‹ Gaspard de Coligny, amiral de FranceChapitre 86 sur 241 · I. Voir Appendice, a · texte numérisé non relu

I. Voir Appendice, a

disposition principale portait : « Bonne, seure, vraye, ferme et D loyale trêve, estât, abstinence de guerre, et cessation d'armes » est faite, conclue et arrestée, accordée et passée, entre les

> seigneurs Empereur, roy d'Angleterre, son fils, et le roi de » France très-chrestien, par terre, mer, eaux douces, tant au » levant que ponant, et en tous lieux et endroits quelconques,

> comme si particulièrement et spécialement ilz estoient cy spé- 1^ cifiez et déclarez, durable, fermement et inviolablement, » entre leurs Majestez impériale et royale, leurs hoirs, succes- » seurs, royaumes, païs, terres et seigneuries quelconques, par » eux possédés et qu'ils tiennent et en jouissent à présent, tant 1 deçà que de là les monts, ou en quelque lieu et à quelque en- » droit que ce soit. El ne sera durant ladite trêve innové ne

> attenté d'une part ny d'autre, directement ou indirectement » au préjudice d'icelle, mais demeureront toutes choses en Testât :» qu'elles sont et la possession et jouissance à chacun comme » ils l'auront au temps de la date de ceste, respectivement, le » tout de bonne foi et sans fraude ; et ce, pour le temps et » terme de cinq ans ensuivans et consécutifs, à commencer du 3> jour et date des présentes..., durant lesquels cinq ans lesdits » sieurs empereur et roy ne pourront directement ou indirecy> tement endommager l'un l'autre, en quelque lieu et endroict » de la chrestienté et de leurs royaumes et pays que ce soit, par » eux ny par autruy, ni bailler ayde, support, assistance ou D faveur de gens, argent, artillerie, munitions, victuailles, quels » qu'ils soient, en chose quelconque à ceux qui le voudroient

> faire, procurer et attenter, ny passages par leurs royaumes,

> pays, terres et seigneuries, ny les recevoir, ny donner en- » trée es ports de mer qu'ils tiennent, ou leur donner rafraîy> chissement, y venant pour faire acte d'hostilité entre leur Ma- » jeslez, pays et sujets, et autres compris en la présente trêve. »

Au moment môme où ils signaient le traité du 5 février 1556, qui se taisait sur les prisonniers de guerre, Coligny et de l'Au-

bespine, pour sauvegarder, autant que possible, la situation do ceux-ci, remirent aux plénipotentiaires impériaux un écrit désigné dans la dépêche précitée de ces derniers, du même jour, 5 février, sous ta dénomination de liillel concernant les prisotir- HÎers, et dont voici la teneur ' :

« Sur ce que les députez du roy Ir&s-chreslien ont déclaré » aux députez de l'empereur et du roy son fds, qu'ils entendaient, » suivain leur instruction, qu'on cust promptement et avec la » conclusion de la Iresve, sans nullement séparer ceste négocia- 1 tifin de rautre.àmestre les prisonniers tous à rançon, à argent » seulement, sans plus parler de places comme appartenant au » roy et comprinses en la tresve, lesdits députes desdits sieurs » empereur et roy ont respondu, qu'estant la tresve faicte et le 3 chemin d'amytié ouvert promptement, ilz advcrtiroient l'em- » pereur et hiy manderaient... l'observation et déclaration qui ^ est pour (constater) que le roy n'entend nullement ratifier la-

> dite tresve, que lesdits prisonniers ne sortent préalablement,

> comme la raison veult, en payant en aident leurdite rançon

> raisonnablement, afin rpi'ils se sentent du bénéfice de ladicte » tresve et réconciliation des princes, ayantrespectivementprins

> Icsdicls depputez coppîc de ce que dessus. »

Le lendemain de la conclusion de la trêve, Coligny était de retour à Saint-Quentin, d'où il adressait aux habitants de Pérorme* , par son secrétaire, qu'accompagnaient un liéraut d'armes du roi et trois trompettes, une lettre recommandant la publication de la trêve « qii'il désiroit estre honorablement faite »; les invitant « comme il estoit de bonne coutume, à 1 faire faire processions et prières à Dieu, à ce qu'il luy piùt » apaiser son ire, et leur continuer le bien et le repos, comme 1 k tous il le désiroit. »

I. BiM. oai., msa. f. fr.. vol. 3816, p 167, 5 Wïricr 1550. ï. ArcJÛTcs de IVroniiu, f llfi. V", ap. B, du c, //«(. dei mon. ècr. det'hiit. 4* France, t. I, ami. ISVJ, p. i8, lU.

Le même jour, 6 février, Henri II, informé par l'amiral de la conclusion de la trêve, lui écrivit * : « Mon cousin..., j'ay entendu jo particulièrement comme toutes choses sont passées et arrestées, » qui est tant et tant à mon contentement et satisfaction, qu'il fault i> que je vous dise que vous m'avez faict en cest endroist ung très- :t> notable et très-agréable service, y ayant conduit les choses à » mieulx que je n'espéroys, de sorte que j'en remercye Dieu » très-humblement et de bon cœur et ay grande occasion de » me louer de la prudente et sage dextérité dont vous avez usé 0 en ceste négociation, et d'avoir si bien sçeu suivre mon inten- » tion que vous en aiez tiré tout l'honneur et l'utilité qui s'en » pouvoit désirer; n'ayant failly tost après la réception de vostre » lettre et suivant vostre advis, à dépescheren Italie et partout » pour advertir de la résolution de ladicte treiVe et du jour j) qu'elle doibt avoir lieu, à ce qu'il ne soit rien innové ni entre- » pris au contraire, comme il est raisonnable, estimant que » du costé de l'ennemj' sera aussy faict le semblable, attendant y> la venue du courrier de l'empereur et aussi que le seigneur D de Bassefontaine soit arrivé avecques le traité d'icelle pour en » envoyer faire les publications aux lieux nécessaires, ayant » bien voulu vous renvoyer le premier courrier, pour vous )> assurer de la satisfaction que j'ay de l'yssue de vostredicle i) négociation, qui ne sçauroit estre plus grande ne meil- » leui'e. »

Coligny, qui se fût senti froissé dans sa délicatesse, si, au milieu des félicitations qui lui élaient adressées, on eût, un seul instant, perdu de vue le concours efficace que lui avait prêté de l'Aubespine, reçut avec satisfaction, de son oncle le connélabl(s l'assurance a que le seigneur de Bassefontaine serait le » bienvenu, duquel aussy le roy se contentoit grandement*. »

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