‹ Gaspard de ColignyChapitre 150 sur 226 · II · texte numérisé non relu

II

Goosle

]> désir ; ce que ne pouvant si promptemenl estrefaict, et affin

> que cependant il ne intervienne chose qui peut altérer Tespè- » pérance du bien qui y est, leur a verbalement comniandé et

> défendu de se mesfaire,ne mesdire de faicts ne de paroles, les

> ungsaux aultres, par eux ou par aultres, en quelques nianières

> que ce soit, directement ou indirectement ; et à cette fin les » a mis et laissé en garde, lesungs aux autres; ce qu'ils ont, ]» sçauoir est , lesdits seigneurs cardinal et ladite dame de » Guyse, accepté pour eulx el les enfants dudit feu seigneur duc

> de Guyse, et le dit seigneur amyral aussi ; promectant chacun

> d'eux en son regard, par foy et serment donné esmains de sa ]> majesté, et sur leur vyes et honneur, que, de leur part, ils ï> satisferont et observeront sincèrement et de bonne foy cestuy » sien bon plaisir, vouloir et comuMmdement, et de ce, luy ont

> baillé respectueusement leurs promesses signées de leurs

> seings. Au dit Moulin, les an et jour que dessus, (signé) ]> Ghdirles,(et plus bas) deVA}xhe$pine. y>

La promesse souscrite par l'amiral et par lui remise au roi, portait* : « Nous, Gaspard de CoUigny, sieur de ChastilloD,

> amyral de France, promettons au roy, nostre souverain seij> gneur, sur nostre vie et honneur, que par nous, ne de nostre » part, ne serafaict, entreprins ne attenté, directement nein-

> directement aucune chose de faict ne de paroUes, contre les

> personnes, tye et honneur de messieurs les cardinaulx de » Lorraine et de Guyse, des sieurs de Guyse, d'Aumalle, mar-

> quis d'Elbœuf, leurs enfans, neveux et parens, du nom et

> de ladite maison de Guyse, lesquelz nous prenons en nostre

> garde, ayant à cest effet reçeu et accepté, recevons el accep- » tons le commandement qu'il a pieu à sa majesté nous en » faire cejourd'huy verbanement,lequel nous promettons obser- :^ ver sincèrement, inviolablemeut et de bonne foy. En tesmoing

\ . Bibi. nal. mss. f. fr. vol 20 461, i^ 49.

3) de ce, nous avons signé la présente de nostre seing, le XIP » jour de janvier 1566... . »

Il est digne de remarque, qu'alors que tout était encore tenu en suspens, quant au litige soulevé par les Guises, et que rien ne pouvait faire pressentir à l'amiral si la décision à intervenir lui rendrait pleine justice, Catherine crut devoir recourir à ses conseils et à son intervention pour faciliter la solution du différent qui divisait le cardinarde Lorraine et le maréchal de Montmorency. Ce fait caractéristique nous est révélé par Catherine elle-même. « Je ne feray jamais doubte, écrivait-elle au maré-

> chai, le 24 janvier* , que vous ne vous accommodiez à toutes » choses raisonnables, tant pour le respect du bien public que

> pour la particulière prière que je vous en feray; et par ainsy, i> ayant advisé avec mon cousin l'admirai ung honneste moyen

> pour mectre fin à ce qui s'est passé entre mon cousin le

> cardinal de Lorraine et vous, à son arrivée à Paris, j'ay donné

> charge à mondit cousin l'admirai de vous envoyer ce qu'il en

> a lui-mesme mis par escript, qui a esté communiqué à mon

> compère monsieur le connétable vostre père et aux mares- » chaux de Vieilleville et de Bourdillon, qui l'ont loué et approuvé

> ainsi que mondit cousin vous le déduira plus particulièrement, » auquel.je m'en remectray et vous prieray et confieray, d'aul-

> tant que vous m'aymez et désirez la conservation de nostre » commun rèpoz, que vous vous accomodiez audit escript, 3> qui ne part que de personnes qui vous ayment etont, en ce

> qui vous concerne, la mesme recommandation que leur hon- » neùr et propre vye. »

Le jour même où Catherine traçait, cea lignes, Sarragosse, porteur de l'écrit qu'elle mentionnait, et de lettres de l'amiral

1. L'engagement signé par le cardinal de Lorraine et par Anne d'Ëste était conçu à peu prés dans les mêmes termes que celui de Tamlral. (Bibi. nat. mss f. fr. vol. 20 461, f> 53).

Page 1