‹ Gaspard de Coligny, amiral de FranceChapitre 97 sur 241 · De Thou, Ilist. unit., t. II, p. il · texte numérisé non relu

De Thou, Ilist. unit., t. II, p. il

2. « Le pape demanda secours au roy, comme au premier fils de rÉglise,

> luy envoyant par le cardinal G. Caraffe, son nepveu et légat, un chappeau j tel qu'esloient anciennement ceux des sénateurs Romains, et uûe espée, si-

> gnifiant la tuilion et défense de l'Église et sainct Siège apostolique. > (Rabutin, G. de Bclg., liv. VIII.)

3. Brantôme (édil. L. Lai., f. I, p. 108, 109) dit, à ce propos : c Le pape

> I*aulo Quarto envoya par son neveu le cardinal au roy Henri II un chapeau

> que j'ay veu, quasi faict à Talbanoise, de drap d*or, et une espée dorée, pour

> luy demander secours, rompre la trefve et faire la guerre; don certes qui j fut très-mallicureux pour la France. > Ailleurs (t. IV, p. 210, 211) il ajoute: € Le légat porta au roy une espéé et un chapeau, dons que les papes envoyent

> aux roys pour les gratifier, en demandant quelque chose de meilleur; dons, » dis-je, qu'on a observé plusieurs foys estre fataux et funestes, ainsi qu'on le

> disoit alors, et qu'ils le seroient à nostre roy. > — Quant à l'envoi de la rose d'or à la reine, voy. lettre de Renard à Philippe II, du 2ijuin 1556 (Pap. d'État de Granvelle, t. IV, p. 603).

4. Lettre à Philippe II, du 28 juin 1556 (Pap. d'État de Granvelle, t. IV, p. 6U).

> vîni à !a messe, il esloiL dix heures el demie, ayant esté au i> conseil trois heures ccste matinée. La messe (liiic, li; légat » assis en une chaire, et ledit s' roy de France h genou devant

> luy, lisant son propoz qn'estoit en latin qu'il u'enlendoit, et » avec mines et regards soldatesques plutôt que -de légat, préï senla ladite cspée ' . » — « Oh ! s'écriait, à cette occasion, un

> vrai français^, dans l'élan de son palriollsmc, à la mienne

> volonté, que cesle espée fatale, h nous envoyée pour mettre

> tout en combustion, fût demeurée eu son fourreau, dedans • la ville de Rome!! »

Nul ne s'éleva avec autant de force el d'autorité que Coligny contre les fautcui's de la guerre. Quand vint le jour où il put cniin, à Fontainebleau^, prendre la parole, au sein du conseil privé, il démasqua, sans faux ménagements, la tortueuse politique des hommes qui, soit en France, soil au dehors, sacrifiaient à leur ambition et à leur rapacité effrénée, ainsi qu'à leur liame, les intérêts de sa patrie, en s'efforçant de briser les liens d'un traité loyalement conclu; il supplia le roi de ne pas rompre la trêve qu'il avait juré d'observer, et au maintien de laquelle, après tant de perturbations, se ratlacbail te repos de ses sujets; puis, apprenant que le léf^at avait, aux acclamations des Guises et de leurs adliéreuls, osé proclamer qu'en vertu des pouvoirs dont il était investi il déliait le monarque français du serment par lui prêté pour l'observation de la trêve, et l'autorisait même i attaquer l'empereur et son fils, sans déclaration préalable de

t. I \At<\it canlinal (Uarnira), qui iiaguères avoil ealé reu ea France Ijamnie

> df- guerre au sitrvicc ila rny, fut li^Ilemenl recueilli, qu'iacoiilioent on chercha

> h luy faire prcjenl, ri enlr'aulres de quelque riche évesclié. Et puur rc qu'il

> ne. s'en trouroil pulnl lors de vacant, fui demandé l'évcscbé de Comingcs au * ptr>ie-des-KcenuU Iterirand. depuis cardinal du Sens, qui le prcsla au roy :

> et fut bailld ledicl évesuhù au dict cardinal Caraffe. • (De Laplacc, Commentaire, {• 2.)

