Bibl. nat. mss. fonds Colbert, V« vol. 24, f
> rendre rintcntion et volonté de Sa Majesté* vouloir depputer y> certains personnaiges d'honneur et de qualité, amateurs du y> bien et repoz de ce royaume, pour en conférer et communi-
> quer, en lieu propre et convenable, avec messieurs les cardi-
> nalde Chastillon, comte de Larochefoucault et s' de Boucha- » vannes, que ledit sieur prince a, de sa part, nommez et choisiz y> pour cest effect, lesquelz ensemble rédigeront le tout par
> escript le plus intelligiblement que faire se pourra, estimant » ledict sieur prince que Ton ne peult prendre une voye plus ^ prompte et plus brefve pour bientost parvenir à Teffectet » exécution d'une bonne paix, d'autant mesmes que les allées i> et venues de ceulx que Sa Majesté dépescheroit pardevers » ledit sieur prince pour traicter de ce faict n'apporteroicnt » que longueurs et dilations, au grand préjudice des affaires » de Sa Majesté, et à la fouUe et oppression de ses subjectz, » et affin de faire encores entendre plus particulièrement à 1^ Sa Majesté l'intention dudit sieur prince et de quelle sincé- » rite il veult cheminer en ce faict, il la supplie très humble- » ment avoir pour agréable qu'il luy ait envoyé le s' de Thé- 1 ligny, présent porteur, sur lequel il se remet du surplus. Faict
> au camp près Espernay, le 46 de décembre 4567. »
Trois lettres \ adressées par Condé au roi, à la reine mère, et au duc d'Anjou, spécifiaient le but précis de la mission confiée à Téligny. Il suffira de reproduire ici la lettre que reçut le roi, la voici :
« Sire, suyvant le mémoyre qu'il a pieu à Vostre Majesté j> envoyer, signé de vostre main, par le s' de Combault, lequel,
> après l'avoir bien considéré, j'ay faict veoir aux principaulx y^ de ceste armée, tous ont esté d'advis, et moy avecques eulx, y> de despescher vers vostre Majesté le s' de Thôligny, présent 3) porteur, pour vous supplier très humblement, sire, qu'il vous
1. Bibl. nat. mss. fonds Colbert, vol. 24, fo» 432, 133, 134.
ï> plaise désigner certains notables personnages, lesquelz
> avecques messieurs les cardinal de Chastillon, comte de y> Larochefoucault et de Bouchavannes, ayenl à se trouver en ]> tel lieu qu'il vous plaira ordonner, et là estant assemblez, » puyssenl conférer des poinctz qui nous ont semblé subjectzà » interprétation et éclaircissement, afin que de la résolution ^ qui sur ce en sera prinse soyt basti un tel et si bon fondement » de réunion et réconciliation entre vos subjectz que la paix y> en soyt perpétuelle et le biendevostre estât en parfaite seuy> retté, comme de nostre part, sire, et affectueusement nous y> le desirons, et nous remectant du surplus àla suffisance dudicl
> s' de Théligny de ce qu'il a à vous très humblement remonsy> trer, je supplieray le créateur vous donner, sire, en toute y> vertueuse prospérité très heureuse et très longue vye.
> Escript au camp de Sainct-Martin, ce 17** jour de décembre i> 1567. — Vostre très humble et très obéissant subject et sery> viteur, Loys de Bourbon. >
Le 20 décembre, Charles IX envoya au duc d'Anjou, Lignerolles, porteur de ces ligues * :
« Le roy envoyé présentement à monseigneur le duc d'Anjou,
j> son frère, le double des lettres que monseigneur le prince
> de Condé luy a escriptes par le s' de Telligny, ensemble y> coppie de l'instruclion baillée par ledit sieur prince audit
> s' de Telligny, sur lesquelles après qu'il a esté ouy par Sa
> Majesté, et semblablement le s' de Combault, sa dite Majesté y> a adviséde faire audit s' prince laresponce telle que mondict
> seigneur son frère pourra veoir, laquelle luy est présentement
> envoyée par sa dite majesté, afin que mondict seigneur son
> frère et les princes et seigneurs qui sont auprès de luy -,
i. Bibl. nat. mss. fonds Colbert, vol. 2i, f» 135.
