appui de ses neveux auprès du roi; et, sans les pousser dans la voie des faveurs imméritées, il contribua du moins à attirer sur eux de hautes distinctions dont ils étaient dignes.
L'un et l'autre furent d'abord revêtus du litre de gentils hommes ordinaires de la chambre.
Henri II, que d'Imbereourt était venu complimenter sur son avénemcnlaulrône, de la part de l'empereur^, chai^ea d'Andelot de se rendre près de ce monarque, « pour faire les remercyments en tel cas requis et lui porter paroles correspondantes à celles que le roi avait eues de lui par ledit sieur d'Imbereourt