i. Eal. l'asquier, l. Il, (i. "tt. Iiv. IV. lollrfi 1

3. Uni! kntre de l'uniirul à dit Uuniiârt's, du 3 juilli't 15JI3. est dali'c de Knu- (ulni-bkim (Itilil. uni., mss. f. fi-., *nl. 3lâK, î- K9).

guerre ^ , Tamiial, indigné, rappela les Guises et tous autres complices de GarafTa au respect de la foi jurée, en déclarant^ ce qu'il ne cessa de répéter depuis, « que les événemens étaient » toujours funestes, et Dieu vengeur indubitable, en tous siècles, > des parjuremens*. »

Mais, qu'importaient à de tels hommes les enseignements, de Texpérience, les règles de l'honneur et l'autorité de la loi divine? Leurs perfides obsessions finirent par étouffer les scru^ pules de Henri II, par désarmer l'opposition du connétable ; et, vers la fin de juin \ l'alliance avec le pape fut resserrée, un envoi de secours en hommes et en argent lui fut de nouveau promis, François de Guise obtint le commandement de l'armée qui irait en Italie, et la rupture de la trêve fut décidée. Le roi se réserva toutefois le soin de ne rien précipiter, et la faculté de ne faire acte de rupture ouverte que lorsqu'il en jugerait le moment venu. Il se proposait de louvoyer, jusque-là, dans la marche de ses relations diplomatiques avec les Impériaux, afin de se ménager le temps nécessaire aux préparatifs d'une reprise d'hostilités.

Un contemporain, dont le bon sens gaulois effleurait avec

i. De Thou, Hist. univ., l. II, p. iil, "È. Hotmail, Vie de Coligny, trad. fr., 1665, p. 14.

3. Voy.lellre de Renard à Philippe II, du 2i juin 1556 (Pap. d'État de Granvelle, t. IV, p. 607) : € . . . Ledit Légat a de rechief Dégocié avec ledit s»^ roy

> et son conseil, pour estrc assisté de gens de guerre, à la soulde dudit s*^ roy,

> pour les mestre en route : ce qui luy a esté accordé, non touteffoys par

> l'obligation que le cardinal de Lorraine avait traicté avec le pape, mais par

> nouvelle paction et confédération, et se dépesche ce soir ung courrier avec

> dépesche aux capitaines que ledit s' roy a en Italie et Marseille pour assis-

> ter le pape ; et de nouveau se lièvent gens de guerre pour les faire passer

> en Toscane, tellement que les choses vont en rouptures de coustel-là et en » Angleterre. » — Six jours plus tard. Renard se permettait, vis à vis de Philippe II, la suggestion suivante : « Si l'on pouvoit surprendre ledit Carafa, en » son retour, ce seroit advantage : m'en remectant à ce que vostre Majesté n en trouvoroit pour le mieux; estant hruict qui repassera à Mai*seille et par

> mer achèvera son véaige. > (Pap. d*État de Granvelle, t. IV, p. 619.)

aisance, à ses heures, les affaires polilitjucs ', nous iwinl au vif fune (les faces de la situation in)|X)$êe alors à la France par les pires ennemis qu'elle put compter, en deçà et au delà des des Alpes. < Le capitaine Caral'e, dit-il, neveu du pape, a esQ » par luy fait cardinal, lequel il a envoyé soudain après pnt^deç^

> pour apporter au roy, non les clefs de saint Pierre, afm de

> nous ouvrir la porte du paradis, mais l'espée de saint Pau]. » Vous estimez que je me mocque. 11 a fait voircnieni au roy •> don d'une Tort riche espéc : el quant el quant t'a convié au