2. Le conseil du duc d'Anjou se composait alors des ducs de Nemours et de Longueville, d'Arlus de Cossé, maréchal de France, de Gaspard de Saulx comte
> rayant veue et entendue, en puissent dire franchement et » mander à sa dite Majesté leur advis, qu'elle veult et entend y> suyvre et croire comme elle a tousjours faict, pour Tasseu-
> rance qu'elle a qu'ils la sçauront très bien conseiller en tous
> affaires et mesmes encestiiy-cy, où comme jusques à présent D il ne s'est riens faict ny passé que par l'advis d'eulx tous. Sa
> dite Majesté aussy veult et entend les en rendre incessam- » ment advertis pour, selon leur bon conseil, se y gouverner, » résouldre et conduire. — Or, afin de ne perdre point le temps, y> Sa Majesté, en attendant d'avoir leur advis, n'a point voulu y> retenir icy ledict s' de Telligny, lequel dès demain elle dép&ï> chera avec ledict Combault et le fera passer par le camp, y> affin, que, si tant est que mondit seigneur son frère et lesdits y> princes et seigneurs ayant entendu l'intention de sa dite j^ Majesté telle qu'ils la verront par escript et que leur dira 3> au surplus le s' de LigneroUes, sont d'advis de bailler audit
. y> de Telligny ladite responce, mondit seigneur son frère la luy T> face incontinent délivrer et le renvoyé vers ledit prince de
> Condé pour le tenir au plustost que faire se pourra adverty de » l'intention de sa dite Majesté. — Et cependant cela s'asseure
> que, durant ceste négociation de paix de laquelle l'issue est i> incertaine et dépend de la volonté de Dieu, mondit seigneur y> son frère et lesdits princes et seigneurs estans avec luy n'o- » blieront riens à faire de ce que le debvoir de la guerre leur » offrira, ayant sadite Majesté remis eneulx toute sa principale y> espérance et confiance. — Sa dite Majesté a avec grand » regret entendu la prinsedu jeune Lanssac qui estoit dépesché » pour chose de très grande importance, et aymant le père et
> le fils comme il faict, désire que, s'il est prins quelque pri-
> sonnier de la qualité dudit Lanssac, mondit seigneur son
> frère le garde et accorde pour Feschange d'icelluy. — Si les-
de Tavannes, de Sébastien de Luxembourg de Martigues, de Françob de Carnavalet, gouverneur du prince, et de Jean de Losses.
j> dits articles et responce faicte par Sa Majesté sur le mémoyre
> apporté de la part du s' de Telligny sont trouvez bons par 3> mondict seigneur son frère et les princes et seigneurs qui » sont avec luy, il faudra que, au retour que ledict de Telligny ^ fera vers mondict seigneur son frère, et semblablement le » s' de Combault, qu'il baille aux dicts de Telligny et Combault » ladicte responce, affin que, allant vers ledict sieur prince i> de Condé, ledict Combault, il puisse sçavoir et entendre de » luy son intention et icelle rapporter à mon dict seigneUr son
> frère. »
•La réponse du roi à Condé, mentionnée dans les lignes cidessus et, comme -elles, datée du 20 décembre, portait * :
€ Par les articles que le roy a dernièrement envoyés à mon- ]f» seigneur le prince de Condé et à ceulx de sa compagnie tou- » chant les conditions de la paix. Sa Majesté a estimé s'estre 1^ mise en tel debvoir et les avoir §i amplement esclairciz de son y> intention et de.ce qu'elle leur vouloit et entendoit accorder et ^ y> octroyer sur les requestes et demandes par eulx faicles tant D pour la liberté de leurs consciences que pour toutes les seu- ^ retez pareulx désirées pour leurs vies, biens et honneur, qu'il D s'assuroit que après avoir esté veuz par eux lesdicts articles, il )> n'y auroit plus rien à délibérer ne changer à iceulx, — Mais 3> depuis voïant que ledict sieur prince de Condé et ceux de y> sadicte' compagnye n'aiant purement et simplement accepté }) lesdits articles, luy ont envoyé le s' de Telligny pour luy faire en D tendre qu'ils désireroient estre plus amplement satisfaits et D esclairciz et que à ces fins il pleust à Sa dite Majesté de depy> puler trois notables personnaiges, comme à présent ils nom- D ment de leur part, à sçavoir: messieurs les cardinal de Chastily> Ion, comte de Larochefoucault et Bouchavanes, pour convenir y> et s'assembler en tel lieu qu'il plairoit à Sa dite Majesté de