‹ Gaspard de Coligny, amiral de FranceChapitre 85 sur 241 · Voir Appendice t n · texte numérisé non relu

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5. Lettre du 25 janvier 1556 (Bibl. nat., mss. f. fr., vol. 2846, f» 191), confirmée par une autre lettre royale du 26 janvier (Ihid., f" 194). — Voir aussi une lettre du connétable à Coligny, du 25 janvier {Ibid,, f* 192).

I irilention, qtie je ne sçaurois esire plus content et satisfaict » de serviteur que je suis de vous, qui vous estes si bien el si » dignement porté au maniement de ce négoce, que jamais i- homme ne me fici service plus agréable, que j'espi>re que s vous m'en ferez un à ce coup, puisque par ledit'l mémoire vous » vous trouverez de quoy satisfaire à ce que d<''sirent les autres, » si vous ne pouvez mieulx,ce que jene veulxpoint vous recom- » mander, sachant de quelle allectiou et avec quel respect vous » procédez andict alTaire de toutes autres choses qui touchent ■ mon service. »

A la suite d'rm délai de quelques jours, dont les Impériaux s'cxcusL'rent vis-à-vis des plénipotentiaires fran»;ais', il Tul tenu h Vaucelles, au début du mois de février, deux dernières conférences auxquelles prirent part, au nom du roi de France, Colignvet de l'Aubespine, et au nom de l'empereur et du roi son fils, non-seulement de Lalain et Renard, munis enfin de pouvoirs suffisants, mais en outre trois personnages qui venaient de leur être adjoints, savoir : les conseillers Charles Tisnarq, F'hilippe de Bruxelles, el J.-Iî. Schiccio, sénateur et régent de Milan.

La discussion fut longue et animée. Les principaux points sur lesquels elle porta furent, en dehors de la question d'opportunité d'une iri^ve, sur laquelle on tomba aisément d'accord : l' la fixation de la durée de cette tri^ve; 2° la restitution ou la conservation, par chaque souverain, des places et temioires respectivement conquis dans le cours des hostilités qu'il s'agissait alors de suspendre; 3" la restitution ou la non-restitution des places ctterritoiresdonlleducric Savoie avait été dépossédé; 4° la nécessité ou la non-nécessité de comprendre le règlement du sort des prisonniers de guerre dans les clauses du traité à inten-enir sur le fait de la trêve. Une dépêche adressée, le 5 fé-

t. LvUrus (le de Lalain à Coligny, AM. f. fr , ToI. 3846, r> 3U cl Hh).

■b 27, îli, ;îl janvier 1556 (Dîbl. :

vrier 1556, à Philippe II, par de Lalain et ses collègues *, résume la discussion de ces divers points. Du texte de ce document nous détacherons ici quelques passages qui prouveront avec quelle louable énerçie Coligny et de TAubespine insistèrent, à différentes reprises, pour qu'il fût immédiatement statué sur le sort des prisonniers de guerre détenus de part et d'autre.

Dans leur dépèche, les plénipotentiaires de l'empereur et du roi son fils rapportent qu'ils ont parlé les premiers et. exposé les conditions sous lesquelles, au point de vue de leurs souverains, la trêve devrait être conclue, et ils ajoutent : — « Avant » que les dépuiez de France se soient retirez pour respondre à y> ce, ilz nous ont interroguez quelle responce nous avions sur » le faict des prisonniers; déclairant que, comme c'estoit le faict y> pour lequel l'assemblée avoit esté dressée, ilz ne le vouloient » disjoindre, ains entendoicnt le vuider conjointement; aultre- » ment, ce serait laisser l'aigreur que l'on veult oster, et donner » occasion de troubler la tresve qui se pourrait faire, et qu'aussi » seroit jugé inhumain de oblier et laisser lesdicls prisonniers » de guerre; qu'ils s'appercevoientbien que l'on vouloit remestre » ledict faict en longueur. » — Plus loin se trouve cett^e mention : <c Nous avons déclairé... que Vostre Majesté ne nous y> avoit faict response sur le poinct desdicts prisonniers, ains au » point plus principal, lequel achevé donneroit moïen pour parvej) nir à Taultre : passant le plus succinctement ce poinct que nous y> a esté possible, selon l'intention de Vostre Majesté, i — Vers la fin de la dépêche se lisent ces mots : a: Quant aux prisonniers, y> lesdictz depputez franchoys ont faict toute l'instance possible » à ce que l'on eût ung article d'iceulx en la tresve, ou acte pary> ticulier, conforme à ce qu'ilz en ont donné par escript : ce D qu'avons excusé et évité par dire que n'avions responce sur T> ce de Vostre Majesté ; et par troys et quatre foys ont reprins

\. \o\r Appendice, no ^i.

» et protesté qu'ilz n'entendent séparer ce faict de ladite tresve,

> ains que lesdiclz prisonniers soient mis à rançon cl délivrer

> déans le temps de la ratification de Indîctc Iresve, ou plustosl

> si (aire se peut; et disoieni que ledict roy de France ne raii- » fiera - ladicle tresve sans cela; anllremenl ce seroit laisser » aigreur approcliant le premier, et ne seroil convenable Iraicter

> iresve et les laisser en prison, puisqu'il?, ne sont sinon prison-

> niers de guerre : sur quoy leur avons respondu qu'en adverti- » rions Vostre Majesté. — Depuis ce jourd'huy, les députez de

> France nous ont donné aullre billet concernant lesdiclz prit «M(«i>cs,qu'avonsaussy joinci aux présentes, par lequelsvoslre » Majesté verra plus clèroinent leur intention sur ledict faict. »

Quoi de plus légitime et de plus honorable que la persévérance des négociateurs français h demander qu'on résoli'it simultanément la question de la trêve et celle de la libéi-ation des prisonniers de guerre? Malheureusement leurs efforts échouèrent contre le mauvais vouloir de Charles-Quint et de Philippe II; car, il ne faut pas s'y méprendre, les plcnipotenliaircs de ces princes, en excipant d'un défaut d'autorisation, pour joindre et résoudre les deyx questions îi la fois, ne faisaient qu'obtempérer aux injonctions secrètes deleure maîtres, qu'inspiraient uniquement des calculs intéressés.

En présence de ces calculs et d'une politique de temporisation hardiment dévoilée d'ailleurs par Coligny et de l'Aubcspine, dans Je cours des conférences, à quel parti devaient s'arrêter ces deux défenseurs des intérêts français? A la rupture des négociations, qui eût tout conpromisV Non, mais à la conclusion d'une trêve, en n'y apposant toutefois leurs signatures, que sous des réserves expressément formulées en faveur des prisonniers.

Leur décision fut promptement prise et exécutée.

Ils commencèrent par signer, avec les plénipotentiaires de Charles et de Phihppe, le 5 février 1556 ' , un traité dont la

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