Bibl. nat. mss. f. fr. vol. 3 204, f
3. 17 janvier 15C5. (Bibl. nat. mss. 1. fr. vol. 3185, 1^78.)
— Q74 — 3) part ny d'aultre, pour aller à la fisle, d'aultant que c'est ung 3) cas fortuitement arrivé, où il n'y a rien meslé de la religion, D qui est la cause pour laquelle principalement la noblesse par » cy-devant s'est esnieue. Et oultrecela,je y ay tellement pourvu, » que, je m'asseure, elle ne passera plus avant; de façon que 3> leur aller n'y peult eslre nécessaire. :^
Dans les premiers jours de février, le roi écrivit à d'Andelot* .
<r Je croy que vous avez été bien adverty de ce qui est passé s> à Paris entre mes cousins le cardinal de Lorraine et le raares- 3) chai de Montmorency, et comme, Dieu mercy, les choses se 3) sont enfin accommodées, de façon que ledit sieur cardinal est à y> Reims, et mon cousin le sieur d'Aumalle en sa maison. Tous> tefois mon cousin l'admirai, vostre frère, ayant esté, à ce 3> que j'ay peu entendre, mandé par ledit mareschal de Monty> morency craignant qu'il eust affaire de secours et de forces, 3> s'est achemyné jusques audit Paris avec bonne trouppe pour 3) le secourir, où ayant trouvé les choses en Testât que je vous y> le mande, il m'escript n'y avoir voulu séjourner davantaige, et JD s'en est incontinent retourné en sa maison. Et pour ce que je 3) ne doubte point que n'en ayez eu l'allarme, et que ceste nouy> velle venue à vous, et voiant vostre frère pour ceste occasion 3) s'acheminer delà, vous vous soyez préparé pour le suivre, je y> vous en ay bien voulu escripre pour vous advertir de l'esy> tat en quoy sont les choses de delà et du contentement que y> j'ay dudit sieur admirai de ce que il s'est si promptemenl 3) retiré, délaissant la ville au repos et en la tranquillité là où 3) elle est, et vous prye et commande expressément, si vous 3) estiez en chemin, de faire comme luy, vous retirant chez vous 3> pour y vivre au mesme repos que j'ai sçeu que vous avez faicl 3) depuis que vous y estes, ayant de vostre part, travaillé à coQ-
i. Bibl. nat. mss, f. fr. vol. 6 627, f» 85.
» tenir ceux de vostre religion en toute paciffication, obéys- » sance et observation de mes édicts, dont je vous puisasseurer ï> que j'ay tout le contentement et satisfaction que pouvez désif rer, coihme en toutes occasions je vous feray très bien pa* :^ roistre. »
Alors que, par déférence pour la volonté royale, «l'amiral se contenait en sa maison, > il fut averti par ses amis <t qu'un » nommé Le May, homme de petite condition et qui exerçait :^ plusieurs voleries en une hostellerie qu'il avoit assez près :^ de Chatillon, ayant marchandé avec le duc d'Aumale, frère » du duc de Guyse, espioit l'occasion de luy faire un mauvais » tour, lorsqu'il irait à la chasse, et avoit déjà eu en don cent » escus, avec un bon cheval. Davantage l'admirai adverty plu- 3> sieurs fois des brigandages qu'il faisoit, dont il l'avoit sou- » vent menacé, et, s'il en entendoit plus parler, qu'il luy feroit
> faire son procès; ayant, depuis peu de jours, trouvé des té- » moins suffisans, l'en avoit fait accuser au parlement, de sorte "^ que, tombé dans les pièges qu'il avoit tendus, il commença » d'accuser l'admirai, de quelques années, d'avoir traité avec luy ]b pour tuer la royne-mère, luy en offrant une grande récom- :^ pense. Mais le parlement, ayant reconnu la calomnie, et in- :t formation faite de ses crimes, le condamna à être rompu sur » la roue *. y>
Inflexible, quant à la répression des crimes et délits com* mis contre les individus, ou contre la société, Coligny se montrait toujours enclin à couvrir d'un généreux pardon les actes coupables qui ne s'attaquaient qu'à sa propre personne : en voici une preuve, parmi plusieurs autres qui pourraient être citées. « Il avait eu pendant quelques années, entre ses domes-
i. Hotman, Vie de Coligny, trad. de 16G5, p. 66, 67. — Hugh Fitzwilliam lo the queen. (Calend, of state pap. foreign.) 14 sept. 1566. c The admirai is
> Ihe rarcst noblcman in Europe. Does not ihink that hc ^uld ever atlempt * such treuchery against the queen motlier as Le May charges hirn with. >
» tiques et familiers, un certain Ilambrevillier, de noble famille, » duquel se servant en plusieurs bonnes affaires, des lettres » furent surprises en cour et envoyées à l'admirai, par lesy> quelles il mandoit à ceux qu'il n'estoit point besoin préseny> teraentde nommer, que bientôt ilexécuteroitsa commission
> et donneroit le breuvage dorrnitif à l'admirai. Celuy-ci le fit }) appeler et escrire de sa main quelques lignes sur du papier; » puis, ayant confronté les deux escriptures, luy demanda s'il » reconnaissoit bien la sienne aux lettres qu'il lui monstra, î> lesquelles après avoir reconnues, convaincu en sa conscience » d'une telle meschanceté, se jetta soudain aux pieds de l'adù mirai, implorant sa miséricorde, qu'il luy accorda, et le j> pardon, à la charge qu'il sortit, à l'instant, de sa maison et » ne se présentas! jamais devant luy* . >
Trois mois s'étaient écoulés, durant lesquels Coligny et d'Andelot n'avaient pas même manifesté l'intention d'approcher de Paris, à la différence du cardinal de Lorraine, qu'on s'attendait à y voir reparaître, ainsi que le prouve la correspondance du roi et de Catherine avec le mai^échal de Montmorency *, lorsque le parlement de Paris reçut du souverain une lettre datée de Mont-de-Marsan, 21 mai, dont le principal passage était ainsi conçu ^ : « il nous a semblé à propos d'es- » crire aux personnages nommés dedans le roolle que présente- » ment vous envoyons, se abstenir d'aller ny venir en la ville de
> Paris jusques à nostre retour en icelle, dont nous avons bien :& voulu vous advertir comme aussi l'escripvons nous à nostre » très cher et amé cousin le mareschal de Montmorency, à ce y> qu'il ne permette qu'ils y entrent, et, s'ils y estoient, qu'il ait
. 1. Hotinan, vie de Coligny, Irad. de 1065, p. 57. — De Thou, histy «mr., t III, p. 665, 666.
2. LcUres des 16 mars, 3 et 11 mai 1565. (Bil)l, nat. mss. f. fr. vol. 3i9i, f»^ 42, 47, 57).