> rccouvreraenl de Testât de Naples, qui est le jouet des papes » et amusoir des princes esti'angers. Ce n'est pas cela qm le » picque, ains l'envie qu'il a de réintiSgrer les siens dans les * biens de Melphe dont ilz ont estii dès pieçà spulicz par l'empo- » reur. Il promet de fournir gens et aident à ceste entreprise. » Messieurs de la maison de Guise tiennent ta main h cesle » Douvelle légation, comme ayant, ce leur semble, part à la que- 1 relie *. Que vous diray-je de plus? M' de Guise est destiné » lieulenant-général du roy pour ce voyage ''. Toute la fleur de 1 la noblesse de France se prépare à sa suite. Chacun y court à » l'envy : M' le connestable seul ne s'en peut résoudre, et dit,

> haut et clair, que nous irons tous à cheval, pour nous en reï venir à pied. On se mocque de sa philosophie ' qui n'est pas

I. Eil. I'nsi{uier. I. II. p. 73, tiv. IV. loUrc h M. <le Koiiasoinmi'.

i. Voir sur ce point liolman. Vie de Cotigny, irail. fr., t665. p. 13.

:i. ( En aUeniInut que le duc de Guise pûl passer en Italie avec une armâc

> pour secourir lu pape cl les Cai'aDes, □□ y envoya Pierre Strozii pour commen - I c«r la guerre au pom du roi... ensuile le cardinal Caraffe fit son entrée dans

* Paru, avec lus cérémonies accoutumées. >(UeTliou,flût.tiniD,, I. Il, p. <iI7.) i. 1>« connétable oe tarda pas à agir en lionimc plus intéressé que ])AifaMa}iA«.

« En irlTiTt, l'eupédition fui faite en Italie pur sa diligence. Itien i^n'il uns! tenu » cttrde au coolraire, il lasclia pour deu» occasions ; la première, qu'il se » fwjiiit, par l*Hbsenoe de ces entrepreneur,-', beaux i^t faciles moyens d'agran-

* tlir rt Bs^nriT sa maison, tellement qu'il ne fut enfm trop niarry de riiir cent ■ «IrU muiton de Guise portaol armure quiUcr la court el aller nu voyage du-

> flBrl il n'espérait heureuse issue, olc, etc. > La Popelini^re, //w/., l. I, t 70). — Voirauaii Je l.uplacu. Comment., f" i.

s> peut-être vaine, parce que je ne voy point que l'Italie nous ait » servy d'autre chose que de tombeau, quand nous l'avons voulu » envahir. Ceux qui nous facilitent du commencement le chei> min pour la commodité de leurs affaires saignent après du i> nez. Ils sont bien aises de mettre les choses en désordre, pour y> pourvoir à une bonne paix avec ceux qui les affligeaient. S'ils » voyent un heureux succès en nous, les potentatz se liguent T^ ensemblement, ne voulant pas aisément permettre qu'uii roy » de France, proche voisin de l'Italie, y mette le pied. Brief, » tout ce nouveau conseil ne nous promet rien de bon, que » celuy qui, comme chef de l'église, deust estre le premier père y> de la paix, soit le premier autheur et promoteur des guerres > entre Ips princes chrestiens. »

Ce fut en un tel état de choses que Coligny, dont la virile franchise avait indisposé le roi et accru l'animadversion des Guises, quitta la cour, dans les premiers jours de juillet, et se relira de nouveau dans son château de Châtillon *.

Il venait de remplir un grand devoir. Ses loyaux conseils et ses vives instances ayant été écartés, il.ne lui restait plus, croyaitil, qu'à se renfermer dans une sphère d'activité restreinte, qui raifranchît, autant que possible, d'une participation quelconque aux hostilités dont il pressentait que le renouvellement aurait pour théâtre le territoire de son gouvernement de Picardie. A ce point de vue, il pensait, paraît-il *, à se démettre de ses fonctions de gouverneur de cette province. Mais, quelle que fût la ténacité avec laquelle les Guises continuassent à le desservir auprès de Henri II, ce prince sentait bien qu'il ne pouvait, sans détriment pour son royaume, se priver de l'expérience et du dévouement d'un homme tel que lui. Aussi, quand il apprit par

1. Dans une lettre du 11 juillet 1556, adressée à de Humières et datée de Châtillon, Coligny parle du séjour qu'il revient faire dans son château (Bibl. nat., mss. f. fr., vol. 3128, P» 90).

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