ht Thon, Hitt. univ., t. M. p. iOT
son lils.
lâôli (voir
militaire, ne songeait qu'à attiser le feu de la discorde entre souverains, dans Tespoir d'assouvir ses détestables passions au milieu des désordres qu'enfanterait la guerre. Quant à Tautre, voici ce que dit de lui Est. Pasquier* : c Le pape, qui, dès le D temps de sa jeunesse, avait fait contenance d'une religion très- D austère, était devenu nouveau gendarme, soudain qu'il avoit i> esté appelé à la papauté. ]»
La diplomatie espagnole, toujours en éveil sur les relations de l'Italie avec la France, ne se méprenait pas sur le véritable caractère de la mission du Légat. Renard, qui déjà l'avait pressenti dans des dépêches qu'il adressait, les 21, 25 et 27 mai 1556, à Philippe II*, le spécifiait avec précision dans une dépêche du 8 juin suivant^. Il y faisait connaître, en même temps, les dispositions de quelques-uns des principaux personnages de la cour de Henri II, alors qu'on s'attendait à la venue du cardinal Caraffa. « Depuis l'arrivée de Dardoy, disait-il, le » roy a tousjours tenu conseil, trois et quatre heures du matin, » et m'asseure que ça esté sur la négociation de Bassefontaine, » pour résoldrc s'ilz suyvront la practique de paix, s'ilz entrei> tiendront le temps en tresve, ou s'ilz renouvelleront la guerre; » en quoy est vraysemblable se retrouvent grandes difficultés, )> pour plusieurs raisons. Premièrement le connestable ne con- )) vient nullement avec ceulx de Guyse, et sont contraires en 1 volonté et affection sur ce; tàchans lesdits de Guyse de ren- » verser la tresve que ledict connestable a faict traicter sans > eulx, en l'absence du cardinal de Lorrenne*, ayant de plus
I. Lettres, liv. IV, lettre !" à M. de Foussonime, p. 7i. — cC*estoit une chose
> admirable à plusieurs, de voir le pape, autheur des jésuites, qui jamais • n'avoit fait profession que d*une apparence (restroicte religion, ne parler
> plus, dès qu*il fut pourveu de la dignité papale, que d'armes, de guerre, me- » nées et pratiques.» (De Laplace, Coiitfiien/.,p. 3.)
± l»ap. d'État de Granvelle, t. IV, p. 561, 567, 5(i9.
3. Uenard à Ruy Gomez de Si! va (Pap. d*État de Granvelle, t IV, p. 593).
i. < Sitost que le cardinal de Lorraine fut advtTty des* dictes trefves, qoi fat
« à son retour, il fut grandement desplaisant et il déclara tout baolt, en pré-
> Iravorsê sa commission d'Italie, emploie l'adiiiiral de Chaslil- » Ion, son ncpveu, el induicl ledit s' roy h ladiie tresve:et
> prt''sentenieni lesdils de Giiyse ne vonldroient (jiie, avec ladite ï iresve. l'on tombasl en accord et paix, pour ne laisser audit » ronncslable tant d'anioritt^ et réputation : et celte conlrarièté
> ost si notoire, que n'en Tault douliter. La sollicitation du car- » dinal Carafa, qui vient pour les cfiecis coniprins en mes dites » lettres, retient ceux de pardeçii de non entrer en practique » de paix, pour non perdre la volonté du pape et d'aullres po- » lenlaux d'Italie Le connestable, qui est viez, qui pèse l'ad-
* venir, qui congnoil intérieurement les affaires du roy de
> France, qui scet jusques ofi se peuvent étendre ses forces..., ■ congnoissant l'humeur des seigneurs du royaulrae et partia- » litez dangereuses, désire souljstcnir la tresve contre l'impu-
* gnatiori de ceulx de Guyse, et illustrer sa maison pour avoir
» esté auteur de paix Ce que en cesie dispute se (wurra
» résouldrc entre eulx je ne le puys encore descouvrir... Quant
* à moy je les vois en suspend en leur délei'mioation, et atten- » danlla venue dudit cardinal Carafa, qui sera dans huit jours. »
BientM le caixlinal an-iva à Fontainebleau, et n'eut rien de plus pressé que de se concerter, en secret, avec les Guises, |)our tenter de l'aire rompre la trêve. S'adressant ensuite ostensiblemeni au gouvernement royal, il insista, prés de lui, sur le danger que Taisait courir au pape l'altitude prise en Italie par le duc d'Albe, et demanda que le monarque français mil immédiatcmenl à la disposition du SaiiU-Siégo des hommes et de l'argent, pour le soutenir dans la lutie contre les forces espapioles. Henri II. sans rien accorder encore, se borna h déclarer qu'il viendrait en aide îi Paul IV (piand cela serait nécessaire'.'
I ti^nci; ili' |>Insicurg. qui! ce ii'ealoit cv (jue le roi liii avuil promis, el qu'il
* avoit bien le moyen <Ip les rompre, s'a^suraiil de ce Taire sitosi qu'il scroH
* Tpuu A la cour. • (Uc Laplace, Comment., |i. t.)
I. l-fltre Je Renard A l'hilippe 11. ilu 2i juiu I55(i (Pap. d'Élat d.- liraiinelle. t. IV, p. fi03).
Se disant déçu dans ses espérances, le légat annonça qu'il n'avait plus qu'à s'en retourner. Mais il n'était pas homme à se laisser décourager par le refus d'une prompte auxiliarité; aussi n'en prolongea-t-il pas moins son séjour à Fontainebleau, où se continuèrent ses intrigues. Soutenu par les Guises, comptant, non sans raison, sur l'influence de Diane de Poitiers, et même sur l'appui de Catherine de Médicis, stimulée par les conseils intéressés de Pierre Strozzi, son parent*, il désespérait si peu de réussir, un jour, près de Henri II, qu'il crut trouver un gage de succès final dans l'accomplissement d'une solennité publique à laquelle ce prince se prôta.
Le cardinal avait apporté de Rome une épée bénie, qu'il devait remettre, de la part du pape, à Henri II, comme au fils aîné de l'église^, et une rose d'or destinée à la reine ^. c Le y> 25 juin, raconte Renard*, les ambassadeurs furent mandez » par le roy de France, pour assister à la solennité de la présen- » tation de l'espée que le légat Carafa debvoit donner, le mesme » jour, à la messe où je me trouvay ; et avant que ledit s' roy