‹ Gaspard de ColignyChapitre 123 sur 226 · Fontanon, rec. des ordonn. t. IV, p. 279 à · texte numérisé non relu

Fontanon, rec. des ordonn. t. IV, p. 279 à

De tels faits devaient soulever de sérieuses critiqueSé Celles qui partirent du château de Vallery, où Condé s'inspirait des vues et des conseils de l'amiral, furent adressées directement à la reine mère par ce prince, dans une lettre du 31 août *.

c II est besoin, lui disait-il, de faire plus sincèrement main- 1 tenir et observer Tédict de pacification en son entier, qu'il

> n'a esté jusques icy, sans y user de tant d'interprétations et i> commentaires ils ne servent qu'à engendrer et nourrir

> une méfiance et soupçon parmi vostre peuple, principalement » celuy de la religion, lequel ne peut croyre que ces moyens ne ^ soyent autant de brèches pour finalement le révoquer et le » rompre du tout; et les autres, en ceste assurance d'en voir ^ l'effet, se fortifient en une audace de faire pis : car la décla-

> ration qui a esté naguère expédiée à Roussillon est telle que,

> tant s'en faut qu'elle puisse apporter profit ni édification, » qu'au contraire chacun de l'une et l'autre religion ne la peuï vent gouster; attendu qu'ils allèguent que les restrictions y 1 contenues sont si aigres et mordantes, que l'on n'en peut es-

> pérer sinon des conjurations et monopoles, ou bien la chute

> du tout en athéisme, par un abandon et mespris de religion. )> Et sur ce point, madame, je ne me puis contenir de me » plaindre d'jin article entr'autres, porté par ladite déclaration, » contenant deffence àtous hauts justiciers, de quelque qualité

> et condition qu'ils soient, sans aucune exception , de per- » mettre ni consentir ou recevoir autres que leurs subjets à î faire exercice de leur religion en leurs maisons, chasteaux ou

> fiefs, à peine d'estre privez du bénéfice de l'édict, de confis- 2> cation de biens ; qui est une condition si dure à porter, et ]» principalement à moy et à tous autres, dont les services mé- ]» rilent estre plus gracieusement recognus, que je ne puis ï penser que cela provienne de vostre opinion : ains de l'advis

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