Bibl. nat., mss. f. fr., vol. 2846, f
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■ Mais si ne puis-je que je ne trouve bon ce delay que leur avez
■ accordé" (comme forcé qu'il estoil) jusques à mardy, es- » tant mesmemeni fondé sur la résolution qui est à prendre » pour le laid des prisonniers qui ne se pouvoit Iionnestemenl » refuser; mais aussi, mon cousin, sçachanl de quelle impor- » tance seroit à mon service une plus longue traicte en vostre » n^ocialion, j'ai advisé vous renvoyer ce courrier cxprùs
> pour vous dire que Je veulx et entends que, audict jour de
• mardy prochain, que j'estime debvoir estre vostre première » assenU)lée, vous aiez à promplement et sur-le-champ vous
> esclaircir de ce qui se doibt et peult espérer en l'un ei l'autre » poincl d'icelle voslrc dicte négociation, qui ne consiste, quand » tout est dict, que au faicl des prisonniers dont vous estes » assez instruitz,eten la pacification de nos différents et récon-
> cilialion de nostrc amitié, dont l'ouverture est \mue de leur B costé, comme j'ay entendu par vos dépesches; et s'il ne vous B en résolvent absolument, leur dictes, sans plus recevoir au-
• cune remise ne autre attache qu'ils y puissent mectre quelque
> apparence de mieulx qu'il y aicl, que pour mectre Dieu et le
> monde démon cousté,je m'estois, sur l'instance qu'ils vous » avoient faicte, accordé volontiers, pour le bien de la chres- » lienté, de vous envoier pouvoir pour traicter de ladite récon- » ciliatioii par une bonne paix on trefve; mais que, ayant cela » jà trayné plus qu'il ne debvoit si on y alloit de bon pied, » ï-oiant le chemin qu'ilz prennent de leur costé, je vous ay » despouillé de la puissance que je vous avois dormée, de sorte
■ qu'il ne vous demeure plus que celle de vostre première
> dépesche, qui est desdits prisonniers, oii vous désirez aussi
> faire une fin et ne la laisser plus en longueur, au moins de
> quoy entendez qu'ilz vous y satisl'acent promptcment; et y 1 procéderez de façon que, à ce jour-là, les choses soient en
> une sorte ou aultre résolues; et leur en coupperez la broche » loul court, prenant gracieux congé d^eulx et remectant les
> choses à une autre foys qu'il plaira à Dieu les mieux disposer. >
Les 5, 6 el 7 janvier, de Lalain annonça à Goligny qu'il espérait recevoir une réponse favorable; mais qu'un accès de goutte, dont l'empereur était atteint, en retardait l'envoi *.
L'amiral, qui, les jours précédents, s'était senti assez souffrant pour réclamer les soins d'un médecin de Cambrai, que de Lalain s'élait empressé de lui envoyer \ ne s'en était pas moins rendu le 8 au Câtelet, d'où il écrivit à de Lalain qu'il espérait qu'on pourrait se réunir le lendemain à Vaucelles.
Le 8 même, de Lalain et Renard adressaient à Philippe II les lignes suivantes ^ : « Sire, à ce soir, je, le sieur de Lalaing, ay
> reçu aultres lettres de l'admirai de France, par lesquelles il 1 m'advertit comme il est venu à Chaslelet en intention de se i> trouver demain à Vaucelles, et nous assembler, estimant que
> aions response de Vostre Majesté sur le faict de la paix ou
> trefve et comme véons le désir qu'il ha à icelle, que l'occasion » est bonne pour traicler ce qu'il semblera mieux convenir à » vostre service, et que n'importe par quy elle se négotie, » nous supplions très-humblement à Vostre Majesté ne regarder j> à nous, ains envoyer tels personnaiges qui lui plaira, avec les i> pouvoirs nécessaires, et à ce que si bon commencement ne j& demeure sans effect, puysque le temps et les affaires le pery> suadent. i>